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10/09/2008

Internet en Afrique : Google veut casser les prix

Bonne nouvelle, non ?

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Le moteur de recherche sur internet Google (GOOG), la première banque européenne HSBC et le câblo-opérateur Liberty Global se sont associés dans un projet destiné à fournir un accès internet haut débit à faible coût à trois milliards de personnes vivant en Afrique et dans d'autres pays émergents.

Le projet, baptisé O3b Networks, vise la connexion à internet des "autres trois milliards de personnes" (other 3B), d'où son nom. Il représente un investissement de 750 millions de dollars, selon le Financial Times.

Le consortium a passé commande pour 16 satellites de télécommunication en orbite basse auprès de Thales (HO) Alenia Space, le numéro un européen du secteur.

Le contrat comprend aussi une option sur plusieurs satellites supplémentaires, avec une livraison et une mise en service des satellites prévues pour la fin 2010.

O3b prévoit de couvrir l'Asie, l'Afrique, l'Amérique latine et le Moyen-Orient, en offrant une connexion aux performances comparables à celles de la fibre optique.

"L'accès à l'infrastructure internet est encore très limité dans les marchés émergents", déclare le fondateur et président de O3b Networks, Greg Wyler, dans un communiqué émis à Londres.

"C'est seulement lorsque les marchés émergents auront un accès abordable et généralisé au reste du monde que nous assisterons à l'apparition de contenus créés localement, de système d'éducation par internet, de télémédecine et d'autres projets porteurs de croissance économique et de développement social (...)".

"LE FOSSÉ NUMÉRIQUE"

Le nouveau système devrait permettre de réduire le coût de la bande passante pour les opérateurs télécoms et les fournisseurs d'accès internet, ce qui se traduirait par des appels et des services en haut débit meilleur marché, indique le consortium dans un communiqué.

Le système s'interconnectera aux réseaux terrestres, aux réseaux mobiles de troisième génération, ainsi qu'aux points d'accès sans fil Wimax.

Le ministre sud-africain des Finances, Trevor Manuel, a accueilli chaleureusement le projet au cours d'une conférence de presse en Allemagne organisée par les Nations Unies sur les objectifs du Millénaire.

"Le fossé numérique est une réalité et tout ce que nous pouvons faire pour le combler doit être encouragé", a-t-il dit, ajoutant que l'information, c'est le pouvoir, un soutien à la démocratie et une aide à la décision.

Selon Greg Wyler, les satellites en orbite basse fonctionnent mieux pour l'accès internet, avec un temps de latence réduit, comparés aux satellites utilisés pour la télévision.

Le consortium, qui a pour l'instant levé 65 millions de dollars, estime que le projet devrait coûter 650 millions de dollars d'ici à son lancement, fin 2010.

Dans certaines parties du monde, le service devra faire face à la concurrence des câbles en fibre optique en cours de construction. Une dizaine de ces câbles devant relier l'Afrique à l'Europe, le Moyen-Orient et l'Asie ont été annoncés.

"Nous avons la possibilité d'offrir des tarifs plus bas que ce qui existe aujourd'hui", a cependant affirmé Greg Wyler, soulignant que son groupe pouvait apporter le haut débit à tous.

"Le pari est mondial: le PIB, la croissance et la demande dans tous les marchés émergents vont-ils se développer?", s'est-il interrogé. "Si la réponse est oui, peut-être pas dans certains pays, mais certainement dans d'autres, alors ce sera un bon pari."

Richard Hurst, analyste télécoms au cabinet IDC, affirme que si sur le papier le projet devrait être une bonne initiative, il estime en revanche que la capacité potentiellement limitée du spectre du satellite en Afrique signifie qu'il y aura toujours besoin de câbles en fibre optique pour accroître les capacités.

(Source Reuters)

Commentaires

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"C'est seulement lorsque les marchés émergents auront un accès abordable et généralisé au reste du monde que nous assisterons à l'apparition de contenus créés localement, de système d'éducation par internet, de télémédecine et d'autres projets porteurs de croissance économique et de développement social (...)".


