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25/09/2008

Afrique du Sud : la fête des cannibales (Achille Mbembé)

achille mbembe.jpgLe Chef de l’État sud-africain n’aura donc pas achevé son deuxième et dernier mandat. Il vient d’etre défenestré par son parti, le Congrès National Africain (ANC), dans une cabale qui présente les traits combinés d’un repas totémique au cours d’une fête des cannibales, d’un putsch civil et d’un médiocre roman postcolonial.
Thabo Mbeki n’aura pas seulement été rejeté par l’ANC qu’il rejoignit à l’âge de 14 ans et, après la libération, en devint le premier apparatchik. Il aura littéralement été dévoré par « le mouvement » – point culminant d’un interminable rituel d’anthropophagie politique qui s’est poursuivi pendant près de deux ans et qui aura profondément traumatisé ce jeune-vieux pays.
Au moment où il quitte le pouvoir, il est honni et vilifié par une organisation qu’il servit honorablement pendant un demi-siècle. La faction qui désormais contrôle l’ANC a décidé d’en faire le bouc émissaire de la profonde crise morale dont elle est aujourd’hui la proie et du tournant de plus en plus pervers qu’emprunte la lutte politique dans ce pays hier encore porté aux nues pour son exemplarité et sa puissance de réconciliation. Et la question qui se pose au lendemain de cette défenestration est bien celle de l’avenir de l’ordre démocratique et constitutionnel sud-africain.

Bouc émissaire

JacobZuma.jpgAprès avoir gravi les plus hauts échelons du parti, Mbeki commit une monumentale erreur l’an dernier lorsque, son mandat à la tête de l’État arrivant à terme et son impopularité approchant le point de crête, il conçut la funeste idée de conserver les rênes du parti – position qui lui aurait alors permis continuer de peser sur la vie politique du pays longtemps après son départ du gouvernement. Il fut battu lors du congrès de l’ANC et perdit le contrôle du mouvement au profit de son ex-Vice Président devenu depuis lors son adversaire et ennemi, Jacob Zuma.
L’ANC vient de mettre un terme à son mandat à la tête de l’État pour une raison simple. Il constituait le dernier obstacle majeur au projet de « blanchiment » de Zuma - un politicien quasi illettré et polygame, mais retors et rusé, inculpé pour fraude et corruption et qui, pour accéder au pouvoir, cherche par tous les moyens à éviter de comparaitre devant les tribunaux de son pays.
En cela, il est soutenu par une coalition hétéroclite de syndicalistes, de communistes et de nativistes apparemment prêts à tout pour le hisser au pouvoir. Communistes et syndicalistes en particulier s’opposent à la politique économique présumée néolibérale poursuivie depuis le milieu des années 90 sous la houlette de Mbeki qu’ils accusent par ailleurs d’avoir exercé le pouvoir de manière autocratique et d’avoir marginalisé les forces d’une « gauche » qui porte de plus en plus son nom à la manière d’un pesant masque. Leur soutien à Zuma relève d’autant plus de l’expédient que ce dernier ne cesse de déclarer que la politique économique ne fera pas l’objet de changement.
Au nombre des partisans de Zuma figurent également les organisations de la jeunesse de l’ANC et du Parti communiste. Au cours des dernières années, ces organisations ont graduellement revêtu l’apparence de « milices civiles ». L’une de leurs fonctions est d’intimider l’opinion publique et de s’attaquer à la légitimité des institutions judiciaires en particulier. Adoptant une posture insurrectionnelle, elles ont remis au gout du jour une rhétorique pseudo-radicale en vigueur à l’époque de la lutte contre l’apartheid, affublant du label de « contre-révolutionnaires » les ennemis présupposés de leur poulain. Elles ont également réhabilité le langage du « complot » et de la « trahison », n’hésitant pas à proclamer leur volonté de « tuer » ou de « liquider » ceux qui en viendraient à s’opposer à leur projet de domination de l’État et de la société par le parti.
À ces forces structurées s’est ajoutée une cohorte d’aventuriers, hommes d’affaires et politiciens mécontents ou en quête de prébendes et dont certains, accusés de corruption, de fraude et autres malversations, ont eu maille avec la justice ou s’estimaient avoir été, à un moment ou à un autre, l’objet de traitements injustifiés sous l’ère Mbeki. Si cette catégorie rêve de revanche et de vengeance, c’est pour mieux avoir accès aux réseaux de patronage et aux circuits de l’enrichissement privé rendus possibles par les politiques dites d’ « affirmation positive » (Black Economic Empowerment) mises en place après 1994 et dont l’un des effets a été la montée d’une classe moyenne noire relativement dépolitisée, mais fortement portée vers la consommation de masse.
Au cours des cinq dernières années, l’impopularité de Mbeki au sein des classes subalternes n’a fait que s’aggraver. L’impéritie du gouvernement face aux trois plus grands fléaux qui amoindrissent le plus gravement les chances de survie des classes défavorisées – à savoir la pauvreté, la criminalité et le Sida – n’a pas seulement contribué à élargir le fossé entre la bureaucratie d’un coté et la population de l’autre. Elle a également ouvert la voie à une pernicieuse remise en question de l’État de droit, la plupart des pauvres s’estimant « trahis » par la démocratie elle-même, ou encore développant une nostalgie d’un passé certes injuste, mais marqué à leurs yeux par le respect – idéalisé - de l’ordre, de la loi et de la discipline. Face à l’inexorable montée de la criminalité et des inégalités et eu égard au fait que la plupart des indigents sont « inemployables », le sentiment prévaut aujourd’hui selon lequel il est plus facile d’obtenir par la violence et la force ce que le droit à lui tout seul peine à garantir.
Mbeki s’est finalement aliéné les faveurs de plusieurs couches libérales blanches et d’une grande partie de l’intelligentsia – y compris noire. Au nom de la défense des privilèges hérités de l’apartheid, les élites et classes moyennes blanches lui reprochent – souvent à tort - d’avoir tourné le dos à la politique de réconciliation raciale initiée par Nelson Mandela et d’avoir redonné du souffle aux formes d’identification raciale héritées de l’époque de la ségrégation. C’est donc un homme isolé et solitaire, bénéficiant d’appuis au sein de la bureaucratie, mais presque sans base sociale déterminée, qui vient d’etre mis à la porte.

