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28.12.2008
Wade soutiendrait les putschistes guinéens
A lire ici.
25.12.2008
En Guinée, l'Histoire se répète
2008, année terrible pour l'Afrique ? En tout cas, elle a débuté avec l'élection présidentielle meurtrière du Kenya, et elle s'achève avec le décès d'un Lansana Conté qui a réussi son "coup" - s'accrocher au pouvoir jusqu'à ce que mort s'en suive et laisser dans son pays une situation explosive annonciatrice de tous les tourments.
Si l'Afrique des humbles et des classes créatives (arts, techno et business) est souvent imaginative et battante, l'Afrique politique reste franchement désespérante (n'oublions tout de même pas le Ghana qui nous fait plaisir avec sa présidentielle sans heurts). La Guinée mythique du "non" à De Gaulle voit son Histoire se répéter péniblement, cyniquement. En 1984, après la mort de Sékou Touré, un officier supérieur faisait un coup d'Etat "sur cadavre chaud" en dénigrant son prédécesseur. En 2008, après la mort de Lansana Conté, un autre officier supérieur prend le pouvoir de manière anticonstitutionnelle en jouant du rejet d'un pouvoir - militaire - au bilan tragique.
La Guinée fait un remake de sa propre Histoire certes, mais joue une fois de plus une pièce de théâtre tragique témoignant d'une certaine conception du pouvoir "à l'africaine". Que l'on soit "révolutionnaire" comme Sékou Touré et Robert Mugabe ou réactionnaire comme Félix Houphouët-Boigny ou Paul Biya, le pouvoir est une rente à vie, l'objectif ultime. La devise est "après moi, le déluge". L'on se fiche complètement de ce que l'on laissera à la postérité. Comme des braconniers ou des forestiers voyous, l'on n'a aucun souci des générations futures. L'on se fait d'ailleurs un devoir de miner sa succession. L'on répète à l'envi les recettes qui ne marchent pas. Certes, l'Afrique n'est pas monolithique. Léopold Sédar Senghor et Nelson Mandela l'ont bien montré. Mais ce sont de belles éclaircies dans un ciel noir.
L'on ne peut pas se contenter d'accuser l'Occident devant ce qu'on doit bien appeler par son nom : une culture politique. Il faut, à mon avis, relire l'Histoire précoloniale, coloniale et postcoloniale, pour comprendre vraiment notre tendance générale au statu quo voire au suicide politique. Je n'ai aucune certitude, mais je pense que l'énorme absence de confiance qui traverse nos pays est un des noeuds qui nous enserrent. Il n'y a pas plus afropessimiste que les Africains eux-mêmes. Pourquoi changer, pourquoi se sacrifier, pourquoi penser en priorité aux générations futures, quand on est persuadé que l'avenir n'a pas d'avenir, qu'il est urgent de s'extraire et d'extraire nos descendants du Titanic en garnissant assez nos comptes dans les banques suisses ?
Le vin est tiré, il faut le boire et espérer que Moussa Dadis Camara soit un nouvel ATT, organise une transition faisant vraiment avancer la démocratie et s'en aille la tête haute. Mais comment ne pas avoir à l'esprit le précédent mauritanien, où les militaires ont organisé une transition, laissé élire un président civil puis renversé ce président pour conduire une nouvelle transition ?
23:33 Publié dans A débattre | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note
21.12.2008
Presse écrite : ma nouvelle aventure
Après plus d'un an d'éloignement volontaire et d'immersion complète dans l'univers du web 2.0, j'ai décidé de revenir à mes vieilles amours : la presse écrite. Je travaille depuis plusieurs mois au lancement, en Côte d'Ivoire, d'un journal qui ne ressemblera pas à ce que j'ai fait jusqu'ici.
- Il sera de périodicité hebdomadaire.
- Il sera spécialisé dans le traitement de l'actualité des entreprises et des questions emploi/formation/entrepreneuriat.
La vie nous apprend à tirer les leçons de nos échecs. Mon nouveau "bébé" ne sera pas le produit d'une PME tournant autour de deux actionnaires-amis, mais d'un vrai pool d'associés complémentaires.
Ceux qui seraient intéressés par une participation à une telle aventure peuvent m'envoyer un email à l'adresse kouamouo (at) yahoo.com. Je leur répondrai et on discutera.
18:29 Publié dans Vite dit ! | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note
Côte d'Ivoire : grâce présidentielle pour Alafé
Le directeur du quotidien ivoirien (indépendant) l'Intelligent d'Abidjan, Wakili Alafé, dit Assé Alafé, condamné à 18 mois de prison ferme pour s'être prévalu de la nationalité ivoirienne, a été libéré jeudi soir, a-t-on appris vendredi auprès de son journal.
