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25/10/2008

Pendant qu'on parle du cacao, on oublie le palmier à huile

palmier-huile1.jpgSaviez-vous que la Côte d'Ivoire est un des rares pays africains à posséder une filière palmier à huile "intégrée", c'est-à-dire où les planteurs locaux fournissent aux industriels locaux les régimes à partir desquels se fabrique l'huile alimentaire que nous consommons ? C'est un ami qui est au coeur de cette filière bien particulière qui a attiré mon attention sur cet heureux particularisme.
Un particularisme menacé par les cours mondiaux qui, après être monté un peu follement il y a quelques mois - au moment de la flambée des prix généralisée portée par le cours du baril de pétrole - sont désormais franchement à la baisse par rapport à cette période mais d'une extrême volatilité. Il y a peu, le gouvernement avait exhorté producteurs et industriels à bloquer les prix et à ne pas répercuter les flambées observées à Sumatra, en Indonésie - c'est là-bas que se calcule le cours du palmier à huile au quotidien. Le principe d'un cours national trimestriel et concerté avait été adopté.
La réalité a changé. Désormais, les prix se caractérisent surtout par de très grosses fluctuations. Les industriels veulent revoir le principe acquis il y a quelques mois et opter pour un prix négocié chaque mois, histoire de ne pas créer des distorsions trop en contradiction avec l'état du marché. Les agriculteurs sont divisés : certains jouent sur le long terme, et préfèrent "accompagner" les industriels de qui dépend leur prospérité, tandis que d'autres veulent à présent profiter d'une règle qui a pu les pénaliser quand le cours mondial frôlait les sommets.
Mon ami me dit que ce conflit peu médiatisé menace la filière "intégrée" à l'ivoirienne, notamment à un moment où les produits d'Asie, souvent plus compétitifs, viennent "casser" notre industrie - l'exemple d'Uniwax fragilisé par la contrefaçon chinoise est célèbre...
Tout ce que le consommateur que je suis peut demander aux deux parties, c'est d'y aller "mollo" pour préserver des prix acceptables, des bouteilles "made in Côte d'Ivoire" suffisantes pour tout le pays, voire pour la région ouest-africaine (déficitaire), et les nombreux emplois fournis par le secteur des oléagineux.

Commentaires

Merci theo! je vois mal un de ces journalistes (pour faire mauvaise foi) spécialiste dans les pamphlets à injure se pencher sur ce genre de problème qui concerne le vecu de l'ivoirien, ménace un pan de son économie, ménace des emplois ivoiriens.

Pour aller plus loin, je vois mal l'opposition la plus bête du monde en faire un cheval de bataille! alors que dans un pays comme la france, des pécheurs qui voient leurs revenus diminuer à cause des directives de bruxelles sont l'objet de toute l'attention de l'opposition tirant à boulet rouge sur l'incapacité du gouvernement à proteger les français! ici, on fait des meeting pour insulter gratuitement sans jamais faire de propositions concrètes acclamées par une meute de suiveurs tribalistes!!

je ne peux m'empêcher de faire un parallele entre cette situation de loi du marché et la situation économique mondial actuelle en posant cette question: jusqu'où peut on laisser la loi de l'offre et de la demande "reguler" le marché de l'huile de palme? quand une régulation doit se faire (ce à quoi je crois fermement), quels sont les mécanismes à inventer?, car le capitalisme tel qu'il a vécu a montré ses limites!

cela suppose qu'un débat soit lancé, que les spécialistes s'emparent de la question, que le gouvernement en tirent les enseignements, que l'opposition fasse des propositions (mais elle est tellement bête) et mette la pression sur le pouvoir et que surtout les premiers à en subir les conséquences , les producteurs se fassent entendre!!!

Écrit par : marianne | 25/10/2008

@ théo,

tu viens de mettre le doigt sur un sujet très important .la défense de notre Agriculture pour qu'enfin nos producteurs puissent vivre de leur travail.Mais je ne sais pas si nous exportons plus de ce produit et dans quelle partie du monde ou si nous les consommons en garde partie nous mêmes?
l' idée serait que les associations de producteurs de palmier à huile trouvent une ligne commune pour porter leurs revendications au ministre chargé de l'agriculture afin de trouver un palliatif à ce problème.Mais le super serait que le gouvernement pense à créer un budget pour subventionner nos agriculteurs pour les soutenir en cas de coup dure.C'est pas impossible si on pense à redistribuer les richesses du pays.ça passe par là aussi!En tout cas théo ,le thème est à creuser parce que là, on est dans le concret de l'escarcelle des gens.ça nous change !

@ marianne,

je vois ta colère, et "elle est saine" comme disait quelqu'une , qui te parle sans doute.Si on avait une bonne opposition, on aurait déjà vu les propositions techniques qu'elles proposeraient à chaque étapes des difficultés que rencontre le pouvoir en place.une opposition bête comme tu fais tellement bien de le rappeler se contente que de s'opposer sans penser une seconde qu'on attend des propositions techniques .d'ailleurs les débats à l'assemblée, la couleur, la population n'en a aucune idée si ce n'est que pour parler des grandes lignes.Et qui sont les députés? les maires?il y a trop d'incohérence dans nos politiques économiques et On est trop théorique.

