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31/07/2009

"Le champ littéraire africain", nouveau livre de David K. N'Goran

David K. N'Goran était éditorialiste au Courrier d'Abidjan et est contributeur associé à ce blog. Pour avoir une idée de la couverture de son livre, cliquez ici.

29/07/2009

Bac "C" en Côte d'Ivoire : les erreurs ont-elles du bon ?

... En tout cas, il y a un taux de succès de plus de 65% (correction), au Bac "C", quand le Bac "D" ferme la boucle avec 13% de réussite. Et si le ministère, coupable d'avoir fait une erreur dans l'épreuve de maths du Bac "C", s'était rattrapé en surnotant les élèves ?

28/07/2009

Soro s'éloigne-t-il de Ouattara ?

Plus les élections s'approchent, plus les acteurs politiques ivoiriens sortiront leur grand jeu et jetteront les masques. Depuis un certain nombre de jours, en lisant Nord-Sud, je sens de manière très claire que ce journal, proche du Premier ministre Guillaume Soro, développe des vues pour le moins curieuses lorsqu'on sait que les Forces nouvelles sont le "produit" du RDR, parti d'Alassane Ouattara.


Ainsi, Nord-Sud réprouve les dernières sorties belliqueuses supposées de Sarkozy contre Gbagbo. Nord-Sud se délecte presque de ce que le parti d'Alassane Ouattara semble le plus rejeté par les Ivoiriens selon le dernier sondage de l'institut français Sofres. Quand on se souvient qu'une partie des journalistes de Nord-Sud ont fait scission pour créer leur journal, quand on entend dire que ce sont des "alassanistes" frustrés des "dérives" de la direction de leur journal, on se dit qu'il y a de l'électricité dans l'air...

Observons.

22:22 Publié dans Vite dit ! | Lien permanent | Commentaires (6)

26/07/2009

Visite de Biya à Paris : la diaspora "djafoule"

A lire ici. Si en plus des ONG casse-pieds, les ex-étudiants qu'on torturait allègrement quand ils étaient au pays peuvent se mêler de "gâter" leur visite en métropole, beaucoup des chefs d'Etat africains n'auront plus envie de venir baiser la babouche de leur grand chef parisien.

 

23/07/2009

Election présidentielle en CI : le sondage ébruité par Le Point

Surprise pour l'Elysée : le sondage confidentiel effectué en Côte d'Ivoire par TNS-Sofres pour Laurent Gbagbo donne une large avance à celui-ci en vue de l'élection présidentielle du 29 novembre. Loin du partage de l'électorat en trois tiers annoncé par les experts parisiens, le chef d'Etat sortant obtient 43 % d'intentions de vote, contre 29 % à l'ex-président Henri Konan Bédié et 28 % à Alassane Ouattara. Mille Ivoiriens ont été interrogés en deux échantillons, dans et hors l'agglomération d'Abidjan.

La source ici.

Concours de photos AFD/Planète Jeunes : participez !

L’AFD (L’Agence Française de Développement) et le magazine Planète Jeunes s’associent à l’occasion d’un concours de photos sur la thématique de la solidarité. Compte tenu de votre intérêt pour les sujets relatifs à la solidarité, particulièrement en Afrique, nous serions ravis que vous le relayiez autour de vous afin de faire participer de nombreux jeunes à ce concours.

Ce concours est ouvert à tous les jeunes de moins de 25 ans habitant dans les pays où est diffusé Planète Jeunes, à savoir : Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Cap Vert, Congo Brazza, Côte d’Ivoire, Gabon, Guadeloupe, Ghana, Guinée, Guyane, Haïti, la Réunion, Madagascar, Mali Martinique, Mauritanie, Mayotte, Niger, Nouvelle Calédonie, République Centrafricaine, République Démocratique du Congo, Rwanda, Sénégal, Tchad et Togo.

La participation est limitée à une seule photo par personne, accompagnée d’une légende mentionnant le lieu, la date et le sujet. Les mineurs sont soumis à la responsabilité parentale ou d’un représentant légal.

3 possibilités pour envoyer sa photo :

- par courrier à Planète Jeunes – « Grand Prix Solidaires du monde » - 92 137 Issy-les-Moulineaux Cedex, France.