"Il a été libéré hier (jeudi) soir mais pour le moment il se repose un peu. Nous comptons organiser une réception pour dire merci à tous ceux qui ont oeuvré pour sa libération", a déclaré à l'AFP le rédacteur en chef de l'Intelligent d'Abidjan, Valéry Foungbé.
M. Alafé, deuxième vice-président de l'Union nationale des journalistes de Côte d'Ivoire (Unjci), a été gracié par un décret du président Laurent Gbagbo signé mercredi, a précisé M. Foungbé.
Il avait été condamné le 7 novembre à 18 mois de prison ferme et 100.000 FCFA (152 euros) d'amende par le tribunal de première instance d'Abidjan qui statuait sous la procédure des flagrants délits.
Le tribunal n'avait pas suivi le ministère public qui avait requis trois ans ferme, la peine maximale prévue pour le délit de "faux et usage de faux" retenu contre le journaliste.
Le directeur général de L'Intelligent d'Abidjan avait été interpellé sur dénonciation anonyme, pour avoir produit de faux extraits d'acte de naissance lui donnant la nationalité ivoirienne alors qu'il serait, bien que né en Côte d'Ivoire, de nationalité nigériane par ses parents.
17:24 Publié dans A débattre | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note
17.12.2008
Cameroun : mort d'une figure du refus ?
Jean-Marc Ela, prêtre, sociologue et dissident engagé contre la "démocrature" camerounaise, la Françafrique et les errements de l'Etat postcolonial en Afrique, est décédé. Je l'ai rencontré une seule fois, à Abidjan, lors d'un colloque organisé pour dénoncer l'oeuvre mortifère des "réseaux" hexagonaux dans la Côte d'Ivoire de fin 2002. Il m'a donné l'image d'un écorché vif et d'un intellectuel à la recherche de la vérité et d'une forme de pureté. Pour en savoir plus, lire ici.
PS du 17 décembre 2008 : Aux dernières nouvelles, Jean-Marc Ela serait dans le coma mais vivant.
22:13 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
16.12.2008
Mugabe, générateur de passions

"N’en déplaise à Robert Mugabe, le libérateur de l’ex-Rodhésie du Sud, le Zimbabwe continue son décompte macabre au cœur de l’épidémie de choléra, qui s’y propage à l’allure d’une marée noire.
Pendant que le cynique Papy Bob clame haut et fort que cette malédiction, un bonus sur la disette qui frappe son pays depuis des décennies, est sous contrôle, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et Médecins sans frontières (MSF) y dénombrent les morts par centaines et des malades par milliers.
Les derniers chiffres font, en effet, état de 800 morts et de quelque 17 000 cas depuis le déclenchement de l’épidémie en novembre dernier. Le choléra, maladie des eaux usées, est à l’image même de la déliquescence économique et sociale dans laquelle est plongée le Zimbabwe depuis que la relique qui préside à ses destinées après le départ du colonisateur anglais en a fait un patrimoine familial." Pour tout lire, cliquez ici.
Le deuxième est de l'essayiste et ancienne ministre de la Culture malienne Aminata Traoré. Il est intitulé "Mugabe, l'insoumis et le bouc émissaire".
"Rien ne justifie l’humiliation de Robert Mugabé et les privations imposées à son peuple afin qu’il se soulève et le renverse. Il n’est pas paranoïaque puisque Gordon Brown et ses alliés après avoir poussé Morgan Tsvangiraï marchent à présent à visage découvert et sans complexe, lui demandant de démissionner. Nommer et défier ses agresseurs n’a rien à voir avec la haine des Occidentaux véhiculée par certains médias qui excellent dans le lavage des cerveaux quant a Robert Mugabe. Précisément parce qu’il se savait le dirigeant d’un pays composé de Blancs et de Noirs il a tenté de les fédérer en nommant des ministres zimbabwéens d’origine britannique dans le gouvernement.
Robert Mugabé n’est en aucun cas ce bourreau qui affame son peuple et le condamne à mourir du cholera et de je ne sais pas quelle autre maladie. Les quinze années durant lesquelles il avait les mains libres il a réussi à réaliser le taux d’éducation le plus élevé du continent en plus des performances économiques enregistrées. On ne peut lui reprocher non plus de s’être enrichi personnellement ; à l’instar de la plupart de ses homologues même si certains excès son reprochés à son épouse.
