topblog Ivoire blogs Envoyer ce blog à un ami

21/09/2008

Mbeki a démissionné

démission mbeki.jpg
Le président sud-africain Thabo Mbeki a confirmé sa démission dimanche dans un discours télévisé à la nation, précisant qu'il quitterait ses fonctions dès qu'un chef de l'Etat par intérim serait nommé.

La veille, M. Mbeki avait accepté de démissionner comme le lui réclamait le Congrès national africain (ANC) depuis le non-lieu obtenu par le chef du parti Jacob Zuma dans son procès pour corruption.

Au pouvoir depuis près de dix ans, M. Mbeki a expliqué qu'il qu'il n'attendrait pas la fin de son deuxième mandat pour céder sa place mais il n'a pas fixé de date à son départ.

Le Parlement doit se réunir dans les prochains jours pour désigner un président qui assurera l'intérim jusqu'aux prochaines élections, qui sont prévues en avril 2009. La présidente de l'Assemblée nationale Baleka Mbete, devrait reprendre le flambeau.

D'ici là, le président conserve ses fonctions. Dans un communiqué diffusé samedi, il a indiqué qu'il quitterait le pouvoir "dès que toutes les dispositions constitutionnelles auront été prises".

Jacob Zuma, qui sera le candidat de l'ANC pour la présidentielle, ne peut assurer l'intérim car il n'est pas élu au Parlement. Et le parti au pouvoir ne souhaite pas convoquer des élections anticipées.

Dans son intervention télévisée, M. Mbeki a nié "catégoriquement" toute interférence dans le travail de la justice, notamment dans le "douloureux" dossier de l'affaire Zuma.

M. Mbeki avait congédié son vice-président en 2005 au motif qu'un conseiller économique de ce dernier était impliqué dans une tentative d'étouffement d'un trafic d'armes. Bien que les charges initiales pesant contre M. Zuma ait été levées, le procureur général avait prononcé son inculpation pour corruption en décembre 2007, dix jours seulement après qu'il eut ravi la présidence de l'ANC à Thabo Mbeki.

D'abord sombre puis ému en fin de discours, le président démissionnaire a remercié ses concitoyens de l'avoir porté au pouvoir et soutenu durant ses deux mandats et s'est dit convaincu que la prochaine administration s'attaquerait au fléau de la pauvreté.

"Nous ne devons pas nous décourager si le temps est mauvais, nous ne devons pas non plus nous montrer triomphants parce que le soleil brille", a-t-il souligné.

Le gouvernement sud-africain s'était auparavant réuni pour tenter de limiter les conséquences politiques et économiques du départ du président Mbeki.

On ignore le nombre de ministres qui pourraient se montrer solidaires de M. Mbeki et quitter le gouvernement. Le ministre des Finances Trevor Manuel, architecte de la croissance économique sud-africaine, ne devrait finalement pas démissionner.

Thabo Mbeki et ses ministres ont fait bonne figure dimanche en ouverture de cette réunion gouvernementale, plaisantant entre eux et évoquant les performances de leur pays aux Jeux paralympiques. Le président s'est contenté d'affirmer que son départ n'aurait aucune conséquence sur la Coupe du monde de football en 2010. Le conseil des ministres n'a duré qu'un peu plus d'une heure.

Un haut responsable de l'ANC, Matthew Phosa, a expliqué que le parti avait demandé au membres du gouvernement de rester à leur poste. "Nous souhaitons que le cabinet demeure", a-t-il dit. "Nous voulons la stabilité et nous voulons qu'ils restent, mais nous ne pouvons rien leur imposer."

Commentaires

Ah là là,
Mr Mbeki, l'Afrique vous dit BIENVENUE.

Désormais, j'espère qu'il prendre une place conséquente au sein de l'UA où il exercera pleinement son influence diplomatique.
Il faut avouer que concernant les attentes des populations sud-africaines, il n'était plus le meilleur cheval; et se libérer de telles fonctions lui permettra de mieux prendre sa dimension continentale.

