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10/11/2008

Assé Alafê ou les pièges de l'histoire ivoirienne

L'article qui suit est d'un de nos "villageois", David K. N'Goran, et exprime son opinion personnelle. La mienne, qui est différente, suivra.

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Assè Alafê, à l’état civil Wakili Alafê est sujet à trois types de malheurs : un premier, de type généalogique qui le fait naître quelque part à Anyama, sur une terre d’Afrique difficilement localisable dans la cartographie générale du monde. Ici, vous pouvez vivre ou mourir dans d’indifférence générale tant vous êtes assigné « hors histoire » et hors-monde ; un deuxième type de malheur de genre événementiel, dont la temporalité, hélas !, coïncide avec l’épopée d’un certain Obama, héros des temps nouveaux, dont le charisme, à force de susciter espoir et bonne humeur redonne au monde son visage radieux ; enfin un malheur de l’ordre de l’historiographie ivoirienne, celle qui s’écrit à l’insu du sujet, avec ses ruses et ses pièges sans fin. C’est ici que le journaliste, poursuivi pour « faux et usage de faux », c’est-à-dire, pour « fraude sur la nationalité ivoirienne » se mord la queue à la
façon du scorpion, victime de son propre dard.
Je l’ai connu au cours des années 1997-1998. En ces temps, là il se prévalait déjà de son titre de journaliste, puisqu’il venait de quitter l’équipe de Yao Noël, pour occuper la direction de la rédaction du journal : « le national ». Intéressé par le métier de la plume et de l’information, j’y ai esquissé quelques pas, avant de m’enfuir, loin de là, effrayé à l’idée d’avoir la vue brouillée par des slogans anti-Alassane Ouattara, des dogmes ivoiritaires doublés de doctrines xénophobes, la violence de la plume et la brutalité du discours dans une presse, pourtant jeune de son histoire pluraliste. …Tout compte fait, Ceci n’était pas le journalisme dont j’avais rêvé…
Cependant, de mes rapports personnels avec le sieur Alafè, je ne retiens rien de spécialement émouvant, hormis son côté froid, version Léviathan, ses fréquentations de types Tapé Koulou, son directeur de publication et autres hommes de mains du régime Konan Bédié, mais aussi et surtout, son goût professionnel mêlé de sa personnalité intellectuelle, se délectant de la problématique identitaire dont il a contribué à la cristallisation politicienne.
Faut-il, pour autant, se réjouir de ses déconvenues judiciaires à forte allure de feuilleton politique ? Assurément non ! L’affaire, comme on le dit à Abidjan, est « graaaaave ! » quoique banale en apparence. Elle appelle quelques observations.
Il apparaît que la plupart des cas de « fraude sur la nationalité ivoirienne » sont rarement le fait d’institutions dont la fonction en la matière est attestée. Tout se passe alors comme si on ne peut être ivoirien que « pour/contre » quelqu’un. Monsieur Alafê, semble-t-il, aurait été « dénoncé par une voix anonyme ». Ce mode oppositionnel de la revendication identitaire fonctionnant sur le registre de la dépossession, du viol ou du vol de soi explique pourquoi la foule est toujours à l’origine de ce type de contentieux. Combien d’ « étrangers » n’ont-ils pas été traînés et rudoyés par des foules mécontentes avec le chef d’accusation de « voleur de nationalité », à l’occasion des opérations d’identification ? Or, nul n’ignore combien, dans l’imaginaire africain, le sort réservé au personnage du « voleur » s’apparente tristement à celui du voleur de mouton ou de la sorcière au moyen –âge.
Il apparaît également que les cas de fraude, ainsi investis sur la place publique, n’interviennent que lorsque les supposés faussaires ont atteint de loin l’âge d’homme, c’est-à-dire, au moment où ayant intégré la production, ces sujets prétendre à la compétition, relativement à un certains nombre d’objets de contradiction s’incarnant dans des postes à pouvoir ou des lieux spécifiques de gestion des affaires publiques, eux-mêmes générateurs de pouvoir. C’est ainsi qu’Assê Alafê, devient « voleur de nationalité à 37 ans », après plus d’une décennie d’exercice de son métier de journaliste, candidat alors au poste de premier responsable de l’unjci, tout comme Alassane Ouattara devient « suspect » à 42 ans, avant d’être relégué au rang de « tampiri national », et que feu Djeni Kobenan, devînt « Ghanéen », quand Feu Kourouma commença à redouter qu’on le nommât « Guinéen ».
Enfin, pour souscrire à la sociologie spontanée de nos artistes, lesquels mettaient en garde à propos de la phobie généralisée autour de la perte de nationalité, on peut fredonner afin de le méditer