- par mail à grand-prix@planete-jeunes.org

- par téléphone portable au 00 33 6 08 70 52 56 (prix d’un MMS international)

Il est possible de participer jusqu’au 25 août.

Les photos seront jugées selon différents critères : esthétique (netteté, lumière, prise de vue), thématique (pertinence et originalité) et légende. Les gagnants seront désignés dans 3 catégories : mobile, argentique et numérique. Concernant cette dernière, le grand prix sera attribué par les internautes de la plate-forme www.solidairesdumonde.org parmi 20 photos sélectionnées par le jury. Les internautes pourront voter pour leurs photos préférées à partir du 31 juillet.


Rendez-vous début septembre pour connaître le nom des gagnants !

Les photos des trois gagnants seront publiées dans le numéro de décembre du magazine Planète Jeunes et en simultané sur la plate-forme de blogs Solidaires du monde.

Les auteurs des clichés gagnants se verront récompensés de nombreux lots dont un ordinateur portable, un iPhone 3G ou encore un appareil photo numérique.

Le règlement intégral du concours ici.

22/07/2009

Fritz Ekwoge : le SMS comme outil de constitution d'un annuaire des téléphones mobiles

 

Je continue ma série d'interviews d'entrepreneurs du web et du mobile dans la perspective du "Carrefour des Possibles" avec Fritz Ekwoge, créateur de iYam.mobi, une application mobile innovante... et qui se trouve être un des cofondateurs de Kerawa.

iyamscreenshot.png

Vous êtes le créateur de iYam.mobi, une application mobile assez intéressante qui pourrait s'assimiler à un annuaire consultable par SMS. Pouvez-vous nous en dire plus ?

 

 

iYam.mobi est un annuaire consultable par SMS. Lancé le 10 Avril 2009, il a pour but d’éradiquer les méthodes archaïques qu’on utilise pour avoir les numéros de téléphone de nos amis, des membres de notre famille, des professionnels (plombiers, avocats, …), et aussi des entreprises. iYam.mobi à été conçu pour remplir une seule mission: Find Anyone.

 

C'est une évidence sur laquelle tout le monde s'accorde : les téléphones portables ont pris le dessus sur les téléphones fixes dans notre quotidien africain. On voit même des numéros de téléphone portable mentionnés à l'entrée de certains commerces. Malheureusement il n’y a pas (à ma connaissance) d’annuaire pour recenser tous les numéros de ces téléphones portables comme il en existe pour les téléphones fixes.

WolframAlpha dit qu’en 2007, il y avait environ 31 millions de téléphones fixes utilisés en Afrique (http://www06.wolframalpha.com/input/?i=africa+number+of+landline) contre 272 millions de téléphones portables (http://www06.wolframalpha.com/input/?i=africa+number+of+cellular+phones) ! Maintenant, avec environ 9 fois plus d’utilisateurs, dites-moi qui a le plus besoin d’un annuaire ? Le téléphone fixe ou le téléphone portable ?

La meilleure façon de créer un service qui pourra marcher avec tous ces téléphones portables, c’est de créer un service à base de SMS. Les SMS fonctionnent sur la majorité des téléphones portables et sont supportés par la majorité des opérateurs mobiles. J’ai donc créé un service qui fonctionnera via SMS, et permettra la consultation d’un annuaire de numéros portables. J’ai crée iYam: The world’s first mobile mobile phone directory.

 

- Quel est votre bilan depuis votre lancement ? Quels sont les marchés sur lesquels vous êtes déjà lancés ? Quelles sont vos prochaines cibles ?

 

Le lancement le 10/04/2009 n’était pas vraiment destiné au grand public, mais ciblait les geeks et les amoureux de NTIC ; il s'agissait de ce qu'on appelle "a proof of concept version". Je profite de cette occasion pour remercier tous ces *early adopters* qui ont testé le service et m'ont donné leurs feedbacks.

iYam est un projet de la même envergure que le paiement par téléphone portable. Il y a beaucoup d’acteurs en jeu, qui doivent collaborer pour que ce service soit utilisé à grande échelle et soit rentable. Des négociations et des partenariats sont en cours pour qu’iYam devienne une réalité dans tous les pays africains. Si je divulgue tous les partenariats en cours, il faudra que je vous tue après:)

