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31/07/2008

Afrique subsaharienne : dans quels secteurs investir ?

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Un petit jeu que je vous propose : si vous aviez à conseiller à un groupe d'investisseurs un secteur économique dans lequel investir dans les prochaines années en Afrique subsaharienne, vers quel "niche" l'orienteriez-vous ?
Personnellement, j'opterai pour "l'ingénierie agricole" : il s'agirait de donner du crédit et d'encadrer des paysans au point de vue technique afin d'améliorer de manière radicale leur productivité dans les cultures vivrières faciles à conserver comme le riz et les ignames. Je pense en effet que l'agriculture devrait pouvoir rapporter beaucoup en Afrique : le problème est que la faible capacité de production des paysans et leur manque de formation aux "bonnes pratiques" les condamne à la survie. Un "business model" qui garantirait un revenu mensuel d'environ 400 dollars à un jeune de 25 ans sachant lire et écrire et maîtrisant les concepts de base changerait beaucoup de choses dans notre contexte. Tous les spécialistes disent que ce modèle est viable, dès lors qu'un encadrement financier et technique de base existe. L'Etat étant incompétent en général dès lors qu'il s'agit de créer de la valeur ajoutée, il faudrait qu'une alliance de banques et de spécialistes du monde agricole se crée pour changer beaucoup de choses.
Qu'en pensez-vous ? Et quel est, selon vous, la meilleure niche aujourd'hui chez nous pour des investisseurs de taille moyenne ?

Commentaires

Ce que tu dis là est tellement vrai ! Voici trois ans maintenant que j’essai de trouver des financements pour un retour purement et simplement à la terre car pour moi ; non seulement c’est une niche qui va nourrir et bien nourrir son homme mais c’est aussi un acte militant. Je connais beaucoup de personne jeunes et moins jeunes que mon acte va aider à sauter dans le train de l’agriculture moderne et décomplexée puisse que rentable. Si une personne ayant « grandi en Europe » rentre au pays et se lance dans l’exploitation agricole, beaucoup de nos frères sur place emboîteront le pas chose que certains se refuses pour l’instant parce que « Africains content bureau …»

Mon chère THEO, si tu as des financiers prêt à investir dans un projet agro alimentaire ambitieux mais raisonnablement coûteux, fais moi un petit signe…

Le second projet auquel je crois énormément sont les énergies renouvelables : panneaux solaire, éoliens, utilisation de l’énergie solaire pour chauffer l’eau, cuire les aliments ; utilisation de la température des profondeurs de la terre et de la mer pour refroidir les maisons et autres. Pour moi toutes ces sources d’énergie sont quasiment inexploitée sur le continent et présentent la plus grosse potentialité en matière d’énergie pour ces dix prochaines années.

Écrit par : ebly | 01/08/2008

@ Ebly: certes les énergies propres constituent un défi planétaire que toutes les régions du globe doivent considérer dans leur politique énergétique. Mais le rapport rendement/coût de l'investissement des sources (solaire, éolien...) que vous citez est tellement faible (pour l'instant) que je pense pas que l'on puisse parler d'horizon à 10ans. Nous ne sommes pas encore un continent industriel et cette transition nécessite beaucoup plus de Megawatt qu'on ne le pense.
Salutations amicales.

Écrit par : poukoi | 01/08/2008

Moi, mon premier domaine serait sans conteste les telecoms, les nouvelles technologies. On ne peut pas laisser ce fruit si porteur rien qu'entre les mains des multinationales!

En même temps, il faut manger! Comme toi, l'agro-business, l'élevage industriel est un secteur que beaucoup sous-estiment! Mais le plus gros problème, c'est que les financiers rechignent à investir dans ce domaine! "Aléas climatiques, durée du retour sur investissement..." Et quoi encore? C'est avant tout une question de mentalité, cependant il y a un espoir! Quand des Occidentaux (encore eux) viennent sur nos terres investir dans l'agro-(carburant), ça peut susciter la remise en cause de certaines idées reçues!

Le problème est donc d'ouvrir les yeux... à temps!!!

