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20/07/2009

Stratégie Internet : la leçon malienne à l'Afrique francophone

Grâce à l'ami Etum, je viens de découvrir le portail Presse du Mali, et je trouve qu'il correspond, dans sa conception, à ce que les journaux papier d'Afrique francophone devraient faire pour véritablement créer du trafic sur Internet (et s'attirer de nouvelles sources de revenus à travers la publicité et le micro-paiement).

Pour mieux me faire comprendre, je pose le décor.

- Internet a "surpris" les journaux africains. Relevant d'abord essentiellement de la diaspora (en raison d'une faible connectivité dans nos pays), la consultation gratuite des articles de presse en ligne n'a pas affecté, au départ, les ventes de nos titres. Au contraire, ils donnaient aux journaux du continent une visibilité internationale. Mal informée sur les enjeux du web, peu formée aux TIC, la presse ivoirienne - que je connais très bien - a donné libre champ à des portails pillant ses contenus sans vergogne.

- Pour réagir (un peu), nombre de nos journaux ont eux-mêmes créé leurs sites, qui jusqu'à présent sont peu visités, donc peu intéressants pour le marché publicitaire. Pourquoi aller à tour de rôle sur les sites - souvent pas très soignés, au point de vue graphique - des dizaines de journaux qui existent quand on peut tout voir sur un seul site mieux "foutu" ?

- Aujourd'hui, le fait est qu'un seul site de quotidien ivoirien (fratmat.info) figure dans le classement Alexa des 100 sites les plus visités de Côte d'Ivoire. Et encore... Chaque jour, il y a près de dix fois plus de lecteurs pour le journal papier que pour le journal en ligne, alors que c'est l'inverse qui est la règle (dix fois plus de lecteurs en ligne que sur format papier). Tout le monde pense avoir le droit de diffuser sans autorisation le contenu des journaux - y compris des entreprises qui ont pignon sur rue, et qui veulent attirer du trafic sur leur portail. La quasi-totalité de la publicité en ligne en Côte d'Ivoire est monopolisée par un seul portail Internet. Et les ventes de la presse papier baissent, notamment en raison du basculement des lecteurs sur le web.

- Résultat des courses, les producteurs de contenu meurent, ou sont obligés de faire du bas de gamme, parce qu'ils n'ont plus les moyens de produire du bon contenu. C'est un cercle vicieux, une logique dangereuse.

L'Association des Editeurs de la Presse Privée du Mali montre, à mon avis, le chemin à suivre face à ce type de défi. En partenariat avec une entreprise spécialisée, elle a créé un portail où l'on retrouve les contenus des différents journaux privés maliens. Elle est mieux placée pour créer un vrai trafic, qu'elle a déjà commencé à capitaliser au point de vue publicitaire (avec des partenaires comme Orange Mali). Dans un tel contexte, il est aisé de partager les "gains" d'une campagne entre les différents titres, en fonction du trafic sur leurs différentes pages.

La presse de Côte d'Ivoire et des autres pays d'Afrique doit absolument mettre en place une stratégie de présence en ligne qui rapporte, à travers une plateforme qu'elle contrôle. Elle doit rester sourde à ceux qui parlent aujourd'hui de partage de revenus ou qui proposent aux journaux de vendre leurs PDF en ligne, en ponctionnant au passage une confortable commission. Elle doit exiger le retrait de ses contenus pillés des sites où ils se trouvent pour mieux valoriser ses archives. Elle doit avoir une vraie stratégie de présence et de monétisation en ligne.

Cela doit passer, pour un début, par une stratégie à la malienne. Qu'en pensez-vous ?

 

 

 

Commentaires

Je trouve pour ma part l'initiative de la presse malienne louable. Mais n'est-ce pas là une réponse transitoire à un problème plus profond qui touche tous les secteurs du Web en Afrique et pas seulement le secteur de l'information.
Dans mon papier le web africain francophone m'agace [http://www.lepetitnegre.com/2009/07/20/le-net-francophone-du-bled-magace/] ce que j'explique c'est que le Web Africain Francophone ou WAF manque surtout de business plan et donc d'une stratégie à long terme pour se développer.
Le web est censé ouvrir les possibilités et j'ai l'impression que ce portail offre l'inverse. Il oblige la consultation de l'information via un seul canal et donc restreint les possibilités pour les journaux de se développer pleinement sur le net.

Écrit par : lepetinegre | 20/07/2009

La stratégie malienne est intéressante, mais concernant le Cameroun par exemple, j'attends de voir l'entreprise privée qui pourra convaincre les principaux titres de presses d'adopter une telle démarche commune sur le net.

Écrit par : Jikeb | 20/07/2009

@Jikeb,

Aucune entreprise privée ne peut le faire si ce n'est Orange/Mtn ou alors la coopération internationale. Les patrons de presse s'en foutent royalement

Écrit par : Etum | 20/07/2009

@Etum
Et si les patrons de presse ne sont pas d'accord, ni MTN/ Orange, ni la coopération ne peut mettre leurs articles de journaux en ligne..

La volonté est la base d'une telle action; le faire est le plus facile; les convaincre est une tâche de titan!

Écrit par : oniN | 20/07/2009

@oniN,
orange et Mtn sont les plus annonceurs, la coopération communique beaucoup alors s'ils viennent avec un tel projet je crains qu'il ne passe comme lettre à la poste

Écrit par : Etum | 21/07/2009

@Etum
Il y a quelque chose qui me gène dans ton approche du problème. Lorsque tu parles de MTN et Orange, en filigrane ce qu'il ressort c'est que les autres, les petits annonceurs potentiels, ne valent pas tant que ça la peine qu'on s'intéresse à eux.
Au final, on a un outil, Internet, qui dans sa définition est grand public, et au final on en fait un outil élitiste. Et du coup, on met de côté un paramètre très important, le nombre, ou la quantité. Entre avoir une poignée de gros annonceurs, et une myriade de petits annonceurs, qu'est-ce qui vaut mieux? Le succès d'une société comme Google devrait donner une idée de la réponse.

Écrit par : Ti Aya | 22/07/2009

Infos : ici au mali nous avons des homosexuel courageux et fiers de de l'etre.
Issa soumare de l'Ecobanque Mali est fier de sa bisexualite.
C'est lui qui afinancer en premier ouvertement l'homosualité avec son argent propre.
il aide et encourage les jeunes homosuels et bisexuels.
vous pouvez le contacter a l'Econbanque Mali.
il est toujours heureux d'aider.
le mali avance

Écrit par : issa | 22/07/2009

@issa,
Il y'a quoi? ne viens pas nous gater le débat.

@TiAya,
il faut effectivement une masse de niches lol. Ce que je veux dire c'est que ce sont des acteurs de poids qui pourraient faire bouger les patrons de presse.

Écrit par : Etum | 22/07/2009

Justement, Etum, je crois que c'est un à priori, et ce n'est pas forcément vrai.

Écrit par : Ti Aya | 23/07/2009

@Ti Aya,
tres souvent c'est vrai. mais bon

Écrit par : Etum | 23/07/2009

Les commentaires sont fermés.