La persécution dont il est l’objet augure en réalité des difficultés à venir chaque fois qu’un dirigeant africain voudra se démarquer de la pensée unique en revendiquant la souveraineté économique, politique et alimentaire. Nous serons faibles et vulnérables tant que, face a une telle situation les peuples conscients des enjeux et des dangereux rouages du monde actuel ne prendront pas leurs destins en mains et ne défieront pas eux-mêmes leurs dirigeants mais aussi l’Union Européenne, les IFIs les anciennes puissances coloniales en quête de lieux d’ancrage ; de matières premières et de parts de marches. Nous sommes tous des Zimbabwéens face au défi de la nouvelle citoyenneté qui fera de nous les seuls et véritables responsables de l’alternance politique dans nos pays et de la défense de tous nos droits." Pour tout lire, cliquez ici.
15.12.2008
Côte d'Ivoire : un journaliste arrêté
La haute administration ivoirienne, par son insondable arrogance, est en train de donner une arme à tous ceux qui aimeraient bien "se faire" un Gbagbo qui n'a cessé de dire, depuis son élection, qu'il n'emprisonnerait jamais un journaliste. Ebenezer Viwami, un jeune journaliste dévoué à son métier, vit depuis plus de quarante-huit heures dans un violon de la gendarmerie de Yopougon, dénudé, au milieu des brigands de grand chemin, en violation totale d'un code de procédure pénale qui prévoit qu'une telle détention ne peut durer autant, et au mépris du droit de la presse. Ses collègues n'ont pas le droit de le voir, tandis que le Procureur de la République sélectionne les journalistes qui peuvent le rencontrer. Le crime de Alerte Info ? Avoir diffusé, sans les endosser, les propos d'un détenu affirmant qu'il y a eu trois morts dans les émeutes de la MACA, alors que selon la version officielle il y a eu six blessés. En quoi cette relation de propos peut-elle enflammer la Côte d'Ivoire ? En rien. Mais il faut bien que des fonctionnaires zélés se fassent les dents. Déplorable !
Un journaliste d'une agence de presse privée ivoirienne a été arrêté samedi et est en garde à vue pour avoir diffusé de "fausses nouvelles" sur la mutinerie survenue le même jour à la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (Maca), a-t-on appris lundi de sources concordantes.
"Notre rédacteur en chef, Ebenezer Viwami, a été arrêté samedi par la police devant la Maca où il avait été dépêché pour les événements de la prison, puis incarcéré comme un vulgaire brigand", a déclaré à l'AFP le directeur commercial et marketing de l'agence Alerte Info, Trésor Affri.
"Nous avons frappé à toutes les portes en vain pour obtenir sa libération puisqu'il a été arrêté de manière arbitraire et en plus dans l'exercice de ses fonctions", a ajouté M. Affri, dont l'agence est spécialisée dans la diffusion de l'actualité par sms et sur internet.
Selon les services des ministères de l'Intérieur et de la Justice, M. Viwami a fait diffuser par sms une information selon laquelle "au moins trois prisonniers" avaient été tués samedi lors de la mutinerie de la Maca.
Six détenus ont été blessés, selon le bilan officiel, qui ne fait état d'aucun mort.
Le journaliste devrait être "entendu par le procureur de Yopougon", un quartier populaire d'Abidjan, où il est en garde à vue à la gendarmerie, a indiqué à l'AFP le service de communication du ministère de la Justice.
"Ils le détiennent dans des conditions exécrables comme s'il s'agissait d'un vulgaire criminel et refusent qu'on le voie", a déploré M. Affri, jugeant qu'"entre les discours officiels selon lesquels on n'emprisonne pas un journaliste en Côte d'Ivoire et la réalité, il y a un gouffre".
Le 18 août, le président ivoirien Laurent Gbagbo avait réaffirmé qu'il ne ferait pas emprisonner les journalistes, pour ne pas en faire des "héros".
Avez vous remarqué...
... qu'à Abidjan, ce sont les voitures qui sont sous la bannière de forces représentant l'autorité (Police nationale, CECOS, ONUCI) qui sont conduites par les pires chauffards ?
18:04 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
11.12.2008
Pourquoi bloguer sur l'Afrique : le point avec L'Atelier des Médias
Un podcast sympa avec Philippe Couve de RFI, déjà disponible sur le site de l'Atelier. Une partie de cette interview sera diffusée en format radio

21:19 Publié dans Promo, autopromo et atalakus | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
10.12.2008
Un post intéressant de "Chroniques sénégalaises"
Au sujet de l'épidémie de choléra au Zimbabwe, qui sème la mort et représente une opportunité de campagne anti-Mugabe pour l'Occident. A lire ici.
14:15 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note

