topblog Ivoire blogs Envoyer ce blog à un ami

29/09/2008

Syndicat des chefs d'Etat : une belle caricature

Je l'ai "piquée" sur Rue 89 où elle a été "balancée" par le blogueur Alex Engwete.
caricature afsud.jpg

26/09/2008

Robert Ménard quitte RSF

Pour en savoir plus, cliquez ici.

20:03 Publié dans Vite dit ! | Lien permanent | Commentaires (3)

25/09/2008

Afrique du Sud : le retour de la Bête ?

Lu sur le blog de Ben.

Afrique du Sud : la fête des cannibales (Achille Mbembé)

achille mbembe.jpgLe Chef de l’État sud-africain n’aura donc pas achevé son deuxième et dernier mandat. Il vient d’etre défenestré par son parti, le Congrès National Africain (ANC), dans une cabale qui présente les traits combinés d’un repas totémique au cours d’une fête des cannibales, d’un putsch civil et d’un médiocre roman postcolonial.
Thabo Mbeki n’aura pas seulement été rejeté par l’ANC qu’il rejoignit à l’âge de 14 ans et, après la libération, en devint le premier apparatchik. Il aura littéralement été dévoré par « le mouvement » – point culminant d’un interminable rituel d’anthropophagie politique qui s’est poursuivi pendant près de deux ans et qui aura profondément traumatisé ce jeune-vieux pays.
Au moment où il quitte le pouvoir, il est honni et vilifié par une organisation qu’il servit honorablement pendant un demi-siècle. La faction qui désormais contrôle l’ANC a décidé d’en faire le bouc émissaire de la profonde crise morale dont elle est aujourd’hui la proie et du tournant de plus en plus pervers qu’emprunte la lutte politique dans ce pays hier encore porté aux nues pour son exemplarité et sa puissance de réconciliation. Et la question qui se pose au lendemain de cette défenestration est bien celle de l’avenir de l’ordre démocratique et constitutionnel sud-africain.