Malheureusement, je pense que Mbeki aurait dû proposer sa démission depuis longtemps, quitte à ce que l'ANC la refuse à ce moment là. ça lui aurait fait garder son honneur, en évitant de partir contre son gré.
Quand vous êtes élus par des députés dont vous n'êtes plus le leader incontesté, il faut partir plutôt que risquer de partir sous la contrainte comme c'est le cas.

C'est ce qui arrive tout le temps au Japon, où les premiers ministres n'hésitent pas à démissionner dès qu'ils sentent le vent tourner.
C'est ce qui arrive en Israël ou Ehud Olmert pourrait être inculpé dans des affaires de corruption. Il n'avait plus le soutien de son parti, et a proposé lui-même de partir.
Ayant perdu la majorité (militaire) à l'assemblée, Pervez Musharaf a démissionné plutôt que de se voir destituer.
C'est la loi politique, hélas; il faut anticiper.

Mais, il faut se demander s'il était humainement possible de gérer tous les problèmes de l'Afrique pour Thabo Mbeki, on l'a vu, avec bonheur je dois dire, au four et au moulin dans tous les grands problèmes africains.
Mais, il a peut-être, il a visiblement, oublié les sud-africains, eux-même.

Car, on cristallise a juste titre contre Jacob Zuma, mais on oublie de préciser que Zuma est soutenu par les jeunes, les femmes et les travailleurs de l'ANC.

Il y'a quand même lieu de se demander pourquoi et surtout comment Mbeki a perdu le soutien de tous ces mouvements de l'ANC.

Écrit par : Nino | 21/09/2008

Je vois en la démission du président du président M'béki le résultat d'une usure du pouvoir. Quand on exerce le pouvoir, on est à la fois responsable de ce qui va comme de ce qui ne va pas.
Dans le cas d'espèce, il est reproché au partant de n'avoir rien fait pour améliorer les conditions de vie des couches les plus vulnérables de la population sudafricaine.
Je suis curieux de voir ce que fera,quand viendra son heure,Jacob Zumah dont l'intégrité morale est déjà mise en cause.
Il est à souhaiter, dans tous les cas, que le successeur de M'béki reprenne le flambeau de la lutte émancipatrice de l'Afrique afin que le pays de Nelson mandela continue d'impulser les actions de notre continent,plus que jamais,en quête de sa dignité longtemps confisquée.

Écrit par : oscar48 | 21/09/2008

Nino,
ton dernier paragraphe a lui tout seul merite un fil dans ce blog. Surtout si nous avons des gens qui suivent la politique interieure de ce pays depuis belle lurette. En effet, diagnostiquer les erreurs et cogiter sur le "comment faire" est salvateur pour toute l'Afrique noire. Mbeki a demontre que l'on peut etre integre, devoue a son continent, oeuver dur pour que son peuple est une plus grande visibilite et responsabilite dans les affaires du pays, et quand meme laisser des dizaines de millions sur la route. C'est clair qu'il ft comprendre ce qui s'est passe !
Et il y a aussi l'impact de cette demission sur la region toute entiere.
En particulier, le tres fragile processus de paix au Zimbabwe voisin.
Et au-dela, qui sera desormais la voix de l'Afrique noire dans les instances internationales ?

