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31/10/2008

Cameroun: un groupe rebelle menace des otages français

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Un groupe rebelle camerounais, les Bakassi Freedom Fighters, a affirmé par téléphone à l'AFP détenir les 10 personnes enlevées vendredi au large de Bakassi et a menacé de les "tuer tous" dans trois jours si le gouvernement camerounais ne négociait pas avec lui. Lire la suite l'article

Joint par téléphone depuis Libreville, un "Brigadier" du mouvement a affirmé à deux reprises à l'AFP: "Les 10 sont entre nos mains. Si vous ne dites pas au gouvernement camerounais de venir ici (à Bakassi) discuter avec nous, nous les tuerons tous dans trois jours". Il a ensuite raccroché sans donner d'autres détails sur le sort de otages.

Dix personnes, dont six Français travaillant dans le secteur du pétrole pour Total, ont été enlevées dans la nuit de jeudi à vendredi par des pirates dans les eaux territoriales camerounaises au large de Bakassi (frontière du Nigeria).

Il s'agit de dix membres d'équipage d'un navire du groupe français Bourbon opérant sur un terminal pétrolier. Deux Camerounais, un Tunisien et un Sénégalais, sont parmi les otages.

Le ministère français des Affaires étrangères a confirmé dans un communiqué "l'attaque d'un navire français par des individus armés dans les eaux camerounaises ce jour" (vendredi). "Dix des quinze membres d'équipage dont six ressortissants français sont retenus en otage", a-t-il indiqué.

A Marseille, l'armateur français Bourbon a fait également état de six Français parmi les personnes retenues, après avoir évoqué le nombre de sept.

Le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, "a demandé que soit immédiatement activé le Centre de Crise du ministère", annonce le communiqué. Le Quai d'Orsay "se mobilise à Paris ainsi qu'au Cameroun à Yaoundé et à Douala pour travailler à leur libération dans les délais les plus brefs", ajoute-t-il.

Les Bakassi Freedom Fighters sont un groupe rebelle membre du Niger Delta Defence and Security Council (NDDSC) qui a notamment revendiqué les attaques de juin et juillet dans la péninsule qui avaient coûté la vie à 7 soldats camerounais et un sous-préfet.

Les assaillants ont attaqué vers minuit un bateau de service affrété par Total et qui relie les plate-formes pétrolières du secteur. "Des individus armés à bord de trois "fly boat" (hors bord) ont abordé le navire et sont repartis avec 10 des 15 membres de l'équipage", a déclaré une porte-parole du groupe Bourbon.

L'enlèvement s'est produit alors que le navire, le "Bourbon Sagitta", était "en support d'une opération de chargement de brut sur un terminal pétrolier offshore à 180 kilomètres au large de Douala", selon le groupe Bourbon.

La péninsule de Bakassi est une région de mangrove très instable, où agissent de nombreux groupes armées. Officiellement rétrocédée au Cameroun par le Nigeria le 14 août après quinze ans d'un différend frontalier entre les deux pays, elle est potentiellement riche en pétrole et gaz.

Plusieurs incidents ont opposé ces derniers mois, les forces camerounaises à des groupes armés dans la péninsule. Depuis novembre, vingt-huit militaires, un sous-préfet et une vingtaine d'"assaillants" ont été tués à Bakassi, une zone de mangrove, dans des attaques de ces groupes dont les motivations restent floues.

Le 18 octobre, un chalutier avait également était attaqué par des fly-boats dans les eaux territoriales camerounaises dans des conditions similaires, selon le ministère de la Défense qui s'était targué d'avoir coulé une des vedettes rapides.