Écrit par : zwan | 01/08/2008

Je suppose que cette alternative vise une production suffisante ou que dis-je, l'autosuffisance(alimentaire ou non alimentaire).Si c'est le cas, je partage ton idée; sauf que moi je crois d'abord en une bonne foi politique: nos gouvernants seraient -ils devenus aveugles pour voir que s'impose la necessité d'un encadrement technique du secteur agricole?
L'Afrique pense à tout sauf à sa survie.Et malheureusement, nous pensons que c'est toujours aux autres que revient le devoir de venir à notre rescousse.WADE qui s'est spécialisé dans les discours accusateurs a même asserté que c'est parce que le siège de la FAO n'est pas en Afrique que nous mourons de faim(j'exagère peut-être un peu mais c''est l'idée qu'il portait en sourdine)
Or,une rationalisation de nos stratégies gouvernementales permettrait(si on est pas sot) d'entourer l'agriculture de soins appropriés.
Mais au fait, quel est le rôle d'un ministère de l'agriculture?
est-ce recueillir les fonds secretés par le secteur ou proposer des pistes de deengorgement?
En tout cas en cote d'ivoire le constat est net.

Écrit par : Edwige | 01/08/2008

L'investissement le plus important est de donner le fusil a celui qui a été formé à la chasse, le filet ou la canne à celui qui a été formé à la pêche, le pistolet à celui qui a été formé à la police...
On ne va pas se ruer sur les fameux " 2 hectares de riz" de "Biligoudi"(lol) pensant qu'on influencera notre compétitivité sur le marché mondial du riz.
La quantité des moyens de production n'insinue point la productivité mais plutôt la qualité qui s'acquiert par l'apprentissage.

Il y'a de beaux discours d'alternatives sectorielles et stratégiques à notre économie traditionnellement rentière, mais les ressources humaines qui devraient assurer la concrétisation de cette poésie sont soit inexistantes(ou techniquement déficientes) soit rattrapées par la loi de l'offre du marché occidental qui parait plus juteux en terme d'optimum salarial.

Une préoccupation est de VOULOIR , mais la réalité est de POUVOIR atteindre les objectifs fixés.

Afrique subsaharienne, dans quels secteurs investir ???
cela peut paraitre sarcastique mais il faut d'abord investir dans l' INSTRUCTION dans le but d'inculquer les valeurs essentielles d'amour de la patrie et surtout des compétences techniques solides avant d'espérer CONCURRENCER des pays qui ont muri leur projet d'essor économique des dizaines d'années auparavant.

EN ATTENDANT , contentons nous du souhait patriotique des "2 hectares de riz par ivoirien" ( selon ,notre cher "expert" en marketing politique) .

Écrit par : Krathos | 01/08/2008

@ Krathos,

Je parlais d'investisseurs privés. Qu'est-ce qu'un investisseur privé gagne directement dans l'instruction ?

Écrit par : Théo | 01/08/2008

Grand Frère Théo, L'investisseur privé gagne la confiance en la ressource humaine qui "manipulera" ses capitaux ...
Pourquoi pas des investisseurs privés qui s'assureraient que le requérant au financement est une ressource humaine solvable ????

C'est dans ce sens que je crois que lorsque des banques ou des organismes financiers privés s'évertuent à financer des projets coordonnés par Blé Goudé , j'entrevois un manque d'études actuarielles appropriées.
On finance des projets, c'est bien ... mais quels sont les risques d'échec vu la matière grise mise à l'épreuve?
je crois qu'il faut être assez scientifique dans la démarche de financement parce que Blé Goudé ,sincèrement, ce n'est pas un nom qui rassure au niveau de l'intellect et de la capacité à "manager" des projets économiques, et non des actes de barbarie.
J'espère ainsi avoir alerter du danger à chercher hâtivement la plus-value d'intérêt sans "analyser" les capacités "techniques" du requérant au financement.