Zuma aura du pain sur la planche !
1/ Il a le soutien populaire et il s'est reclame tres proche du peuple.
Si jamais, il est tres tot accule a la "realpolitik", le peuple n'attendra pas la fin de son mandat pour lui demander des comptes.
2/ justement parlant de "realpolitik", comment Zuma va gerer la crise Zimbabweene qui peut a tout moment deborder en Afrique du Sud ?
a- "favoriser" Zvangirai au risque de s'aliener sa propre base qui ne manquera pas de lui demander: et quid de notre reforme agraire ici ?
b- "favoriser" Mugabe au risque de s'attirer les fourdes de LON et Washington qui n'hesiteront pas a utliser ce choix comme un levier pour contraindre Zuma a adopter une politique plus liberale chez lui (a comprendre une politique qui favorise les multinationales occidentales). Sinon ils orchestreront une veritable cabale anti-Zuma comme ils savent si bien le faire. Helas, j'ai peur que si l'executif que Zuma va mettre en place traine autant de casseroles que lui, la tache sera tres facile pour messieurs les champions de l'intox.
Mandela et Mbeki avaient reussi a convraincre le reste du monde, qu'en plus d'etre integres, ils n'etaient lpas des marionettes.
Qui d'autres en Afrique Noire a tenu tete aux US, a l'ONU et autres ?
Souvenez-vous de Mandela qui prend son avion pour aller rendre visite a Khadafi malgre l'embargo international US contre le "guide" a l'epoque.
Le cas de Mbeki a deja ete rappelle a maintes fois ici.
Cet acquis de la diplomatie sud-africaine sera -t-il garanti apres Mbeki ?

C'est une inconnue et aussi une pression enorme sur Zuma et les siens.

Écrit par : hormheb | 22/09/2008

Qu'un président de la république démissionne, cela n'est pas exceptionnel. Mais dans le cas de la RSA, on ne peut s'empêcher d'être intrigué par la vitesse éclaire à laquelle cela s'est produit; comme si la vie de la nation en dépendait. Nous ne sommes pas dupes, cela n'est pas le cas et tout ceci n'est qu'une lamentable manifestation des luttes intestines émotionnelles au sein de l'ANC.

Mbeki, malgré tout a incarné une certaine stabilité et une certaine accalmie. Il n'est certainement pas le diable dans cette affaire. Qu'en sera-t-il de Zuma? Rarement un candidat à la présidentielle n'a traîné autant de casseroles pourries avant même les élections. Puisqu'il est soutenu par la frange majoritaire du parti ANC à cause de son passé de grand combattant, il est fort probable qu'il succède à Mbéki.

Toutefois, il est à se demander si ce choix sud africains ne sera pas beaucoup plus le choix de l'émotion que celui de la raison, car Zuma est populaire mais, dans l'état actuel des choses,est-il vraiment l'homme de la situation? Pour l'heure, c'est certain, il a été celui du déchirement au sein de l'ANC puisque, pour la première fois au sein de ce partie, le président n'aura pas la caution de tous comme ce fut le cas de Mandela ou même de Mbéki.

On attend pour voir tout en souhaitant que nos réserves et inquiétudes ne seront que de pures vues de l'esprit pour le grand bonheur de la RSA et de toute l'Afrique dont ce pays est le porte flambeau!

Écrit par : HARRIS | 22/09/2008

Dans cette crise, malgré ma sympathie pour Mbeki, je suis reconforté par le fait que les institutions fonctionnent. Et cela est très important. Les hommes passent mais le pays reste. Si seulement la leçon pouvait être retenue dans les autres pays africains, cela nous éviterait tant d'ennuis, de tueries. Comme le dit Nino, Mbeki aurait pu éviter d'en arriver là dès l'instant où les militants l'avaient désavoué en portant Zuma à la tête de l'ANC. Et Nino de donner des exemples convaincants sauf dans le cas Musharraf. Si ce dernier a démissionné c'est essentiellement parce qu'il venait de perdre le soutien de Washington.
Zuma ne m'inspire aucune confiance. J'estime que lorsqu'on aspire aux plus hautes fonctions de l'Etat, on doit être d'une moralité irréprochable.

Écrit par : Lanzi | 22/09/2008

Pour ma part, je me réjouis de ce fait. C'est une leçon démocratique à toute l'Afrique et à nos présidents (Afrique francophone surtout) qui prennent le pouvoir pour une propriété personnelle (ou familiale)!