Bilan

Le bilan de Thabo Mbeki à la tête de l’État sud-africain n’est pourtant pas maigre. On commence seulement à le savoir - sa contribution politique et intellectuelle à la libération de l’Afrique du Sud aura été colossale, presqu’à la mesure de celle de Mandela, Sisulu et les autres. Parfois contre l’avis de nombreux cadres du mouvement de libération en exil et au risque de sa propre carrière, il poussa plus que d’autres vers une sortie négociée de la crise sud-africaine. Il établit secrètement des contacts avec le pouvoir blanc longtemps avant Mandela lui-même et, avec l’appui d’Oliver Tambo, contribua à professionnaliser les services diplomatiques de l’ANC en exil, transformant au passage la lutte contre l’apartheid en l’un des premiers symboles politiques de l’ère de la globalisation.
Il est le principal architecte de la démocratie et de l’extraordinaire prospérité économique dont les couches moyennes blanches et noires ont fait l’expérience au sortir de l’apartheid. Il n’a pas seulement contribué à la déconstruction théorique et intellectuelle du régime d’apartheid. Il a présidé à la mise en place des grandes institutions du système politique sud-africain, à la déracialisation de son ordre juridique et à la formulation de la politique économique poursuivie depuis 1996.
Il a apporté son poids intellectuel et mobilisé – parfois sans compter- les ressources de l’État sud-africain aux fins d’articulation d’un agenda proprement africain. Il a travaillé sans relâche à la mise sur pied d’institutions panafricaines capables d’assurer une régulation relativement autonome du Continent. En cela, il est l’un des derniers grands « intellectuels politiques » africains issus des grandes luttes émancipatrices du XXe siècle. Mieux que ceux qui sont venus avant lui (Kwame N’Nkrumah, Julius Nyerere, Jomo Kenyatta, Agostino Neto, Amilcar Cabral, Samora Machel et les autres), il se sera efforcé de tisser un lien étroit entre les trois impératifs de la souveraineté nationale, d’invention d’un ordre démocratique et constitutionnel et d’une négociation intelligente des contraintes internationales – notamment celles résultant de la mondialisation.


Figure tragique et solitaire

Mais s’il est vrai que Mbeki a bel et bien été la victime inattendue d’un rituel d’anthropophagie politique que ses commanditaires s’efforcent de masquer sous l’habit du jeu démocratique, il reste que son démon le prédisposait à devenir l’objet privilégié de ce sacrifice qui ne veut pas dire son nom.
De la grande tradition africaine des luttes de libération, il conservera le sens du sacrifice et du dévouement à une cause jugée juste – la politique en tant que sacerdoce. Mais il ne parviendra jamais à refermer la plaie de la race, la portant dans son for intérieur, à la manière d’un sur-moi, captif d’une blessure dont il aura peiné à se libérer. De son passage au communisme, il aura conservé un certain sens du volontarisme, mais aussi le gout du secret, des luttes d’appareil, des coups perfides et des pratiques machiavéliques.
Les longues années d’exil et la menace réelle de mort à l’époque de la lutte contre l’apartheid auront entretenu en lui une vision paranoïaque et conspiratrice des processus historiques et des actions humaines et élevé l’esprit partisan et celui de loyauté au rang de vertus. Sa longue fréquentation des corridors des satrapies africaines, de Lagos à Harare et Lusaka, lui donnera l’occasion d’observer dans la quasi intimité la duplicité des pouvoirs postcoloniaux. Dans ce faisceau d’attitudes se trouvent les sources d’un style de leadership pontifical, réfractaire à la critique, distant et arrogant, qui contribuera à transformer en ennemis tant de gens qui, au départ, étaient pourtant sinon bien disposés à son égard, du moins neutres.
Figure solitaire et tragique – une de plus – du nationalisme africain, il est dévoré non par l’impérialisme, mais par les siens. Dans une large mesure, sa tragédie est comparable à celle du Roi Christophe que décrivit Aimé Césaire dans sa fameuse pièce – le spectre de Haïti dans la conscience noire. Ironie suprême, Mbeki a stoïquement accepté son sort au nom de la loyauté indéfectible à l’ANC – un parti qui se sclérose à la manière du FNL algérien, du Congress Party indien ou des anciens mouvements de libération et qui, sous l’influence du Parti Communiste sud-africain, continue de fonctionner comme si 1989 n’avait jamais eu lieu.

