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23/05/2009

Agonie de Bongo : a-t-on le droit de se réjouir ?

Certains des "villageois" ayant pignon sur rue ici ont exprimé leur consternation après des propos lus ici et là et se réjouissant d'une probable fin soudaine d'Omar Bongo, figure tutélaire de la Françafrique, qui règne sur le Gabon depuis 1967.

C'est un principe transmis par toutes nos traditions morales : on ne doit pas souhaiter ou se satisfaire par avance de la mort de quiconque. Je suis d'accord.

Mais cette position de principe n'est-elle pas un peu hypocrite ? Chef d'Etat, figure controversée soulevant les passions, Bongo peut-il être vu en dehors de la figure politique qu'il représente et des conséquences politiques d'un éventuel décès ? La structuration de la vie politique en Afrique est ainsi vite que dans certains pays, la condition de l'alternance est tout simplement... la mort du monarque régnant. Alors qu'ailleurs on souhaite la défaite électorale d'un chef qu'on n'aime pas, dans ce type de pays, les opposants n'ont plus qu'à souhaiter le trépas du chef. A qui la faute ?

Se réjouir ou maintenir une attitude "digne" n'est donc pas la question. La question qui se pose de manière centrale est la nature profonde de nos régimes postcoloniaux. "J'y suis, j'y reste" et "Après moi, le déluge" semblent être des slogans partagés par tous.

En cas de décès du chef, que deviendrait le Gabon sans un Bongo qui l'a façonné comme s'il était éternel ? On a vu ce qu'est devenu le Zaïre après Mobutu, la Côte d'Ivoire après Houphouët, et dans quelle complexité sulfureuse s'enfonce le Togo de la dynastie Gnassingbé. 

 

Commentaires

Le Gabon n'est ni le Togo, ni la Côte d'Ivoire et encore moins l'ex Zaïre.
Bongo passera et le Gabon restera toujours Gabon: un pays en paix et tourné vers la modernité.
La fin de Bongo ne sera pour les gabonais que l'ouverture d'une nouvelle page de sa jeune histoire.
Je vous rassure: point de chaos ni de sang au Gabon!

Écrit par : Nguéma Ondo | 23/05/2009

@Nguema Ondo,
Je le souhaite ayant des interets au Gabon, mon fils est gabonais de par sa mere. Mais j'ai bien peur que ce type de paroles furent les notres avant le mois de decembre 1999 et de septembre 2002. Et que derriere ce type d'incantations une espece de voilure nous empechait de voir ce qui devait arriver. Et que ce devait arriver arriva ( la guerre). Et que comme tous conflits surtout ou les protagonistes ont le sentiment qu'il n'y a pas eu de vaincus, nous sommes vraiment loin de la sortie. Alors j'ose esperer que plus que tes propos traduisent l'etat d'esprit des gabonais qui sauront priviligier l'interet general,face aux aventuriers politiques que sont les rebelles et leurs affides et/ou parti(e)s affilie(e)s.
Je crois comme theo que c'est la gestion du chef," le pendant" qui conditionne "l'apres" et a ce titre je pense que Houpheit et Mobutu ont echoue.

Écrit par : advocatus | 24/05/2009

@Nguema Ondo, et pour abonder dans le sens d'Advocatus,

je pense que le moment est venu pour les Gabonais de sérieusement réfléchir à comment organiser l'après-Bongo, car en CI nous nous sommes drogués d'incantations du style "Côte-d'Ivoire-pays-de-paix-béni-de-Dieu", qui était en fait le résumé du mythe principal qui a permis à Houphouët de rester au pouvoir pendant si longtemps...Et puis, cela n'a rien donné, parce que notre classe politique s'est avérée incapable de gérer la succession d'Houphouët, et voilà où nous en sommes.
Je souhaite de tout mon coeur que le Gabon ne sombre pas au moment de négocier la succession de son monarque...

Écrit par : Enrico | 25/05/2009

En Afrique, nos "pères de la Nation" ont toujours privilégié la personnalisation du pouvoir au détriment du raffermissement des institutions. Par voie de conséquence après leurs disparitions: tout s'effondre. Le Gabon n'est certes pas la Côte d'Ivoire encore moins le Togo ou la Guinée, mais je crois en citant le fameux dicton: "Les peuples qui ne tirerons pas les leçons de leur Histoire seront condamnés à les revivre" que la Côte d'Ivoire, le Togo,le Gabon ou encore la Guinée partagent une trajectoire politique commune, celle des pères de la Nation. Au regard, de ce qui s'est passé en Côte d'Ivoire, au Togo et en Guinée; les frères Gabonais devraient au lieu de se gaver d'illusions réfléchir sé ri eu se ment à l'après Bongo. La Guerre nait partout, personne n'en est immunisé
Le Fils de RÂ!