Écrit par : Krathos | 01/08/2008

Krathos,
hier je te félicitais pour tes analyses sur les problèmes pétroliers du pays. Aujourd'hui je ne suis pas tout à fait d'accord avec ton approche. L'instruction pour l'instruction n'a pas de sens. On s'instruit pour faire progresser un domaine. On n'attend pas forcémment que tout le monde ait l'instruction pour agir. Ceux qui l'ont un peu doivent déjà agir avec le peu qu'ils ont. Cela permet trois choses, améliorer un secteur d'activité, susciter d'autres vocations dans ce secteur et peut être entrainer une innovation dans ce secteur. Ces élements s'enchainant, on a ainsi un cercle vertueux. La question que soulève Théo ici n'est aucunement politique. Il analyse un secteur capable d'insufler un dynamisme à notre économie. Et il le dit si bien (comme toi d'ailleurs), que le business modèle de l'ingénieurie agricole sera de permettre à un individu moyen de retourner à la terre, mais cette fois pas comme nos parents, mais avec un minimum de connaissances livresques, il devrait être en mesure d'avoir de bons rendements. Et tout le monde est d'accord que le problème de l'agriculture africaine est lié au rendement faible. Ensuite, la question ouvre une lucarne sur l'opportunité que peut saisir celui qui est expert en la matière, le politique n'a pas forcément à intervenir.
Il faut donc par moment reconnaitre la limite naturelle des actions de nos dirigeants et voir à titre individuel les opportunités que nous pouvons saisir. D'ailleurs un intervenant voit lui plutôt les télécoms comme meilleure opportunité. Ce que nous pouvons déplorer chez nos dirigeants c'est de ne pas rendre les règles du jeu fluides. Mais pas plus que cela. Vouloir qu'ils mettent chaque compétence dans son domaine de prédilection c'est faire un peu de communisme. Mois j'ai un 3ème cycle en gestion, je suis en europe, mais je serais bien content de devenir agriculteur comme quelqu'un le souhaite aussi. Et comme tu sembles être un bon économiste (c'est un compliment. cela se sent dans tes analyses), on peut commencer son développement par la physiocratie; qui pourrait alors nous permettre de dégager des excédents et dynamiser les autres secteurs. Et en ultime étape atteindre l'optimum d'allocation des resources comme tu le souhaites. Et un de tes raisonnements la dernière fois était qu'il n'y avait pas de mauvaise monnaie en soit, et qu'une monnaie était appréciée par rapport à la structure de l'économie et des économistes qui savent anticiper ses perversités. Donc si on ne peut pas donner du travail à tout le monde dans tous les secteurs et qu'un secteur montre des potentialités d'absorption du facteur travail, nous devons en faire notre cheval de bataille dans un premier temps, après on verra. C'est cela le pragmatisme qui nous manque souvent. Je m'arrête là.

Amicalement

Écrit par : AgirEnAfrik | 01/08/2008

moi les errements de kratos ne m'étonnent pas!
ils sont comme ça près à rentrer dans du bligoudi mais incapable de proposer quelques choses d'intelligent!

des projets:
-le secteur tertiaire de l'agriculture: monter une strucutre qui quadrillerait le pays avec des en relais, signerait des contrats avec les agricultueurs pour la collecte de leurs productions, le stockage le transport et distributions dans les marchés avec progressivement une extension sous régionale

-système plantation en main: le paysan sera locataire de la portion et toute la logistique sera apportée par une structure d'encadrement

-le developpemnt de tous les produits dérivés d'internet en terme de service: commander son alloco par internet, faire payer ses factures par internet, recruter du personnage de menage par internet, trouver des adresses pour les peitts travaux (plombiers, peintres) locations de maison, de voitures, , disponibilité des bouteilles de gaz en temps réel, adresse et programmes des cinema bref utiliser internet piour faciliter les services de la vie quotidienne

Écrit par : marianne | 01/08/2008

Eh Marianne , je te demande pardon parce que je sais que mon problème avec toi, c'est Gbagbo (lol). Bligoudi aussi , il m'énerve(lol) mais je n'en perd pas pour autant mon objectivité.

Grand frère Théo pose, comme d'habitude, une grande problématique pour les pays africains.

Il ne faut pas oublier que l'État y joue un grand rôle car c'est lui, à travers ses dirigeants qui façonnent la structure de l'économie afin de faire de tel secteur, un bon ou mauvais pour la rentabilité des investissements.

Pour être moi-même africain, je connais très bien la mentalité des Africains qui aiment bien se comporter en "médecin après la mort".
Depuis qu'on parle de crise alimentaire mondiale et de ses conséquences, l'agriculture réapparait en Afrique en tant que défi majeur au développement alors qu'à l'orée de 2000, on nous vantait la fulgurance à venir du secteur des NTIC et que l'Afrique devait y investir à fond.
Mais où allons-nous ???