Mbeki laisse derrière lui un pays fragile, pris dans le vertige d’une corruption rampante, d’une crise sanitaire aux proportions bibliques, d’une culture de la prédation qui se généralise, et dont les grandes avancées réalisées depuis 1994 sont en passe d’etre remises en cause. De profondes inflexions de la politique économique sont nécessaires pour faire face à la pauvreté de masse et aux inégalités. Mais le plus grand défi est de redonner des qualifications à la masse des « inemployables » qui alimente le cortège des « superflus », ouvrant ainsi un énorme appel d’air à des formes de plus en plus nettes de « lumpen-radicalisme ».
Des péripéties en cours, il ressort clairement que l’hégémonie exercée par l’ANC sur la vie politique et institutionnelle du pays, voire sur l’État lui-même, loin d’etre une source de stabilité, est une menace potentielle pour la démocratie et l’avenir de l’État de droit. Un équilibre plus sain entre le parti au pouvoir et les forces d’opposition est désormais un impératif. Ce rééquilibrage passe entre autres par une véritable déracialisation de la vie politique sud-africaine et une repolitisation de la société après les années de démobilisation.
L’avenir démocratique de l’Afrique du Sud passe nécessairement par une reconstitution de l’opposition autour d’un parti majeur, véritable coalition multiethnique et multiraciale capable d’assurer l’alternance. Il passe aussi par le renforcement des autorités, agences et institutions indépendantes chargées de consolider l’État de droit. À ceci s’ajoute l’indispensable réforme du code électoral. Pour l’heure, le Chef d’État est un simple fonctionnaire du parti. N’étant pas élu directement par le peuple, il peut etre révoqué par les représentants du parti. Il en est de même des parlementaires – bureaucrates à la solde du parti, et qui ne sont comptables devant aucune circonscription précise, encore moins responsables devant l’électorat dans son ensemble.
La crise en cours montre que le compromis de 1994 - et sur lequel repose l’ordre politique actuel – a atteint ses limites. Il faudrait, sans tarder, négocier un nouveau pacte qui passe par l’approfondissement de la démocratie et une mutualisation des intérêts économiques des différentes couches sociales et raciales – sans quoi il faut s’attendre à une implosion dont les conséquences pour l’avenir du Continent seraient très graves.



Achille Mbembe est professeur d’histoire et de sciences politiques à l’université du Witwatersrand et directeur de recherche au Witwatersrand Institute for Social and Economic Research (WISER) à Johannesburg.

Tiré du blog d'Alain Mabanckou, Le Crédit a Voyagé.

Commentaires

En gros, il est parti du pouvoir aussi facilement parcequ'il était impopulaire au près de la grande majorité des sudafricains!

Je constate que la démocratie, ce n'est pas seulement les institutions, c'est surtout ceux qui les animent!

Merci à l'auteur, d'avoir évoqué ce que j'ai appellé "coup d'état subtile".

Si zuma est comme il est décrit dans son portarit des heures sombres attendent l'afrique du sud et par ricochet, la crédibilité des africains à se developper en tant qu'états démocratiques

Écrit par : marianne | 25/09/2008

Marianne,

J'apprécie la prudence dont tu entoures tes propos lorsque tu dis: «Si Zuma est comme il est décrit dans son portrait, des heures sombres attendent l'Afrique du sud ».

Je suis de ceux (rares pour le moment) qui, après s'être empressés classer Zuma dans la catégorie des peu recommandables, ont marqué une pause pour préférer attendre de voir Zuma sur le terrain politique en cas d'accession au pouvoir, avant de porter un jugement définitif. Bien sûr nous souhaitons que la mauvaise réputation dont il est l'objet ne soit qu'un un effet de presse.

Je réagis ainsi parce que mon esprit critique a été interpellé par un fait, qui est que la réputation de Zuma dans la presse en générale et occidentale en particulier, est totalement mauvaise. C'est à peine s'il n'est pas présenté comme une espèce d'homme des cavernes chez qui surabondent les caractères primitifs tels que la violence et la libido animales!

Comment un homme aussi populaire à l'intérieur peut il être aussi décrié à l'extérieur? Je constate qu'en RSA, il n'est pas aimé par les blancs qui voit en lui une espèce de Mugabe, surtout qu'un problème agraire est en suspend au pays de l'arc-en-ciel. Or, ces blancs sont les plus riches, les plus puissants économiquement du fait du passé ségrégationniste. Ils sont de grands réseaux internationaux qui, dans l'ombre, maîtrise les médias qui, eux, façonnent les opinions grâce à des propagandes extrêmement subtiles opérant à la manière de l' eau qui, coulant gouttes à gouttes, finit avec le temps par percer le plus dure rocher. C'est une action subliminale sur la psychologie des gens.

