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03/01/2009

Ghana : Victoire d'Atta Mills, examen de passage réussi

Deux alternances tranquilles en une décennie. Le Ghana, qui connaît également une embellie économique ces dernières années, a de quoi rendre fière une Afrique trop humiliée par les farces électorales, les guerres et les rébellions. Le NDC a quitté le pouvoir pacifiquement en 2000 avec le départ de Jerry Rawlings et la défaite électorale d'Atta Mills ; il revient après la fin de mandat de Kufuor et la victoire d'Atta Mills. Ainsi devrait être la politique : une suite de revers et de triomphes loin des tragédies mortifères et des conflits sans fin. Merci à tous les Ghanéens !


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L'opposant John Atta-Mills, 64 ans, a été proclamé vainqueur de la présidentielle au Ghana samedi et a tendu la main à son adversaire, qui a reconnu sa défaite et appelé à l'unité de la Nation, tout en faisant état d'irrégularités lors du scrutin.
Ce vote met fin à huit ans de pouvoir du Nouveau parti patriotique (NPP) et consacre le Congrès national démocratique (NDC), qui avait déjà fait basculer la majorité du Parlement en sa faveur lors des législatives du 7 décembre.
John Atta-Mills a obtenu 50,23% des suffrages contre 49,77% à Nana Akufo-Addo, selon les résultats officiels.
Le président élu s'est tourné vers son adversaire peu après sa victoire, assurant qu'il oeuvrerait pour l'unité du pays, à l'issue d'un scrutin parfois marqué par des tensions mais globalement perçu comme exemplaire à l'échelle de l'Afrique, où les élections sont souvent marquées par des violences.
« Je veux assurer aux Ghanéens que je serai un président pour tous. Il n'y aura pas de discrimination. L'élection est terminée, nous avons désormais un Ghana » , a-t-il lancé à ses partisans depuis un podium devant le siège de son parti à Accra.
Il a remercié son adversaire Nana Akufo-Addo « pour avoir livré une bonne bataille. J'espère que nous serons en mesure de travailler ensemble pour construire un Ghana meilleur pour tous ».
Peu après, le candidat défait l'a félicité et déploré que le Ghana soit « aujourd'hui un pays divisé ».
« Le professeur Mills et moi-même avons l'obligation de générer une continuité et un consensus et je m'engage à jouer le rôle qui m'incombe. Notre nation est à la croisée des chemins et nous devons travailler ensemble pour la construire dans la paix », a lancé M. Akufa-Addo à ses partisans à Accra.
Mais il a aussi regretté des irrégularités qui auraient eu lieu selon lui au second tour dans la région de Volta (centre-est), un fief traditionnel du NDC, affirmant que "les tribunaux" devraient résoudre l'affaire.
Theodore Dzeble, porte-parole de la Coalition d'observateurs des élections (CODEO, 34 organisations) a tempéré ces déclarations en estimant que le candidat défait n'avait pas encore « digéré » la défaite.
« Cela prendra du temps mais je suis sûr qu'il acceptera (...). C'est un démocrate, il est réputé pour les services rendus au Ghana », a-t-il souligné.
Malgré quelques incidents, le Ghana a été loué pour la tenue de cette élection qui s'est déroulée dans le calme et l'ordre, selon de nombreux observateurs.
Alors que des tensions montaient à l'approche de la fin du deuxième tour, faisant craindre des affrontements, le président sortant John Kufuor avait appelé vendredi au calme et au respect des résultats quels qu'ils soient.
Nickolay Mladenov et Valerie Amos, respectivement chef des observateurs électoraux de l'Union européenne et du Commonwealth, ont souligné pour leur part que la bataille avait été « très serrée ».
« Il est important (...) d'aller au-delà des clivages politiques car dans une démocratie mûre, gouvernement et opposition jouent un rôle important », a relevé M. Mladenov.
Vice-président du capitaine Jerry Rawlings de 1997 à 2000, John Atta-Mill se présentait à la présidence pour la troisième fois consécutive.
Juriste, il a enseigné le droit pendant 25 ans à l'université du Ghana (Accra). Il succède à John Kufuor, 70 ans qui se retire au terme de deux mandats de quatre ans.
Nana Akufo-Addo, également un juriste âgé de 64 ans, avait remporté le premier tour de la présidentielle le 7 décembre, mais sans obtenir de majorité absolue.
Ancienne Gold Coast britannique, le Ghana est un grand producteur d'or et de cacao. Du pétrole a récemment été découvert au large de ses côtes, un enjeu qui a pesé dans cette course à la présidentielle.

Commentaires

Rien à dire. Bravo les ghanéens.

Voilà ce qu'on appelle un pays adulte, qui est et sera désormais pris en exemple dans tous les pays d'Afrique dignes de ce nom.

La démocratie frappe aux portes de l'Afrique, à nous de la laisser entrer.