Pour que des investisseurs étrangers ou internes investissent dans un domaine , ils observent attentivement les "voyants" macroéconomiques du pays afin de choisir le secteur dans lequel ils vont investir et je ne crois pas que l'agriculture vivrière offre de bonnes perspectives en terme de rentabilité pour l'investisseur qui risque son capital et surtout pour le "requérant" qui risque de ne pas pouvoir faire face à ses différentes charges de production et aussi de remboursement.
J'ai déjà évoqué la question des compétences techniques qui faciliteraient la productivité de son exploitation, s'il se trouve qu'il n'en pas , cela représente un coût évidemment qu'il faut satisfaire ? l'entretien de l'exploitation selon les méthodes modernes représente également un coût ? le réseau de commercialisation représente également un coût , sachant bien sûr que note réseau routier laisse à désirer dans certaines zones agricoles ...

Les risques sont énormes surtout si le "requérant" n'a pas une véritable assise financière surtout avec la majorité des jeunes chômeurs qui veulent se lancer dans l'agriculture.


Ainsi, AgirEnAfrik, je suis d'accord avec la volonté de faire changer les choses sans forcement attendre de l'État mais n'oublions pas les réalités de l'économie, avec le risque que subissent les investisseurs privés potentiels car prêter à quelqu'un qui ne pourra pas rembourser plus tard a des effets négatifs sur l'économie (Voir crise récente des Subprimes).
L' intention est bonne mais cela représente des risques importants en économie car le suivi de ces projets à un coût que les contractants ne peuvent souvent pas endosser , soit par incapacité soit par efficience économique.

Raison pour laquelle je renvoie l'opinion à L'Etat et au minimum qu'il a à créer en termes d'infrastructures routières, de structures étatiques d'assistance technique aux agriculteurs (ANADER par exemple) et surtout à la prudence quand bien même il s'avère que Blé Goudé aujourd'hui, pour des raisons "politiciennes", est devenu manager de projets agricoles.

Ne nous laissons pas surprendre par la réalité de l'économie si nous tombons dans le jeu euphorique de Biligoudi, l'expert "marketeur politique".

Je me répète : L' INTENTION d'investir dans l'agriculture est bonne mais .... l'assistance technique et opérationnelle de L' État doit être à la hauteur des attentes de l'investisseur.

pour répondre à la question première du grand frère Théo, je dirai que pour moi, il n'y a pas un secteur qui soit meilleur que l'autre en terme d'investissement car tout dépend de ce qu'on a en face comme type d'investisseurs (privés ou État), les compétences techniques du requérant au financement, de la motivation de ce dernier et surtout des potentialités et acquis, dans le sens économique, dont peut se prévaloir l'État .

Il n'y a pas de dynamique sectorielle dans l'économie (agriculture, tourisme, industrie, secteur financier...) sans intervention ciblée et stratégique de l' État ; il y va de la confiance des investisseurs(privés).

bien à vous !!!

Écrit par : Krathos | 01/08/2008

Exclusivité - Scandale dans la filière café-cacao en Côte d'Ivoire

Plus de 600 Milliards FCFA détournés, 8 Milliards FCFA saisis dans un compte d'Henri Amouzou

L'opération «mains propres» lancée depuis quelques semaines en Côte d'Ivoire pour déceler la corruption et les malversations dans la filière café-cacao a commencé à livrer ses secrets. Les premiers résultats des enquêtes révèlent un «gros trou» de plusieurs centaines de milliards de FCF, et des comptes personnels mis sous séquestre judiciaire. Les mis en examen risquent jusqu'à vingt ans de prison.


Par Gbansé Douadé Alexis

La lumière est progressivement en train d'être faite sur l'ampleur des malversations financières opérées dans la filière café-cacao en Côte d'Ivoire. Malgré la loi de l'omerta due au secret de l'instruction judiciaire, on apprend de sources proches du dossier que le montant global des sommes détournées et placées dans des banques en Europe, notamment en Suisse, s'élève à plus de 600 milliards de FCFA. Les sources révèlent que 8 milliards de FCFA ont été saisis dans un compte ouvert au nom (propre) d'Henri Kassi Amouzou, président du Conseil de gestion du Fonds de développement et de promotion des activités de café-cacao (FDPCC), et domicilié à la Standard Chartered Banque, à Abidjan. Cette preuve matérielle a été versée au dossier de l'instruction, tout comme les autres preuves relatives aux nombreuses et importantes fuites de capitaux placés dans des banques et sur des places boursières européennes et américaines.