Qui sommes nous, alors qu'on est si loin, pour prétendre que nous savons mieux que la majorité des militants de l'ANC qui le soutient, la nature de zuma??? D'ailleurs toutes les informations que nous avons sur l'Afrique du Sud proviennent des médias occidentaux auprès desquels nos médias, fautes de moyens, vont récolter les informations. Les réseaux financiers sont des pieuvres au plan planétaire et les puissants groupes sud-africains, tenus par les blancs de ce pays font partie de ces réseaux; et ils sont très solidaires entre eux.

Il n'est pas impossible, que, ayant flairé, grâce à leur formidable esprit d'anticipation, l'ascension de Zuma qui ne fait pas leur affaire, il aient, comme ils savent si bien le faire, anticiper par une propagande contre lui, car cela fait des années que l'on nous présente Zuma comme le diable.

Ne remarquez vous pas que, comme c'est la cas pour Mugabe, jamais une seule poussière d'éloge ne filtrent dans leur presse à l'avantage de Zuma. Cela ne frappe-t-il pas votre esprit? Moi, cela m'a frappé! Je me suis rendu compte que je vomissais Zuma alors que je ne suis pas un spécialiste de la politique sud-africaine et cela, simplement sur la base d'une presse à sens unique. Or, de même que personne n'est entièrement bon, nul n'est entièrement mauvais. Alors, pourquoi nous sert-on uniquement du négatif sur Zuma??? Serait-il le seul homme sur terre qui ne soit doté d'aucune qualité?

Méfiance ! Ne portons pas vite un jugement définitif sur cet homme! Soyons critiques face aux informations que nous livre la presse (essentiellement occidentale) en attendant son accession au pouvoir au cas où les sud-africains le confirment.

Ne nous limitons pas à la poubelle supposée ou avérée de sa vie privée pour présager du désastre de sa gestion politique. C'est un leurre! Attendons son action politique; c'est elle qui détermine la vie des nations!

Pour ce qui est de la lutte au sein de l’ANC, il faut dire que les lois inéluctables de l’histoire se sont une fois de plus mises à l’œuvre. Comme tous les grands mouvements humains, l’ANC subit cette maladie convulsive naturelle qu’est la rivalité interne. Pour l’heure, malgré la profondeur de cette crise, il faut se réjouir que les textes aient primé (même si les hommes leur ont donné un coup de pouce, mais cela aussi fait partie de la politique), et il faut souhaiter que jusqu’au bout, seuls les textes triomphe dans l’intérêt de la démocratie !

Écrit par : HARRIS | 25/09/2008

Je suis surpris de cette analyse de M. MBEMBE consistant à poser M. MBEKI en victime de l'ANC, en l'apparence certes, mais s'il est victime c'est bien celle de sa stratégie entrepris depuis deux ans pour s'accrocher au pouvoir en discréditant certains membres influents de l'ANC.

Mbeki a été un mauvais tacticien en pensant que les attaques contre Zuma qui durent depuis l'affaire Thalès ne se faisaient seulement en direction de ce dernier, alors que c'était toute l'ANC qu'on essayait de discréditer, et pis il la n'a vu en Zuma et sa popularité qu'un feu de paille. Zuma a consciencieusement cultivé l'image d'un « homme du peuple », à l'opposé de l'ex-universitaire distant Mbeki.

Cet énorme mauvais calcul est une expression de la mesure dans laquelle l'élite de l'ANC s'est distancée de l'essentiel de la population. Ils vivent leurs vies, protégés par leur richesse et sont inconscients des souffrances de la majorité.

Et quand à l'héteroclité des factions qui composent l'ANC, il s'agit encore là d'un faux problème ni le SACP ni le COSATU n'appellent à un changement fondamental dans l'orientation économique du gouvernement.

Le caractère très public et appuyé de la rupture entre Zuma et Mbeki indique que l'ANC ne peut plus se présenter, comme elle le pouvait quand Mandela est arrivé au pouvoir, comme le mouvement historiquement choisi pour guider la nation. Ses années de gouvernement l'ont exposé comme un parti qui n'a aucune prétention à représenter les intérêts de la grande majorité des africains du sud, que ce soit dans les villes ou dans les campagnes.

Écrit par : befaz | 26/09/2008

Dans la forme, l'analyse de Mbembe est teintée d'emprunts à des aspects d'une anthropologie culturelle d'un autre temps: repas totémique, fête des cannibales, rituel d'anthropophagie, etc.
Sur le fond et loin de cette Afrique "ténébreuse" que l'intellectuel chrétien démocratique évoque, je voudrais me rejouir de cette victoire de la démocratie en terre africaine. Dans cette affaire, le Président Mbeki a manifesté une grandeur de caractère qui fera date. Les pro-Zuma itou !

Que Mbembe ne tente pas de nous ramener au consensualisme, cet apanage des nègres décidé en des lieux inconnus des personnes concernées. Soit on prône la démocratie et, de ce fait, on accepte que ses mécanismes puissent faire et défaire d'honnêtes gens; soit on dénie le droit aux africains d'appliquer la démocratie qui se veut d'abord un système majoritaire.

Pour le reste, j'attends toujours qu'on me démontre par les faits que le "populisme", la polygamie et l'illetrisme de Zuma le disqualifient péremptoirement de la charge des plus hautes fonctions à la tête de son pays.