30/10/2008

Knol, le Wikipédia de Google, désormais en français

google-knol-big_0.jpgCela fait un certain nombre de mois que la blogosphère mondiale bruissait de bruits sur Knol, le Wikipédia façon Google, c'est-à-dire monétisable - les auteurs et Google pouvant gagner de l'argent à travers l'écriture pour les uns et la diffusion pour l'autre de "knols" - "un knol est un article qui fait autorité sur un sujet précis", explique Google. Puis, la blogosphère anglophone a évoqué Knol, dans sa version anglaise - qui ne décollerait pas trop, d'ailleurs. Aujourd'hui, Knol est en français.
Knol essaie, selon de nombreux observateurs, de contrer Wikipedia, comme Google Chrome vient s'installer sur les plates-bandes d'Internet Explorer (de Windows) et de son partenaire Mozilla.
Que penser de Knol ? Pour ma part, je commence à être effrayé par une économie du net "tout-Google", et par mes propres addictions aux produits Google, notamment Google Chrome.

28/10/2008

Gbagbo demande la suppression des visas entre pays africains

Le chef de l’Etat ivoirien Laurent Gbagbo a souhaité la suppression des visas entre pays africains, estimant cela gênant pour la libre circulation des biens et des personnes, pour l’intégration et le développement, lors de la célébration du 30ème anniversaire du Bureau national d’études techniques et de développement (Bnetd) mardi à Abidjan.


Pour aller de la France en Angleterre ou en Allemagne, il n’y a pas de visa. Mais "nous, nous sommes dans une union (africaine) et nous avons des visas", a déploré M. Gbagbo, à l’occasion du 30ème anniversaire du Bnetd.

"J’ai plaidé pour qu’on supprime les visas entre pays africains", a-t-il dit.

"J’ai plaidé aussi pour qu’on soit responsable", a-t-il ajouté, car "un chef d’Etat élu en France n’est pas élu pour s’occuper" de l’Afrique. Mais s’il va le faire, "c’est subsidiairement".

M. Gbagbo a appelé l’Afrique au travail, à compter sur ses compétences et à arrêter de tendre la main à l’Occident qui a également des problèmes auxquels il doit faire face.

"Toutes les compétences doivent servir l’Afrique", a-t-il indiqué.

Cette fête a réuni 1.200 agents du Bnetd, des représentants du Bénin, de la France, du Congo-Brazzaville, Congo démocratique, Italie, Sénégal, Guinée Equatoriale, Maroc, Angola, Maroc, Japon et la Russie.

Le Bnetd est implanté dans 8 pays d’Afrique et d’Europe dont la France, le Bénin, le Mali et le Sénégal. Il a à son actif les grandes réalisations en Côte d’Ivoire notamment l’aéroport international d’Abidjan, la basilique Notre-Dame de la Paix à Yamoussoukro (centre), les infrastructures de la centrale thermique d’Abidjan-Azito, le stade Félix Houphouët Boigny…251 de ses agents ont été décorés par le président Gbagbo.

(Source Alerte Info)

Votez pour Yoro

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Connaissez-vous les awards du blogging organisés chaque année par la Deutsche Welle ? C'est un concours très prisé auquel participent chaque année plusieurs milliers de blogueurs (8 500 cette année). Cette fois-ci, un de nos "con-villageois", Yoro, a réussi à être sélectionné par le jury : il fait partie des 11 blogs "en français" finalistes (sur un peu moins de 1000 blogs candidats). Votons, dès aujourd'hui et pendant un mois, massivement pour "l'éléphant-blogueur" qui se "plie en quatre" pour nous donner une vision souvent drôle et toujours juste de la vie urbaine abidjanaise au quotidien par ses textes, ses photos et ses podcasts.
La présidentielle ivoirienne n'est pas pour demain ? CONSOLEZ-VOUS ! VOTEZ YORO ! Pour le faire, cliquez ici et allez dans la rubrique "blogs en français".