« Tu sais qui je suis ?...Le nouveau millénaire arrive, chaque personne prépare son bilan, alors l’ivoirien à la peur au ventre, parce qu’il ne sait pas s‘il sera toujours ivoirien …affaire de ivoirité…»

Ce qui précède est sans doute la preuve que les tigres qui proclament trop fort leur tigritude sont ceux qui sont habité par la hantise de sa négation ou de sa perte.

David K. N’goran

Commentaires

Salut Théo,

J'ai lu hâtivement cet article et j'avais pas l'envie d'y revenir.Au risque de l'avoir mal cerné, je dis que ce papier me fait froid dans le dos.on revient toujours à la même problématique.Pourquoi ce journaliste a t-il dû employer ce moyen illicite pour s'acquérir de la nationalité ivoirienne?Qu'est ce que l'état lui proposait d'autre comme alternative? Une carte de séjour?c'est invraisemblable! je ne suis pas pour une fraude administrative des documents d'identités par essence mais est ce qu'on (l'état ivoirien) a laissé le choix à ces personnes qui se sentent appartenir à cette nation de par leur naissance et du fait de leur durée sur ce sol qui les a vu naitre ?Plus tôt que de condamner ces cas avec fermeté et sans relativisme , on ferait mieux de réparer l'injustice et la position dans laquelle l'état ivoirien les a empêtré.Qu'a t-on fait de la possession d'état dans notre constitution?Cherchons l'erreur à notre niveau juridique et nous comprendrons les motivations qui ont fait de ce journaliste un fraudeur dans un pays où la naturalisation est presqu'inexistante.j'en ai marre à la fin qu'on aille pas à la cause de ce phénomène qui nous a valu une guerre.Si on continue de la sorte c'est des milliers de personnes qu'on mettra derrière les barreaux.C'est fou de voir qu'il est plus facile d'obtenir une citoyenneté européenne qu'africaine, même en ces temps d'hostilité à l'immigration.C'est pas le sujet mais je finis que Barack Obama n'aurait toujours pas eu la nationalité ivoirienne s'il était né en Côte d'ivoire( de parents étrangers) même du haut de ces 47 ans avec ce bordel au carré administrative.je suis en colère mais, je prends mon calme en attendant le billet de théo que j'espère nous fera une analyse équilibrée de la situation.Merci de ne pas trop me juger par ma réaction.

Écrit par : mohamed billy | 11/11/2008

Mohamed Billy,

Calme toi et lis le texte... Je ne suis pas sûr qu'il ressemble à ce que tu imagines...

Écrit par : Théo | 11/11/2008

@ Mohammed Billy,

De ton intervention je retiens que tu accuses l'Etat ivoirien d'avoir créé des conditions qui contraignent les gens à frauder sur la nationalité. L'Etat serait donc coupable de tout et les fraudeurs seraient donc de saintes victimes!!! Cette inversion des rôles est irrecevable. Je pense que les personnes fraudent soit parce qu'elles sont conscientes de ne pas remplir les conditions ou tout simplement par amour de la facilité.
Par ailleurs, il est bien de situer les choses dans leurs contextes pour situer l'opinion. Les débats sur la nationalité n'existaient pas avant l'instauration de la carte de séjour au début des années 90.Mais ce qui les a exacerbés au point de leur donner l'allure qu'ils ont aujourd'hui est le cas ADO. Fondamentalement, l'enjeu de ces débats a toujours été surtout politique. Sinon, en ce qui concerne tous les non nationaux de tous les horizons installés ici, ils n'ont jamais eu besoin de la nationalité ivoirienne pour prospérer dans ce pays! La preuve en est que le tissu socio-économique dans de nombreux secteurs clés est maîtrisé par des étrangers! Alors de quoi me parlez-vous? Ce pays certes a beaucoup de défauts mais personne n'a encore été expulsé pour défaut de nationalité!
Faites donc attention à ne pas « victimiser » les tricheurs et culpabiliser ceux qui ne font qu'appliquer les lois. Par contre, je vous concède qu'au-delà de la sanction, tous les phénomènes sociaux, surtout quand ils sont récurrents, doivent donner lieu à une réflexion psychosociologique pour en cerner les raisons et améliorer les choses.
Pour clore, je vous ferez remarquez ceci, sous forme de question: les ivoiriens ont-ils de bonnes raisons objectives d'être vigilants et mêmes sur la défensive et frileux chaque qu'il est question de leur nationalité? Pensez-vous aux enjeux?
(Autre chose. Arrêtez ce gros mensonge intellectuel qui consiste à dire que la crise actuelle est due à ce problème ! Cette analyse est superficielle, fausse et relève beaucoup plus de la stratégie de communication de l’agresseur français. C’est du camouflage classique ! Les problèmes entre ivoiriens sont certes réels, mais, même si ces problèmes n’avaient pas existé, cette crise aurait quand même eu lieu sous d’autres formes. Les français auraient exploité d’autres divisions locales pour se couvrir et agir. La preuve la plus indiscutable est novembre 2004 où le vrai promoteur de la crise a ouvertement ôté le masque pour nous plonger dans la prolongation où nous sommes et dont la clé réside désormais dans notre capacité à trouver une solution qui tienne compte des intérêts gaulois qui en sont la seule et réelle motivation)