Écrit par : Le Fils de RÂ | 25/05/2009

D'autres l'on déjà dit: le Gabon n'est pas la CI, le Zaïre, le Togo ou la Guinée, à ceci près que tous ont été des pays dirigés par des obscurantistes bêtes types aux intérêts et ambitions personnels et familiaux de s'en mettre plein les poches avant tout autre chose, non de privilégier l'intérêt des hommes et femmes dont ils avaient la charge! Cette différence pourrait s'avérer être le point commun entre ces pays, en fait! L'histoire se répète; un nuage sombre plane toujours sur les pays africains à l'aube de l'appel d'un monarque par son Créateur. Et là, la force de son armée rapprochée, quoique bien équipée, ne peut le protéger... Vive le Sauveur!
Pour le cas du Gabon, il n'y a qu'à entendre ce qui se dit et fait, alors que l'Autre n'est pas encore qu'à ce demander s'il ne vit pas seulement une mauvaise passe dans son lit de mourant.
Que voulez-vous qu'il reste de ce culte auquel on a élevé l'Ancêtre (pardon, le Sage) de l'Afrique? Le chaos est latent... Trop de ses sbires (ministres et autres pléthore de conseillers) ne vivent que pour et ne jurent que par l'Immortel et n'ont d'autres ambitions que de le servir aveuglement, sans trop penser à l'avenir. Du coup, personne n'a jamais pensé la loi imposée par la nature: la fin de tout être vivant!
Le décès sera certes la bienvenue - l'alternance politique n'étant pas possible, vive l'alternance imposée par cette chère loi de la nature (je ne m'en rejouis pas, car c'est un homme bon qui s'en va!) - cela va permettre de relancer le pays (même dans tous les sens!) et écarter les indéboullonnables. Mais gaffe aux appétits qui se dessinent dans la tête de nombreux proches...
La Gabon est, demeure et restera ce que nous voudrons en faire, à nous de voir!
Individuellement, pensons sérieusement a ce que nous souhaiterions après OB, car une nouvelle ère poind à l'horizon, qui ne sera pas forcément relouisant.
Comme dit le proverbe, on sait qui on perd, mais quant à celui qu'on gagne...
Bien gaboniaisement,
Mwa.

Écrit par : Mwa Bukoruh | 26/05/2009

J'espère que je ne viens pas trop tard dans la discussion.

Je suis complètement d'accord avec tout le monde surtout @advocatus. Excellente analyse.

Je dirais en plus: "tant que mes intérêts ne sont pas en danger avec le suivant dictateur, je ne vois pas pourquoi je vais créer une rébellion", serais je tenté d'ajouter...surtout ne suivez pas mon regard....

On a vu dans le cas du Congo, avec Lissouba. Le pays sombre dans un coup d'etat, le lendemain du retour de Paris de Sassou...rien ne se passe a Pointe Noire, c'est le calme plat...une guerre entre lézard ou ça, en tout cas pas ici...rien a voir, circulez.

J'aimerais avoir l'opinion de Theo quand a Kadafi??
Y a t'il Monarque et Monarque? la colonisation?

Metu

Écrit par : metu | 27/05/2009

@ Nguema Ondo,

Je m'arrache les cheveux chaque fois que je lis ce type d'affirmation pathétique. Ayant fait une partie de mes études en Côte d'Ivoire, du fait du conflit civil qui secoua le Congo Brazza durant les années 90, je fus dévasté par les déclarations de collègues ivoiriens affirmant la barbarie naturelle des congolais, que de telles catastrophes ne pouvaient arriver en Côte d'Ivoire, pays béni des dieux. On sait ce qu'il advint quelques années plus tard.

Nous sommes condamnés à revivre les erreurs de nos voisins si nous n'en tirons pas les conséquences. De telles propos sont d'une irresponsabilité insondable.

Écrit par : Gangoueus | 29/05/2009

qu'est ce que vous avez à souhaiter au gabon une fin désastreuse c'est tout simplement de la jalousie et malsain ce genre de propos. 'est dommage.pfffffffffffffffffffffff

Écrit par : ondo marie | 08/06/2009

Toi t'a rien compris toi.
Ou t'a rien lu.

Écrit par : Eddy | 08/06/2009

Aprés avoir pris connaissance de la reflexion des uns et des autres, nous pouvons affirmer sans pour autant nous tromper que le Gabon n'est ni la Côte d'Ivoire, ni La Guinée, entre moins le Zaire ou le Togo.Le Premier Ministre Gabonnais vient d'annoncer que Omar Bongo est vivant. Nous ne pouvons que lui souhaiter bonne guerison.Dans lze cas ciontraire nous presentons nos condoléances au vaillant peuple Gabonnais. Nous disons qu'il est grand temps, de penser à l'avenir de cette Afrique malade de nos erreurs.Nous passerons et l'Afrique, notre Afrique restera. Preservons ce Continent. Par notre sang, nous devons faire revivre notre continent.

Écrit par : guillaume N'gassa | 08/06/2009

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