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18/09/2009

Aux racines de la Françafrique : la dégradation de l'image de la France en Afrique, par Albert Bourgi (2)

Deuxième partie du long - et passionnant - développement d'Albert Bourgi, professeur de droit public à l'Université de Reims, sur la structure des relations entre la France et ses anciennes colonies africaines depuis les indépendances.


III - L’IRRESISTIBLE DECLIN DE LA FRANCE EN AFRIQUE

Si pendant très longtemps, et récemment encore avec la politique de « coups de semonce diplomatique » inaugurée en Centrafrique et au Tchad contre les oppositions armées aux pouvoirs en place à Bangui et à Ndjamena, les critiques contre la politique africaine de la France se sont focalisées sur les interventions militaires, elles n’épargnent pas désormais d’autres volets comme ceux de l’immigration ou de l’aide au développement. Les reproches, dont certains ressortissent davantage du dépit que de l’hostilité, ont d’autant plus d’échos et d’incidences sur la perception et l’influence de la France en Afrique que cette dernière a connu des changements avec la fin de la guerre froide et la mondialisation.

On peut sans doute disserter sur le cheminement parfois chaotique de la vie politique sur le Continent, sur le fossé séparant les discours récurrents sur la démocratie (dont les principes sont affirmés dans les constitutions) et la perpétuation de pratiques autoritaires, les avancées sur le terrain du pluralisme et de l’exercice effectif des libertés sont devenus petit à petit une réalité. Dans ce nouvel environnement politique, caractérisé par l’émergence d’opinions publiques (sous l’effet d’une consécration de la liberté de la presse) les interventions militaires extérieures pour assurer la survie de régimes aux abois, tout comme une politique d’immigration discriminatoire, et une aide au développement de moins en moins « visible », ont eu pour effet d’écorner le regard porté sur la France.

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C’est du côté des jeunes générations qui n’ont pas fréquenté, comme leurs ainés, les universités françaises, ou côtoyé dans leur carrière professionnelle des Français de leur âge, et qui n’ont souvent de la France que les images véhiculées par les chaines de télévision auxquelles ils ont aujourd’hui accès, rapportant, entre autres, des images d’expulsions, menottes aux mains, de « sans papiers » africains, que les malentendus sont les plus profonds. Longtemps soupçonnée de pérenniser des régimes dont les pratiques politiques sont de plus en plus impopulaires ou encore de protéger ses intérêts économiques, la France fait de plus en plus face aux accusations de discrimination à l’encontre des populations immigrées, notamment africaines. Il est indéniable que les scènes de violence qui se sont produites lors de l’expulsion par la police française des « sans papiers » occupant l’Eglise Saint Bernard, en 1996, ont eu un effet désastreux sur l’image de la France en Afrique.

Si les critiques de la Françafrique, expression d’un néocolonialisme plus difficile à cerner, et donc à combattre, sont parties des milieux associatifs français, elles se sont aujourd’hui largement répandues dans les diverses couches de la population africaine, y compris les plus aisées. Elles nourrissent chez elles un sentiment de défiance, pour ne pas dire de rejet à l’égard de la politique africaine. Dans ce domaine, les mesures restrictives en matière de flux migratoires, annoncées parfois de manière brutale par les responsables politiques français en charge de ces questions, ainsi que l’accueil, souvent vexatoire, réservé aux demandeurs de visas, dans les chancelleries et consulats français installés en Afrique, ont considérablement brouillé l’image de la France en Afrique. Cette perception est exacerbée par les nombreuses informations relayées par une presse privée, écrite comme audiovisuelle, prompte à dénoncer les « pratiques néocoloniales ».

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Même s’il faut relativiser la portée de telles réactions, et les mettre en partie sur le compte du phénomène classique d’attirance-répulsion qui a toujours prévalu dans les relations entre anciens colonisateurs et anciens colonisés, elles traduisent néanmoins un malaise réel qu’est venu aggraver ce qu’il convient d’appeler le discours de Dakar que Nicolas Sarkozy a prononcé, le 26 juillet 2007. Ce qui était censé être un discours de vérité mettant les Africains face à leurs responsabilités s’est transformé en un féroce réquisitoire contre l’Africain « qui n’est pas assez entré dans l’histoire qui, depuis des millénaires vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature… ». Tant sur la forme que sur le fond, le discours de Dakar a soulevé une profonde indignation qui, par delà les mots blessants utilisés par le Président de l’ancienne Puissance coloniale, a illustré l’étendue des malentendus accumulés depuis plusieurs décennies, ainsi que le doute qui s’est ancré chez les intellectuels africains sur les intentions réelles de la France en Afrique.