Écrit par : Thabo | 26/09/2008

Le portrait de Zuma peint ici est fort inquiétant et, comme le dit Marianne, tout porte à croire qu'avec lui, l'Afrique du Sud court à sa perte. Ce portrait me semble trop sévère pour être impartial.
L'Afrique du Sud a réussi sa pacification nationale après le long cloisonnement des Blancs et des Noirs. Ce que je redoute pour ma part, c'est que ce pays tombe dans la décrépitude que connaît les autres pays noirs africains. Alors, de tous les coins de l'Europe s'élèveront des voix pour dire que les Noirs sont inaptes à la gestion d'un pays. Quant à Zuma, son illétrisme que souligne l'article n'est pas forcément un frein à ses capacités de gouvernant puisqu'il a pu gravir les échelons de son parti et s'attirer le respect des hommes les plus illustres du pays.
Une autre chose est sûre : l'Afrique du sud a autant de difficultés à se construire que les autres pays africains du fait qu'une grande majorité de sa population est restée trop longtemps dans la pauvreté ou la précarité. Cette majorité de pauvres attend beaucoup des dirigeants ; et il me semble difficile de satisfaires ses attentes en si peu de temps.

Écrit par : St-Ralph | 26/09/2008

Qu'un pays tout entier soit à ce point dépendant des humeurs d'un parti quasi-unique, que les crises du pays se résument aux crises du parti comme au "bon vieux temps" de l'URSS est triste. C'est un dévoiement de la démocratie, c'est une tyrannie des politiques. Ce n'est pas une leçon de démocratie, à mon avis. Au nom de quoi l'ANC se permet de troubler la quiétude d'un pays qui a plein de défis et de semer la peur alors que ces messieurs auraient pu attendre les échéances normales ? Pourquoi l'ont-ils fait si ce n'est pas pour être en mesure de tordre le cou à la justice en utilisant leur position de pouvoir ?

Écrit par : Théo | 26/09/2008

Je n'ai rien lu d'aussi écoeurant! Vous êtes certainement plus intelligent que ces millions de Sud AF ! Vous avez le même reflexe et les mêmes tares que la France coloniale.

Que savez vous de l'afrique du sud, qui êtes vous pour chaque fois porter des jugements sur les autres alors que vous cotoyez dans vos pays les dictateurs les plus minables .

Acceptez le jeu de la démocratie ou rejettez le !

on ne comprend plus rien à la fin ! ce même Mbeki a profité de ce regime, de cette machine qui est l'ANC, aujourd'hui il a perdu la partie selon les règles du jeu politique, laissez le aller dans la dignité plutôt que de raconter des fables!

L'ANC est libre de choisir ses dirigeants! Un peu d'humilité tout de même, à croire que vous pouvez faire le bonheur de milliers de SUD AF à leur place ! pshiiiiiiiiiiit !

Écrit par : Eppix | 26/09/2008

Les institutions politiques de la RSA, voulues notamment par les militants de l'ANC donc par Mbeki, ont fonctionné. Que certains militants s'en soient servi pour humilier le chef de l'Etat est certes regrettable mais c'est dans l'ordre des choses. Dire que la démocratie a été dévoyée n'a pas beaucoup de sens, les libertés publiques, individuelles, de la presse, de réunion etc... sont respectées. Mbeki est resté plus de 9 ans à la tête du pays, il aurait pu changer les modalités d'élection, il ne l'a pas fait. La démocratie sud-africaine marche comme qu'ils l'ont souhaitée.
Aux USA lors de la première élection de Bush, le monde entier a assisté, ébahi, devant le cafouillage monstre de la façon de voter. Finalement Bush a été choisi par la Cour suprême. Que dire de cette élection ? Calamiteuse comme dirait Gbagbo.
En France, de 1958 à 1981 la droite a dominé la vie politique, sans alternance. Que dire de cette démocratie ?
Il y a d'autres exemples.
L'article de Mbembe est partisan, il admire Mbeki. C'est son droit. Je partage son point de vue sur Zuma quand il affirme qu'on fait tout pour le soustraire à la justice et je suis également convaincu qu'il a touché des pots-de-vin. Entretenir plusieurs femmes et une progéniture nombreuse coûte cher.

Écrit par : Lanzi | 26/09/2008

L'affaire n'est dons pas si simple!

Je rebondis sur une remarque de théo: au nom de quoi l'anc peut elle troubler la quiétude des sudafricains avec ses prolèmes internes?

La démocratie, ce n'est pas seulement la stabilité des institutions sinon on dirait que nos états au temps du parti unique étaient des démocraties, c'est avant tout la gestion consensuelle des affaires de l'état!

En d'autres termes, ce n'est pas parceque l'anc est ultramajoritaire par la loi arithmétique qu'elle peut tout imposer à tous les sudaf! Tout ce que l'anc fait actuellement, est ce dans l'intérêt des sudaf ou de l'afrique du sud ou est ce un sordide règlement de compte entre membres d'un parti pour le pouvoir?

certains dogmatiques parlent du peuple, de reformes agraires, je les voit venir ! Mais, l'exemple du zimbabwé est là ...l'exemple de la cote d'ivoire est là! Un chef d'état ne peut pas faire ce qu'il veut dans un pays stratégique, il ya des réalités dont il faut ténir compte! un populiste lettré fini toujours par comprendre, mais un illétré, ça reste à prouver!

j'ajoute que pour se battre, il faut être au moins deux, donc une responsabilité partagée entre les belligérants en cas de lésion collatérale!

