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22/07/2009

Fritz Ekwoge : le SMS comme outil de constitution d'un annuaire des téléphones mobiles

 

Je continue ma série d'interviews d'entrepreneurs du web et du mobile dans la perspective du "Carrefour des Possibles" avec Fritz Ekwoge, créateur de iYam.mobi, une application mobile innovante... et qui se trouve être un des cofondateurs de Kerawa.

iyamscreenshot.png

Vous êtes le créateur de iYam.mobi, une application mobile assez intéressante qui pourrait s'assimiler à un annuaire consultable par SMS. Pouvez-vous nous en dire plus ?

 

 

iYam.mobi est un annuaire consultable par SMS. Lancé le 10 Avril 2009, il a pour but d’éradiquer les méthodes archaïques qu’on utilise pour avoir les numéros de téléphone de nos amis, des membres de notre famille, des professionnels (plombiers, avocats, …), et aussi des entreprises. iYam.mobi à été conçu pour remplir une seule mission: Find Anyone.

 

C'est une évidence sur laquelle tout le monde s'accorde : les téléphones portables ont pris le dessus sur les téléphones fixes dans notre quotidien africain. On voit même des numéros de téléphone portable mentionnés à l'entrée de certains commerces. Malheureusement il n’y a pas (à ma connaissance) d’annuaire pour recenser tous les numéros de ces téléphones portables comme il en existe pour les téléphones fixes.

WolframAlpha dit qu’en 2007, il y avait environ 31 millions de téléphones fixes utilisés en Afrique (http://www06.wolframalpha.com/input/?i=africa+number+of+landline) contre 272 millions de téléphones portables (http://www06.wolframalpha.com/input/?i=africa+number+of+cellular+phones) ! Maintenant, avec environ 9 fois plus d’utilisateurs, dites-moi qui a le plus besoin d’un annuaire ? Le téléphone fixe ou le téléphone portable ?

La meilleure façon de créer un service qui pourra marcher avec tous ces téléphones portables, c’est de créer un service à base de SMS. Les SMS fonctionnent sur la majorité des téléphones portables et sont supportés par la majorité des opérateurs mobiles. J’ai donc créé un service qui fonctionnera via SMS, et permettra la consultation d’un annuaire de numéros portables. J’ai crée iYam: The world’s first mobile mobile phone directory.

 

- Quel est votre bilan depuis votre lancement ? Quels sont les marchés sur lesquels vous êtes déjà lancés ? Quelles sont vos prochaines cibles ?

 

Le lancement le 10/04/2009 n’était pas vraiment destiné au grand public, mais ciblait les geeks et les amoureux de NTIC ; il s'agissait de ce qu'on appelle "a proof of concept version". Je profite de cette occasion pour remercier tous ces *early adopters* qui ont testé le service et m'ont donné leurs feedbacks.

iYam est un projet de la même envergure que le paiement par téléphone portable. Il y a beaucoup d’acteurs en jeu, qui doivent collaborer pour que ce service soit utilisé à grande échelle et soit rentable. Des négociations et des partenariats sont en cours pour qu’iYam devienne une réalité dans tous les pays africains. Si je divulgue tous les partenariats en cours, il faudra que je vous tue après:)

Je peux vous donner quelques statistiques : iYam contient aujourd’hui plus de 5000 business contacts camerounaises, plus de 6000 business contacts ghanéens, et 40000+ business contacts kenyans.

iYam est aussi devenu plus riche en qualité d’information. Vous pouvez même chercher un hôtel ou une pizzeria au Cameroun avec iYam en envoyant un simple SMS. Voici quelques requêtes qui marchent déjà sur iYam en envoyant une simple requête par SMS au +237 7487 3391 :

Find pizza douala

Find hotel yaounde

Find pizza Nairobi

Find expert php mysql douala

Vous voulez par exemple connaitre  tous les acteurs derrière Kerawa.com ? Envoyez ceci par SMS au +237 7487 3391:

Find kerawa

Rien encore sur la Côte d’Ivoire. Peut-être tu seras le premier Ivoirien à t’inscrire sur iYam !