Je peux vous donner quelques statistiques : iYam contient aujourd’hui plus de 5000 business contacts camerounaises, plus de 6000 business contacts ghanéens, et 40000+ business contacts kenyans.

iYam est aussi devenu plus riche en qualité d’information. Vous pouvez même chercher un hôtel ou une pizzeria au Cameroun avec iYam en envoyant un simple SMS. Voici quelques requêtes qui marchent déjà sur iYam en envoyant une simple requête par SMS au +237 7487 3391 :

Find pizza douala

Find hotel yaounde

Find pizza Nairobi

Find expert php mysql douala

Vous voulez par exemple connaitre  tous les acteurs derrière Kerawa.com ? Envoyez ceci par SMS au +237 7487 3391:

Find kerawa

Rien encore sur la Côte d’Ivoire. Peut-être tu seras le premier Ivoirien à t’inscrire sur iYam !

C'est simple de s'inscrire. Il suffit d'envoyer le SMS suivant au +237 7487 3391 : iYam votre_nom_et_description

Example 1 :

iYam Nino Njopkou, NTIC consultant. Cameroonian, co-founder kerawa.comafrikeo.com20mai.netdiofap.orgbenoue.com. Paris, France.

Example 2 :

iYam Ekwoge Fritz Ekwoge. Christian. Software Engineer. Co-founder kerawa.com, iyam.mobi. Pipo. ekwogefee@gmail.com aka fee.

- Envisagez-vous des partenariats avec des opérateurs mobiles ou des fournisseurs de services télécom à valeur ajoutée ?

 

Je n’envisage que ça. iYam ne peut pas démarrer en grande échelle sans leur appui. Nous sommes très intéressés à établir des partenariats avec les différents opérateurs mobiles et fournisseurs de services télécom à valeur ajoutée.

 

-  Peut-on dire qu’iYam.mobi fait partie de l'univers du web 2.0 africain ?

 

Dire qu’iYam.mobi fait partie de l’univers du web 2.0 n’est pas très exact, car iYam n’est pas un site web, et n’utilise pas Internet pour fonctionner ! Le site http://iYam.mobi n’est là que pour information et sert de tutoriel. iYam fonctionne uniquement par SMS. Web 2.0 ? SMS 2.0? NTIC 2.0? Peut-être. Africain ? Sans aucun doute.

 

- Pourquoi avoir choisi le "support" mobile et la technologie SMS, assez sommaire ? Pensez-vous à faire basculer une partie de vos contenus online ?

 

J’ai choisi le support mobile car il est plus accessible que le support web ici en Afrique. Au moins, de nos jours. De surcroît, le SMS fonctionne sur presque tous les téléphones portables. Une autre raison pour laquelle j’ai choisi le SMS, c’est qu’il me donne la possibilité d’avoir un business model très clair pour ce genre de service.

Je ne pense pas basculer le contenu d’iYam online sous peu. Cela dépendra des business models que j’aurais identifiés comme étant rentables. Des annuaires en lignes existent déjà.  Mais je ne pense pas qu’ils soient aussi rentables ou dynamiques qu’un site d'annonces.

Google contient un index des pages web. C’est normal qu’il utilise une interface web qui permettra aux utilisateurs de cliquer sur les liens. iYam contient un index de numéros portables. C’est normal qu’il utilise une interface mobile (e.g SMS) qui permet aux utilisateurs de rapidement appelés les numéros trouvés.

 

- Sur vos marchés naturels, l'Internet haut débit est encore un luxe, tandis que le mobile est démocratique ? Pensez-vous combiner les deux ?

Il y a beaucoup de services qu’on peut ajouter dans le cadre de iYam. Il y a aussi d'autres médias intéressants comme le WAP ou les autres formes de web mobile. Nous diversifierons iYam en fonctionne des changements technologiques constatés.

 

- Quel regard portez-vous sur les usages du mobile, de l'Internet et du web en Afrique subsaharienne ? Quelles sont les applications qui vous intéressent le plus ?

Permettez moi de le dire en anglais : "The way we develop here in Africa will be different from the way the developed nations did. They grew up with computers. We are growing up with mobile phones". Je pense que nous n’exploitons pas à fond notre potentiel pour extraire le maximum des services mobiles, internet, et web en Afrique subsaharienne.