Écrit par : HARRIS | 11/11/2008

Salut,

Sincèrement Théo, je pense que tu aurais mieux fait de nous faire l'économie de ce papier; ici au village en tout cas!

Peut-être qu'il me faudra apprendre à nouveau les techniques élémentaires de lecture d'un texte. Je ne vois pas le problème essentiel que l'auteur a bien voulu mettre en exergue; encore moins d'éléments de reponse.

Puissent ceux qui l'ont compris m'aider à le comprendre!

Écrit par : Lévy | 11/11/2008

@ HARRIS,

De mon intervention, je remets en cause l'état ivoirien d'avoir mis à l'écart et de manière sournoise "ces propres fils" qu'il a vu naitre.je maintiens donc ma position sur ce aspect précis.En revanche, j'ai bien signalé mon désaccord contre l'impunité de la fraude mais qu'il fallait mieux comprendre, pour mieux juger.Il est normal de faire bien appliquer les lois sauf que quand elles ont des manquements ou qu'elles sont mal faites,où ne reflètent plus la réalité sociétale, il est nécessairement urgent de la revoir.C'est pour cela que j'ai dit qu'à la même allure, on n'aura pas assez de place dans nos prisons pour ces cas similaires que tu sais sont en nombre exponentielle.

Pour revenir au personnage de l'affaire , à mon avis, je ne pense pas qu'il est fraudé la nationalité par désir de facilité ou qu'il ne remplissait pas les conditions pour en faire la demande.Alors me diras-tu pourquoi alors? Pour un homme de cet age (37 ans me dit-on), et au vu du métier qu'il exerce, je dirai que c'est incontestablement de mon point de vue, un flou administrative et une absence de communication que l'état n'a pas su envoyer en direction de ces "étrangers" qui, comme tu le rappelles dans ton post "n'avaient pas besoin de la citoyenneté pour prospérer dans le pays"et l'on a pu constater à quel point cette tolérance a favorisé notre économie. Mais bref il y a rien à contester à niveau!!!

Pour autant ,n'oublions pas que l'Etat est avant le citoyen, et qu'il lui appartient de proposer des droits avant même que le citoyen s'acquitte de ses devoirs.C'est en cela que je pense qu'on(l' état) aurait pu ou même dû régularisé cette situation par anticipation si seulement on avait le soucis de renforcer nos institutions et de veiller à sa bonne marche.A ce insouciance là, il était impossible qu'on eut pas réparé ce problème d'identité en Côte d'ivoire.Et c'est justement la raison pour laquelle ADO a instauré les cartes de séjour pour y mettre un peu d'ordre.Malheureusement encore, manque de communication du gouvernement sur ce sujet aux populations et l'on a pu voir toutes les dérives qui s'en ont suivies sur cette terre autrefois paisible et pleine d'hospitalité.Et pour finir je réponds à ta question sans ambiguïté: OUI, l'état ivoirien a le droit de défendre sa citoyenneté;mais pas à n'importe quel prix et surtout pas contre ses "propres enfants".Pour les enjeux, je les mesure pleinement, à tel point que je fais un coup de gong en guise d'alarme.

Pour les évènement de 2004, je ne suis pas loin de penser comme toi .Mais j'aimerais qu'on ne perde pas le fil de la discussion si tu permets.

