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06/04/2009

Petit test

Chers villageois,

Une question me taraude l'esprit. Seriez-vous prêts et pensez-vous que vos proches seraient prêts à payer pour accéder à une offre d'information web (Internet classique et Internet mobile) exigeante, riche en enquêtes et reportages fouillés et en analyses équilibrées, en vidéos et en podcasts, qui irait plus en profondeur que les sites qui existent déjà dans la "capture" de l'actualité ivoirienne (nationale, spécialisée, de proximité) ?
Je me pose la question et je vous pose la question parce que je me rends compte que nos marchés ne sont pas prêts à financer l'info juste par la publicité - les annonceurs ont des habitudes bien ancrées, une culture du net approximative et une préférence instinctive pour d'autres supports mieux "maîtrisés".
Alors je me demandais s'il y avait, à l'intérieur du pays et dans la diaspora, une élite jeune et curieuse prête à payer pour une offre d'info haut de gamme en ligne et sur mobile ?
Qu'en pensez-vous ?

Commentaires

Je relaie chez moi aussi pour élargir le débat. En tout cas moi je suis pret à payer.

Écrit par : Etum | 06/04/2009

Théo,

Internet rime avec gratuité, accès libre à du contenu; ce qui rend la tâche difficile d'offrir du contenu payant. A moins que tu ais une exclusivité dans un domaine spécialisé, personne n'aura envie de payer quoique ce soit. Prends pour exemple le NY Times, qui malgré sa grande popularité a du mal à la monnayer. Malheureusement le modèle n'a pas encore été trouvé.

Je crois une raison de ce phénomène est que, de facon générale,les gens prèfèrent encore le support papier. D'ailleurs quand il s'agit de lire un article intéressant sur le net, notre premier reflexe est de l'imprimer.

Écrit par : Alain B. | 06/04/2009

@ Alain B.
Je pense que c'est parceque nous sommes trop habitués à ne pas payer que nous ne voulons plus payer. On nous a habitué à l'information zapping, aux journaux qui font tous du 20minutes sans l'etre. On nous a habitué à acheter des journaux pour y lire les communiqués de presse de certains cercle d'influence.
Il nous manque une offre d'information crédile et fiable. Si Théo est pret à me l'offrir alors je suis pret à payer.

Écrit par : Etum | 06/04/2009

Si l'info concernait le Cameroun, je ne serais quand même pas prêt à payer, car il existe des médias online alternatifs sur lesquels j'ai une information gratuitement (Mutations, Lemessager, etc..).
Le cas m'a l'air d'être similaire pour la CI.
Maintenant, si les médias online décidaient ensemble de devenir tous payants, alors je paierais.

Mais, tant qu'il y'a des médias gratuits en ligne, je ne paierais pas pour avoir de l'information en ligne.

Écrit par : oniN | 06/04/2009

@Nino,
Je ne suis pas satisfait des medias camerounais online, mais ce n'est pas le sujet ici. Il y'a beaucoup de place pour un organe de presse de qualité et innovant.

Écrit par : Etum | 06/04/2009

Je suis du même avis que AlainB et Nino.

Me concernant, voilà ce qui peut m'inciter à payer pour un journal en ligne: son "prestige", sa réputation, son ancienneté, une solide assise dans le paysage de la presse traditionelle, et même un attachement "affectif" au média . En clair, pour moi, en Afrique francophone seul "Jeune Afrique" remplis toutes ses conditions.
Voilà pour mon avis,... pour le moment.





De plus, @Etum, qu'entends tu par un organe de presse de "qualité"? Je pose la question car pour moi en tous cas, l'infos sur le Cameroun, c'est... l'info tout simplement, que ce soir sur camer.be,

Écrit par : Jikeb | 07/04/2009

@Jikeb,
C'est quoi le prestige et la réputation?
Hum Lehman Brothers et Madoff avaient le prestige, la réputation et l'ancienneté je te laisse imaginer la suite.

Comme toi j'ai une relation affective avec JA que le lis depuis de nombreuses années. J'essaie de l'acheter tous les lundis des qu'il y'a des sujets qui m'interpellent. Mais je dois t'avouer qu'il manque le coté réactif, prospectif, innovant, surprenant. Les sujets sont trop classiques sinon renovés. Je trouve un énorme plaisir à lire le TIME par exemple. Ce qui fait que je ne suis pas satisfait de JA meme s'il y'a des efforts. Pour moi JA n'est plus la voix de l'Afrique ni des Africains. JA n'est plus engagé. Mais Jikeb, je serai toujours pret à effectuer un micropaiement sur JA.com pour un article qui m'interesse, pour une information que je ne trouve pas ailleurs. C'est ca la qualité et c'est ce qui manque chez nous.

Je pense que Théo en proposant une information de proximité en temps réel, vérifiée et non biaisée en utilisant les nouvelles technos à un créneau que de nombreuses personnes, comme moi attendent. Un petit exemple imagines que tu sois à la recherche d'une information sur un secteur d'activités à douala (hormis la mission economique francaise)ou va tu trouver cette information? Pourquoi ne pas contacter le journaliste economique du messager et lui demander un papier sur le sujet que je paierai via le site Web du Messager? C'est ca l'info de qualité.