C’est précisément pour corriger les effets désastreux du discours de Dakar que Nicolas Sarkozy a saisi l’opportunité que lui offrait son séjour en Afrique du Sud (pays emblématique à plus d’un titre) pour réaffirmer sa volonté d’impulser un nouveau cours aux relations franco-africaines fondé sur le respect des souverainetés des Etats concernés. Comme pour mieux souligner sa détermination à changer la politique africaine, le Chef de l’État français s’est principalement référé à ce qui constitue la principale pomme de discorde entre la France et les opinions africaines, à savoir les accords « conclus au lendemain de la décolonisation, il y a près de 50 ans !»

L’électrochoc provoqué par le discours de Dakar a conduit les ambassadeurs de France en Afrique à dresser un état des lieux d’où il ressort clairement que « la France n’est plus la référence unique ni même primordiale en Afrique. Les Français ont du mal à l’admettre ». Depuis lors, les ambassadeurs en poste en Afrique se sont lancés dans des opérations de reconquête de l’opinion africaine, visant à assurer une meilleure visibilité de l’aide française et à dissiper les soupçons de toute nature qui pèsent sur Paris. Parmi les multiples actions menées dans cette direction, le Ministère français des Affaires étrangères a financé des enquêtes d’opinions dans divers pays, en coopération avec des organismes locaux.

Le climat de désenchantement qui, dans le meilleur des cas, prévaut dans la relation France-Afrique, et qui se nourrit immanquablement des ressentiments à l’égard des anciens colonisateurs enfouis dans la mémoire collective des peuples anciennement colonisés, imprègnent également le domaine économique. La mondialisation, avec la diversification des partenaires extérieurs et l’éventail plus large d’offres faites par des pays comme la Chine, l’Inde, le Brésil, ou les monarchies du Golfe, n’y est sans doute pas étrangère. Naguère, en situation de quasi monopole dans certains secteurs, comme la banque, les transports maritimes, voire le secteur pétrolier (en Afrique centrale en particulier), les entreprises françaises font désormais face à des concurrents qui, à côté de conditions financières intéressantes, les assortissent d’engagements dans d’autres secteurs que ceux dans lesquels ils investissent principalement. A titre d’exemple, Dubaï a ainsi enlevé la concession du port de Dakar, au détriment d’une entreprise française enracinée de longue date dans la capitale sénégalaise, en accompagnant son offre principale de financements, de projets d’infrastructure routière.

Si la France demeure le premier fournisseur de l’Afrique (15% du total des importations du Continent), elle est, en revanche, le second client (10% des importations africaines). Dans ce total, la part des pays anciennement colonisés (aujourd’hui membres de la zone franc) se réduit d’année en année, et ne représentait plus que 1% du commerce extérieur français, en 2006. La France court donc à terme le risque d’être marginalisée sur le plan économique, et de voir ainsi s’éroder son influence politique, culturelle et linguistique. Il faut certainement souligner aussi dans ce relâchement des liens la volonté non avouée par les États africains de mieux asseoir leur souveraineté, et de s’affranchir de toute forme de dépendance à l’égard de l’ancien colonisateur. Cette évolution est même inscrite dans la part de plus en plus importante prise par l’Afrique dans le fonctionnement des cadres internationaux multilatéraux comme l’OMC, les Forums Asie-Afrique, Chine-Afrique, Inde-Afrique ou Amérique Latine-Afrique, pour ne citer qu’eux.

Jamais sans doute dans l’histoire des relations entre la France et l’Afrique, le doute ne s’est autant installé sur la capacité des acteurs politiques et économiques de surmonter le syndrome de la relation de dominant à dominé. Face à des pays émergents qui investissent dans des projets nécessitant des moyens financiers très importants, la France fait de plus en plus figure de partenaire, certes « historique », mais n’ayant plus les moyens de ses ambitions en Afrique. La diplomatie française continue sans doute de se faire l’avocat de l’Afrique dans les enceintes internationales, comme en témoigne son action au sein du G8, à propos de la suppression de la dette multilatérale au profit de certains pays en développement, mais dans le même temps, elle voit son aide au développement s’étioler au fil des ans, et s’éloigner irrémédiablement de l’objectif de 0,7% du PNB fixé il y a déjà quelques décennies par les Nations Unies. Il y a là autant de raisons pour l’Afrique de rechercher ailleurs des soutiens économiques et financiers et d’afficher sa solidarité avec les autres pays en développement lors des grandes négociations internationales.