D'autre part, je ne crois pas que les acharnements de ces derniers mois sur Zuma soient sans influence de la part de M'Beki! C'est légion partout: rappelez vous l'affaire "Clearstream" en France ou tout proche au Nigeria où Obasanjo a fait des mains et des pieds pour écarter son challenger Atiku Abubakar alors même qu'il n'etait pas candidat.

Bref, M'Beki a certainement fait des erreurs et il recolte actuellement les pots cassés.
Pour l'avenir, aucune crainte pour ce géant d'Afrique qui en a connu pire...

Écrit par : zwan | 22/09/2008

Ce n'est pas Mbeki qui a envoyé Zuma avoir des relations sexuelles compliquées et des rapports bizarres avec les marchands d'armes... Et de toute façon, ce juge Nicholson rendait un verdict dans le procès Zuma et a réussi à "condamner" Mbeki sans que le contradictoire ait eu lieu. Tout ça sent la grosse embrouille politico-judiciaire. On verra. Peut-être ce Nicholson sera ministre de la justice.
L'ANC se comporte mal. En humiliant la personne qu'elle a choisie pour diriger le pays pour protéger Zuma des foudres de la justice, ce parti se discrédite pour longtemps...

Écrit par : Théo | 22/09/2008

Le problème de M'Beki, c'est qu'il est trop intello dans sa vision des choses, ce qui naturellement l'éloigne du peuple et le rend impopulaire contrairement à Jacob Zuma.Ce président qui n'a pas hésité à saluer le courage et l'honnêteté de Nicolas Sarkozy dans son discours à Dakar, n'a pas pu atteindre avec succès ce pour quoi il a été choisi.Le fléau du sida, le banditisme , le chômage et la pauvreté.Maigre bilan à observer et à déplorer.
Mais son attitude quant à sa démission est d'autant respectable qu'il fait preuve de réalisme.Pas comme dans nos autres états où les dirigeants "s'agrippent" au fauteuil présidentiel même quand ils deviennent impopulaires.là encore l'Afrique du sud nous montre un chemin à suivre en cas de situation similaire.la démission d'un chef d'état dont la politique est fort contestée par le parlement ou le peuple devra être étudier et prise en compte par la constitution.Un peu comme en Bolivie ou le Président Evo Morales a été réélu par un vote populaire .ça nous évitera des pushs en désordres et au moins ce sera encore la voie des urnes qui parlera.Pour le coup , je me sens moins inspiré par la probable élection de Zuma à la tête du pays en avril prochain avec l'impression qu'il ne fera pas mieux.Au moins on sait qu'on a déjà vu un président démissionné dans ce pays. le prochain dirigeant sait aussi à quoi s'attendre et quoi faire en pareil situation.la démocratie fait son bonhomme de chemin dans cet état et c'est fort plaisant malgré tout.

Écrit par : mohamed billy | 22/09/2008

saluons tout simplement un grand Monsieur d'Afrique, grand combattant pour la liberté des hommes noirs. Merci M. Thabo Mbeki!

Écrit par : Emile | 22/09/2008

il ya quand m^me une constance en politique! les leaders adulés à l'extérieur ne le sont généralement pas à l'intérieur et vice versa!

n'étant pas dans l'ambiance nationale en afrique du sud, je préfère saluer l'homme africain, qui a pésé de façon décisive dans le crise ivoirienne, rien qu'à voir les gros titres verts...

C'est seulement dommage qu'il ai démissionné de cette façon!

je jugerai zuma selon les actes qu'il posera au plan africain en espérant qu'il soit à la hauteur de cette vitrine de la capacité du noir à ce développer qu'est l'afrique du sud.