Le gouvernement et les grands opérateurs économiques dans nos différents pays ne mettent pas assez d’efforts pour intégrer les NTICs dans leurs différentes stratégies de développement. Il faut commencer par les bases, l’éducation.

Les applications internet qui m’intéressent le plus sont les petites annonces, que Nino(@yn3) et moi(@kerawa_coder) avons déjà commencées  avec Kerawa.com. Il y a aussi l’achat direct en ligne que j’aimerais voir marcher en Afrique.

Ce que je regrette le plus au sujet des services mobiles actuels, c’est que ceux avec le plus de succès sont les services de distractions comme les ringtones et les « call tunes ». J’aimerais voir fonctionner dans tous les pays africains le paiement par téléphone portable comme M-Pesa au Kenya, les services d’informations comme iYam, ou les services de conseils pratiques comme Google SMS Uganda.

 

- Pensez-vous que les nouvelles technologies peuvent permettre de vraies créations d'emplois sur un continent où le chômage est endémique ?

 

Les nouvelles technologies ont créé beaucoup d’emplois en Inde. La même chose peut se produire en Afrique. Le manque d’information contribue aussi au chomage. De nos jours, s’il y a un emploi disponible, l’information ne circule pas assez. Si quelqu’un possède un talent particulier, l’information ne circule pas assez. Les NTICs pourront aider à régler ça.

 

- Quel livre, quelle vidéo ou quel blog conseilleriez-vous à un jeune Africain intéressé par les TIC ?

 

Je suis Anglophone. Je m’excuse d’avance si tous ce que je lis souvent est en anglais. Souvent, il faut lire ce que nos prédécesseurs ont fait pour comprendre les chemins qu’ils ont eu à prendre. Je vous conseillerais donc le livre : Founders at Work (Stories of Startups in their early days). Il y a l’histoire de Paypal , Gmail, Apple… Ensuite, il y a news.ycombinator.com que je consulte fréquemment. Je consulte aussi de temps en temps les blogs Africains. Il en faut encore plus, de blogs NTIC africains, à mon avis.

 

- En quelques épisodes qui vous ont marqué, pouvez-vous nous raconter le parcours qui vous a conduit au web et au monde des entreprenautes ?

Etant étudiant à Polytechnique Yaoundé, je m’intéressais beaucoup à la programmation, mais pas forcément à la programmation web. Nino (@yn3) m’avait remarqué un jour en ligne suite à une compétition open source, et à proposer qu’on travaille ensemble. Etant fauché, je me rappelle que je lui facturais très cher mes services (rires !). Après, on a commencé à parler assez souvent en ligne. A l’époque, tout ce que je connaissais sur le web était limité à Yahoo et Google. C’est Nino qui m’a « ouvert l’œil » sur les NTIC et ce qui se faisait sur internet. Je ne connaissais rien sur les blogs, les RSS, le web 2.0, user generated content, ebay, amazon, … etc. Il m’a montré le manque de services web africains, et m’a convaincu que c’était notre devoir d’apporter notre contribution. On a commencé à travailler ensemble sur Akopo quand j’étais encore étudiant.  Avec Akopo, on a beaucoup appris sur le marché web africain. Ce qu’il fallait faire, et surtout ce qu’il ne fallait pas faire.

Dès que j’ai finit les études et que j’ai commencé un emploi, nous avons lancé un autre site. Kerawa.com. L’histoire de Kerawa ne saurait être mieux être racontée que par son CEO, Nino. ON peut la lire ici : http://kouamouo.ivoire-blog.com/archive/2009/07/15/yannick-nino-njopkou-la-belle-histoire-de-kerawa-com.html.

 

 

Tibéhirine-Karachi-Bouaké : quel rapport ?

Chirac_Sarkozy.jpgAvons-nous tort de ne pas y regarder de plus près ? En France actuellement, chiraquiens et sarkozystes semblent laver le linge sale des affaires diplomatiques de la droite par révélations médiatiques et offensives judiciaires interposées. Deux affaires sont au centre des polémiques.