Écrit par : Etum | 07/04/2009

Hum! déja, je tiens à préciser qu'il y'a carrément tout une partie "brouillon" qui apparaît en second paragraphe de ma précédente intervention! Je tâcherais d'être plus soigneux à l'avenir.

@Etum. Merci pour tes précisions. Cependant, cette "Info de qualité", combien sont prêt à payer pour l'obtenir ? Toi tu es prêt à payer, mais il en faudrait bien plus pour rendre cette démarche économiquement viable. Mais quant tu dis toi et de "nombreuses personnes" , je me dis qu'on est sur la bonne voie, si bien entendu, on arrive à clairement identifier quelles sont ces nombreuses personnes ...
Bref, il faut parvenir à trouver la parade, le bon système pour convaincre les clients de payer : la presse occidentale connait actuellement le même problème, comme l'a souligner Alain B.

Écrit par : Jikeb | 07/04/2009

@Jikeb,

Pour la parade on va dire que j'ai ma petite idée sur le sujet.

Écrit par : Etum | 07/04/2009

@Etum

On attends que ça alors ! :-)

Écrit par : Jikeb | 07/04/2009

J'avoue que je suis un peu déçu par le débat, qui ne suscite pas l'engouement de beaucoup de commentateurs actifs de ce blog.
Sinon, pour répondre à Nino et à Jikeb, je dirais que considérer que la gratuité doit être la règle sur le net, c'est enterrer naturellement toutes les infos qui n'intéresseront pas un nombre assez important de consommateurs correspondant au profil que les annonceurs veulent cibler. Cela voudrait même dire qu'on renonce à une info de qualité sur nos pays.
Je m'explique : en mettant tout son contenu en ligne, Le Messager (par exemple) se tue à petit feu. Je connais beaucoup de gens vivant au Cameroun qui n'achètent plus ce journal parce qu'il est en ligne... sans vraiment avoir de la publicité en ligne. Du coup, le journal perd ses acheteurs, sa capacité à mobiliser des équipes pour de l'investigation ou de commander des analyses de haut calibre venant de professionnels rémunérés se rétrécit... la précision de notre connaissance de l'évolution du Cameroun aussi.
Nous ne pouvons pas transposer les schémas économiques d'un Occident où la société de consommation existe à notre Afrique où la consommation est censitaire... et où les annonceurs, peu nombreux et ayant de petits budgets, ne sont pas assez fiables pour bâtir une stratégie de développement.
Le Messager en ligne ne peut pas faire de l'info en continu, une grosse enquête multimédia par semaine, un travail de fouine pour obtenir des scoops une ou deux heures après un événement, de l'info de week-end, de la photo et de la vidéo... Parce qu'il ne rapporte rien et qu'il fait perdre de l'argent.
Au fond, je ne comprends pas pourquoi les pros du web, passionnés du web, considèrent qu'ils paieraient pour du papier mais pas pour du web... qu'ils participent ainsi à dévaloriser. Paie-t-on le contenu ou le support ?
Il y a toujours quelqu'un qui paie l'info. ça peut être le consommateur occidental, qui clique sur une google ad qui le pousse à un acte d'achat. ça peut être les Etats, qui vendent leur soupe idéologique (RFI, France 24). ça peut être un cocktail de lecteurs-consommateurs à travers la pub, de lecteurs à travers l'achat, d'annonceurs à travers de la pub à usage dissuasif... Au final, il y a toujours quelqu'un qui paie. Puisqu'il y a plus de gens qui s'intéressent au divorce d'Ingrid Betancourt qu'aux PME de Côte d'Ivoire ou au SCNC du Cameroun, il est évident que, si nous ne faisons rien, on ne saura plus grand chose de ce qui se passe chez nous.
Car même nos télés privées préfèrent ouvrir leur journal sur un "grand funéraille" (pub de prodada) que sur un sujet plus cher à produire, qui intéresse un public trop ciblé pour être intéressant.

Écrit par : Théo | 08/04/2009

Théo, je trouve ton argumentation valable, et même très convaincante. Seulement, pour moi le problème est toujours le même : Trouver une "parade" pour carrément "contraindre" un nombre conséquent de personnes à payer. A mon humble avis, c'est véritablement à ce niveau là que se situe le débat, car je ne pense pas que la pédagogie, aussi pertinente soit elle suffisent pour convaincre le plus grand nombre de payer. Bien que certaines personnes y seront sensibles,, je pense que l'immense majorité des internautes friands d'infos du pays se tourneront toujours vers des sources gratuites, sauf si dans une certaines mesure, ils n'ont pas le choix. Ce n'est pas une hypothèse que je fais, c'est plutôt un constat, et je rejoins Nino sur ce point. Or, sans atteindre une certaine masses de payeurs, tout objectif de rentabilité financière est illusoire, si l'on fait abstraction de la publicité en ligne.