Bouc émissaire

JacobZuma.jpgAprès avoir gravi les plus hauts échelons du parti, Mbeki commit une monumentale erreur l’an dernier lorsque, son mandat à la tête de l’État arrivant à terme et son impopularité approchant le point de crête, il conçut la funeste idée de conserver les rênes du parti – position qui lui aurait alors permis continuer de peser sur la vie politique du pays longtemps après son départ du gouvernement. Il fut battu lors du congrès de l’ANC et perdit le contrôle du mouvement au profit de son ex-Vice Président devenu depuis lors son adversaire et ennemi, Jacob Zuma.
L’ANC vient de mettre un terme à son mandat à la tête de l’État pour une raison simple. Il constituait le dernier obstacle majeur au projet de « blanchiment » de Zuma - un politicien quasi illettré et polygame, mais retors et rusé, inculpé pour fraude et corruption et qui, pour accéder au pouvoir, cherche par tous les moyens à éviter de comparaitre devant les tribunaux de son pays.
En cela, il est soutenu par une coalition hétéroclite de syndicalistes, de communistes et de nativistes apparemment prêts à tout pour le hisser au pouvoir. Communistes et syndicalistes en particulier s’opposent à la politique économique présumée néolibérale poursuivie depuis le milieu des années 90 sous la houlette de Mbeki qu’ils accusent par ailleurs d’avoir exercé le pouvoir de manière autocratique et d’avoir marginalisé les forces d’une « gauche » qui porte de plus en plus son nom à la manière d’un pesant masque. Leur soutien à Zuma relève d’autant plus de l’expédient que ce dernier ne cesse de déclarer que la politique économique ne fera pas l’objet de changement.
Au nombre des partisans de Zuma figurent également les organisations de la jeunesse de l’ANC et du Parti communiste. Au cours des dernières années, ces organisations ont graduellement revêtu l’apparence de « milices civiles ». L’une de leurs fonctions est d’intimider l’opinion publique et de s’attaquer à la légitimité des institutions judiciaires en particulier. Adoptant une posture insurrectionnelle, elles ont remis au gout du jour une rhétorique pseudo-radicale en vigueur à l’époque de la lutte contre l’apartheid, affublant du label de « contre-révolutionnaires » les ennemis présupposés de leur poulain. Elles ont également réhabilité le langage du « complot » et de la « trahison », n’hésitant pas à proclamer leur volonté de « tuer » ou de « liquider » ceux qui en viendraient à s’opposer à leur projet de domination de l’État et de la société par le parti.
À ces forces structurées s’est ajoutée une cohorte d’aventuriers, hommes d’affaires et politiciens mécontents ou en quête de prébendes et dont certains, accusés de corruption, de fraude et autres malversations, ont eu maille avec la justice ou s’estimaient avoir été, à un moment ou à un autre, l’objet de traitements injustifiés sous l’ère Mbeki. Si cette catégorie rêve de revanche et de vengeance, c’est pour mieux avoir accès aux réseaux de patronage et aux circuits de l’enrichissement privé rendus possibles par les politiques dites d’ « affirmation positive » (Black Economic Empowerment) mises en place après 1994 et dont l’un des effets a été la montée d’une classe moyenne noire relativement dépolitisée, mais fortement portée vers la consommation de masse.
Au cours des cinq dernières années, l’impopularité de Mbeki au sein des classes subalternes n’a fait que s’aggraver. L’impéritie du gouvernement face aux trois plus grands fléaux qui amoindrissent le plus gravement les chances de survie des classes défavorisées – à savoir la pauvreté, la criminalité et le Sida – n’a pas seulement contribué à élargir le fossé entre la bureaucratie d’un coté et la population de l’autre. Elle a également ouvert la voie à une pernicieuse remise en question de l’État de droit, la plupart des pauvres s’estimant « trahis » par la démocratie elle-même, ou encore développant une nostalgie d’un passé certes injuste, mais marqué à leurs yeux par le respect – idéalisé - de l’ordre, de la loi et de la discipline. Face à l’inexorable montée de la criminalité et des inégalités et eu égard au fait que la plupart des indigents sont « inemployables », le sentiment prévaut aujourd’hui selon lequel il est plus facile d’obtenir par la violence et la force ce que le droit à lui tout seul peine à garantir.
Mbeki s’est finalement aliéné les faveurs de plusieurs couches libérales blanches et d’une grande partie de l’intelligentsia – y compris noire. Au nom de la défense des privilèges hérités de l’apartheid, les élites et classes moyennes blanches lui reprochent – souvent à tort - d’avoir tourné le dos à la politique de réconciliation raciale initiée par Nelson Mandela et d’avoir redonné du souffle aux formes d’identification raciale héritées de l’époque de la ségrégation. C’est donc un homme isolé et solitaire, bénéficiant d’appuis au sein de la bureaucratie, mais presque sans base sociale déterminée, qui vient d’etre mis à la porte.

Bilan

Le bilan de Thabo Mbeki à la tête de l’État sud-africain n’est pourtant pas maigre. On commence seulement à le savoir - sa contribution politique et intellectuelle à la libération de l’Afrique du Sud aura été colossale, presqu’à la mesure de celle de Mandela, Sisulu et les autres. Parfois contre l’avis de nombreux cadres du mouvement de libération en exil et au risque de sa propre carrière, il poussa plus que d’autres vers une sortie négociée de la crise sud-africaine. Il établit secrètement des contacts avec le pouvoir blanc longtemps avant Mandela lui-même et, avec l’appui d’Oliver Tambo, contribua à professionnaliser les services diplomatiques de l’ANC en exil, transformant au passage la lutte contre l’apartheid en l’un des premiers symboles politiques de l’ère de la globalisation.
Il est le principal architecte de la démocratie et de l’extraordinaire prospérité économique dont les couches moyennes blanches et noires ont fait l’expérience au sortir de l’apartheid. Il n’a pas seulement contribué à la déconstruction théorique et intellectuelle du régime d’apartheid. Il a présidé à la mise en place des grandes institutions du système politique sud-africain, à la déracialisation de son ordre juridique et à la formulation de la politique économique poursuivie depuis 1996.
Il a apporté son poids intellectuel et mobilisé – parfois sans compter- les ressources de l’État sud-africain aux fins d’articulation d’un agenda proprement africain. Il a travaillé sans relâche à la mise sur pied d’institutions panafricaines capables d’assurer une régulation relativement autonome du Continent. En cela, il est l’un des derniers grands « intellectuels politiques » africains issus des grandes luttes émancipatrices du XXe siècle. Mieux que ceux qui sont venus avant lui (Kwame N’Nkrumah, Julius Nyerere, Jomo Kenyatta, Agostino Neto, Amilcar Cabral, Samora Machel et les autres), il se sera efforcé de tisser un lien étroit entre les trois impératifs de la souveraineté nationale, d’invention d’un ordre démocratique et constitutionnel et d’une négociation intelligente des contraintes internationales – notamment celles résultant de la mondialisation.