Les relations entre l’Afrique et la France ne sont pas l’apanage des seuls diplomates, et a fortiori des politiques ou des militaires. Ces derniers sont certes présents dans tous les domaines et à tous les niveaux de rapports très denses noués au moment des indépendances et qui ont surmonté l’épreuve du temps. Il n’y a pas une semaine sans que Paris ou l’une des capitales africaines concernées, n’accueille tantôt une commission mixte, tantôt une réunion d’experts quand ce n’est pas un séminaire ou une table ronde, où selon un rituel bien rodé, l’on célèbre, par delà les mises au point ou les divergences inévitables, la qualité de la coopération franco-africaine et la nécessité d’en préserver la particularité.

La fusion entre le Ministère des Affaires étrangères et le Ministère chargé de la coopération a beau avoir été enfin réalisée, les fonctionnaires de la coopération ont beau avoir été intégrés dans le corps de la diplomatie traditionnelle, la notion de pays du « Champ » a beau avoir été banni du langage officiel, rien n’y fait. La spécificité africaine continue de résister et elle a certainement de belles années devant elle. En réalité, celle-ci ne passe pas, pour l’essentiel, par les canaux diplomatiques traditionnels, ceux d’État à État qui, bien qu’impliquant un tissu institutionnel très étoffé, sont censés relever du champ de la politique étrangère de la France. Or, la relation entre la France et l’Afrique va bien au-delà. Son imbrication dans les subtilités ou les méandres de la politique intérieure française, comme de ceux de la politique africaine dans son ensemble, est à la mesure de la multiplicité et de la diversité des acteurs concernés : acteurs privés comme publics, institutionnels comme informels, civils comme militaires mais aussi visibles comme occultes.

Et l’on touche là à ce qui constitue la marque principale des rapports franco-africains, à savoir l’intérêt soutenu qu’ils soulèvent, la passion qu’ils suscitent, le secret pas toujours recommandable qui les entoure. L’histoire avec ses restes d’implantation des réseaux d’information sur lesquels la Puissance coloniale s’appuyait naguère n’est certainement pas étrangère à la part d’ombre que comportent les relations que Paris entretient avec les États africains. Ce trait fait de réalité et de fantasmes et qu’incarne une foultitude de réseaux, vrais ou supposés, demeure la marque distinctive d’un système franco-africain où se télescopent des intérêts en tout genre et où la raison d’État se confond ou converge avec des paramètres strictement privés, si ce n’est rigoureusement individuels.

Faut-il, en fin de compte, réduire la relation entre la France et l’Afrique aux critiques, aux dérives, aux malentendus et surtout aux doutes que résume bien l’expression de Françafrique. Certainement pas. Le recul avéré de la France en Afrique, le rejet que certains de ses comportements inspirent auprès d’opinions de plus en plus ouvertes sur le monde et donc sensibles aux grandes mutations qui s’y dessinent, ne peuvent faire oublier l’histoire commune que les deux partenaires ont longtemps partagée. Au delà des nécessaires adaptations que la politique de la France en Afrique doit opérer, c’est surtout le regard sur l’Afrique qui doit radicalement changer, et inversement, celui de l’Afrique sur la France, en s’adossant à l’outil exceptionnel que constitue l’usage de la langue française, et aux responsabilités qu’il fait peser sur les décideurs politiques.

Commentaires

Au fait de quelles "relations historiques" fait-on allusion chaque fois que l'on parle de françAfrique.
Vous pensez que avoir été ou être sous la domination d'une entité d'un système ou d'un pays durant des décennies voire des siècles est une relation agréable, amicale? Quelle amitié si spéciale existe entre la france et les pays francophones qui ne peut être diluée dans la camaraderie avec d'autres pays? la langue qui s'est imposée hier peut être remplacée par une que l'on peut s'imposer aujourd'hui. je ne parle pas la langue de mon père, mon fils né en G-B ne parlera pas forcément français en priorité et s'initiera au mandarin par nécessité. France nous t'avons compris, si ta djandjoue moins chère veut béou c'est pas en disant que l'autre va déchirer son gnrin ou en la frappant que tu vas la retenir. Accepte ses nouvelles conditions et c'est tout. Si ça se passe mal avec les nouveaux "colons" bin c'est pas toi qui regrettera ce sera nous! ce que tu n'as pas fait 100 ans c'est sur ça nous on te juge.