Louis Michel met la «puce à l'oreille» de Soro Guillaume


Lors de sa récente tournée en Europe (Rome-Bruxelles-Paris), du 2 au 10 juin dernier, pour mobiliser des ressources auprès de la communauté internationale en vue du financement des élections en Côte d'Ivoire - la présidentielle est normalement prévue pour le 30 novembre - le Premier ministre ivoirien Soro Kigbafori Guillaume rencontre Louis Michel, le Commissaire européen chargé de l'aide au développement. Au cours de leur entretien, Louis Michel fait une révélation renversante à Soro Guillaume : «Monsieur le Premier ministre, vous êtes à la recherche de 200 milliards de FCFA pour organiser des élections dans votre pays, alors que les structures qui gèrent le café et le cacao chez vous (BCC, FDPCC, FRC, ARCC, etc.) disposent de plus de 600 milliards de FCFA dans des comptes et sur des places boursières occidentales. Pourquoi ne pas leur demander de mettre cet argent à votre disposition pour la sortie de crise ?», a interrogé le Commissaire européen. Soro Guillaume tombe des nues ! Le chef du gouvernement ivoirien rentre donc bredouille de sa mission de bons offices auprès des bailleurs de fonds internationaux. Ce qui apparaissait jusque-là comme de malveillantes rumeurs vient de se confirmer : il y a eu des détournements massifs dans la filière café-cacao, et tout le monde le sait. C'est la raison pour laquelle la communauté internationale rechigne à délier la bourse pour l'organisation des élections en Côte d'Ivoire. Dès son retour à Abidjan, Soro Guillaume rend compte au président Laurent Gbagbo de sa mission en Europe, et surtout de ses échanges avec le Commissaire européen chargé de l'aide au développement, notamment le chapitre des révélations de Louis Michel. Le chef de l'Etat ivoirien est sidéré. «Tant que ça ?», s'emporte Laurent Gbagbo. Entre temps, un rapport confidentiel de l'ONG américaine Global Witness commandité par la «Maison Blanche» est sans appel : outre le travail des enfants dans les plantations ivoiriennes de café et de cacao, des sommes faramineuses ont été détournées par les gestionnaires de ce qui est considéré comme les «deux mamelles» de l'économie ivoirienne. Les Etats-Unis qui consomment 2/3 du cacao ivoirien mettent la pression sur le gouvernement ivoirien afin que toute la lumière soit faite sur ces prétendues malversations. Gbagbo a le dos au mur. Le président ivoirien prend le temps de vérifier ces informations accablantes et convoque illico presto tous les barons de la filière café-cacao : Henri Kassi Amouzou (FDPCC), Tapé Doh (Bourse du café-cacao, BCC), Angeline Kili et Kouakou Firmin (Fonds de régulation café-cacao, FRC), Jean-Claude Bayou (Fonds de garantie des coopératives de café-cacao, FGCCC), Placide Zoungrana (ARCC) et tous les autres responsables de la filière. Le chef de l'Etat ivoirien leur rappelle ses propos tenus en 2005 lors d'une exposition sur le café et le cacao («l'argent n'aime pas le bruit»), et leur demande si les allégations de détournements de fonds dans la filière sont avérées. Tous nient en bloc et affirment être blancs comme neige. Le président Laurent Gbagbo leur annonce alors que la justice s'est saisie du dossier et qu'une enquête imminente sera ouverte pour situer les responsabilités. C'était à la mi-mai 2008, environ un mois avant le début des poursuites judiciaires.