ça explique clairement pourquoi nos pays sont encore bien en retard en matière des applications riches que fournissent Internet. A l'heure actuelle nos populations ne devraient plus ignorer les bénéfices du web. je retrouve ici une justification bien traduite: il faut d'abord qu'ils voient des applications pointues, rapides,et facilement accessible,vraiement pratiques, pour accepter et jouir d'Internet.Une situation qui a du plomb dans l'aile à cause du coût excéssivement élevé de la connexion Internet,surtout en Afrique Francophone. (ADSL tout comme Wifi)...

Nos developpeurs et concepteurs ont des idées innovantes à promouvoir pour le développement durable du continent. Ils ont à relever de grands défis; celui de l'accès à Internet n'en devrait point faire partie.

Chacun dira merci dans sa langue martenelle je crois ,si ce projet se réalise tel que Google le dessine en ce moment.

Écrit par : cartunelo | 10/09/2008

Que Google casse les prix c'est bien mais qu'il controle notre acces au net je ne suis plus d'accord. Quand est ce que nos gouvernants comprendront enfin qu'il faut des infrastructures pour le net sur notre continent.

Écrit par : Etum | 10/09/2008

Etum, je suis d'accord avec toi sur le fond, mais tu connais nos gouvernants non ?

Écrit par : Théo | 10/09/2008

On va les bypasser une de ces jours

Écrit par : Etum | 11/09/2008

Etum, tu as raison, pendant que l'on nous offre des infrastructures (qui mobilisent beaucoup d'argent ) et font des prix bas d'accès à Internet, où sont passé nos nombreux ministres fêtards des NTIC.J'entends encore certains me dire, pourquoi offrir l'internet à des populations qui n'ont pas 500 fcfa/jour pour manger.par exemple en Côte d'Ivoire, on se fait des palabres pour savoir qui va piloter la zone franche de grand-bassam, le monde avance.Après , je vais lire mes frères , dans des écrits pour dire que l'occident nous vole, il va falloir couper d'avec eux, mais comment?comment?comment? avec quels gouvernants?

Écrit par : hiler | 11/09/2008

Qu'est devenu le projet RASCOM QAF 1 ???

Personnellement, je me méfie des philanthropes qui offrent gentiment l'accès haut débit aux "pays émergents" : que font FMI, BM, UNESCO et toutes ces institutions internationales qui s'occupent si assidûment de notre bel avenir depuis des décennies? C'est facile d'incriminer les seuls dictateurs africains fabriqués de toute pièce par leurs parrains, sans regarder du côté de leurs "bailluers de fonds" et autres interlocuteurs internationaux, prescripteurs majeurs des politiques (économiques, éducationnelles, etc.) indigentes appliquées chez nous depuis si longtemps...

Si l'accès à l'internet est un impératif stratégique pour les pays émergents, alors leurs tuteurs internationaux devraient mobiliser les moyens idoines, car ce n'est tout de même pas un milliard de dollars qu'il manque en Afrique, un continent exportateur net de capitaux depuis des décennies, à hauteur de plusieurs dizaines de milliards de dollars annuels...

Bref, ce projet ne m'émeut pas : c'est encore un piège à cons pour nous attacher toujours un peu plus à l'arbre où nous sommes sommés de brouter les herbes sèches qu'on nous fourgue depuis trop longtemps. Seul un projet entièrement conçu et piloté par des institutions comme la CEDEAO ou L'UA me paraissent les mieux adaptés aux besoins d'autonomie technologique de l'Afrique. Le reste n'est que reconduction de notre servitude, quelles soient les retombées immédiates, qui (en l'occurrence) seraient certainement considérables pour les populations africaines en manque de tout...

C'est ça ki est la vraité!!!

Écrit par : ogotemmêli | 11/09/2008

Ogotemmêli se demande ce qu'est devenu Rascom-1 ?