Écrit par : marianne | 22/09/2008

Je remarque que le grand frère Théo a une véritable antipathie à l'égard de Zuma : voir "relations sexuelles compliquées et et des rapports bizarres avec les marchands d'armes" (lol)...
Bon, c'est son avis !! Moi, même je n'aime pas Zuma seulement parce qu'il est Populiste et ces gens-là , je m'en méfie énormément dans un système économique assez libéral dans son fonctionnement. Il y'a des promesses qu'on peut difficilement réaliser à l'égard des pauvres sur le court terme ... mais, on ne sait jamais !!!
Je tiens aussi à souligner qu'on doit célébrer le fait que les institutions soient restées intactes après les "bras de fer" entre individus. C'est important !!!
Il faut qu'on cultive cela. La division entre politiques ne doit pas inciter à créer la pagaille dans les structures étatiques et politiques. En effet, L'ANC ne doit pas se diviser pour des problèmes de personnes. Il faut garder intact l'ossature et mener le débat politique. C'est le signe d'une culture démocratique naissante en Afrique. A mon avis, c'est ce qu'il faudrait retenir de plus dans cet affrontement politique entre M'Beki et Zuma.
Les problèmes de personnes , ça reste VRAIMENT secondaire par rapport à la pérennité fonctionnelle des institutions.

Écrit par : Krathos | 22/09/2008

Personnellement, j'ai de grandes réserves à l'égard de Zuma. Mais j'en suis venu à me demander si cette réserve est objective vu que, après tout, la réputation folklorique de Zuma est la lecture que nous offre la presse occidentale, marionnette de fins stratèges politiques terrés dans l'ombre.

Zuma, fait un peu penser à Mugabe au Zimbabwe. Or, l'Afrique du Sud traîne également un problème agraire que l'ANC a éludé jusque-là et qu'il faudra un jour régler. On parle de plus d'une centaine de fermiers blancs massacrés à ce jour. J'ai même suivi un documentaire où ces fermiers blancs, majoritairement contre toute idée de réforme agraire, apprenaient à tirer pour se défendre en cas de cas. Vu que l'occident semble ne pas l'apprécier alors qu'il est populaire à l'intérieur, je pense qu'il nous faut réviser nos réserves sur Zuma et lui octroyer un bénéfice du doute malgré l'épisode semble-t-il avéré de ses «relations sexuelles compliquées et des rapports bizarres avec les marchands d'armes... » dont parle Théo.

Cela va peut-être faire sourire certains mais j'ai tendance à me dire que les personnalités politiques africaines sur lesquelles l'occident tire à boulets rouges ne sont certainement pas toutes aussi mauvaises qu'on veut le faire croire!

Je consens donc à appliquer le même principe avec Zuma en attendant de voir où l'avenir se chargera de le classer.

Écrit par : HARRIS | 22/09/2008

Salut,

Le populisme est tout, sauf une compétence réquise en matière de gestion d'un pays; surtout d'un pays géostratégique comme la RSA qui pèse (qd même) 0,75% du commerce international!

Tout ce que je lis sur la démission de Mbeki me rappelle le fameux débat aux USA entre Communautariens et Libertariens. Difficile à accepter mais la vie économique est (pour l'instant) guidée par "la main invisible", la logique du marché.

Interrogeons l'Histoire et nous verrons que les professions de bonne foi ne changent rien à la donne politique; ce qui a amené Hannah Arendt à soutenir que les changements d'hommes auxquels nous assistons (depuis que la mondialisation a pris une forme décisive) ne pourront aucunement avoir de l'influence sur le système.

Qui ne se rappelle des belles promesses après le renversement de Moussa Touré? après l'avènement de Wade? D'où ce constat amer de F. akindès: le capital étranger s'organise pour lui-même au détriment des populations locales.

Zuma a beau faire espérer les couches défavorisées mais les jeux sont déjà faits! Il pourrait peut-être tenter (au moins) de s'attaquer de front à la logique du marché. Mais ceci ne se fait pas par des pas de danse Zulu!

