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28/08/2008

Assassinat de Sankara : les révélations de Prince Johnson

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Comme un certain nombre de commentateurs, j'ai toujours mis en relation l'assassinat de Thomas Sankara en 1987, le début de la guerre au Liberia (24 décembre 1989), les convulsions en Sierra Leone et - un peu - en Guinée et la crise ivoirienne. Dans son intervention à la Commission Vérité et Réconciliation du Liberia, Prince Johnson ne dit pas autre chose et révèle que la première victime des sanguinaires "freedom fighters" des guerres de prédation d'Afrique de l'Ouest n'a été personne d'autre que le célèbre et regretté Thomas Sankara... Qui étaient leurs commanditaires de l'époque ? Prince Johnson n'est pas très explicite sur le sujet, comme le démontre cette dépêche.

Les Etats-Unis avaient secrètement libéré de prison Charles Taylor dans les années 80 pour qu'il aille renverser le président Samuel Doe à Monrovia, a affirmé l'ex-chef de guerre libérien Prince Johnson, devant la Commission Vérité et Réconciliation (TRC) du Liberia.

Charles "Taylor ne s'est pas évadé de prison. Il a été libéré (par les Américains) dans le but de venir au Liberia pour nous aider à nous défaire d'un régime dictatorial", a indiqué mardi Prince Johnson, ancien allié de M. Taylor et ancien sénateur libérien, devant la Commission.


Officiellement, l'ancien président libérien Charles Taylor s'est évadé d'une prison américaine en 1985 avant d'aller au Liberia renverser le président alors en exercice, Samuel Doe.

Mais selon M. Johnson, qui avait déjà évoqué le double jeu des Américains au Liberia entre 1989 et 1997, M. Taylor a été secrètement libéré par les autorités américaines pour réaliser cet objectif.

MM. Taylor et Johnson ont été des alliés dans les années 80 avant d'être des ennemis.

Prince Johnson, connu pour sa brutalité, notamment pour avoir fait filmer ses hommes torturant à mort le président Doe en 1990, est le premier ancien chef de guerre à être entendu par la Commission vérité et réconciliation depuis le début de ses auditions l'an dernier.

Au moins 500 personnes s'étaient pressées dans la salle d'audience bondée pour l'écouter.

Prince Johnson a également expliqué que Charles Taylor, après son retour en Afrique, s'était rendu au Burkina Faso pour y entraîner ses troupes rebelles et avait alors été sollicité pour participer au renversement du président burkinabè, Thomas Sankara, en 1987.

"Quand nous avons été là-bas (au Burkina Faso), on nous a dit que nous serions arrêtés si nous ne coopérions pas pour renverser Sankara parce qu'il était opposé à notre plan (pour renverser Doe). On nous a demandé de rejoindre une unité spéciale des armées burkinabé pour le destituer. C'est comme ça que Thomas Sankara a été renversé", a-t-il dit.

L'ancien chef de guerre libérien n'a pas précisé quels étaient les commanditaires des actions contre M. Sankara, tué en octobre 1987 dans un coup d'Etat dirigé par l'actuel président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, dont on a souvent dit qu'il avait fourni des armes à M. Taylor dans les années 90.

Le Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL) juge actuellement Charles Taylor pour crimes de guerre et crimes contre l'Humanité durant la guerre civile qui a déchiré la Sierra Leone de 1991 à 2001, faisant 120.000 morts. Le procès a été délocalisé à La Haye pour des raisons de sécurité.

Commentaires

Hum... J'ai un doute

Écrit par : Etum | 28/08/2008

Explique nous ton doute, Etum...

Écrit par : Théo | 29/08/2008

Théo,
Je pense que le témoignage de P. Johnson est un peu tiré par les cheveux. Sankara n'etait pas en odeur de saintété partout dans ce témoignage PJ accuse les américains et je pense que ce n'est pas de ce coté là qu'il faut aller chercher mais plutot du coté de la francafrique. Maintenant rien n'empeche une manipulation des services...

Écrit par : Etum | 29/08/2008

intéressant témoignage qui a selon moi d'abord le mérite de remettre l'assassinat, officiellement non élucidée, de notre regretté Tom Sank au centre de tout ce vaste complot de l’imperialiste etatsunien / occidental, ourdi contre cette partie de notre continent! Par contre ce témoignage de prince Johnson ne nous aide pas veritablement a sortir du flou.

On va tout de même espérer que la Commission Vérité et Réconciliation version Liberia, nous apporte de nouveaux éléments sur le MPIGO, le MJP etc...au moment ou leurs responsables connus, sont devenus les enfants gâtés de la république a Abidjan...Blaise Compaoré, l'homme au centre de toutes ces tueries étant depuis Ouga I devenu celui-là même que la Franceafrique a chargé de terminer le travail...

Le simple fait que Prince Yormi Johnson, criminel notoire de guerre, connu de tous, soit libre est la preuve que le crime politique est la chose la mieux partagée par les élites politiques africaines.

Écrit par : Gbansé | 29/08/2008

@Etum,

C'est vrai que si les USA avaient fabriqué Taylor, pourquoi l'ont-ils lâché aussi vite ? Si les USA ont fabriqué Taylor, comment expliquer les affrontements du Liberia, de Sierra Leone... où les Anglo-Saxons et les Français étaient toujours opposés derrière leurs "vassaux" ?
Et puis, pourquoi ne désigne-t-il pas clairement Compaoré ou un autre, ce Prince Johnson ?
Disons que c'est une pièce intéressante à verser au dossier. D'autres viendront...

Écrit par : Théo | 30/08/2008

Je me rapelle à l'époque, j'avais bien dit que cette histoire d'évasion d'une prison américaine là, ca sentait l'arnaque. Heureux de constater que j'étais pas trop loin du compte.
Etum, n'oublie pas que quand il s'agit de marcher sur nos glahouis, les occidentaux font très facilement cause commune et évitent la confrontation directe.
La Francafrique peut avoir été la tête qui a prononcé la peine de mort, et les amerloques par le biais de leur tchinda sur place, le bras qui a executé la sentence.
On a bien vu avec Lumumba la coopération belgo-tazunienne dans toute sa splendeur.

Écrit par : Eddy | 31/08/2008

100% d'accord avec toi Eddy. Francafrique et Neo-cons: meme combat.

Écrit par : Cafe | 01/09/2008

Eddy,
Tu as raison, on connait les ententes entre pays occidentaux pour liquider ceux qui dérangent.

Écrit par : Etum | 01/09/2008

Simplement triste et désolant! quelque soit le ou les commanditaire(s) c'est encore nous les africains qui nous sommes laisser manipuler pour nous entretuer!

Écrit par : Emile | 04/09/2008

Les commentaires sont fermés.