Assassinat de Sankara : Prince Johnson accuse encore

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L'info de base

C`est une exclusivité RFI. Pour la première fois depuis son passage spectaculaire devant la commission Vérité et réconciliation le 29 août, Prince Johnson, l`ancien chef rebelle libérien, a donné des détails ce week-end sur son rôle dans la mort du président burkinabè, tué en octobre 1987. Cette fois-ci c`est au micro de RFI qu`il s`est confié. A l`époque, Prince Johnson s`entraînait au Burkina Faso. Selon lui, la mort de Sankara aurait été décidée par son bras droit et successeur, l`actuel numéro Un burkinabè Blaise Compaoré, avec l`aval du président ivoirien de l`époque, Félix Houphouët-Boigny. Blaise Compaoré a toujours démenti avoir joué le moindre rôle dans la mort de Thomas Sankara. Prince Johnson a d’abord rendu hommage à l’ancien président burkinabè, qui pour lui, était un homme exceptionnel, aimé par son peuple et par le monde extérieur. Mais il fallait se débarrasser de lui : « La seule option pour notre formation, rester au Burkina puis aller en Libye, était de répondre positivement à la requête de Blaise, c’est-à-dire se débarrasser de Thomas Sankara qui était contre notre présence au Burkina ». A la question de savoir s’il a été facile de se débarrasser de Thomas Sankara, Prince Johnson répond que le vrai maître des lieux à cette époque-là était plutôt l’actuel président : «Franchement, Sankara n’était qu’un chef cérémonial, c’est Blaise Compaoré qui contrôlait tout, les casernes et la garde présidentielle donc il était très facile de s’infiltrer».
Prince Johnson est allé plus loin en citant le nom de l’ancien président ivoirien, Félix Houphouët Boigny : «Il voulait la chute de Sankara pour que nous puissions suivre notre formation et retourner au Liberia pour tuer Doe (Samuel K. Doe, président du Liberia à cette époque, NDLR) parce que Doe a tué son beau-fils, William Tolbert junior... »


La réaction du porte-parole de Compaoré


« Pour moi,ce ne sont pas des accusations avérées… 21 ans avec des aveux basés sur des éléments dignes de fiction, je me dis : qui est derrière ces affabulations ? »


La réaction de l'avocat de la famille Sankara

« C’est ce qu’on dit toujours quand on a été plusieurs voleurs… Le 40e n’a pas de parole mais les 39 autres connaissent la vérité... Prince Johnson est bien passé par le Burkina Faso à ce que je sache. Je crois que dans ce dossier, chacun essaie toujours de cracher sur le cadavre de Thomas Sankara et ça c’est inacceptable.»


Pour l'instant, les gardiens du temple de la mémoire d'Houphouët n'ont pas encore réagi.

Post précédent sur les premières révélations de Prince Johnson, moins précises, ici.

26/10/2008

Marseillaise sifflée et "haine de l'Occident"

Un post intéressant de Delugio, notamment sur le dernier livre de Jean Ziegler.

Amener l'énergie solaire aux villages d'Afrique

Mon dernier article sur Rue 89 à lire ici.

25/10/2008

Pendant qu'on parle du cacao, on oublie le palmier à huile

palmier-huile1.jpgSaviez-vous que la Côte d'Ivoire est un des rares pays africains à posséder une filière palmier à huile "intégrée", c'est-à-dire où les planteurs locaux fournissent aux industriels locaux les régimes à partir desquels se fabrique l'huile alimentaire que nous consommons ? C'est un ami qui est au coeur de cette filière bien particulière qui a attiré mon attention sur cet heureux particularisme.
Un particularisme menacé par les cours mondiaux qui, après être monté un peu follement il y a quelques mois - au moment de la flambée des prix généralisée portée par le cours du baril de pétrole - sont désormais franchement à la baisse par rapport à cette période mais d'une extrême volatilité. Il y a peu, le gouvernement avait exhorté producteurs et industriels à bloquer les prix et à ne pas répercuter les flambées observées à Sumatra, en Indonésie - c'est là-bas que se calcule le cours du palmier à huile au quotidien. Le principe d'un cours national trimestriel et concerté avait été adopté.
La réalité a changé. Désormais, les prix se caractérisent surtout par de très grosses fluctuations. Les industriels veulent revoir le principe acquis il y a quelques mois et opter pour un prix négocié chaque mois, histoire de ne pas créer des distorsions trop en contradiction avec l'état du marché. Les agriculteurs sont divisés : certains jouent sur le long terme, et préfèrent "accompagner" les industriels de qui dépend leur prospérité, tandis que d'autres veulent à présent profiter d'une règle qui a pu les pénaliser quand le cours mondial frôlait les sommets.
Mon ami me dit que ce conflit peu médiatisé menace la filière "intégrée" à l'ivoirienne, notamment à un moment où les produits d'Asie, souvent plus compétitifs, viennent "casser" notre industrie - l'exemple d'Uniwax fragilisé par la contrefaçon chinoise est célèbre...
Tout ce que le consommateur que je suis peut demander aux deux parties, c'est d'y aller "mollo" pour préserver des prix acceptables, des bouteilles "made in Côte d'Ivoire" suffisantes pour tout le pays, voire pour la région ouest-africaine (déficitaire), et les nombreux emplois fournis par le secteur des oléagineux.