Écrit par : mohamed billy | 11/11/2008

A Levy et Moahmed Billy.

Il n'est jamais bon de réagir à un papier "à chaud" comme vous le faites! Car il me semble que nous pensons pratiquement la même chose à propos de "nationalité ivoirienne", mais à force de passion, vous courrez le risque de me comprendre à l'envers...Bon, Les questions que pose sont les suivantes:
1- Comment expliquez que les contentieux existant en matière de "fraude sur la nationalité" sont très souvent le fait de "spectacle" à relents plus politique qu'insitutionnel, car ici, on a l'impression que la penalité de la foule précède celle de la justice (s'il en existe vraiment).
2- Comment rendre raison de cette parenté qui existe entre tous les sujets "fraudeurs"? D'ado à Allafê, en passant par Djenni Kobenan?
3) enfin, Ironie du sort, Allafê , un des thuriféraires de L'ivoirité, rattrapé par sa propre arme mérite réflexion sur sans doute ce qu'il convient d'appeler "la précarité citoyenne", en tant que phobie d'être désigné du jour au lendemain " non ivoirien"...
Voilà, en gros, je tente de tracer le cadre d'une réflexion d'ensemble, sans que je n'imagine pouvoir imposer mon avis...merci de partager.

David NG.

Écrit par : David NG | 11/11/2008

Cette affaire suscite chez moi deux types d'interrogations:

-D'une façon générale, peut on laisser moisir en prison un homme quelque soit la manière dont il a acquis la nationalité, qui a su s'intégrer en cote d'ivoire de façon honorable jusqu'à même vouloir briguer un poste important au niveau du quatrième pouvoir? Ceci ne pose t'il pas la problématique de quel type d'étranger voulons nous accueillir en cote d'ivoire? Voulons-nous des gens capable de s'intégrer dans notre mode de vie, de concourir à la création de richesse nationale?
Je fais cette analogie en pensant aux maliens travaillant dans l'hôtellerie en France (juste en exemple sans aucune autre considération), dont on découvre après quelques années qu'ils sont rentrés en France avec de faux papiers! Les défenseurs des droits civiques, des syndicalistes se sont mobilisés pour eux. Au finish, beaucoup n'ont pas été expulsé, aucun emprisonné et certains ont même été régularisés
(Au fait, pourquoi on expulse ceux qui viennent se faire enrôler avec de faux papiers et on emprisonne les autres?).
Il ya comme un espace de liberté ou de défense des droits humains vacants en côte d'ivoire!
Faire une relation entre ses opinions politiques et la légitimité de son expulsion me semble être une erreur voire une attente à la liberté d'expression, c'est comme si David sous entendait que s'il défendait les étrangers ont aurait pu le garder...

-Le problème des multiples extraits de naissance .il faut que les gens se méfient: l'opération d'identification va faire mal au tissu social ivoirien, en tout cas là ou on ne l'imagine pas!! Connaissez vous combien d'ivoiriens ont "coupé" leur âge, refait des extraits de naissance pour chaque concours ou examens sans aucune trace parfois dans aucun état civil? qui ont d'autant d'extraits de naissance que de fortune dans leurs scolarité? Ceux là ils seront quoi demain lorsqu'on ne retrouvera aucune trace de leurs "ivoirité" dans aucun registre? Ou au contraire lorsqu'on leur retrouvera plusieurs extraits de naissance aux inscriptions différentes? Des ex ivoiriens, des faux étrangers? Comme alafé, on en trouvera des milliers d'ivoiriens qui ont trois quatre extraits de naissance, on dira quoi fraude sur la nationalité?

déjà que je ne fais aucune confiance au flatulent-bedonnant pour gérer la primature, avec cette opération d'identification qui pue l'amateurisme des pays sous développés(conforme à la personnalité du primus), croisons les doigts mais je pense qu'il faudra plus que 45jours pour régler le cas des réclamations aux nombreux extraits de naissance...

On verra demain que c'est une fausse voie que d'avoir lié un problème social, celui de la nationalité aux élections qui par définition déclenche des passions là où on a besoin de consensus et de sérénité

Écrit par : marianne | 11/11/2008

Salut David N,

C'est vrai que je ne t'avais pas du tout compris. Merci de m'aider à mieux te cerner.