Écrit par : marianne | 26/09/2008

Au nom de quoi n'aurions-nous pas le droit de commenter l'actualité sud-africaine ? J'espère que ceux qui utilisent ce type d'arguments ne commenteront jamais une actualité différente de celle de leur pays... On peut discuter sans brandir des arguments terroristes et définitifs !
"Vous êtes certainement plus intelligent que ces millions de Sud AF !" Ce ne sont pas des millions de Sud-Afs qui ont choisi de destituer Mbeki que je sache, mais le Comité central d'un parti ! Il y a lieu de s'interroger ! Si au prochain Congrès, les pro-Mbeki redeviennent majoritaires, ils pourront imposer un tel scénario au pays de nouveau ! Si dans deux ans, le Comité central se fâche avec Motlanthe, Zuma ou je ne sais qui parce qu'il n'a pas "arrosé" ses membres - par exemple -, il peut imposer au pays un tel scénario. C'est un danger, et on a le droit de le souligner.
Eppix donne des leçons ici au monde entier, se croit fondé à choisir les sujets qui doivent être discutés ici, et donne des leçons de "tolérance" quand ça l'arrange... N'importe quoi !

Écrit par : Théo | 26/09/2008

Discuter l'actualité d'un autre pays, OUI. Donner son point de vue, OUI!

Mais juger que c'est un coup d'état subtile, c'est faire croire que vous êtes plus démocrates que les SUD AF de l'ANC. C'est un parti qui a en son sein beaucoup d'intellectuels et de grands démocrates!

Même Thabo Mbeki s'est incliné, alors, arrêtez un peu vos sermons digne de la sorbonne.

Si ce scénario se repète he bein, ca sera le choix des Sud AF et non le votre !


Vous ne pouvez pas faire le bonheur des SUD AF à leur place, désolez ! A chacun sa croix !

Ils ont choisi et ils sont mieux placés que vous!

L'ANC et son équipe dirigeante ont la confiance de millions de SUD AF, Jacob ZUMA également est très populaire ! Alors vos clichés dignes de l'AFP, ca suffit !

Écrit par : Eppix | 26/09/2008

Achille Mbembe, qui parle ici de "putsch civil", est prof de science politique à l'Université de Witwatersrand... Il a donc quelque expérience à partager. Ce qu'il dit, de nombreux Sud-Africains le disent aussi... On peut s'interroger sur une évolution de la démocratie sans pour autant dénier aux citoyens d'un pays leur droit de trancher !
On peut par exemple dire qu'on préfère le référendum révocatoire à la bolivienne ou à la vénézuélienne à ce type de destitution décidée par une MINORITE de hiérarques qui, parce qu'ils seraient intrinsèquement démocrates, seraient incapables de mettre le mandat qu'ils ont reçu au service d'une cause discutable !
En tout cas, cet épisode sud-africain remet en cause, à mon avis, le système parlementaire ! Surtout le système parlementaire dans une démocratie quasi-monopartisane !

Écrit par : Théo | 27/09/2008

@Théo

je ne partages pas ton avis sur le sytème parlementaire puisque ce que vient de faire l'ANC, le labour en angleterre l'avait plus ou moins fait en forçant le départ de Blair pour mettre Gordon Brown au poste de prime minister, et pourtant on se trouve pas dans un "système de démocratie quasi monopartisane" dans le cas de la Grande Bretagne.
je rejoins l'avis de Befaz sur la fin quand il dit que l'ANC ne peut plus se présenter comme un parti "choisi pour guider la nation. Ses années de gouvernement l'ont exposé comme un parti qui n'a aucune prétention à représenter les intérêts de la grande majorité des africains du sud".

le jeu démocratique sud af est ainsi Mbeki le savait quand il s'est mis dans l'idée de prendre la tête de l'ANC pour pouvoir continuer à tenir les rênes du pouvoir à l'échéance de son mandat, en perdant cette bataille il savait ce qu'il risquait, la présidence sudaf il l'a perdu l'année dernière, et Zuma a attendu que le soufflet des attaques judiciaires retombe, pour mettre la machine ANC en branle pour l'évincer du pouvoir, c'est un jeu de stratégie politique dans lequel Zuma s'est révelé être plus habile que Mbeki et ce malgré le portrait au vitriol qu'on lui dessine.

Écrit par : hermeister | 27/09/2008

Il n'est jamais bon pour un pays d'avoir un seul grand parti...

L'aspect de cette crise sudaf qui m'interesse c'est moins le sort de mbeki (il n'est pas mon président! ce sont ses conctoyens qui l'ont destitué) que la mise à nu de cette hégémonie de l'anc sur l'afriq du sud!

