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05/09/2008

Françafrique : petites guéguerres entre amis

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Bolloré contre Progosa. Les passionnés d'actualité africaine suivent, depuis un certain nombre d'années, le feuilleton de la "guerre des ports" entre ces deux groupes français concurrents sur le marché de la gestion des ports d'Afrique. Une bataille au long couteau où les offensives médiatiques et judiciaires, ainsi que les accusations de pratiques frauduleuses, voire barbouzardes, sont légion. Jusqu'à présent, certains naïfs - comme moi - considéraient Bolloré comme le grand méchant françafricain soutenu par les "réseaux" et Progosa comme l'outsider maltraité. Pourtant, il semble plus juste de dire qu'il s'agit plutôt d'une grande palabre de famille.
L'on sait que le groupe Bolloré, du grand ami de Nicolas Sarkozy, est représenté en Afrique par Michel Roussin, ancien ministre de la Coopération et ex "gendarme de l'Elysée" sous Jacques Chirac - qui a écrit un livre plein de rancoeur contre son ancien grand homme. Mais je viens de découvrir, en lisant "La Lettre du Continent" que Progosa n'était pas sans soutien dans la "nébuleuse".

"L'ex-ministre à la coopération, au développement et à la francophonie de 2005 à 2007, Brigitte Girardin, est pressentie pour prendre la présidence de la Fondation Progosa, créée par Jacques Dupuydauby, le "frère ennemi" sur le continent de Vincent Bolloré. Brigitte Girardin, qui est restée sur le carreau à l'arrivée de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, a rejoint plusieurs anciens chiraquiens pur sucre qui soutiennent Jacques Dupuydauby, en particulier l'ancien conseiller Afrique de l'Elysée, Michel Dupuch, administrateur du groupe, et l'ex-directeur de cabinet de Chirac à la mairie de Paris, Rémy Chardon, vice-président de Progosa."


Comme on le voit, Brigitte Girardin, l'ex égérie du GTI (groupe de travail international) sur la crise ivoirienne, est en passe de trouver du travail...Ailleurs sur le net, je lis d'ailleurs que Progosa s'est engagé à financer la fondation Chirac... Querelle de famille, donc ! Au-delà de l'anecdotique, le fait que les responsables publics chargés de la politique africaine de la France soient pulvérisés à de hauts postes dans de grandes entreprises vivant des commandes publiques en Afrique illustre à merveille le confusionnisme affairiste qu'on a justement appelé... la Françafrique !

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