La première concerne l'attentat du 8 mai 2002 sur un chantier géré par la Direction des Constructions Navales (DCN) française à Karachi (Pakistan), qui a coûté la vie à quatorze personnes, dont onze ingénieurs et techniciens hexagonaux. De toute évidence, dès le départ, les "milieux autorisés" savaient que cet attentat était le fruit de la "vengeance" de barons pakistanais. Des pontes furieux parce qu'un pacte de corruption liant les deux pays dans le cadre d'un marché de vente d'armes d'une valeur de 950 millions de dollars, signé le 2 septembre 1994, n'ait pas été respecté par Paris - les "chiraquiens", après avoir gagné la bataille électorale en 1995, avaient remis en cause le "deal" pour empêcher les balladuriens, groupe dont faisait partie Nicolas Sarkozy, de "manger". Malgré les évidences et les témoignages de spécialistes américains de la sécurité, une gigantesque machine à manipuler s'était mise en branle pour accuser Al-Qaeda de l'attentat. Complaisante, la justice française s'est laissée manipuler, acceptant de ne lire que des documents largement amputés, notamment en raison de "clauses secrètes". Toute la France a entériné un mensonge. Jusqu'à ce que, ces dernières semaines, des "révélations" remettent la déplaisante vérité au goût du jour - les ingénieurs et techniciens français ont payé le prix de la passion de leurs responsables administratifs et politiques pour les dessous-de-table et de contradictions entre groupes antagonistes se fichant absolument de l'intérêt national.

La deuxième affaire concerne le massacre de sept moines français à Tibéhirine (Algérie) en mai 1996. Jusqu'à des récentes révélations d'un général à la retraite affirmant que ces religieux avaient été victimes d'une bavure de l'armée algérienne, la raison d'Etat avait sanctuarisé la thèse d'un massacre perpétré par les Groupes Islamiques Armés (GIA). L'Etat français avait classé les témoignages allant dans le sens contraire "secret défense"... au nom de la lutte contre l'ennemi islamiste et de la raison d'Etat.

Aujourd'hui, les analystes français considèrent que la "révélation" sur l'Algérie est une réponse des balladuriens/sarkozystes, qui auraient tout à perdre d'un déballage public sur l'attentat au Pakistan, qui serait en train d'être orchestré par les chiraquiens/villepinistes.

Toutes ces histoires sordides m'intriguent et m'intéressent parce qu'elles nous renseignent sur la "culture" de la nomenklatura française et sur l'étendue de ses tendances manipulatoires. Ces histoires me font penser à l'affaire du bombardement du camp français de Bouaké, qui aurait coûté la vie à 9 soldats français et a conduit à une guerre franco-ivoirienne dans les rues d'Abidjan.

 

chirac karachi.jpg

En Côte d'Ivoire comme au Pakistan, des sordides intérêts mesquins se confondaient avec l'intérêt national de la France. Qui ignore que durant longtemps, des fonds occultes ont circulé entre Paris et Abidjan, et que ces fonds ont financé la carrière politique de responsables français de très haut niveau, trop impliqués dans les affaires internes de leur ancienne colonie pour rester raisonnables ?

 

A Bouaké comme à Tibéhirine, les corps des victimes françaises sont soustraits à l'autopsie et aux regards des médecins légistes. Dans le cas ivoirien, le pouvoir français a affirmé que les corps des victimes étaient trop amochés pour faire l'objet d'une autopsie, et même pour être vus par leurs parents, ce qui a rendu possible l'interversion de deux corps. Dans le cas algérien, on n'a retrouvé que les têtes - parce que les corps auraient démenti la version officielle, affirment les tenants de la thèse de la "bavure" de l'armée régulière - et le pouvoir français a fait pression sur le clergé pour que cette vérité essentielle ne soit pas révélée, après avoir tenté d'ensevelir les corps sans les montrer à qui que ce soit.

Dans les trois cas, on constate que le secret défense est instrumentalisé d'une drôle de manière, qui entrave toujours la manifestation de la vérité. Comme s'il s'agissait moins de protéger l'Etat que de protéger des serviteurs de l'Etat jouant aux apprentis-sorciers à l'étranger.

Après Karachi et Tibéhirine, on n'a plus le droit de considérer la version officielle française des événements de novembre 2004  en Côte d'Ivoire comme une vérité d'Evangile. On a plus que jamais le devoir de s'interroger sur les documents camouflés par le ministère français de la Défense. Surtout quand de nombreux éléments nous poussent à des interrogations légitimes.

