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07/10/2009

Acacia 09 : mon petit journal (2)

Ce mardi 6 octobre, j’ai été fasciné par la discussion menée par deux chercheurs, Richard Jefferson et Mammo Muchie, sur l’innovation dans la sphère des TIC pour le développement.

Les deux hommes sont partis d’un constat qui, a priori, déprimerait de nombreux Africains. La tendance mondiale est que la recherche et l’innovation sont aujourd’hui contrôlées par les grandes entreprises, qui souvent privatisent à leur profit des processus d’innovation partis d’institutions contrôlées par les Etats, notamment certaines universités. Les Etats africains, souvent défaillants, ont d’autres priorités que la recherche pour l’innovation. Or sans accumulation d’expériences innovantes, il n’y a pas de développement.

Que faire pour sortir de l’impasse ? Evoquant la thématique de la biologie moléculaire qu’il connait bien, et les OGM, qui gagnent du terrain, Richard Jefferson s’est interrogé : « Faut-il se battre contre Monsanto ou développer une technologie différente ? »

Et ce sont justement les perspectives innovantes que les deux hommes ont tracées qui m’ont inspiré et rempli d’espoir. Décentraliser la recherche sur l’innovation, impliquer les communautés à la base, voire les Petites et Moyennes Entreprises dans les processus d’innovation voire d’équipement, c’est possible. Il est scientifiquement possible, par exemple de produire de l’hydrogène (donc de l’électricité) de manière décentralisée, au sein de petites communautés, et de régler un certain nombre de problèmes qui nécessitent souvent des investissements colossaux, parfois peu efficaces. En effet, il faut enrichir le système de connaissances mais se focaliser en priorité sur des innovations qui correspondent à des besoins vraiment et légitimement exprimés.

« Les Africains doivent être les moteurs de l’innovation en Afrique », a martelé Richard Jefferson. Dès lors que l’on se rend compte qu’il y a un salut possible en dehors d’Etats très souvent défaillants et de multinationales voulant tout breveter, on se dit qu’il y a peut-être là une voie d’avenir.

Commentaires

Merci M. Kouamouo, pour le partage de ces informations et réflexions intéressantes à plus d'un titre. Je suis d'avis avec vous que nous devons réfléchir beaucoup plus que nous le faisons en ce moment en Afrique et que nous devons le faire dans le but de répondre aux nombreux besoins non satisfaits.
Merci encore et que Dieu vous soutienne.

Écrit par : Charlie | 07/10/2009

oui et puis j'ai envie de dire : qui mieux que les Africains peuvent innover en Afrique ?
Le problème de l'eau, de la désertification devraient être des priorités africaines ... sinon, il se passera la même chose que le palu : c'est aujourd'hui un problème "africain" qui n'intéresse pas les Européens et les Américains (parce qu'ils ne sont pas touchés).

Écrit par : Pierre | 07/10/2009

C'est rassurant de voir que des personnes comme vous se préoccupent de l'avenir technologique de l'Afrique.

Pour ma part, ,je pense que le Vitib, débarassé de toutes ses bassesses politiques peut représenter une rampe de lancement importante pour le développement en Afrique des initiatives de recherche en Bio-tech et en TIC.

Je suis confiant dans la mesure ou j'ai personnellement rencontré des experts africains reconnus dans les meilleurs Universtités du monde et travaillant dans ces deux domaines pointus.

Merci encore pour la note

Écrit par : TS | 07/10/2009

Théo, encore une fois merci de parler de ces choses. En te lisant, je me faisais la réflection que l'un des problèmes principaux que nous avions chez nous était que nous ne croyions même pas que l'innovation scientifique nous concernait au premier chef. "ça là, c'est affaire de Blancs...", et puis on passe à autre chose. On s'émerveille de ce que "les Blancs" sont capables de produire, et puis on ne laisse même pas la liberté à nos esprits de s'aventuer sur ce terrain là. Alors que, comme le dit TS, il y a un nombre impressionant de chercheurs africains, reconnus dans leurs domaines respectifs dans les univesités du monde entier. Seulement, on ne crée pas les conditions pour que ces gens-là puissent rentrer chez eux et travailler dans le calme et la sérénité que requiert l'aventure scientifique et créative (encore que le travail créatif sait faire feu de tout bois, même quand celui-ci est pourri...) Il faut déjà que notre système éducatif arrive à faire comprendre à notre jeunesse qu'il y a un avenir dans ces voies-là, que la créativité de l'esprit est finalement notre trésor le plus fiable. Déjà j'ai l'impression de me répéter...

Écrit par : Enrico | 07/10/2009

C'est vraiment cool c'est comme si on y était. Ce qui est important c'est qu'il y est débat ça fais avancer les choses.

le VITIB va être un excellent outil de développement j'en suis persuadé.

J'ai visité en 2003 a l'île Maurice un site équivalent. L'objectif était de fournir en matière des NTIC toute la cote Est du continent. je n'ai plus suivi les nouvelles de ce projet malheureusement.

Le centre formait des ingénieurs pas du type universitaire mais très technique purement NTIC.

On a une chance de faire du vitib le pole par excellence de l'afrique de l'ouest. C'est le projet pour tous. Pour moi c'est une des idées les plus abouties depuis 10 ans dans la région.

Merci Theo, on continue a te suivre sur ce forum.

Écrit par : metu | 07/10/2009

Pour aller dans le même sens...
je vous invite à regarder ceci..

http://www.radio-canada.ca/emissions/les_artisans_du_changement/

Écrit par : Romuald M. | 09/10/2009

Les commentaires sont fermés.