Au moment de la lutte contre le régime ségrégationniste, cela se comprenait mais là, c'est quand même curieux que tous les noirs (la grande majorité interessée par la politique) se retrouvent dans un seul parti

question: où est le contre poids aux errements de l'anc? un pouvoir quelqu'il soit sans opposition forte n'est pas loin d'une dictature (dite de la majorité)

Me je me garderais de comparer l'anc au labour d'angleterre, je ne vois vraiment pas la similitude entre un pays ayant des centenaires de regime parlementaire et un pays fraichement sorti de lutte armée contre l'aparteid ...

En plus, pourquoi ce n'est qu'en afrique qu'on peut retrouver un leader illétré (si tant que cela soit vrai) à la tête d'un pays aussi essentiel que l'afsud?

On attend avec grand intérêt le regard de nelson mandela.

Écrit par : marianne | 27/09/2008

@ marianne

la comparaison ne se faisait pas entre l'angleterre et l'Af sud, mais sur le régime parlementaire dont n'importe quel étudiant en première année de droit pourra te dire qu'elle favorise un "régime de parti". Et que un tel régime s'accomode plus facilement d'un parti très fort et puissant pour éviter les instabilités institutionnelles. et l'Angleterre est toujours étudiait comme le modèle le plus réussi abouti de régime parlementaire et pourtant le régime de parti marche très bien là bas, et chaque prime minister craint plus la grogne de son parti que l'opposition, d'ou l'exemple de Blair forcé à démissioner par son parti pour laisser la place à Brown.

Maintenant sur Zuma: quand il négocia la paix avec l'inkhata de Buthelezi le présentait on comme un illetré ? quand il fut élu chef de la direction national de l'ANC en 1994 Mandela et Mbeki ignoraient ils qu'ils favorisaient l'ascension d'un illetré ? quand Mbeki le choisit 1999 comme vice président et futur sucesseur est ce que son illétrisme était un frein ? Faudrait sortir un peu des attaques communes et grossières, il n'a certes pas le brillant parcours d'universitaire de haut rang de Mbeki mais il a une intelligence naturelle que l'on ne peut nier car on ne peut faire un tel parcours en gravissant tous les échelons de l'ANC que ce soit tant l'aile politique et l'aile militaire et ne pas avoir des capacités.
Sinon l'Afrique du Sud n'a pas qu'un seul parti mais l'histoire parle pour l'ANC un peu comme le FLN en Algérie.

Au fait Bush qui lui a fait des grands études et qui ne passait pas pour un grand cerveau est bien arrivée à la tête des US, faut arrêter de croire que Zuma va gouverner tout seul.

Écrit par : hermeister | 28/09/2008

Avec le départ du président Mbeki de la sorte, il ne reste plus qu'à demander aux sud africains d'élire désormais leur président par le suffrage indirect.c'est invraisemblable ce qui s'est produit, pourquoi les détracteurs de Mbeki n'ont-ils pas eu la patience d'attendre son échéance présidentielle dans seulement six
mois ?Et pourquoi Mbeki à accepter de se plier à la direction du parti? A mon avis, il a voulu montrer aux yeux du peuple qu'il n'est pas un féru de pouvoir et qu'il sait s'en aller sans créer de troubles même s'il avait les pleins pouvoir de se maintenir.l'exemple de Tony Blair ne lui a sans doute pas été étrangère dans sa décision de quitter le pouvoir.Quoi qu'on dise de son bilan, le forcing dont il a été victime n'aurait pas dû être,et j'avais moi même dans un récent commentaire évoqué, le cas du "référendum révocatoire à la bolivienne" comme théo l'a aussi suggéré dans son intervention, pour des cas similaires où le président en poste ne fait plus la confiance du PEUPLE(et non de son parti)en cours de mandat.Sauf que Mbeki, c'était pas le premier ministre du RSA, c'était le président !!! Cherchons l'erreur en comparaison avec le cas de Blair!
Maintenant Zuma, on attendra de voir ce qu'il propose aux sud-africains.Inculte n'est pas synonyme d'involontaire.Ce qu'il faut en politique c'est la volonté de faire pour améliorer et non ces théoriciens comme on coutume de voir et d'entendre un peu partout sur le continent qui ont dû mal une fois aux affaires de passer des idées à l'acte.voilà! c'était tout pour moi sur ce post et merci à tous .théo,big up!

Écrit par : mohamed billy | 28/09/2008

Avec le départ du président Mbeki de la sorte, il ne reste plus qu'à demander aux sud africains d'élire désormais leur président par le suffrage indirect.c'est invraisemblable ce qui s'est produit, pourquoi les détracteurs de Mbeki n'ont-ils pas eu la patience d'attendre son échéance présidentielle dans seulement six
mois ?Et pourquoi Mbeki à accepter de se plier à la direction du parti? A mon avis, il a voulu montrer aux yeux du peuple qu'il n'est pas un féru de pouvoir et qu'il sait s'en aller sans créer de troubles même s'il avait les pleins pouvoir de se maintenir.l'exemple de Tony Blair ne lui a sans doute pas été étrangère dans sa décision de quitter le pouvoir.Quoi qu'on dise de son bilan, le forcing dont il a été victime n'aurait pas dû être,et j'avais moi même dans un récent commentaire évoqué, le cas du "référendum révocatoire à la bolivienne" comme théo l'a aussi suggéré dans son intervention, pour des cas similaires où le président en poste ne fait plus la confiance du PEUPLE(et non de son parti)en cours de mandat.Sauf que Mbeki, c'était pas le premier ministre du RSA, c'était le président !!! Cherchons l'erreur en comparaison avec le cas de Blair!
Maintenant Zuma, on attendra de voir ce qu'il propose aux sud-africains.Inculte n'est pas synonyme d'involontaire.Ce qu'il faut en politique c'est la volonté de faire pour améliorer et non ces théoriciens comme on coutume de voir et d'entendre un peu partout sur le continent qui ont dû mal une fois aux affaires de passer des idées à l'acte.voilà! c'était tout pour moi et merci à tous .