Figure tragique et solitaire

Mais s’il est vrai que Mbeki a bel et bien été la victime inattendue d’un rituel d’anthropophagie politique que ses commanditaires s’efforcent de masquer sous l’habit du jeu démocratique, il reste que son démon le prédisposait à devenir l’objet privilégié de ce sacrifice qui ne veut pas dire son nom.
De la grande tradition africaine des luttes de libération, il conservera le sens du sacrifice et du dévouement à une cause jugée juste – la politique en tant que sacerdoce. Mais il ne parviendra jamais à refermer la plaie de la race, la portant dans son for intérieur, à la manière d’un sur-moi, captif d’une blessure dont il aura peiné à se libérer. De son passage au communisme, il aura conservé un certain sens du volontarisme, mais aussi le gout du secret, des luttes d’appareil, des coups perfides et des pratiques machiavéliques.
Les longues années d’exil et la menace réelle de mort à l’époque de la lutte contre l’apartheid auront entretenu en lui une vision paranoïaque et conspiratrice des processus historiques et des actions humaines et élevé l’esprit partisan et celui de loyauté au rang de vertus. Sa longue fréquentation des corridors des satrapies africaines, de Lagos à Harare et Lusaka, lui donnera l’occasion d’observer dans la quasi intimité la duplicité des pouvoirs postcoloniaux. Dans ce faisceau d’attitudes se trouvent les sources d’un style de leadership pontifical, réfractaire à la critique, distant et arrogant, qui contribuera à transformer en ennemis tant de gens qui, au départ, étaient pourtant sinon bien disposés à son égard, du moins neutres.
Figure solitaire et tragique – une de plus – du nationalisme africain, il est dévoré non par l’impérialisme, mais par les siens. Dans une large mesure, sa tragédie est comparable à celle du Roi Christophe que décrivit Aimé Césaire dans sa fameuse pièce – le spectre de Haïti dans la conscience noire. Ironie suprême, Mbeki a stoïquement accepté son sort au nom de la loyauté indéfectible à l’ANC – un parti qui se sclérose à la manière du FNL algérien, du Congress Party indien ou des anciens mouvements de libération et qui, sous l’influence du Parti Communiste sud-africain, continue de fonctionner comme si 1989 n’avait jamais eu lieu.

Mbeki laisse derrière lui un pays fragile, pris dans le vertige d’une corruption rampante, d’une crise sanitaire aux proportions bibliques, d’une culture de la prédation qui se généralise, et dont les grandes avancées réalisées depuis 1994 sont en passe d’etre remises en cause. De profondes inflexions de la politique économique sont nécessaires pour faire face à la pauvreté de masse et aux inégalités. Mais le plus grand défi est de redonner des qualifications à la masse des « inemployables » qui alimente le cortège des « superflus », ouvrant ainsi un énorme appel d’air à des formes de plus en plus nettes de « lumpen-radicalisme ».
Des péripéties en cours, il ressort clairement que l’hégémonie exercée par l’ANC sur la vie politique et institutionnelle du pays, voire sur l’État lui-même, loin d’etre une source de stabilité, est une menace potentielle pour la démocratie et l’avenir de l’État de droit. Un équilibre plus sain entre le parti au pouvoir et les forces d’opposition est désormais un impératif. Ce rééquilibrage passe entre autres par une véritable déracialisation de la vie politique sud-africaine et une repolitisation de la société après les années de démobilisation.
L’avenir démocratique de l’Afrique du Sud passe nécessairement par une reconstitution de l’opposition autour d’un parti majeur, véritable coalition multiethnique et multiraciale capable d’assurer l’alternance. Il passe aussi par le renforcement des autorités, agences et institutions indépendantes chargées de consolider l’État de droit. À ceci s’ajoute l’indispensable réforme du code électoral. Pour l’heure, le Chef d’État est un simple fonctionnaire du parti. N’étant pas élu directement par le peuple, il peut etre révoqué par les représentants du parti. Il en est de même des parlementaires – bureaucrates à la solde du parti, et qui ne sont comptables devant aucune circonscription précise, encore moins responsables devant l’électorat dans son ensemble.
La crise en cours montre que le compromis de 1994 - et sur lequel repose l’ordre politique actuel – a atteint ses limites. Il faudrait, sans tarder, négocier un nouveau pacte qui passe par l’approfondissement de la démocratie et une mutualisation des intérêts économiques des différentes couches sociales et raciales – sans quoi il faut s’attendre à une implosion dont les conséquences pour l’avenir du Continent seraient très graves.