Pour ce qui est de ta première question, je pense qu'en interrogeant l'histoire, les pays en crise socio-économique ont tjrs taxé les non-nationaux d'être à la base de leurs misères. le cas en AF Sud est édifiant à ce propos. Il est donc facile à tous ces jeunes en chômage de trouver l'incarnation matérielle (sic) de la cause de leurs galères quotidiennes!

Pour la seconde question, David: tu ne me connais pas, je ne te connais pas. Dès que tu apprendras que je cherche à briguer un poste, allant du fauteuil de la FESCI (que Dieu m'en garde) à celui de Député, tu seras tenté de savoir QUI je suis. Si toi, "simple" intellectuel, tu trouves logique de savoir QUI je suis, que feraient mes adversaires dans cette partie du monde où il n'y aucun écart entre adversaires et ennemis?

Pour la troisième question, je pense que le Sieur Alafé emmerdait Ouattara à l'époque juste pour soutirer quelques billets de Banque à l'homme au canari (de bangui). Il n'était habité par aucune conviction. Et ce n'est pas nouveau. Toi qui abordes bien le style philosophique, tu n'ignores pas le cas Heidegger lors de la seconde guerre mondiale!

Voilà ma modeste contribution à ton post!

Écrit par : Lévy | 11/11/2008

sur ce problème , je trouve qu'il y a trop d'émotion. Aujourdh'ui, il s'agit d'un cas de fraude sur la nationalité qui, hélas, concerne ce monsieur "connu" qui entendait mieux se faire connaitre et servir "son" pays, en accédant au poste de président de l'UNJCI.

Sur dénonciation, il est aux prises avec la justice qui elle, chaque jour, ne fait que juger ce type d'infraction, certains accusés de fraude sont relachés faute de preuve, d'autres pas et ça n'émeut personne.

Pourquoi vouloir toujours politiser les choses qui ressortent du simple fait divers? est -ce la première fois en CI qu'un supposé étranger est traduit devant les tribunaux, pour fraude sur la nationalité?

Il nous faut être tous conscients que la liberté et le bien être que nous recherchons tous, Ivoiriens et étrangers, passe par la responsabilité à assumer nos actes et à en répondre devant les tribunaux, en produisant les preuve de notre innoncence, s'il y a lieu.

Rien ne sert de pleurnicher sur le fait qu'on en veut spécialement à des individus précis, pour telle ou telle autre raison.

Il est même malsain et dangereux de lier des problèmes essentiellement d'ordre juridique à ceux qui ressortent de la politique; où est le lien entre ce qui est réproché à ASSE ALAFE et les cas de ADO et DJENI KOBINA? autant dresser une liste de toutes les affaires de fraude sur la nationalité et en faire une étude qui tendra à demontrer que toutes ces personnes sont des victimes innoncentes d'une cabale qui a pour effet de leur dénier le droit qu'elles ont sur la nationalité Ivoirienne.

De grâce, nous avons trop souffert de concepts et d'accusations qui ont conduit le pays là où nous sommes, pensons autrement, pensons constructif.

Tu es faché, crée donc une ONG qui montrera aux gens comment s'acquiert la nationalité, pour ceux qui désirent l'acquerir légalement, et pour ceux qui l'ont déjà les actions à entrepredendre en cas de contestation sur leur nationalité, tu seras plus utile.
les palabres par procuration cachent toujours des peurs réelles qui sont fondées sur la hantise d'être victime un jour, pas par abus ou par erreur, mais en raison d'une certaine communauté de circonstances qui pourraient se reveler aggravantes.

Écrit par : blesdel | 11/11/2008

Merci blesdel ! Tu as tout dit.

Mohammed Billy,

j'ai toujours lu tes contributions avec intérêt. Mais là, j'ai du mal à te suivre quand tu affirmes qu' "il est plus facile d'obtenir une citoyenneté européenne qu'africaine".

Peux-tu étayer tes propos ?

Par ailleurs, tu t'interroges en ces termes: "Pourquoi ce journaliste a-t-il dû employer ce moyen illicite pour s'acquérir de la nationalité ivoirienne? Qu'est ce que l'Etat lui proposait d'autre comme alternative?".

REPONSE:

Monsieur Alafê ou Wakili n'avait qu'à introduire une demande de naturalisation au Ministère de la Justice.