Écrit par : mohamed billy | 28/09/2008

oh tu sais il ya tellement de choses qu'on apprend aux africains en première année d'université, mais on a toujours pas décollé le développement, donc...

je repète institutions stables ne veut pas dire pouvoir démocratique! c'est l'usage qu'en fait les dirigeants qui détermine leur bonne gouvernance.

Mais, je te concède tes arguments, hermeister et te donne rendez vous sur ce blog en fonction de l'évolution des choses!

J'espère simplement que la question de la repartition des richesses en afsud, ne va pas se regler à la mugabé

Écrit par : marianne | 28/09/2008

je retiens principalement ici une très belle leçon de démocratie interne a un parti politique, sans violences connues...passation exemplaire de pouvoir. sur bcp d'autres aspects tels que le timing, la manière, les risques d'instabilités on peut longuement discuter. l'ANC a encore quelques tètes fortes encore en vie a mesure de tuer toute volonté de scission, par argumentaires biensur ! Wait & see !

Écrit par : Gbansé Alexis | 01/10/2008

Je me méfie toujours des africains qui posent certaines de nos problématiques en terme "multiethnique et multiracial". J'ai appris que ces termes ne sont évoqués que quand le NOIR commence à être majoritaire dans une structure de POUVOIR REEL! (Un peu comme le concept de métissage qui n'est évoqué que devant les noirs "qui se réveillent"! Qui a déjà entendu poser à UN COUPLE DE BLANCS la question de savoir s'ils sont pour ou contre les couples mixtes? C'est réservé aux noirs(es) afin "qu'ils s'améliorent avec le métissage")Le reste de temps ce n'est plus jamais évoqué!

Et ceux et celles qui pronent le partage du pouvoir (comme ci plusieurs pouvaient en dernier ressort trancher) ne le réclament jamais "en occident"! C'est sur ce fond suspect que Mr Mbembe, chantre de" l'afropolitanéité ou moins doctement les noirs partageant le pouvoir avec les blancs", écrit cet article à charge contre Zuma et à décharge contre Mbeki, quasimment sans nuances...
Mais comme certains l'ont fait remarquer, le pied qui a été mordu par le serpent craint même le ver de terre, et les sources qualifiant les 2 protagonistes étant toutes occidentales, je suis obligé d'allumer les phares de la vigilence pour scruter le ver!!!
D'une autre façon ça me rappelle le duel Mugabe Tsvangirai monté en épingle avec le bon et la brute (choisissez les rôles) désignés par le truand afin de masquer le vrai problème qui est la réforme agraire, problème que l'illustre Mandela a esquivé (je crois à bon escient car c'était trop tôt) et que Mbeki a continué à esquiver (peut être à raison). Toujours est il que Zuma n'est apparemment pas "très coopératif" et parle un peu comme Mugabe, voire comme des millions d'africains. Bon, wait and see...

C'est vrai que c'est un illétré, même s'il a fonctionné longtemps avec des lettrés, comme Mbeki par exemple, qui lui ont fait confiance au point de l'admettre comme vice président! Mais j'ai aussi entendu dire que le bon Mbeki avait de croustillantes informations sur l'assassinat de Chris Hani... Wait and see.

Il est bon d'avoir suivi les recommandations du parti! C'est tout à son honneur. Si Blair avait pu rester, il l'aurait fait, quant à Bush et Sarko...C'est aussi la preuve que l'ANC, jusqu'à récemment encore sur la liste des mouvements terroristes selon la CIA, est un grand parti avec une grande culture démocratique, pas comme le FLN ou le Congress Party Indien ou d'autres mouvements de libération liés aux communisme... Mais Mr Mbembe, au fait si le communisme était si démoniaque, pourquoi aucun pays "occidental" ne l'a supprimé CHEZ LUI, même après 1989!? En France ils sont toujours à l'assemblée en 2008!!!

L'avenir contera la suite des événements, seulement certains reflexes m'ont amené à considérer avec un à priori positif tous ceux (et celles) que "l'occident" diabolise, et à me méfier de ceux (et celles) qu'il trouve raisonnable! Je puis me tromper, mais disons que ceux et celles qui ont aidé l'apartheid à se consolider sont mal placés pour donner des leçons! La démocratie consiste aussi à laisser le peuple choisir qui il veut, en ce 21è siècle européen, même si c'est un communiste! Que chacun assume ses choix! Après tout nombre de nos pays africains ne sont pas gouvernés par des communistes, mais les peuples attendent toujours le Grand Soir

Merci pour cet espace d'échanges, Mr Kouamo & Co

Écrit par : Silas | 07/10/2008

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