Achille Mbembe est professeur d’histoire et de sciences politiques à l’université du Witwatersrand et directeur de recherche au Witwatersrand Institute for Social and Economic Research (WISER) à Johannesburg.

Tiré du blog d'Alain Mabanckou, Le Crédit a Voyagé.

22/09/2008

Kgalema Motlanthe, nouveau président de l'Afrique du Sud

motlanthe.jpg
Le Congrès national africain (ANC), le parti au pouvoir en Afrique du Sud, a choisi, lundi 22 septembre, son vice-président Kgalema Motlanthe, pour assurer la fonction de président de la République, en remplacement de Thabo Mbeki, démissionnaire. M. Motlanthe "sera le nouveau président, pas un président par intérim, il sera le président de la République [avec les pleins pouvoirs] jusqu'aux élections" générales au deuxième trimestre 2009, a déclaré le porte-parole du groupe parlementaire du parti, K. K. Khumalo, à l'issue d'une réunion du groupe au Cap. Un président par intérim n'aurait pu expédier que les affaires courantes du pays, alors que les pleins pouvoirs lui permettent de constituer un vrai gouvernement de transition.
Kgalema Motlanthe doit encore être formellement élu par les députés, mais sa désignation ne fait aucun doute puisque l'ANC détient plus des deux-tiers des sièges à la Chambre des députés.
Le nom de la présidente de cette assemblée, Bakela Mbete, une fidèle du chef de l'ANC, Jacob Zuma, circulait depuis samedi. La vice-présidente du pays, Phumzile Mlambo-Ngcuka, à qui la loi accorde la préséance, avait refusé ce poste, affirmant qu'elle partirait avec le chef de l'Etat.

La fiche de Motlanthe dans le Who's Who sud-africain ici, sa page Wikipedia ici.

15:05 Publié dans Vite dit ! | Lien permanent | Commentaires (3)

21/09/2008

Mbeki a démissionné

démission mbeki.jpg
Le président sud-africain Thabo Mbeki a confirmé sa démission dimanche dans un discours télévisé à la nation, précisant qu'il quitterait ses fonctions dès qu'un chef de l'Etat par intérim serait nommé.

La veille, M. Mbeki avait accepté de démissionner comme le lui réclamait le Congrès national africain (ANC) depuis le non-lieu obtenu par le chef du parti Jacob Zuma dans son procès pour corruption.

Au pouvoir depuis près de dix ans, M. Mbeki a expliqué qu'il qu'il n'attendrait pas la fin de son deuxième mandat pour céder sa place mais il n'a pas fixé de date à son départ.

Le Parlement doit se réunir dans les prochains jours pour désigner un président qui assurera l'intérim jusqu'aux prochaines élections, qui sont prévues en avril 2009. La présidente de l'Assemblée nationale Baleka Mbete, devrait reprendre le flambeau.

D'ici là, le président conserve ses fonctions. Dans un communiqué diffusé samedi, il a indiqué qu'il quitterait le pouvoir "dès que toutes les dispositions constitutionnelles auront été prises".

Jacob Zuma, qui sera le candidat de l'ANC pour la présidentielle, ne peut assurer l'intérim car il n'est pas élu au Parlement. Et le parti au pouvoir ne souhaite pas convoquer des élections anticipées.