C'est simple de s'inscrire. Il suffit d'envoyer le SMS suivant au +237 7487 3391 : iYam votre_nom_et_description

Example 1 :

iYam Nino Njopkou, NTIC consultant. Cameroonian, co-founder kerawa.comafrikeo.com20mai.netdiofap.orgbenoue.com. Paris, France.

Example 2 :

iYam Ekwoge Fritz Ekwoge. Christian. Software Engineer. Co-founder kerawa.com, iyam.mobi. Pipo. ekwogefee@gmail.com aka fee.

- Envisagez-vous des partenariats avec des opérateurs mobiles ou des fournisseurs de services télécom à valeur ajoutée ?

 

Je n’envisage que ça. iYam ne peut pas démarrer en grande échelle sans leur appui. Nous sommes très intéressés à établir des partenariats avec les différents opérateurs mobiles et fournisseurs de services télécom à valeur ajoutée.

 

-  Peut-on dire qu’iYam.mobi fait partie de l'univers du web 2.0 africain ?

 

Dire qu’iYam.mobi fait partie de l’univers du web 2.0 n’est pas très exact, car iYam n’est pas un site web, et n’utilise pas Internet pour fonctionner ! Le site http://iYam.mobi n’est là que pour information et sert de tutoriel. iYam fonctionne uniquement par SMS. Web 2.0 ? SMS 2.0? NTIC 2.0? Peut-être. Africain ? Sans aucun doute.

 

- Pourquoi avoir choisi le "support" mobile et la technologie SMS, assez sommaire ? Pensez-vous à faire basculer une partie de vos contenus online ?

 

J’ai choisi le support mobile car il est plus accessible que le support web ici en Afrique. Au moins, de nos jours. De surcroît, le SMS fonctionne sur presque tous les téléphones portables. Une autre raison pour laquelle j’ai choisi le SMS, c’est qu’il me donne la possibilité d’avoir un business model très clair pour ce genre de service.

Je ne pense pas basculer le contenu d’iYam online sous peu. Cela dépendra des business models que j’aurais identifiés comme étant rentables. Des annuaires en lignes existent déjà.  Mais je ne pense pas qu’ils soient aussi rentables ou dynamiques qu’un site d'annonces.

Google contient un index des pages web. C’est normal qu’il utilise une interface web qui permettra aux utilisateurs de cliquer sur les liens. iYam contient un index de numéros portables. C’est normal qu’il utilise une interface mobile (e.g SMS) qui permet aux utilisateurs de rapidement appelés les numéros trouvés.

 

- Sur vos marchés naturels, l'Internet haut débit est encore un luxe, tandis que le mobile est démocratique ? Pensez-vous combiner les deux ?

Il y a beaucoup de services qu’on peut ajouter dans le cadre de iYam. Il y a aussi d'autres médias intéressants comme le WAP ou les autres formes de web mobile. Nous diversifierons iYam en fonctionne des changements technologiques constatés.

 

- Quel regard portez-vous sur les usages du mobile, de l'Internet et du web en Afrique subsaharienne ? Quelles sont les applications qui vous intéressent le plus ?

Permettez moi de le dire en anglais : "The way we develop here in Africa will be different from the way the developed nations did. They grew up with computers. We are growing up with mobile phones". Je pense que nous n’exploitons pas à fond notre potentiel pour extraire le maximum des services mobiles, internet, et web en Afrique subsaharienne.

Le gouvernement et les grands opérateurs économiques dans nos différents pays ne mettent pas assez d’efforts pour intégrer les NTICs dans leurs différentes stratégies de développement. Il faut commencer par les bases, l’éducation.

Les applications internet qui m’intéressent le plus sont les petites annonces, que Nino(@yn3) et moi(@kerawa_coder) avons déjà commencées  avec Kerawa.com. Il y a aussi l’achat direct en ligne que j’aimerais voir marcher en Afrique.

Ce que je regrette le plus au sujet des services mobiles actuels, c’est que ceux avec le plus de succès sont les services de distractions comme les ringtones et les « call tunes ». J’aimerais voir fonctionner dans tous les pays africains le paiement par téléphone portable comme M-Pesa au Kenya, les services d’informations comme iYam, ou les services de conseils pratiques comme Google SMS Uganda.