24/10/2008

"Adieu, Abidjan-sur-Seine" : un livre qui va faire parler

labertit.jpgJeudi dernier, j'ai participé à la dédicace du livre-témoignage de Guy Labertit, "Adieu Abidjan-sur-Seine : les coulisses du conflit ivoirien". Une cérémonie durant laquelle l'auteur s'est voulu sobre, parlant peu, estimant que le plus important est ce qu'il a écrit. Il me semble d'ores et déjà évident que les "paroles" de ce livre dont l'auteur a souvent un vrai "regard" de reporter agiteront le petit village franco-africain qui était au centre de l'actualité ivoirienne du 19 septembre 2002 à la signature de l'Accord politique de Ouagadougou. Plaidoyer pro domo pour son ami politique et ami tout court Laurent Gbagbo, le livre de Labertit revisite l'histoire récente de la Côte d'Ivoire et livre quelques révélations croustillantes.

Sur l'activisme de Blaise Compaoré


compaoré.jpg"Blaise Compaoré lui-même, qui entretenait d’excellents rapports avec Alassane Ouattara qu’il considérait comme un compatriote, s’était laissé aller à quelques confidences alors que celui-ci avait été nommé Coordonnateur de la politique économique de la Côte d’Ivoire en mai 1990 avant d’être promu Premier Ministre en novembre… Il m’a confié qu’à l’issue du coup d’Etat militaire de novembre 1982 où les jeunes capitaines Thomas Sankara, très démonstratif, et lui-même, plus discret, avaient hissé au pouvoir de façon éphémère le commandant Jean-Baptiste Ouédraogo, il avait sollicité Alassane Ouattara pour être ministre des finances de la Haute-Volta. Alassane Ouattara avait décliné l’offre, car il ne voulait pas, à l’époque, faire de politique. L’argument est tout à fait recevable. On sait en effet que l’un de ses amis les plus proches, du lycée de Ouagadougou jusqu’à l’université aux Etats-Unis, témoin de son premier mariage, était Arba Diallo dont on connaît l’engagement au sein du parti africain de l’indépendance d’obédience communiste.

Ce bref retour en arrière éclaire la phrase définitive que me lance le président Compaoré en ce 15 août 2000 : « Toi, tu sais que je suis un ami à Laurent, mais c’est Alassane Ouattara qu’il faut à la Côte d’Ivoire et à la sous-région ». Cette phrase a guidé tous les actes posés par le président Compaoré par rapport à la Côte d’Ivoire tout au long des six années qui ont suivi."


Sur Chirac et De Villepin, avocats des ex-colistiers Henriette Diabaté-Guillaume Soro


"Dans l’après-midi de ce vendredi 24 janvier 2003, le Président Chirac a été, en le recevant à l’Elysée, le premier hôte du président Gbagbo, arrivé la veille et qui ne sait pas, comme il me l’a confié, « à quelle sauce il va être mangé ».

Le journal Le Monde publie ce jour-là un article sous le titre « Accord de paix au détriment du Président Gbagbo ». Les auteurs n’hésitent pas àchirac villepin.jpg écrire que « l’accord de paix qui de facto conclut à l’illégitimité de l’actuel chef de l’Etat dans l’exercice de ses fonctions […] doit être approuvé par de Paris ce week-end » après avoir noté que l’accord « implicitement, ôte au président Gbagbo la garantie de pouvoir achever son mandat en octobre 2005 ». Déjà!