PS: je me rappelle qu'en lisant "le Viol de l'imaginaire" de Traoré Aminata, elle évoque le cas de certains Acteurs clés du renversement de Moussa traoré qui sont devenus de pieux musulmans; déçus qu'ils sont de la scène politique malienne. Espérons que ce ne soit pas le cas des Sud-Africains!

Écrit par : Lévy | 22/09/2008

Théo
nous sommes déçu mais c'est aussi la loi du genre qui veut cela. Dans de tels système ou le chef de l'exécutif est élu au suffrage indirect cela arrive au bout de deux à trois mandat. En effe,t occupé par les charges de l'état , le chef perd la main sur le parti majoritaire d'où il finit par être évincé. Mbeki en politicien averti savait, sans doute, que cela pouvait arrivé à tout moment depuis le congrès de l'ANC de décembre 2007. La preuve, il n'y a pas eu un seul instant de flottement dans son attitude . Dès l'annonce de la décision de la NEC de lui retirer sa confiance , son porte-parole disait qu'il allait quitté sa charge.
L'éviction du chef comme Mbeki vient de le connaitre, dans l'histoire, on trouve des précédents avec parfois une violence plus inouie. Ainsi , Maggie Thatcher qui apprend à Paris-par les journalistes- au sortir d'une audience avec Mitterand que les conservateurs lui ont retiré leur confiance. Tony Blair a subi le même sort mais avec moins de violences (il a pu négocier le moment de son départ).
Il reste que nous retiendrons que Thabo Mbeki a été un grand dirigeant pour l'Afrique.
Quand à Jacob Zuma , je me demande s'il n'a pas été pris à son propre jeu. Je ne suis pas certain qu'après avoir été Président aux pleins pouvoir, Kgalema Motlanthe,veuille devenir vice -Président.
Wait and see

Écrit par : Djignab | 23/09/2008

HARRIS, toi et moi avons la même méfiance à l'égard des médias occidentaux et je pense que nous avons raison, ils nous ont trop bernés. Ils sont fins, ils arrivent à faire passer leur propagande pour de l'information lorsqu'ils ne sombrent pas dans la désinformation pure et simple. Il faut être suffisamment outillé pour s'en apercevoir. Personnellement j'ai mis un temps fou à le comprendre. Quand je commence à lire un article d'une publication occidentale ou sur le Net, mon esprit critique est en embuscade. Mais pour ce qui est de Zuma, ils ne sont pas les seuls à écrire sur son comportement en matière de femmes. Sa faiblesse de ce côté-là peut le rendre vulnérable et, pourquoi pas, être l'objet de chantage. Je veux bien lui accorder le bénéfice du doute pour ses capacités de dirigeant mais quelque part je me méfie de lui. Il peut nous surprendre en bien, je le souhaite.

Écrit par : Lanzi | 23/09/2008

LANZI,
Je suis tout à fait d'accord que la faiblesse de Zuma en matière de femmes peut le rendre vulnérable. Mais je ne pense pas que cela le rende plus vulnérables que les autres chefs d'état dont la vie privée est soigneusement protégée. Zuma a la franchise ou le défaut (c’est selon) d'agir sans discrétion et ses adversaires s'en servent contre lui, y compris l'occident qui a de sérieuses réserves envers lui.
John Kennedy, qui a octroyé le droit de vote aux noirs et qui a été un président américain acceptable, était aussi faible sinon plus faible que Zuma devant les jupons. Sa femme l'appelait "Bunny".Traduction=le lapin à cause de son grand appétit sexuel. Il ne dormait jamais seul en mission; ses hommes de mains lui trouvaient très souvent une call-girl de luxe pour la nuit. Sauf que lui, était plus discret. Son défaut ne l'a pas empêché d'être un bon président.
Je ne parle même pas des frasques des Bongo et autres Eyadema pour ne citer que ceux-là. Sans oublier les Clinton et tous ces dirigeants ou responsables politiques occidentaux qui régulièrement sont traînés en justice pour harcèlement sexuel. Pourtant, tous ces défauts n'ont pas empêché ces gens d'avoir des présidences ou des activités politiques correctes dans l'ensemble.