 

- Pensez-vous que les nouvelles technologies peuvent permettre de vraies créations d'emplois sur un continent où le chômage est endémique ?

 

Les nouvelles technologies ont créé beaucoup d’emplois en Inde. La même chose peut se produire en Afrique. Le manque d’information contribue aussi au chomage. De nos jours, s’il y a un emploi disponible, l’information ne circule pas assez. Si quelqu’un possède un talent particulier, l’information ne circule pas assez. Les NTICs pourront aider à régler ça.

 

- Quel livre, quelle vidéo ou quel blog conseilleriez-vous à un jeune Africain intéressé par les TIC ?

 

Je suis Anglophone. Je m’excuse d’avance si tous ce que je lis souvent est en anglais. Souvent, il faut lire ce que nos prédécesseurs ont fait pour comprendre les chemins qu’ils ont eu à prendre. Je vous conseillerais donc le livre : Founders at Work (Stories of Startups in their early days). Il y a l’histoire de Paypal , Gmail, Apple… Ensuite, il y a news.ycombinator.com que je consulte fréquemment. Je consulte aussi de temps en temps les blogs Africains. Il en faut encore plus, de blogs NTIC africains, à mon avis.

 

- En quelques épisodes qui vous ont marqué, pouvez-vous nous raconter le parcours qui vous a conduit au web et au monde des entreprenautes ?

Etant étudiant à Polytechnique Yaoundé, je m’intéressais beaucoup à la programmation, mais pas forcément à la programmation web. Nino (@yn3) m’avait remarqué un jour en ligne suite à une compétition open source, et à proposer qu’on travaille ensemble. Etant fauché, je me rappelle que je lui facturais très cher mes services (rires !). Après, on a commencé à parler assez souvent en ligne. A l’époque, tout ce que je connaissais sur le web était limité à Yahoo et Google. C’est Nino qui m’a « ouvert l’œil » sur les NTIC et ce qui se faisait sur internet. Je ne connaissais rien sur les blogs, les RSS, le web 2.0, user generated content, ebay, amazon, … etc. Il m’a montré le manque de services web africains, et m’a convaincu que c’était notre devoir d’apporter notre contribution. On a commencé à travailler ensemble sur Akopo quand j’étais encore étudiant.  Avec Akopo, on a beaucoup appris sur le marché web africain. Ce qu’il fallait faire, et surtout ce qu’il ne fallait pas faire.

Dès que j’ai finit les études et que j’ai commencé un emploi, nous avons lancé un autre site. Kerawa.com. L’histoire de Kerawa ne saurait être mieux être racontée que par son CEO, Nino. ON peut la lire ici : http://kouamouo.ivoire-blog.com/archive/2009/07/15/yannick-nino-njopkou-la-belle-histoire-de-kerawa-com.html.

 

 

Commentaires

belle serie

Écrit par : Etum | 23/07/2009

@kouamouo
Merci pour cette article. Continuouns cette série.
@Etum
Tu es encore loin derrière dans le NTIC africain ! Tu ne t'es pas encore inscrit sur iYam.mobi. Tu wait quoi ?

Écrit par : Fee | 23/07/2009

@Fee,
J'arrive, je t'ai dit ca non? il y'a une option private? parce que les petite vont chercher la bas.

Écrit par : Etum | 23/07/2009

Etum,
LOOOOOOL, nessa.
Ca t'apprendra à etre beau gosse. Quand on vous dit d'être nyè comme moi. Voilà mai'nant les conséquences.

@Fee, au fait
iYamMobi sera à la conférence kélélé? Sinon, ce ne serait peut-être pas une mauvaise idée d'y envoyer une vidéo de présentation à projeter aux participants, what do you mean?

Écrit par : Eddy | 23/07/2009

@Eddy
Time will tell if iYam.mobi will be able to make it to the kélélé conference.

Écrit par : Fee | 23/07/2009

Pardon Eddy pose moi lol

Écrit par : Etum | 23/07/2009

je suis sur iyam mobi et je me plait bien venez tous

Écrit par : pokam | 25/02/2011

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