Le lancement du satellite, en présence d'un certain nombre de ministres africains, avait été un succès. Mais quelques jours après on s'est aperçu qu'il y avait une fuite d'Hélium de Rascom-1. Du coup Thales , le constructeur, était dans l'impossibilité de le mettre sur la bonne orbite. Il paraît que c'est la première fois qu'un tel incident se produit chez Thales. 400 millions de dollars sont ainsi partis en fumée. Et le rêve africain d'avoir un satellite de télécommunication panafricain est remis à plus tard.

Écrit par : Lanzi | 13/09/2008

Je vois où tu veux en venir Lanzi en donnant cette information à Ogotemmêli et je suis d'accord avec toi.
j'ajouterai que cela confirme nos craintes; à grand renfort de pub, les "gens" pleurent des larmes de crocodile sur la fracture numérique. Mais en réalité ils ne veulent pas d'une "connexion numérique" africaine en dehors de leur contrôle. On peut à juste titre qualifier cet accident de curieuse coïncidence. Elle nous donne en même temps une idée sur le cynisme et la détermination de ceux d'en face dans leur désir de tout contrôler.

Écrit par : HARRIS | 14/09/2008

HARRIS, la coïncidence est pour le moins curieuse. Comme par hasard c'est la première fois qu'une telle fuite d'un satellite se produit chez Thalès et cela tombe sur le satellite africain. C'est à croire en effet qu'on ne veut absolument pas nous laisser une certaine liberté. On nous veut toujours sous contrôle. Que faire ? Nos dirigeants doivent comprendre que des établissements d'enseignement scientifique de haut niveau sont indispensables en Afrique. Les Indiens construisent déjà leurs satellites et ceci n'est pas un hasard, ils ont des instituts supérieurs scientifiques de réputation mondiale. Nous avons du pain sur la planche.

Écrit par : Lanzi | 14/09/2008

Je partage l'avis de ceux qui croient que les prix ne vont pas baisser. Dans tous les cas, l'entreprise qui aura le monopole des connexions Internet ne se permettra jamais de jouer au Père Noël. Même en Europe où l'on mise sur la concurrence, elle ne se fait pas parce que les entreprises se mettent d'accord pour aligner leurs prix.

Écrit par : St-Ralph | 16/09/2008

Pour Rascom 1, je connaissais l'info. Mais je voulais savoir quelle suite a été donnée à cet "incident", car il avait été dit que sous certaines conditions, l'assurance du satellite pouvait refinancer un autre lancement...

Nonobstant, je voulais surtout illustrer par cet exemple le fait que les philanthropes étrangers pour la souveraineté technologique de l'Afrique ne sont pas encore nés ; pis, que c'est une chimère : il revient donc aux Africains eux-mêmes de prendre en main fermement une préoccupation aussi stratégique que la fourniture de connexions net (et le contrôle des échnages d'informations qu'elle permet!!!!).

De ce point de vue, la tentaive RASCOM-1 était louable, comme exemple de coopération panafricaine. Mais on comprend que THALES n'était pas le bon partenaire pour un tel projet, puisque c'est une entreprise française, fournisseuse des compagnies qui contrôlent le marché des télécommunications internationales en Afrique. Un marché qui leur rapporte annuellement (en chiffre d'affaires) l'équivalent du prix de RASCOM-1 : en effet, quand un Ivoirien téléphone à un Camerounais, la communication transite par un opérateur français qui encaisse la plus grosse part du coût de l'appel. C'est pourquoi les télécommunications interafricaines sont si exorbitantes...

Bref, en attendant que nous ayions nos propres infrastructures de lancement de satellite (le Nigéria n'en pas très loin....), il aurait été plus judicieux d'éviter les Français dans le projet RASCOM-1, et de le réaliser en partenariat avec les Chinois, lesquels ont très bien bossé avec les Nigérians, y compris en concédant volontiers des transferts de technologie. Gageons qu'un RASCOM-2 voit le jour rapidement, en tirant tous les enseignements de cette escroquerie de THALES, qui a plombé un projet panafricain concocté pendant une vingtaine d'années...

Écrit par : ogotemmêli | 17/09/2008

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