A 16 h 30 ce vendredi, Jacques Chirac, sûr de lui et paternel, tutoiement de rigueur, dit au président ivoirien, dans la plus grande tradition de la « Françafrique » qu’il doit changer de Premier ministre et qu’il a sa petite idée.
Comme le président ivoirien lui demande quelle est sa petite idée, il répond tout de go Henriette Diabaté. C’est la seconde d’Alasane Ouattara, président du Rassemblement Des Républicains (RDR) qui fait cause commune avec Soro le rebelle pour écarter Laurent Gbagbo. Elle a la faveur des pronostics du Monde, journal décidément bien informé, dans la page 2 de sa livraison de l’après-midi.

« Jamais ma main de Président ne signera le décret de nomination d’Henriette Diabaté », lui rétorque Laurent Gbagbo qui estime que son Premier ministre en place Pascal Affi N’Guessan lui convient parfaitement. Il sait bien que ce dernier, en signant l’accord de Marcoussis, a lui-même accepté d’être remplacé. A l’Elysée, depuis novembre 2002 au moins, le président Chirac et son conseiller Michel Bonnecorce, qui me l’a confirmé au téléphone, ne veulent plus d’un Premier ministre issu du Front populaire ivoirien.

De guerre lasse, le chef de l’Etat ivoirien lâche les noms d’Amara Essy, ancien et prestigieux ministre des Affaires étrangères d’Houphouët-Boigny, que Laurent Gbagbo a placé avec succès, à la tête de l’organisation de l’Union Africaine en 2001 à l’issue d’une forte campagne diplomatique, et celui de Seydou Diarra, dernier premier ministre de l’éphémère président putchiste , le Général Guéï. Seydou Diarra, ancien ambassadeur, connu et apprécié à Bruxelles et Washington par les bailleurs de fonds, a également été à la tête de la caisse de stabilisation du Café et du Cacao, la fameuse Caistab, ancienne « caisse noire » du Président Houphouët-Boigny, démantelée depuis, sous la pression du FMI et de la Banque Mondiale.

« Vous ferez miennes les propositions du président Gbagbo, dit Jacques Chirac à Dominique Devillepin, lorsque vous allez vous retrouver à 19 heures au Quai d’Orsay avec les autres ». ce dernier n’en fait rien et propose, face au chef de l’Etat ivoirien éberlué par ce non-respect des consignes présidentielles, le nom d’Henriette Diabaté au poste de Premier ministre, à la grande satisfaction d’Alassane Ouattara. Face à l’expression de nouvelles résistances, Dominique Devillepin, péremptoire, affirme qu’à défaut d’Henriette Diabaté à la Primature, les ministres de la Défense et de l’Intérieur seront issus de la rébellion…

Le président ivoirien est plein d’une énorme colère contenue lorsqu’il regagne son hôtel vers 21 heures. Après un dîner pris dans le seul bruit des couteaux et des fourchettes, il me dit : « s’ils veulent m’imposer Henriette Diabaté, je rentre tout de suite au pays ! ».


Petite vacherie de Renaud Vignal sur Alassane et Dominique Ouattara, avant leur lune de miel



Evoquant le première rencontre à Paris un an plus tôt, le 21 novembre 2001, alors qu’il essaie de convaincre Alassane Ouattara de se rendre au forum de réconciliation nationale, Renaud Vignal écrit ces mots cruels :
« Couple nouveau riche, avec tous les signes du snobisme, apparemment heureux de vivre une vie facile entre l’avenue Victor-Hugo et la propriété du Mougins ».

Dans cette note qu’il m’a adressée le 26 novembre 2001, il précise avec malice :
« Commencée à 18h 15, notre conversation, en plein ramadan, n’empêche pas le maître de maison, avant la rupture du jeûne, de faire honneur aux canapés de foie gras et de boire deux wiskies bien tassés ».
Sans appel pour celui qui a enflammé ses partisans sur le thème : « On a écarté ma candidature parce que je suis musulman ! ».