Écrit par : Nino | 04/01/2009

tempérons notre enthousiasme en remarquant qu'à l'instar du kenya, il y avait des germes de contestation des résultats du second tour. L'élément qui a mon avis a été déterminant c'est la hauteur d'esprit du chef de l'état sortant (bon on peut aussi dire que ne pouvant pas être président avait la latitude pour décider loyalement) et surtout l'acceptation des résultats immédiatement par le candidat malheureux.
gageons que si celui ci avait contesté les résultats, la meute d'inconditionnels aurait réagit en ...africain.

On remarquera aussi que:
1. malgré que les années rawlings et kufuor aient été considéré par la communauté internationale (fmi banque mondiale) comme des progrès pour le ghana, leurs successeurs ont toujours perdu les élections
2. finir en tête au premier tour ne garanti en rien une victoire finale cela peut meme témoigner d'une maximalisation de ses forces électorales
3.la cei a très rapidement proclamé les résultats mettant tout le monde devant le fait accompli

par analogie avec la Côte d'ivoire, si en 2000 guei avait accepté les résultats des urnes et si alassan n'avait pas décrété que le pouvoir est dans la rue, on aurait conclu à une transition réussie par les militaires!

Prions pour qu'un de ces trois leaders ivoiriens ne conteste pas immédiatement les résultats des urnes car, malheureusement en cote d'ivoire comme en Afrique en général, les gens ne réfléchissent qu'avec le cerveau de leur chef de parti!

Mais trêve de pessimisme, savourons cette réussite ghanéenne et comme c'est notre voisin et que le bonheur est contagieux...

Écrit par : marianne | 04/01/2009

@Marianne,

réagir en Africain c'est quoi?

Écrit par : Etum | 04/01/2009

comme les gens ont réagi dans tous les pays africains lorsqu'il ya eu contestation des élections à contrario de ce qui s'est passé par exemple en ukraine

Écrit par : marianne | 04/01/2009

@Marianne,

L'important selon moi n'est pas qu'il y ait eu de problèmes (c'est un peu le propre d'élections), l'important est de surmonter ces problèmes, et c'est à ce niveau que pas mal de pays coincent.

Écrit par : Nino | 05/01/2009

en additif au débat, un observateur de la vie politique (un ghanéen svp) ghaneen a précisé que
- la question de l'origine ethnique du leader n'était pas un critère essentiel de vote! belle leçon pour nous ivoiriens
-le candidat vainqueur avait parcouru tout le pays pendant ses années de disette, rien à voir avec nos leaders qui se retirent dans leurs appartements à paris ne se souvenant des ivoiriens du pays profond qu'à la veille des élections

Écrit par : marianne | 05/01/2009

@Marianne tu oublies ceux qui restent dans les appartemants de Cocody?

Écrit par : Etum | 05/01/2009

Les évènements qui viennent de se dérouler au Ghana n'auraient pas été possibles, et on ne le dit pas assez à mon goût,si l'ex-puissance coloniale ne s'était pas tenue à l'écart des élections. Au Ghana à l'opposé de notre pays, il n'y a pas une multitude de soldats étrangers, ni une CEI composée majoritairement des membres de l'opposition dont le titre de valets de l'ex-puissance coloniale n'est pas usurpé. Je ne pense pas, sur la base de ce qui précède, que les élections à venir,chez nous, seront empreintes de tant de sérénité.
Wait and see!

Écrit par : inza | 08/01/2009

J'ai beaucoup apprécié les commentaires de Marianne. Les points sur lesquels elle a mis le doigt méritent les appréciations qu'elle a faites.
Cependant, je ne suis pas d'accord avec elle pour dire qu'il faut tempérer notre enthousiasme parce qu'il y a eu des contestations. Mêmes dans les vieilles démocraties, les contestations ne manquent pas. Heureusement elle s'est quelque peu reprise en ajoutant que l'acceptation des resultats par le perdant a garanti la continuité de la démocratie dans ce pays.
Je crois pour ma part que c'est dans l'attitude responsable devant les résultats que l'on juge de la maturité des democraties. Les fraudes, on en relève toujours dans les élections en Europes et aux Etats-Unis. J'en avais parlé sur mon blog dans un article intitulé "Les démocraties" contestées. Je n'ai pas manqué de citer des exemples précis. Quand des fraudes sont constatées dans deux ou trois bureaux de vote et que l'on sait que la reprise des élections dans ces lieux ne peut nullement changer les résultats, c'est faire preuve de mauvaise foi que de pousser ses partisans à la révolte. Et dans le cas de la Côte d'Ivoire, je suis d'accord avec Marianne pour dire que celui qui est à l'origine de tous nos malheurs, c'est bien le général Guéhi qui a été incapable de se montrer un homme politique de haut niveau. Celui qui a crié au tribalisme pour mettre le feu à la République est de la même veine.

Écrit par : St-Ralph | 08/01/2009

On peut donc être dans l'opposition, être plusieurs fois candidat, sans vouloir un coup d'état et accéder au pouvoir?
On peut être au pouvoir, sans faire un blocage au processus électoral et pouvoir être digne de passer la main à son "adversaire politique"?
On peut comprendre, que les autres chez qui cela se passe, ne sont pas des surhommes, mais des semblables?
Côte d'Ivoire unpeu de dignité...

Écrit par : hilaire kouakou | 12/01/2009

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