Au fait, pourquoi Nicolas Sarkozy est-il favorable à la déclassification dans le cas algérien et maintient-il l'omerta et le secret défense dans le cas ivoirien - notamment à propos du rapport de fin de mission de Gildas Le Lidec, ambassadeur français à Abidjan en novembre 2004 ? Parce que "sa" chiraquienne - Michèle Alliot-Marie - serait éclaboussée ?

 

20/07/2009

Stratégie Internet : la leçon malienne à l'Afrique francophone

Grâce à l'ami Etum, je viens de découvrir le portail Presse du Mali, et je trouve qu'il correspond, dans sa conception, à ce que les journaux papier d'Afrique francophone devraient faire pour véritablement créer du trafic sur Internet (et s'attirer de nouvelles sources de revenus à travers la publicité et le micro-paiement).

Pour mieux me faire comprendre, je pose le décor.

- Internet a "surpris" les journaux africains. Relevant d'abord essentiellement de la diaspora (en raison d'une faible connectivité dans nos pays), la consultation gratuite des articles de presse en ligne n'a pas affecté, au départ, les ventes de nos titres. Au contraire, ils donnaient aux journaux du continent une visibilité internationale. Mal informée sur les enjeux du web, peu formée aux TIC, la presse ivoirienne - que je connais très bien - a donné libre champ à des portails pillant ses contenus sans vergogne.

- Pour réagir (un peu), nombre de nos journaux ont eux-mêmes créé leurs sites, qui jusqu'à présent sont peu visités, donc peu intéressants pour le marché publicitaire. Pourquoi aller à tour de rôle sur les sites - souvent pas très soignés, au point de vue graphique - des dizaines de journaux qui existent quand on peut tout voir sur un seul site mieux "foutu" ?

- Aujourd'hui, le fait est qu'un seul site de quotidien ivoirien (fratmat.info) figure dans le classement Alexa des 100 sites les plus visités de Côte d'Ivoire. Et encore... Chaque jour, il y a près de dix fois plus de lecteurs pour le journal papier que pour le journal en ligne, alors que c'est l'inverse qui est la règle (dix fois plus de lecteurs en ligne que sur format papier). Tout le monde pense avoir le droit de diffuser sans autorisation le contenu des journaux - y compris des entreprises qui ont pignon sur rue, et qui veulent attirer du trafic sur leur portail. La quasi-totalité de la publicité en ligne en Côte d'Ivoire est monopolisée par un seul portail Internet. Et les ventes de la presse papier baissent, notamment en raison du basculement des lecteurs sur le web.

- Résultat des courses, les producteurs de contenu meurent, ou sont obligés de faire du bas de gamme, parce qu'ils n'ont plus les moyens de produire du bon contenu. C'est un cercle vicieux, une logique dangereuse.

L'Association des Editeurs de la Presse Privée du Mali montre, à mon avis, le chemin à suivre face à ce type de défi. En partenariat avec une entreprise spécialisée, elle a créé un portail où l'on retrouve les contenus des différents journaux privés maliens. Elle est mieux placée pour créer un vrai trafic, qu'elle a déjà commencé à capitaliser au point de vue publicitaire (avec des partenaires comme Orange Mali). Dans un tel contexte, il est aisé de partager les "gains" d'une campagne entre les différents titres, en fonction du trafic sur leurs différentes pages.

La presse de Côte d'Ivoire et des autres pays d'Afrique doit absolument mettre en place une stratégie de présence en ligne qui rapporte, à travers une plateforme qu'elle contrôle. Elle doit rester sourde à ceux qui parlent aujourd'hui de partage de revenus ou qui proposent aux journaux de vendre leurs PDF en ligne, en ponctionnant au passage une confortable commission. Elle doit exiger le retrait de ses contenus pillés des sites où ils se trouvent pour mieux valoriser ses archives. Elle doit avoir une vraie stratégie de présence et de monétisation en ligne.

Cela doit passer, pour un début, par une stratégie à la malienne. Qu'en pensez-vous ?

 

 

 

18/07/2009

Delugio parle chez Raphaël

Delugio, blogueur majeur de la période de crise en Côte d'Ivoire, jette le masque et raconte son parcours dans une interview donnée à Raphaël Adjobi, blogueur très "branché" littérature. Intéressant ! A lire ici.