Écrit par : tchabio | 19/09/2009

Merci Tchabio,
c'est exactement ce que je m'appretais à écrire.
Relation historique quand un tenait le baton, et l'autre crapahutait sur les pistes du travail forcé, c'est quand même fort de café.
Relation historique quand toutes les matieres premieres filaient (filent) vers la métropole sans aucun developpement du tissu industriel local.
Je ne considère pas l'usage de la langue francaise comme un outil exceptionnel. Pas du tout. Faut pas pousser mémé dans les orties. Au contraire, la langue francaise me rapelle de facto ce que mes parents ont enduré. Chaque mot qui sort me rapelle les coups de triques qu'il a fallu pour qu'il rentre. Ca me rappelle ma condition de lobotomisé du cerveau. Qu'un francais trouve sa langue exceptionnelle, soit, c'est bien et je me réjouis pour lui, mais c'est pour lui là bas. Pour moi, c'est la langue de mon malheur.

Et enfin, on parle toujours de "dérive" des relations franco-africaines, comme si c'était un malencontreux hasard, un deplorable corollaire, un regrettable dégât collatéral. C'est pas une dérive, c'est voulu. C'est le coeur, c'est le centre, c'est le roc, c'est le fondement, c'est l'intention même. C'est pas une dérive.

Ceci dit, merci pour le texte.

Écrit par : Eddy | 21/09/2009

Vos propos, Eddy et Tchabio, sont justes, en partie.

Une parenthèse à propos de Monsieur Bourgi. Vous écrivez :
" Qu'un français trouve sa langue exceptionnelle, soit, c'est bien et je me réjouis pour lui, mais c'est pour lui là bas."

Certes, mais cela est un peu simpliste. Monsieur Albert BOURGI, avant d'être français, est surtout un francophile convaincu. Il défend les mêmes valeurs que celles véhiculées par l'OIF, et Monsieur Diouf, la paix, la démocratie et les Droits de l’Homme. Il n’a jamais cautionné la « françafrique » dans son acception courante.
S'agissant d'une histoire commune, forcée et contrainte, c'est un fait, mais l'histoire s'écrit tous les jours. Il appartient à chacun de choisir sa voix. On nous impose à tous une langue maternelle mais on ne nous impose pas de la conserver. Et, personne ne nous empêche de construire une histoire commune, sincère et empreinte de respect mutuel.
L’avenir des relations entre l’Europe et l’Afrique ne se fera pas à travers des « françafrique » ou autres. Ce sont les personnes, les peuples, les nations, et non plus les États, qui devront bâtir une nouvelle ère de dialogue.

Écrit par : Jim | 21/09/2009

@Jim

Citation: "Une parenthèse à propos de Monsieur Bourgi. Vous écrivez (..)" (fin de citation)

Non ce n'était pas à propos de M. Bourgi. En fait je faisais allusion à tout francais lambda, pas spécialement à Mr. Bourgi. je soulignais que je comprendrais que tout francais trouve sa langue exceptionnelle, ce qui est tout a fait logique, légitime et normal, mais je n'ai pas le même rapport à la langue francaise. Moi elle me rapelle trop de mauvais souvenirs.

Citation: "On nous impose à tous une langue maternelle mais on ne nous impose pas de la conserver. " (fin de citation)

Je suis très heureux de lire ces lignes et je vous en remercie. Mais croyez-moi, le combat est (va être) très dur. Les premiers réfractaires étant certains africains eux-même, qui estiment que le sillon de notre identité linguistique a déjà été tracé, et qu'il faille le suivre, j'allais dire, religieusement.

Citation: "Et, personne ne nous empêche de construire une histoire commune, sincère et empreinte de respect mutuel." (fin de citation)

Personnellement j'ai de la difficulté à faire confiance à l'occident. Je le dis sans aucune rancoeur. Il m'a fait trop de mal pour que je lui fasse confiance encore. Il m'a trop longtemps utilisé, et continue de m'utiliser comme un insignifiant pion sur son échiquier, avide de grandeur et de puissance, pour que je ne cherche pas un agenda secret, derriere chacune de ses déclarations de bonnes intentions. Donc "un présent commun et sincère, empreint de respect mutuel", je crois que ca va être un peu difficile.

Mais j'espére que la descendance aussi bien africaine qu'occidentale saura transcender ces résiliences du passé et, en faisant table rase du passé, arrivera finalement à construire cette histoire commune, sincère et empreinte de respect mutuel.