Dans son intervention télévisée, M. Mbeki a nié "catégoriquement" toute interférence dans le travail de la justice, notamment dans le "douloureux" dossier de l'affaire Zuma.

M. Mbeki avait congédié son vice-président en 2005 au motif qu'un conseiller économique de ce dernier était impliqué dans une tentative d'étouffement d'un trafic d'armes. Bien que les charges initiales pesant contre M. Zuma ait été levées, le procureur général avait prononcé son inculpation pour corruption en décembre 2007, dix jours seulement après qu'il eut ravi la présidence de l'ANC à Thabo Mbeki.

D'abord sombre puis ému en fin de discours, le président démissionnaire a remercié ses concitoyens de l'avoir porté au pouvoir et soutenu durant ses deux mandats et s'est dit convaincu que la prochaine administration s'attaquerait au fléau de la pauvreté.

"Nous ne devons pas nous décourager si le temps est mauvais, nous ne devons pas non plus nous montrer triomphants parce que le soleil brille", a-t-il souligné.

Le gouvernement sud-africain s'était auparavant réuni pour tenter de limiter les conséquences politiques et économiques du départ du président Mbeki.

On ignore le nombre de ministres qui pourraient se montrer solidaires de M. Mbeki et quitter le gouvernement. Le ministre des Finances Trevor Manuel, architecte de la croissance économique sud-africaine, ne devrait finalement pas démissionner.

Thabo Mbeki et ses ministres ont fait bonne figure dimanche en ouverture de cette réunion gouvernementale, plaisantant entre eux et évoquant les performances de leur pays aux Jeux paralympiques. Le président s'est contenté d'affirmer que son départ n'aurait aucune conséquence sur la Coupe du monde de football en 2010. Le conseil des ministres n'a duré qu'un peu plus d'une heure.

Un haut responsable de l'ANC, Matthew Phosa, a expliqué que le parti avait demandé au membres du gouvernement de rester à leur poste. "Nous souhaitons que le cabinet demeure", a-t-il dit. "Nous voulons la stabilité et nous voulons qu'ils restent, mais nous ne pouvons rien leur imposer."

20/09/2008

Pendant ce temps, l'ANC se déchire

mbeki zuma.jpg
Maintenant que Jacob Zuma a réussi à passer à travers les fourches caudines de la justice sud-africaine, ses proches, qui ont noyauté l'ANC, passent à la vitesse supérieure et demandent la démission du président Thabo Mbeki, ouvrant la voie à une scission d'un parti tellement solide qu'il apparaissait comme un parti unique. Que fera Mbeki, qui vient d'enregistrer une victoire diplomatique au Zimbabwe mais qui est fondamentalement affaibli ?
Une impression désagréable me traverse l'esprit : on dirait que Zuma veut prendre la justice de vitesse, et devenir président avant que l'aboutissement d'une autre procédure le rende inéligible. Pour cela, l'ANC impose à l'Afrique du Sud une crise politique inutile et très mauvaise pour son image, dans un contexte où les "négrologues" voient un début de Rwanda partout en Afrique dès lors que des problèmes surviennent. Rien que pour cela, il faudrait peut-être que ce parti s'affaiblisse et cesse de transformer ses crises internes en problèmes nationaux. Dans un tout autre contexte, on a vu où la "guerre civile" à l'intérieur du tout-puissant PDCI-RDA a conduit la Côte d'Ivoire...
Au fait, que pensez-vous de Jacob Zuma ? Personnellement, il ne me rassure pas. Je ne pense pas que l'Afrique du Sud d'aujourd'hui a besoin, sur le plan international, d'un président qui traîne avant son élection autant de casseroles. Je comprends toutefois que son côté "insider", vétéran de la lutte armée anti-apartheid et proche du peuple puisse séduire après près de dix ans d'une présidence Mbeki qui cultivait l'art de la distance, du secret et de l'intellectualisme.
Pour aller plus, un article de Rue 89 et la plateforme de blogs sud-africaine Thought Leader.

