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27/10/2009

Un "mur de Berlin" linguistique divise le web africain

Ce post m'a été inspiré par des discussions avec des amis blogueurs vivant aux Etats-Unis, en France et en Afrique. Si l'on sent que le petit monde des "techies" passionnés par les problématiques africaines (blogueurs, développeurs, entreprenautes) arrive d'une certaine manière à maturité et si l'on voit de belles initiatives poindre ici et là, une impression confuse demeure : celle d'une sorte de "mur de Berlin linguistique", qui sépare notamment les Francophones et les Anglophones, qui semblent évoluer dans des univers parallèles.

Je ne voudrais pas contrarier les évidences. Il est difficile de se tenir informés de manière régulière de ce qui se passe de l'autre côté. Il peut sembler presque impossible de lire les blogueurs afros qui écrivent dans une langue que nous ne connaissons pas - même si un ami m'a fait remarquer que Google Translate, ce n'est pas pour les chiens ;)

Il me semble tout de même que nous ne devons pas nous résigner à nos ghettos linguistiques, que ni l'histoire ni la géographie ne justifient. Il nous faut être plus curieux et nous débrouiller pour mieux nous connaître et mieux échangr. Combien de fois ai-je entendu des récriminations à propos des acteurs du web 2.0 africain anglophone, qui ne font aucun effort, fonctionnent "entre eux" et n'ont pas le réflexe d'associer les autres aux événements et rencontres qu'ils initient ? Comment expliquer cet "autisme présumé" ?

Au-delà de ce qui peut s'apparenter à des problèmes de communication interpersonnelle, il me semble que le défi linguistique est également un défi technologique et économique pour nous. Par exemple, les grosses plateformes comme Facebook et Google se font fort de traduire leurs interfaces dans le maximum de langues possibles, tout simplement parce qu'elles veulent élargir leur base d'utilisateurs et leur valeur, tout simplement. Pourquoi ne pas faire pareil ? Combien de start-ups kenyanes ou sud-africaines sont développées par des développements en Côte d'Ivoire ou au Gabon ? Combien de start-ups camerounaises gagneraient à traverser la frontière et à conquérir le Nigeria ? Il me semble que l'intérêt des investisseurs s'accroîtrait si nous arrivions à développer des marques en ligne qui iraient plus loin que les barrières linguistiques. A cet égard, la plateforme de blogs Maneno montre le chemin.

Comment faire ? Par où commencer ? Le débat est ouvert !

 

Commentaires

C'est une bonne idée. Toutefois, l'initiative devra venir des lecteurs du site. Quand un bilingue pense que tel article gagnerait a être lut par des francophones ou des anglophones (il y aussi des hispanophones et des lusophones ...) il le traduit et met cette traduction à la disposition de la communauté. Il peut mettre la traduction sur son blog par exemple, ou tout simplement l'ajouter comme commentaire sur le blog d'origine de l'article. Le propriétaire du blog peut alors tout simplement copier et coller la traduction en tant qu'article à part entière.

Écrit par : paisible | 28/10/2009

Exemple:
voir article http://kouamouo.ivoire-blog.com/archive/2009/10/15/les-vieux-africains-temoins-du-changement-diplomatique.html#comments que je viens de traduire grace a Google Translate. J'ai dut apporter quelques ajustements a la tradution pour la render plus conforme au texte original.

Écrit par : paisible | 28/10/2009

Théophile,
Je souscris complètement à l'analyse qui est la tienne. Je crois que le moment est venu de rompre ce " mur de Berlin ", cette fracture, car si nous avons des géographies linguistiques différentes, il n'en demeure pas moins que nous sommmes tous, fils et filles, d'une même patrie : l'Afrique éternelle. C'est elle qui doit être notre lampe, notre unique obsession. Alors des idées pour se connaître, se confronter, s'enrichir, moi j'en ai une : je souhaite que nous lancions l'embryon d'une association panafricaine des blogueurs qui aura sa présidence, sa charte, son plan d'actions... : à mon sens, ce sera une manière efficace de briser le silence affreux qui jaillit de nos frontières (...), de résoudre certaines problématiques. Ensemble, nous pouvons faire des prodiges.
Guillaume

Écrit par : Guillaume Camara | 29/10/2009

On vise tous les mêmes choses avec les blogueurs africains anglophones (luso, hispano) mais je pense qu'il y a avant tout une question d'intérêt immédiat et d'environnement. Le Burkinabè commun s'intéressera par exemple plus à ce qui se déroule au Sénégal (voire en France) qu'au Ghana voisin!
Si les blogueurs peuvent là encore faire qlq chose de grandiose, ce ne sera pas chose aisée! Et comme l'a dit Paisible, l'iniative doit bcoup à l'engagement des lecteurs...

Écrit par : zwan | 29/10/2009

Si j'osais, je changerai le titre de l'article: Un "mur de Berlin" linguistique divise le web en supprimant la référence à l'afrique car ce mur linguistique handicape tout le web et principalement l'opensource: pas de communication entre les développeurs anglophones et les développeurs Francophones. On l'a vecu avec joomla et sans l'abnégation des traducteurs bénévoles de joomlafrance on serait resté loin en arrière, c'est vrai aussi chez Vtiger où grace à une communauté francophone tres dynamique le logiciel opensource a fait une percée importante hors pays anglophones. Rares sont les développeurs francophone qui réussissent sauf s'ils traduisent en parallèle leur logiciel en Anglais.
Nos amis Anglphones que j'aime bien ne font pas beaucoup d'effort pour intégrer d'autre langues (et encore moins l'alphabet accentué)

Écrit par : Pierre Drevon | 03/11/2009

Tu as vu juste Théo. Et je me réjouis des réactions des lecteurs qui vont dans ce sens.
Si j'ai été très heureux de découvrir le blog " Noirs d'Amérique latine", c'est parce que j'éprouvais le besoin de lire l'actualité des Noirs de cette partie du monde sans perdre trop de temps à éplucher toute la presse sudaméricaine. Aujourd'hui, je suis à la recherche d'un blog analogue qui m'apporterait des informations sur l'actualité des Noirs aux Etats-unis ou en Union Soviétique.
L'idée de Guillaume Camara n'est pas mauvaise mais il me semble que c'est brûler les étapes que de rêver à une Union africaine des blogeurs. Je crois plus aux initiatives individuelles et à celle de petits groupes issus d'un pays africain ou d'une ville africaine. Je me réjouis ainsi de savoir que les blogueurs ivoiriens ont des manifestations locales qui leur permettent de partager leurs expériences. Il importe d'échanger les idées pour en faire naître de nouvelles.

Écrit par : St-Ralph | 07/11/2009

Bonjour Théophile,
Juste un mot pour vous faire part de notre blog http://www.francotechnogap.com/ qui fait allusion à ce billet. Merci de nous contacter si vous avez un feedback ou si vous voulez contribuer!

Écrit par : Alice B. | 28/11/2009

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