Les planteurs portent plainte contre leurs représentants

A partir de ce moment, les choses s'accélèrent et ce que les responsables du FDPCC, BCC, FGCCC, FRC, ARCC et autres («CC») ignorent, c'est que ce sont leurs propres mandants qui sont à l'origine de cette opération baptisée «mains propres» dans la filière café-cacao. En effet, les vrais producteurs ne sont pas contents de la gestion de leurs représentants. Depuis 2005-2006, les doyens et richissimes planteurs Sansan Kouaho et Yao Fils (Niablé), Bléoué Aka (Aboisso), Boa Bonzou (Abengourou) et autres se plaignent régulièrement auprès du chef de l'Etat de la manière cavalière dont leurs ressources communes sont gérées par leurs mandataires, qui étalent de façon ostentatoire leurs nouvelles richesses (plusieurs 4X4 de luxe, châteaux, mariages et funérailles en grandes pompes, largesses et libéralités, etc.), font des dépenses colossales et effectuent plusieurs acquisitions d'entreprises et d'usines sans leur rendre compte à la base. Puis vint l'affaire de l'achat de l'usine de Fulton, aux Etats-Unis, qui tourne au vinaigre. Les planteurs demandent des comptes aux mis en cause et, devant leur mépris et refus de s'expliquer, menacent de porter l'affaire devant les tribunaux. Ils en parlent au président Laurent Gbagbo qui leur donne le feu vert. Les planteurs, avec à leur tête les dignitaires ci-dessus cités, saisissent alors leurs avocats et portent plainte pour des faits de «détournement de fonds, abus de biens sociaux, escroquerie, faux et usage de faux en écriture privée de banque ou de commerce» auprès du Procureur de la République de Côte d'Ivoire, Raymond Tchimou. Mais avant, les plaignants prennent le soin de rassembler des preuves tangibles de malversations financières, de corruptions, d'escroqueries et de détournements de deniers publics. Puis, la justice ivoirienne se met en branle, et l'étau se referme un à un sur Amouzou, Tapé Doh, Kili, Kouakou Firmin et autres, ainsi que leurs premiers collaborateurs. Même Placide Zoungrana, PCA de l'Autorité de régulation du café-cacao (ARCC) qui assurait les prélèvements des taxes sur le café-cacao (DUS : droit unique de sortie) pour le compte de l'Etat de Côte d'Ivoire et qui, de ce fait, se croyait intouchable, a été pris dans les mailles du filet de la justice. Dans leurs investigations, les enquêteurs découvrent que la plupart des structures qui opèrent dans le café-cacao, à l'image du FDPCC, n'ont aucune existence légale.

Ce que risquent les inculpés

Selon plusieurs avocats consultés sur le dossier, toutes les personnes incarcérées à la MACA (Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan) pour les besoins de l'enquête risquent gros. «Les faits qui leur sont reprochés sont suffisamment graves. S'ils sont avérés, Tapé Doh, Amouzou et les autres peuvent encourir jusqu'à vingt ans de prison ferme», a laissé entendre un membre du Barreau de Côte d'Ivoire. Dans la foulée, la justice ivoirienne s'est également lancée aux trousses des conseils juridiques de certains responsables de la filière. De sources proches du dossier, on apprend que, très bientôt, les avocats de Henri Amouzou et de certains barons de la filière, dont Maître Silvère Koyo, seront entendus par le juge d'instruction en charge de l'enquête. Il est reproché à ces différents conseils d'avoir empoché la bagatelle de plus de 2 milliards de FCFA dans des transactions peu amènes.

Gbansé Douadé Alexis
gbanse@connectionivoirienne.net

Écrit par : Eppix | 01/08/2008

Salut Théo,
Super Jeu en effet voici mes propositions:
- l'agriculture, l'agro-industrie, élévage etc...
- Les technolgies propres: solaire, recyclage, etc.
- Les NTIC

Le conseil que je peux donner c'est d'etre sur le terrain;

