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09/02/2009

Joseph Ndiaye : un combattant de la mémoire s'en va

joseph ndiaye.jpg
Joseph Ndiaye, le conservateur de la Maison des Esclaves de Gorée, s'est éteint vendredi dernier. Je l'ai vu une seule fois, à l'occasion d'un reportage sur l'île commandé par le quotidien français L'Humanité. Il m'est apparu comme un personnage de légende, pénétré d'une idée "missionnaire" de son travail, cabotin, susceptible, passionné, un peu fou, comme habité par une Histoire qu'il n'a cessé de raconter, envers et contre les critiques estimant que le rôle de Gorée durant la traite a été exagéré. Extraits de cet article, qu'on peut toujours lire en entier sur le site de L'Huma :

"Le petit homme courbé à casquette de base-ball qui fait frissonner un public de touristes, à l’intérieur de la maison des Esclaves, à l’évocation de trois siècles de traite, est un des conservateurs les plus célèbres de la planète. Il a voué près de quarante années de sa vie à ce qu’il appelle son " sacerdoce ". Ancien parachutiste dans l’armée française, natif de Gorée, il a découvert sa " vocation ", aidé par l’ancien président Léopold Sédar Senghor, après la guerre d’Indochine. C’est après quatorze années de travail acharné qu’il a obtenu, comme d’autres, la reconnaissance de Gorée comme " patrimoine mondial de l’humanité ". Rien ne l’énerve plus que toutes les critiques des " nostalgiques du passé " qui minimisent la place occupée par Gorée dans la traite négrière. " Ils n’ont qu’à dire que Gorée était un petit nid d’oiseau, ça m’est égal ", s’emporte-t-il. Que pense-t-il de tout le mouvement réclamant une réparation à l’Afrique pour l’outrage commis pendant trois siècles. " Le sang ne se répare pas. L’Occident a bouleversé l’équilibre démographique de l’Afrique, sa civilisation. Ce qu’il doit faire désormais, c’est participer à notre développement ", tranche-t-il. Les photos, les petites phrases qui tapissent les murs de son bureau, sa verve, sa colère… La lutte pour la mémoire est sa vie. Joseph Ndiaye existe. Gorée existe."

18:04 Publié dans Vite dit ! | Lien permanent | Commentaires (5)

Commentaires

Joseph Ndiaye - et Gorée perd un peu de son histoire mais il sera jamais l'homme de la mémoire de cette Île et SA maison des esclaves.

J'ai rencontré Joseph Ndiaye, en 1995 a Gorée, on a fait un film qui a été diffusé a Paris VI pour ceux qui connaissent l'association OSEA. Un moment de de notre histoire quand on a eu a le rencontrer et l'interviewer.

Gorée ne sera plus jamais la même île. J'espère que le jeune qu'il était en train de former va reprendre dignement le flambeau et maintenir ces lieux de la mémoire Africaine, intactes.

FIND BEFORE LOOKING

Écrit par : metu | 09/02/2009

Un reportage en plusieurs parties sur Gorée et Joseph N'diaye son conservateur sur le blog de Aïda : www.aphrikaweb.afrikblog.com

Écrit par : St-Ralph | 11/02/2009

Je garde un excellent souvenir de mon séjour à Dakar de 1979 à 1982. Je suis allé souvent à Gorée et là j´ai eu le privilège de voir, d´écouter et de converser avec ce grand homme qu´était Joseph Ndiaye. Il ne laissait personne indifférent. Lors du festival de jazz de 80-81 sur l´île de Gorée (festival qui a duré 6 mois et qui a vu passer au moins 50 sommités du jazz),Je l´ai vu faire pleurer, Dizzy Gillepsy, Nina Simon, Al Jarreau, Cicely Tyson et beaucoup d´autres. Avec Joe Ndiaye, la narration était non seulement poésie mais aussi et surtout un moment magique où il était difficile de retenir ses larmes. C´est un monument qui est parti. Que la terre te soit légère. Repose en paix guerrier.

Écrit par : Camara Latty | 17/02/2009

Je garde un excellent souvenir de mon séjour à Dakar de 1979 à 1982. Je suis allé souvent à Gorée et là j´ai eu le privilège de voir, d´écouter et de converser avec ce grand homme qu´était Joe Ndiaye. Il ne laissait personne indifférent. Lors du festival de jazz de 80-81 sur l´île de Gorée (festival qui a duré 6 mois et qui a vu passer au moins 50 sommités du jazz),Je l´ai vu faire pleurer, Dizzy Gillepsy, Nina Simon, Al Jarreau, Cicely Tyson et beaucoup d´autres. Avec Joe Ndiaye, la narration était non seulement poésie mais aussi et surtout un moment magique où il était difficile de retenir ses larmes. C´est un monument qui est parti. Que la terre te soit légère. Repose en paix guerrier.

Écrit par : Camara Latty | 17/02/2009

C'est vraiment pathétique, la maison des esclaves, il n'en est rien car elle fut autrefois la maison d'Annacolas Pépin une signare très célèbre de l'île de gorée. Malheureusement certaines personnes trouvent intelligent d'attiser la haine raciale grâce à leur charisme en narrant les séjours de millions d'esclaves passés par ces sous-sol, il n'en est rien, les étages inférieurs de la maison ayant servis aux domestiques. Pour ceux qui s'interessent à l'histoire de l'île, commencez par lire wikipediaet les recherches d'historiens sur le sujet.

Écrit par : angele | 04/05/2010

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