18/09/2008

Présidentielle 2008 : la campagne lancée sur le net

Les états-majors politiques ivoiriens ne chôment pas sur le net. En prévision de la prochaine présidentielle, ils semblent vouloir "occuper le terrain".
Président sortant, Laurent Gbagbo a un portail de campagne, en plus du site institutionnel de la Présidence de la République et du site (pas toujours mis à jour) du FPI.

GAG.JPG


Le PDCI, quant à lui, a un site qui reprend tous les discours de campagne de Henri Konan Bédié. On remarquera que le site joue sur la continuité entre Houphouët-Boigny et son successeur.

pdci.JPG


Alassane Dramane Ouattara a un site sur lequel il se fait fort de figurer auprès d'Houphouët-Boigny et de Nelson Mandela.

ADO.jpg


Gnamien Konan dispose d'un blog, mais aussi d'un portail plus classique.

Gkonan.JPG

17/09/2008

Blogs : de l'or ou de la boue dans les commentaires ?

Un post sur le site de l'Atelier des médias qui vient à point nommé. A lire ici.

23:41 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (7)

Le blues du blogueur à la bourre

um nyobé.jpgS'il y a une chose qui peut rendre massacrante l'humeur d'un blogueur passionné comme moi, c'est bien d'être aspiré par les occupations du quotidien au point de voir passer, impuissant, des sujets intéressants à chroniquer... faute de temps !
J'aurais voulu... Ah ! j'aurais voulu évoquer, le 13 septembre dernier, le cinquantième anniversaire de l'assassinat de Ruben Um Nyobé, authentique père de la Nation camerounaise, mort avant l'indépendance sous les balles de la soldatesque coloniale, parce qu'il réclamait la liberté pour ses compatriotes et avait insufflé aux habitants de son pays une conscience nationale qui les avait dressés contre l'occupant. Ruben Um Nyobé, qui croule aujourd'hui sous les hommages des essayistes et éditorialistes camerounais, dont les textes sont étudiés dans les universités du monde entier grâce au patient travail de compilation de l'historien Achille Mbembe. Um Nyobé qui a gagné le combat idéologique contre les "aujoulatistes" (André-Marie Mbida, Ahmadou Ahidjo, Paul Biya), serviles et opportunistes courroies de transmission du colonialisme et du néocolonialisme, mais qui n'a pas encore remporté la victoire "réelle" : le pays continue à être dirigé par une ligue politique qui considère visiblement l'unité des Camerounais comme une menace et structure une économie du manque poussant les cerveaux les plus alertes à l'exil ou à l'amertume désabusée. A quand une avenue Um Nyobé à Yaoundé ? A quand une alternative politique au Cameroun ?

J'aurais voulu parler avec vous du contenu d'une brève parue dans Jeune Afrique (titrée "L'Afrique finance Bolloré"), et qui bat en brèche une certaine propagande, relayée par Nicolas Sarkozy lors d'un discours à Cotonou - avant son élection - selon laquelle le continent n'a qu'une importance marginale pour les grands consortiums français :

"Au premier semestre (2008), les activités de transports du groupe Bolloré, qui s'exercent principalement sur le continent, ont permis un résultat d'exploitation de 162 millions d'euros, quand ses autres domaines (médias, voiture électrique...) ont perdu 83 millions d'euros. Le chiffre d'affaires atteint 3,6 milliards d'euros, dont 2,2 milliards dans les transports".


J'aurais voulu évoquer, aussi, les "blogueurs" de la haine, stakhanovistes du clavier, polluant tous les posts de notre communauté de violents commentaires souvent hors sujet, mais toujours insultants, vulgaires et diffamatoires. J'aurais voulu parler de leur attitude visant à importer sur notre plateforme la pratique du "posting sauvage" qui fleurit sur le forum d'un grand portail ivoirien. Le débat participatif a-t-il besoin de tels énergumènes ?

Malheureusement, je ne fais pas que bloguer. Et je n'arrive pas toujours à trouver le temps nécessaire pour évoquer tous les sujets qui me tiennent à coeur. Ma consolation ? Parmi les projets sur lesquels je travaille, il y en a un qui pourrait plaire aux citoyens de notre "village" et être utiles à la communauté. Je n'en dirais pas plus pour l'instant... mais le teasing est lancé ! On est ensemble !

03:19 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (28)