Écrit par : Eddy | 21/09/2009

Je trouve que le texte de Mr Bourgi est très bon.

##A ce propos, l’ancien Ministre des Affaires étrangères, Louis de Guiringaud,
déclarait dans l’hebdomadaire l’Express du 15 décembre 1979 :
« L’Afrique est le seul continent qui soit encore à la mesure de la France,
à la portée de ses moyens. Le seul où elle puisse encore, avec cinq cents hommes changer le cours de l’histoire. »##

Dans le fil conducteur, je ne sais pas si l’auteur le fait exprès (sûrement ;-))) mais il démonte le mécanisme qui va pousser de plus en plus la France vers la porte de sortie.
- d'abord le contrôle de la continuité sous la forme des contrats coloniaux (Contrats encore en vigueur en majeure partie)
- les bases militaires (Même si on n'intervient plus, on a l'oeil sur vous)
- les réunions tous les 2 ans en France principalement (France - Afrique, 1 pour tous)
- La francophonie (mieux comprendre ce que je vous explique)
- Le francs CFA (Vous voulez garantir votre monnaie, ma banque est toute ouverte)

Tous ces éléments sont des outils de contrôle sans partage, on ne voit nul part à quel moment la France se prépare à faire face a un changement de mentalité (ou un réveil) des Africains. Quand on veut dominer quelqu'un le plus important c'est de contrôler son esprit donc l'éducation. Le bâton fini a ne plus faire mal.

Aujourd'hui la jeunesse celle dont parle notre auteur, qui n'a pas connu les mêmes rapports avec la France, a soif de savoir.
Et malgré le français parlé parfois même mieux qu'en France, cette jeunesse va chercher ce que la France n'a pas l'intention de lui concéder. Son existence.

Du coup tout ce qu'elle (la jeunesse) fait c'est de se construire localement a partir de ce qui est le plus accessible, ses racines et/ou alors aller vers d'autres solutions plus accessible a l’extérieur pour mieux construire son avenir. Elle sait qu'elle ne part de rien.

L'ouverture se fait d'une manière brutale, elle apprend a se connaitre et surtout a comprendre le piège dans lequel elle se trouve.

Malheureusement la gestion des pays n'est pas encore dans sa main. Mais cette fois-ci elle veut être actrice.
Le chef d'état qui prend conscience que cette jeunesse est prête et n'accepterais aucun retour sur les relations France/Afrique gagnera et du coup deviendra un ennemi de la France-Afrique.

Je dirais pour conclure que la fin de ce très bon document d'histoire politique est un peu courte. Aujourd'hui la langue même si elle véhicule plus de chose qu'on veut bien de le croire n'est pas un élément fédérateur en Afrique, peut être un souhait non avoué de la France. "Ils parlent la même langue que nous, il sera difficile qu'ils aillent ailleurs."

Les Africains ne se battent pas encore pour le contrôle de leur culture, tous nous nous battons déjà et avant tout pour acquérir notre liberté, une liberté
qui nous rendra digne. On n'est pas encore arrivé au contrôle de la culture. Ce combat
sera très long. Parce qu'on ne peut pas prétendre se développer quand on pense dans une autre langue que la sienne, il n'y a que les africains qui serait capable de cet exploit? Je ne pense pas.

Donc effectivement on se retourne vers les pays qui n’ont pas cette volonté de domination evidente, sans doute leur objectif est identique a celle de la France de toujours. La difference ? on est acteur de notre histoire. C’est nous qui faisons notre histoire. Des erreurs ? Sûrement ont va en faire. Mais se sont nos erreurs, on réussira à apprendre.

On était bien au racine de la France-Afrique.
Ce texte était nécessaire. Parce qu'on parle souvent de la France-Afrique mais on ne voyait que ces dégâts, on voit sa queue et on aperçoit ça tête...un bon début??!!!

J’ai lu certains de vos article et interview et je pense sincèrement que le combat de FRANCOIS XAVIER VERSCHAVE de dénoncer à tout prix cette France-Afrique a encore de l’avenir.

Échanger, c'est vital dans la quête de la vérité.

Écrit par : metu | 21/09/2009

parfois lir le titre peut aider :-)))

....En tout cas le déclin a bien commencé et meme tres entamé. En esperant qu'il n'y aura pas un autre clash comme celui de l'hotel Ivoire.

Écrit par : metu | 22/09/2009

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