L'autre méthode à mon avis, serait tout simplement ..d'arrêter d'être présent sur Internet! En effet, tu affirmes je cite:"Nous ne pouvons pas transposer les schémas économiques d'un Occident où la société de consommation existe à notre Afrique où la consommation est censitaire..." Et si nous nos pouvions pas aussi transposer certaines schémas "Technologique" nottament l'Internet, dans le cadre précis de la presse écrite en Afrique ? En effet, contairement au pays occidentaux ou la prese écrite est solidement ancré, en Afrique on ne peut pas dire que ce soit le cas. Et donc, si la presse écrite occidentale souffre de l'Internet, la presse écrite africaine pourra t elle seulement y survivre? Je fais un peut de "catastrophisme", je l'admets.
Mais lorsque par exemple, tu expliques que le Messager perd de l'argent avec son site en ligne. Hé bien, la logique dans une certaine mesure voudrait tout simplement que Le message ...suspende son site web! A moins qu'il ait un malin plaisir à perdre de l'argent... Une solution alnternative ? Proposer uniquement de la tritrologie bien présenté ( voir le module QuickRead du huffpo) et si on veut en savoir plus ... redirection vers un module de micro-paiement donnant accès à une version exclusivement PDF du quotidien par exemple.
Tout ça pour dire que à aucun moment, tu ne soulèves le fait indéniable que le problème est aussi , dans une certaines mesure ... INTERNET en Afrique. D'aucun me taxeront d'obscurantiste, mais bon, ce n'est que mon avis.

C'est pour cette raison que quand Etum dit avoir une "idée" sur la question, je suis forcément enthousiasmé, et dans l'expectative.

Écrit par : Jikeb | 08/04/2009

Je pense que tout est question de contexte. Il est inexact de dire que l'internet payant n'a pas fait ses preuves sur notre continent. le tout est de trouver son modèle. Le site allafrica.com a trouvé le sien, que Jeune Afrique reproduit aujourd'hui avec un accès payant aux archives. Il y a des institutionnels, des chercheurs et autres qui ont besoin d'infos et qui peuvent en payer le prix.

Il faut trouver le modèle, c tout

Écrit par : RV | 08/04/2009

@RV Nous sommes bien d'accord, il faut trouver le modèle.

Écrit par : Jikeb | 08/04/2009

Jikeb a répondu pour moi ;-)
Je pense exactement pareil.

Pour moi, il y'a une différence à nous demander notre avis en tant que "consommateur" ou en tant qu"acteur qui réfléchisse au développement de leur pays".

En tant que consommateur, tant que Le Messager aura une version en ligne, je ne vois pas pourquoi j'achèterais l'édition papier. En tant que consommateur, qu'il soit en ligne arrange mes affaires. C'est la logique qui veut qu'à utilité égale (utilité définie par la perception du consommateur), le choix se porte vers le produit le moins cher.

En tant qu'acteur, si je devais conseiller Le Messager, je leur dirais de mieux réfléchir au business model de leur site, car il s'agit peut-être d'un gouffre financier.

De même, Bouygues a beau essayer de me faire payer les appels internationaux, tant qu'il y aura des cartes d'appel moins chères, je les utiliserais, et que Bouygues en patisse ou pas n'est pas mon problème *en tant que consommateur*.

Pour revenir sur la problématique du financement par la pub, nos marchés ne sont pas prêts comme tu dis. Mais, hélas, ce sont les pionniers qui font mûrir les clients sur ces problématiques, et c'est un long et douloureux travail. Car souvent, au final, c'est d'autres qui viennent engranger les bénéfices.

Écrit par : oniN | 09/04/2009

Payer pour l'info?
Déjà ca dépend de l'info. Parce que si c'est pour savoir qui sort avec qui ou bien qui a montré son string sur quelle plage, ou qui a fait l'attalaku de qui à la rue princesse, même gratuit je ne prends pas.

Par contre, pour des sujets sérieux, si c'est un dossier bien élaboré, ou des infos ntrouvables autrement (je fais allusion ici aux données statistiques, véritables fantomes chez nous), je suis près à débourser quelques cauris pour cela, oui.

,oniN@, "En tant que consommateur, tant que Le Messager aura une version en ligne, je ne vois pas pourquoi j'achèterais l'édition papier"

Peut-être parce qu'il y'a un dossier interessant que je souhaiterais garder dans mes archives.

Écrit par : Eddy | 11/04/2009

@Eddy,

" Ctrl C + Ctrl V dans un document + Sauvegarde sur PC" ==> meilleure solution de sauvegarde pour ma part.

Mais en effet, ce que Le messager peut faire, c'est de mettre des versions light en ligne en signalant que la version détaillée est dans le journal papier.

Par contre, en ce qui concerne "Objectifs Hebdo" version camer, je suis prêt à payer si ce n'est pas en ligne; tellement l'info économique est pauvre au Cameroun.

Écrit par : oniN | 14/04/2009

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