Écrit par : mohamed billy | 26/10/2008

Salut,

Je crois que tu fais bien de nous donner un aperçu de cet autre secteur créateur de richesse. Nous sommes si habitués au binôme Café-cacao que nous avons carrément oublié d'autres secteurs (autrement) vitaux pr l'économie ivoirienne, pour les consommateurs.

Pour ce qui est de la toile de fond, nos producteurs ont-ils les compétences techniques pour fixer les prix en fonction des donnes quasi journalières des bourses internationales?

S'ils se contentent d'un prix arrangé avec les industriels, ces derniers accepteront-ils un prix national à la hausse qd le prix à l'international sera bas?

Autant de questions qui méritent les experts de l'économie nationale. Il serait qd même intéressant de ne pas abandonner nos producteurs à la merci des industriels.

Écrit par : Lévy | 27/10/2008

L'article est très bon.
Moi-meme je suis actuellement en stage à PALMCI. Je travaille sur le cout de production d'une pépinière de palmier et cela me fait voir les enormes bénéfices (50.000.000F)qu'engrange Palmi seulement à Pépinière

Écrit par : SETTIE Henry Lopez | 23/11/2008

Ce n'est pas l'opposition qui va réfléchir à la place de ces "cancrelats économiques" du FPI ( Pour Mohamed Billy) ...

Concernant le billet, je ne sais pas si j'ai compris, mais je me pose une question: il est dans l'intérêt de quelle corporation( producteurs ou industriels en Côte d'Ivoire) quand on "fixe"( arbitrairement) des prix sur le marché de l'huile de palme en Côte d'Ivoire spécifiquement ???

Je ne crois pas que ce soit dans l'intérêt des producteurs qui paressent à vouloir se limiter au marché local pour la vente de leur production. Les industriels se plaignent aujourd'hui parce qu'ils sont dans une logique de minimisation du cout des intrants pour profiter allegrement des poussées inflationnistes constatées dans l'économie( ils augmentent abusivement leurs prix quand ils remarquent une contamination inflationniste du cout du petrole, bien que ladite contamination ne soit pas toujours automatique dans leur comptabilité).

Il faut "libéraliser" les prix, et aider les producteurs à développer leur approche mercantile/marketing je dirais vers des acheteurs étrangers.

La structure quasi-oligopolistique( possibilité d'entente sur les prix) du secteur de "l'huile de cuisine" m'inspire une méfiance à l'égard des doléances des producteurs d'huile raffinée.

Moi, je me pose egalement une question: est-ce que la production des regimes de graines de palme arrive-t-elle a couvrir les besoins des industriels de la filière ??? si oui, je ne crois pas qu'il soit dans l'interet de bloquer periodiquement les prix ???

J'aimerais bien que Kouamouo fasse part de ce sujet à son "ami" l'ultralibéral Koulibaly Mamadou pour qu'il puisse nous développer une bonne approche THEORIQUE.
Sinon moi même, Krathos, j'en est deja fais une ebauche dans mon billet " price taker ou price maker, quel choix pour l'économie des pays africains".Mon exemple, c'etait principalemnt le cacao ivoirien que je jugeais mal géré par les autorités publiques ivoiriennes en termes de politiques à long terme.

Concernant le dernier paragraphe de Kouamouo, au déla du style exclusivement journalistique qu'il a, il faut dire que l'economie, le commerce , ce n'est pas du sentimentalisme pour que les opérateurs economiques y aillent "mollo". L'Etat doit etre celui qui garantit l'interet de l'investisseurs sans leser la protection du consommateur: ça s'appelle la régulation. Et en la matière depuis le desormais obsolete code des investissements de 95, il n'y a pas eu grand'chose en termes de reglementation de l'economie ivoirienne. Si ce n'est les burlesques et abusives pressions fiscales faites annuellement dans les lois de finance sur les investisseurs et autres opérateurs économiques.

Pour Mohamed Billy( encore une fois), je rapelle que bon nombre de cadres de l'opposition ont protesté( dans la presse écrite) contre l'abusive pression fiscale faite par le FPI dans notre économie, son inadaptation à la morosité économique en termes d'investissement. Reste à savoir ce que la RTI (le plus large média ivoirien) offre aux ivoiriens comme editions speciales et autres aneries télévisées !!!

En Côte d'Ivoire, on aurait au moins pu s'entendre sur des imperatifs structurels(d'ici à 25-30 ans) dans notre économie, dans notre société qui seraient validé par référendum et soumis aux gouvernements successifs qui auraient juste un rôle d'executant. Hélas, des clowns continuent de jouer avec l'avenir de leur "supposée" patrie !!!

Écrit par : Krathos | 16/12/2009

@theo

j'aimerais vraiment savoir pourquoi tu effaces mes réactions ( 2 ) alors qu'elles n'ont rien d'injurieuses?

Écrit par : sawadogo | 18/12/2009

@ Sawadogo,

Franchement, je n'ai pas effacé ta réaction. Il doit s'agir d'un bug ou d'un truc comme ça.
J'apprécie tes réactions, qui témoigne de la diversité de notre communauté.
Bien à toi.

Écrit par : Théo | 18/12/2009

Chaque prise de conscience individuelle peut inciter d’autres à suivre l’exemple et contribuer à une compréhension collective qui soit en mesure de transformer le monde entier.

Écrit par : someone to write essay | 14/04/2011

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