Pourquoi Zuma serait-il handicapés par ses défauts connus alors que les autres ont eu un exercice correct ?

Remarquons aussi que, jusque-là, ce sont uniquement les défauts de Zuma que colporte la presse. On ne connaît pas encore ses qualités ni ses capacités politiques même si on sent, avec l'affaire Mbéki, qu'il a des qualités de boulanger comme doit en avoir un dirigeant politique, car le monde est un univers de voyous.

Je réitère donc que nous devons attendre pour voir Zuma à l'oeuvre pour le juger. Ne présageons pas de son échec politique, à cause de sa réputation folklorique, laquelle réputation d'ailleurs est surfaite par les médias occidentaux.

Pour finir, je suis sûr, que si Zuma arrive effectivement au pouvoir, l'ANC tirera les leçons de ses frasques passée et sa vie personnelle sera mieux gérée dans l'intérêt et pour l'image de la RSA.

Écrit par : HARRIS | 24/09/2008

HARRIS, tu joues à l'avocat du diable. Que ne fais-tu pas défendre Zuma ? C'est ton droit. Si je te comprends bien, selon toi, peu importe qu'un chef d'Etat soit coureur de jupons à partir du moment où il fait bien son job. Je ne partage pas ton avis. Et parmi tous ces dirigeants que tu cites, tu aurais pu m'épargner Eyadéma et Bongo. Au pouvoir depuis 1967 dans un pays pétrolier, Bongo fait moins bien que Nguéma, son voisin, qui profite de la manne pétrolière depuis seulement une dizaine d'années. En Guinée équato, les infrastructures routières sont belles alors qu'au Gabon on se contente de pistes. Quant à Clinton, depuis l'affaire Monica, il a baissé dans l'estime de beaucoup de gens. Ce n'est pas anodin.
Et rien ne dit que Zuma ne finira comme Sassou Nguesso du Congo qui faisait ses ministres cocus et qui est en train de ruiner son pays malgré les énormes revenus tirés du pétrole.

En passant je te signale que Kennedy n'a pas octroyé le droit de vote aux Noirs. C'est le quinzième amendement qui l'a fait en 1870 après la Guerre de Sécession. Mais après il y a eu des complications avec la ségrégation raciale, égaux mais séparés. La suite, tu la connais, la lutte pour les droits civiques.

Écrit par : Lanzi | 25/09/2008

Bonjour à tous.

Lanzi, écoute Harris là dessus, il fait bien de dire qu'on attend plus d'un chef d'état sur ces capacités politiques à changer les choses que sur sa vie sexuelle.
Après tout, c'est sa vie privée et même si l'idéal serait d'avoir un président avec une vie rangée comme la société l'exige, l'important se trouve ailleurs.Pour ma part je reste sceptique à propos de Zuma sur ses possibilités à faire résoudre les problèmes de l'Afrique du sud.Mais si c'est lui qu'il faut pour le job alors ne comptons pas ses déboires sexuelles pour l'en empêcher.trouvons autre choses à lui reprocher. çà vaut mieux pour l'intérêt de la démocratie.