Écrit par : Etum | 01/08/2008

Cher ami Krathos,
tu touches effectivement l'un des points faibles des economies africaines: la faiblesse du financement due au risque de rentabilité incertaine. C'est d'ailleurs pourquoi je n'étais pas d'accord avec ton premier message. Car dans une telle situation, on a besoin de choisir nos priorités. D'où la pertinence de la question du débat ouvert par Théo: si un investisseur (africain, Ivoirien ou européen) devrait AgirEnAfrique, dans quel secteur serait-il intéressant de le faire. A cette question, tu nous dis d'abord qu'il faut investir dans l'instruction. Ce qui est loin d'être une réponse spécifique à la question. Ensuite tu nous dis que l'Etat dois jouer les premiers rôles en garantissant la bonne fin des opérations financières. Certes l'Etat a un rôle à jouer, mais on peut tout aussi bien imaginer des individus s'interresser à un secteur puis l'Etat venir en appoint pour donner le coup de pousse utile. Je ne crois pas que l'investissement dont il est question ici est de l'ordre du milliard. Je pense que nous parlons d'une agriculture individuelle ou semi-collective de taille raisonnable qui peut garantir des revenus réguliers à une personne et sa famille et un bon excédent destiné au marché (Théo a pris l'exemple d'un jeune agriculteur de 25 ans). Le financement dont il est question ici à mon sens est modeste. A coté de ta réponse, les autres, moi y compris, disent que l'agriculture peut être un bon départ. Et c'est à juste titre car c'est le secteur où les innovations sont (les plus) faciles à transférer. Les techniques culturales par exemple une fois testées après les études expérimentales des agronomes peuvent être vulgarisées asssez aisément. Pour être agriculteur, on n'a pas besoin d'être agronome. On a simplement besoin d'être capable d'appliquer sur le terrain les trouvailles de l'agronome. On a par exemple besoin simplement d'être lettré pour connaitre le fonctionnement des intrants et de savoir les doses efficaces à appliquer (un niveau brevet des colleges est largement suffisant). Ensuite, en ce qui concerne la cote d'ivoire, on ne peut pas dire que la matière grise pointue n'existe pas. On a au moins 3 écoles d'ingénieurs: ENSA, IAB, Ecole forestiere et plusieurs instituts: IDESSA, CNRA... qui injectent au moins chaque année plusieurs dizaines de spécialistes. Ce qui manque à mon avis c'est l'engagement des individus ou groupes d'individus dans une agriculture rationnelle qui tienne compte des résultats scientifiques des différents loboratoires ou agence d'appui à l'agriculture. Donc Théo a raison de dire que l'agriculture peut être intéressante pour un investisseur, car avec un peu de bonne volonté individuelle on peut améliorer nos rendements ce qui est source de rentabilité. Le problème pour le pays, c'est que (j'ai l'impression que) nous ne voulons pas souffrir pour gagner notre pain. Pour améliorer les rendements il faut suivre scrupuleusement l'itinéraire culturale. Cela commande souvent d'arroser les plantes la nuit ou très tôt le matin (5h-6h) et de faire plusieurs travaux de maitrise des saisons, des sols, de la conservation, du stockage, du transport, de la commercialisation etc. Ce sont des contraintes trés dures à tenir. Alors dès les premières difficultés on tombe dans la facilité en revenant à des pratiques surrannées plus simples, mais qui sont tributaires d'une agriculture de subsistance bonne pour nourrir uniquement deux ou 3 bouches. Donc c'est vrai, ce n'est pas facile d'améliorer le rendement, mais ce n'est pas non plus impossible. Les européens le font très bien (il y a moins de 5% d'agriculteurs en France qui font vivre les 60 millions de francais et exportent même des excédents chez nous). Il est donc temps qu'on sorte de nos théories pour nous confronter au terrain. Mon avis personnel sur l'instruction: la Côte d'Ivoire en a suffisamment et de bonne qualité. C'est l'esprit d'entreprise et la peur de l'échec comme tu le montres déjà qui inhibent nos capacités et nous montre au yeux du monde comme des extra-terrestres.
Pour conclure, je voudrais que tu encourages les jeunes ou les bonnes volontés à investir dans l'agriculture en leur disant la vérité sur ce qui les attend sur le terrain, en les mettant en garde sur les montages financiers qu'il doivent faire et les aspects les plus délicats de l'agriculture qu'il faudra surveiller de très près et surtout leur dire que leur succès ne dependra que de leurs efforts individuels et de leur détermination. Ou alors tu peux indiquer le secteur que tu sens porteur économiquement et que tu conseillerais à un Investisseur. Mais je ne suis pas d'accord avec une facon de toujours remonter les difficultés de financement de l'agriculture ou du financement tout court mais au niveau tellement global que cela peut cacher l'absence de volonté individuelle de saisir les niches potentielles pour se faire des thunes en cote d'ivoire et en Afrique.

Amicalement

Écrit par : AgirEnAfrik | 02/08/2008

AgirEnAfrik, Message reçu 5/5 !!!

Je suis entièrement d'accord avec toi et , je crois que l'avenir en terme d'investissement dans l'Agriculture PEUT s'avérer prometteur .
Mon problème, c'est que je ne partage pas tellement l'optimisme affiché mais je peux faire confiance à la détermination de ceux qui veulent réussir dans ces projets.