Voici les conditions de fond à remplir par un candidat à la naturalisation:

-L’âge : pour être naturalisé, le demandeur doit être âgé d’au moins dix-huit(18) ans. Toutefois, le code de la nationalité prévoit des dérogations. Par exemple l'enfant mineur étranger, né hors de la Côte d’ivoire, dont l’un
des parents acquiert du vivant de l’autre, la nationalité ivoirienne ;

-La résidence : l’étranger qui fait la demande de naturalisation doit non seulement résider en Côte d’ivoire au moment de la signature de son décret de naturalisation mais également doit avoir sa résidence habituelle en Côte d’ivoire pendant les cinq (5) ans qui précèdent sa demande. La durée de
résidence est appelée le stage. Le stage est réduit à deux (2) ans pour certains étrangers. Par exemple l’étranger marié à une ivoirienne ;

-La santé : l’étranger qui veut être naturalisé doit être en bon état de santé. Il s’agit de l’état de santé mentale. Mais par rapport à la santé physique, l’étranger ne doit pas être ni une charge, ni un danger pour la collectivité.

-La moralité : l’étranger qui veut être naturalisé doit être d’une bonne moralité.


Etait-il difficile à Monsieur Alafê de réunir ces conditions au point de se rendre coupable de fraude sur la nationalité ?

Vraiment...

Écrit par : Youzan | 11/11/2008

Cher Blesdel,
Tu dis bien un problème "juridique"?
Tu simplifies un peu trop non???

Écrit par : David NG | 12/11/2008

Il me semble qu'il est presque aussi difficile d'obtenir un faux certificat de naissance qu'un vrai en cote d'ivoire. il faut corrompre dans les 2 cas et pour un montant pas trés éloigné : Le faux est juste 10 fois plus cher que le vrai.

Parfois les gens se retrouvent avec un faux sans même le savoir. Un de mes amis a perdu son permis en france. Il a demandé à la famille de lui en faire refaire un autre en Cote d'ivoire. Un jour il a eu un accident et il a donné son nouveau permis. L'administration francaise a controlé auprés des ivoiriens : c'était un faux réalisé par l'administration ivoirienne (vrai document ivoirien mais faux numero de permis). Il a eu beaucoup de mal a faire admettre qu'il avait réellement passé le permis en cote d'ivoire.

La plupart des ivoiriens trouvent tout à fait normal de payer un fonctionnaire pour "changer leur age" ou leur "prenom", passer un concours ou une douane.Tout ça pour dire que la frontiere entre faux/vrai, licite/illicite, representant de l'Etat/escroc, est totalement brouillé dans votre pays à cause de l'incroyable corruption de l'administration encouragée par la "débrouillardise" de la population. En fait, tout vos papiers sont faux, trop abimés ou entachés d'erreurs administratives. Il y a donc toujours matiére à contestation par les esprits chagrins.

Quand à alafé, il a du trouver moins cher de payer le rond de cuir de la prefecture pour un faux certificat que le juge pour sa nationalité. Sans payer quelqu'un, ça n'aurait pas abouti.

Écrit par : wobebli | 12/11/2008

Je trouve drôle d'apprendre qu'il a travaillé au journal "Le National", quand je pense au souvenir que m'a laissé ce quotidien.

Je ne suis pas ivoirien, mais je pense que s'il a réellement triché pour avoir cette nationalité, sa condamnation est légitime et ce débat n'a pas lieu d'être. Qu'on le poursuive pour ça à 37 ans ou à 52 ans, c'est le même délit. Cela n'a pas d'importance.

Même si cela a été un moyen pour un ennemi de l'éliminer à la course à la tête de l'unjci, peu importe. La question essentiel est: Y'a t-il eu faux et usage de faux ou non? S'il a suivi la voie normal et qu'en voulant accélérer la procédure on lui a servi du faux, comme cela arrive souvent dans nos administrations africaines, alors là, je suis très embêté pour lui.

Écrit par : allo | 12/11/2008

frère david, sans personnifier le débat, j'aimerais qu'avec beaucoup de sagacité tu me démontre en quoi je simplifie, lorsque j'affirme qu'il s'agit d'un problème juridique, à moins que je sois amené à te démontrer pourquoi il en est ainsi!
Une seule phrase de toi, ne peux construire le débat, puiqu'elle ne m'apporte aucun éclairage sur ta pensée, mais me permet de déceler les non dits... je ne veux pas faire de procès en sorcellerie! sois clair et precis dans tes aveux.
Blesdel

Écrit par : Blesdel | 13/11/2008

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