Sur l'état d'esprit en France, en novembre 2004

"Les médias ivoiriens publics et privés ont été durement critiqués pour leur manque de retenue par les mêmes médias français, mais ces derniers n’ont le plus souvent pas fait preuve de beaucoup d’autonomie par rapport à la version officielle des faits peu à peu arrêtés à Paris, des premiers jours de novembre à la mi-décembre.

novembre 2004.jpgEn France, l’arrivée d’environ huit mille ressortissants de notre pays évacués d’Abidjan et de Côte d’Ivoire fait, chaque jour, depuis le 12 novembre la une de tous les journaux télévisés. Des récits terrifiants sur les exactions commises par
Les manifestants ivoiriens contre la communauté française et les blanc en général s’accumulent et sont servis brut, réduisant l’information au seul registre émotionnel. Quarante-quatre ans après l’indépendance de la Côte d’Ivoire, des parallèles se multiplies, y compris dans les milieux officiels, avec l"es rapatriés d’Algérie. La méthode est efficace. Dans le champ politique, à droite comme à gauche, à de rares exceptions près, la condamnation de régime ivoirien est unanime. D’éminents hommes d’Etat de gauche, pourtant rompus aux coups tordus inavoués, auxquels j’explique que pour les ivoiriens, la France de Jacques Chirac a voulu renversé le président ivoirien Laurent Gbagbo, me rétorquent que cela aurait été « légitime après ce qu’il a fait ». L’un d’eux ajoute : « Guy, tes positions sont dangereuses. Nous sommes français ». Je me mets à penser que le drame de Bouaké, qui a ressemblé toute la classe politique française dans une réprobation absolue, a rendu acceptable, en 2004, pour des républicains, l’idée d’un coup d’Etat fomenté par la France. Et la question « que s’est-il réellement passé à Bouaké le 6 novembre 2004 ? « se pose avec une insupportable acuité au regard des étrangetés ou des difficultés de l’enquête de Brigitte Raynaud, juge d’instruction au Tribunal aux Armées. Elle a jeté l’éponge au début de 2006. Au regard des errements des chars et blindés de la force Licorne aux portes de la résidence présidentielle ivoirienne, au regard enfin des silences de la France officielle qui a laissé filer des pilotes biélorusses qu’elle accuse pourtant d’avoir assassiné des soldats français en bombardant de façon délibérée le cantonnement de Bouaké.

La raison va peu à peu dominer l’approche émotionnelle de cet épisode douloureux pour tous les rapports franco-ivoiriens. Le Député socialiste François Loncle, membre de la commission des Affaires étrangères, constant dans sa critique de la politique de la France depuis la table ronde de Marcoussis, ne reste pas inerte devant la gravité de la polémique qui ne cesse de s’amplifier entre Paris et Abidjan. A son initiative et avec l’appui de l’ancien ministre de la défense Paul Quilès, le groupe parlementaire socialiste, rejoint par le groupe communiste, demande, 1er décembre 2004, la mise en place par l’Assemblée nationale française d’une commission d’enquête parlementaire sur la politique conduite par la France en Côte d’Ivoire depuis septembre 2002. Solidement argumentée, cette demande va être rejetée par la majorité de droite en janvier 2005 !

Bouaké, 6 novembre 2004, Abidjan, 6, 7, 8 et 9 novembre : un vaste champ d’investigations reste encore en friche pour les historiens… La déclassification de nombreux documents protégés par le « secret Défense », l’accès à l’ensemble des archives et de l’inépuisable temps qui seul vient à bout des morsures de l’Histoire sont sans doute indispensables à l’élucidation des faits."



Sur l'activisme de Christophe Boisbouviers, qui n'est pas nommément cité

"Cet animateur de « l’invité du matin » qui cède certains jours ce terrain d’autres confrères, a étendu le champ de son expressionRFI(1).png aux colonnes de l’hebdomadaire Jeune Afrique. Sa boulimie professionnelle lui laisse cependant le temps de militer à la CFDT et au Parti socialiste. J’ai même découvert, avec intérêt, qu’il y avait interférence entre exercice professionnel et engagement politique. Un journaliste est bien sûr un citoyen et peut être membre d’un parti politique, mais le mélange des genres, si souvent reproché aux acteurs politiques, n’a pas rebuté la déontologie de notre homme.