Pour moi il n'y a pas un secteur qui soit meilleur en terme d'investissement , il n'y a que des opportunités à saisir dans l'économie, et ce , dans n'importe quel secteur.
L'État doit être au centre de la dynamisation sectorielle dans l'économie; si l'État crée les conditions, l'investisseur ne va pas hésiter à fructifier ses avoirs.
Actuellement, je prépare une "grande" réflexion sur ce que j'appelle la "Régionalisation Économique", il s'agira de créer des dynamiques économiques et concurrentielles en fonction des ressources naturelles et humaines de nos régions que je vais regrouper en, au maximum, 5 grandes entités .
L'État créera les conditions d'une économique régionale en mettant en place une législation attractive et des conditions de marché qui inciteraient l'investissement privé et donc l'implantation humaine.

En fait, actuellement je vois des secteurs PROMETTEURS qui ne sont pas forcement rentables : agriculture, tourisme, secteur bancaire et marché financier

Écrit par : Krathos | 02/08/2008

Dans quel secteur investir en Afrique subsaharienne ?

A cette question, mes prédécesseurs ont fait de bonnes propositions. L'idée d'investir dans l'agro-alimentaire est régulièrement reprise, actualité de la crise alimentaire oblige.

A mon avis, l'une des urgences aujourd'hui en Côte d'Ivoire, c'est l'environnement. Sans un environnement saint, on ne peut pas avoir un organisme saint, même si on mange à sa faim.

En Allemagne où je vis depuis bientôt trois ans, je suis frappé par la rigueur avec laquelle ce pays traite les questions de l'environnement, et particulièrement celles des déchets. Chaque habitant est obligé de disposer d'au moins trois différentes poubelles à domicile: une poubelle pour les restes d'aliments, une autre pour les plastiques et une troisième pour les papiers et cartons. D'autres habitants ont une quatrième poubelle pour les bouteilles et une cinquième pour les herbes. Chacun paie une "rédévance" pour le service de ramassage des ordures ménagères. Tout contrevenant écope d'une pénalité de 30 euros (environ 20 000 cfa). La "Bundespolizei" veille aux grains.

Des entreprises allemandes, spécialisées dans le traitement des déchets solides, sont disposées à investir en Côte d'Ivoire, à condition qu'elles ne soient pas effrayées par les armes... Pour ces entreprises, il faut que la Côte d'Ivoire cesse d'être un "B Land" (un pays à risques) avant de s'y engager.

Théo, voici donc ma proposition: investir dans le domaine de l'environnement. Abidjan est salle. La rue princesse est salle, mais y on mange, on y boit. Et quand on tombe malade, on s'en va accuser le pauvre sorcier du village.

Écrit par : Demos | 02/08/2008

erratum : Abidjan est SALE (et non SALLE, comme je l'ai écrit par inattention). Merci de votre indulgence.

Écrit par : Demos | 02/08/2008

Avec beaucoup de retard, je débarque dans le débat; mais bon; je me lance!

Quels sont les secteurs vitaux où l'on pourrait investir?

Je suis d'accord avec ceux qui ne se focalisent pas sur le seul secteur de l'agriculture comme priorité, car, les priorités, il y en a plusieurs et elles sont toutes d'importance équivalente. J'en citerai 4, mais sans négliger les autres. L'agriculture, l'éducation , la santé, les NTIC:

- L'AGRICULTURE, LA SANTE, L'EDUCATION parce qu'ils constituent les besoins du ventre, du corps et de l'esprit sans lesquels tous les autres ne sauraient prospérer.
Une population rassasiée, en bonne santé et éduquée, voici la trinité du développement. En terme de rentabilité, les besoins sont énormes et nous dépendons pour beaucoup de l'extérieur, signe évident qu'il y a de la place a prendre et donc d'énormes opportunités pour les acteurs économiques.

- Les NTIC, c'est le train que npous devons prendre en marche.Cela s'impose à nous du point de vue stratégique et cela va nous aider dans tous les autres secteurs d'activité. Les NTIC sont en pleine gestation chez nous ce qui montre qu'il y a d'énormes opportunités pour tous les opérateurs économiques.

Pour les locaux que nous sommes , la sempiternelle question des moyens financiers se pose encore à nous. Les Etats doivent s'y impliquer, mais les citoyens doivent aussi rivaliser d'imagination et d'initiatives pour triompher!

Écrit par : HARRIS | 05/08/2008

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