Écrit par : mohamed billy | 25/09/2008

LANZI,

Je ne défends pas Zuma; loin de là. J'ai même de sérieuses réserves à son sujet. Seulement, j'exhorte tous ceux qui, comme moi, ont des réserves, à ne pas produire un avis définitif avant de le voir sur un terrain autre que celui de la libido où il est tristement célèbre. Le parallèle que je fais avec d'autres chefs d'Etat ayant une réputation similaire est juste une façon de dire qu'il y a espoir que Zuma soit plus responsable sur le terrain politique qui, à la différence du domaine privé des performances libidinales, façonne le destin des nations. Je m'efforce d'être simplement pragmatique: quand on ne peut pas faire autrement que d'avoir un "libidineux" au pouvoir, comme cela risque fort bien d'être le cas de Zuma, il ne reste plus qu'à espérer qu'il ait une trajectoire politique comme celle des Clinton , par exemple. Si comme tu le dis, du point de vue moral, Clinton a décliné dans l'estime des gens, tel n'est pas le cas de son œuvre politique qui, de l'avis des spécialistes, est plus acceptable dans l'ensemble. C'est cela "l'essentiel" pour un Etat. Et les peuples ne s'accommoderont pas de Président féru de grandes valeurs si le panier de la ménagère n'est pas rempli pour la majorité; par contre, tolèreront les faiblesses humaines d'un président qui les mène à la prospérité.

D'ailleurs, remarquons que les peuples, en définitive retiennent de leurs grands hommes ce qu'il y a de meilleur. Et si Zuma réussit à être un grand homme d’Etat, sa vie privée sera reléguée au rang des anecdotes que l'on se raconte dans des moments d'oisiveté bien alcoolisés.

Par ailleurs, il y a un aspect qui a échappé à tous les analystes sur ce blog; c'est le fait que la libido "peu rigoureuse" du Zuma ne semble pas gêner outre mesure, la majorité des militants de l'ANC qui l'estime; or, en définitive, c'est leur avis qui compte. Ce qui m'amène à dire que la notion de morale varie d'un point à un autre du globe. Nous devrions aussi en tenir compte dans nos observations.

Aujourd'hui, l'homosexualité, qui est une violence à l'ordre naturel des choses, est de plus en plus tolérée en occident. Ils tolèrent la contre nature mais fustigent la polygamie ou les aventures des gens comme Zuma. Alors, où est la vérité?

Allons à l'essentiel qui est le bien-être des peuples quand on parle de la politique qui, elle, n’est pas une activité qui s’embarrasse de morale.

PS: Pour ce qui est de Kennedy, je reconnais que j'ai fait une méprise, confondant l'apport majeur de ce dernier au droits civiques des noirs avec l'octroi du droit de vote qui, lui, est vieux de plus d'un siècle. Merci pour ta précision.

CORDIALEMENT.

Écrit par : HARRIS | 25/09/2008

HARRIS,
Je comprends bien ce que tu veux dire, la morale n'a pas sa place en politique et selon toi toujours un homme politique n'est jugé que sur ses résultats. Une telle philosophie ne peut aboutir qu'à des abus de toute sorte.
Lorsqu'on occupe la plus haute fonction de l'Etat, on vous juge sur ce que vous êtes et sur ce que vous faites. Vous formez un tout. Prenons le cas de Bongo qui abuse des mannequins parisiens venus lui présenter ses costumes ou qui se jette sur une petite miss sud-américaine en tournée, quelle crédibilité peut-on accorder à un homme pareil ? Manquer de maîtrise de soi à ce point-là est indigne. Donner libre cours à ses pulsions sexuelles, cela relève de la maladie et quand on est malade on se fait soigner, les moyens ne lui font pas défaut. Finalement, la morale ou l'éthique a sa place même en politique.

Pour revenir à Zuma, tu as parfaitement raison de dire que tout compte fait ce sont les sud-africains militants de l'ANC qui auront le dernier mot. Néanmoins je te livre quand même le fond de ma pensée, si j'avais mon mot à dire, jamais je ne donnerai ma voie à cet homme.

Quant à l'homosexualité, je te laisse à ta liberté de jugement. Moi, je cultive la tolérance.
C'est toujours une joie de débattre avec toi HARRIS. À bientôt peut-être.

Écrit par : Lanzi | 26/09/2008

Video to iPad Converter converts any type of video file format, including DivX, XviD, MOV, rm, rmvb, MPEG, WMV, AVI, dvr-ms, MP4, TiVo, .mkv, etc., to iPad video format.

Écrit par : video to ipad converter | 12/01/2011

Les commentaires sont fermés.