Le 6 août 2003, au siège du PS, je découvre dans ma boîte à lettres de délégué national Afrique la copie d’une lettre de Patrick Bloche, premier secrétaire fédéral de Paris, à François Holland, premier secrétaire, datée du 18 juillet 2003.
Elle est ainsi libellée : « je me permets de t’adresser la note qu’ont rédigée deux militants socialistes du 11ème arrondissement sur ’’ le PS et l’Afrique’’ ». En marge, figure l’adresse des deux militants dont celle de notre journaliste qui n’habite pas le 11ème, ce qui est accepté par les statuts du PS. La note date du 12 mai, peu avant le congrès de Dijon. J’ai la faiblesse de croire que les auteurs de la note avaient quelque intention maligne à mon encontre puisque le renouvellement de mon mandat était en jeu avec ce congrès.
Intitulée « Le PS et l’Afrique : retrouver sa crédibilité et reprendre l’initiative », elle affirme : « Au lieu de dénoncer les escadrons de la mort et les médias de la haine, nous avons donné l’image désastreuse d’un parti qui s’ingéniait à défendre le camarade Laurent Gbagbo coûte que coûte (le Monde, 7 février 2003), alors même que la responsabilité politique de ce dernier dans l’apparition de ces pratiques criminelles ne pouvait être écartée ». Les deux militants poursuivent : « en Côte d’Ivoire, personne n’est légitime. Ni bien entendu le MPCI […], ni le président de la République Laurent Gbagbo […]. A son retour d’Abidjan, une mission du PS a affirmé […] que malgré les conditions ’’imparfaites’’ du scrutin d’octobre 2000, le président ivoirien était légitime. Ces propos, dont la presse s’est fait l’échos, sont inquiétants ». Plus loin, ils expliquent :
«L’Appartenance du FPI à l’internationale socialiste, et l’amitié de son président, Laurent Gbagbo (il n’est plus président du FPI depuis son élection à la tête de l’Etat, ndla), avec certains camarades du parti sensibles aux questions africaines, ne peuvent tout justifier ». Enfin, ils abordent les solutions : « Sur ce dossier, nous proposons que le parti fasse passer ses principes par-dessus certaines fidélités et certains réseaux d’amitiés ; que le parti tienne un langage de vérité et qu’il dénonce ce qui doit l’être ; que le parti mette fin à son tête-à-tête destructeur avec le FPI et son président ». Ils concluent : "Seule une telle démarche permettra au PS de sortir de sa paralysie actuelle sur les autres dossiers africains, à commencer par celui du Togo… ". J’informe mon camarade journaliste militant que les autorités togolaises n’ont jamais porté le PS français dans leur cœur au temps de feu le dictateur Gnassingbé Eyadéma.
Sans vouloir céder à la paranoïa, j’entends avec surprise mon camarade dans son émission quotidienne du matin, le 11 juin 2004, interroger l’invitée en ces termes : « les relations franco-ivoiriennes passent aussi par des réseaux d’amitié. On connaît les amis socialistes français de Laurent Gbagbo, mais est-ce que Guy Labertit n’est pas de plus en plus isolé au sein du PS ? ». Le même camarade, qui doit faire une fixation, écrit dans Jeune Afrique du 15 au 21 avril 2007 : "Gbagbo est un déçu de la gauche française. Depuis que le premier secrétaire socialiste François Hollande l'a jugé "infréquentable" et a limogé son ami Guy Labertit de l'appareil du PS, le président ivoirien ne parle plus qu'avec quelques mitterrandiens". L'hebdomadaire a accepté de "préciser", deux semaines plus tard, que je n'avais pas été limogé, mais que j'avais remis mon mandat de délégué national au 1er octobre 2006 en raison de mes nouvelles activités professionelles de consultant. Ah ! Camarade journaliste, déontologie quand tu nous tiens !"




"Enlèvement d'enfants" à Abidjan : un post intéressant

A lire ici.

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