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21/07/2008

"La Chinafrique" : un livre que je conseille à tous

0034e278345860950705bcdf74d77d5e.jpgIl est rare, aujourd'hui, de lire un livre sur l'Afrique, écrit par des Européens, qui ne se contente pas de répéter ad nauseum des clichés éculés, mais qui fait le pari de l'investigation patiente et pertinente. "La Chinafrique : Pékin à la conquête du continent noir" fait partie de ces livres trop rares et très utiles. Je l'ai acheté, motivé par un des débats que nous avons eu sur ce blog à propos de la présence chinoise en Afrique. Et je l'ai dévoré.
Ce livre m'a appris des choses et a nourri ma réflexion. En effet, une des leçons de "La Chinafrique" est que la présence chinoise en Afrique résiste à toutes les idées toutes faites. Ceux qui ne considèrent les Chinois que comme des exportateurs de pacotille bon marché se raviseront : de plus en plus, les Chinois s'installent en Afrique, rachètent ou construirsent des usines, notamment au Nigeria, où l'industrie fait face à des obstacles décourageants pour de nombreux investisseurs. Ceux qui voient l'aventure chinoise comme une initiative étatique organisée ou comme la manifestation d'initiatives désordonnées de candidats à l'émigration se trompent aussi. Les "aventuriers" sont encouragés par l'Etat, qui les voit comme des "défricheurs", mais bien moins "coachés" que des expatriés occidentaux. Les Chinois ne sont ni des anges envoyés par le dieu de la coopération sud-sud et ils sont autant, sinon plus raciste que les Occidentaux vivant en Afrique - d'autant plus qu'ils sont souvent des authentiques paysans aux manières rustres et à la vision du monde limitée. ils ne sont pas non plus des démons. Ils sont souvent le reflet des limites des Africains - qui ont du mal à créer de la valeur ajoutée sur leur propre terre et vivent très mal le dynamisme et l'expansionnisme des citoyens de l'Empire du Milieu - mais aussi des Occidentaux - qui ont trop longtemps méprisé un continent noir qui apprend à se passer d'eux.


Larges extraits, issus de la conclusion du livre...
"Fin 2007, les réserves de change de la Chine s'élevaient à 1455 milliards de dollars, un océan de billets verts dans lequel elle puise à sa guise pour préparer l'avenir. Mais l'argent n'est pas tout, le succès chinois en Afrique est une potion magique qui contient de nombreux ingrédients : elle peut projeter d'une semaine à l'autre des dizaines de milliers d'ouvriers sur n'importe quel chantier de n'importe quel pays, pour le faire aboutir pour un prix record en un temps record. Elle a développé chez elle des technologies simples mais parfaitement adaptées aux besoins de l'Afrique ; elle met en permanence en avant son discours de non-ingérence et son indifférence aux questions de droits de l'homme et à la bonne gouvernance ; mais surtout, elle prend des risques et s'engage sur le long terme.
Pour nuire sans doute à l'image de la Chine, des rumeurs tenaces ont couru selon lesquelles la plupart des ouvriers chinois en Afrique seraient des prisonniers. Mais au cours de tous nos voyages, nous n'en avons pas rencontré un seul. A force, et si rien ne vient interrompre leur élan, l'ensemble des projets chinois finiront sans doute par unifier enfin l'Afrique, permettant aux trains de rouler d'un rivage à l'autre, aux réseaux électriques, aux pipelines et aux capitaux de passer les frontières, aux personnes de circuler librement. Mais pour se faire, l'Empire du Milieu a besoin d'un continent pacifié, et s'y emploie : la pax sinica est à l'oeuvre. L'intensité de ses relations avec l'Egypte et le Soudan a sans doute contribué à faire baisser la tension entre ces deux pays sur le débit du Nil. Ses investissements à l'est du Congo neutralisent peu à peu les milices armées et les vélleités d'intervention du Rwanda. Ses projets d'infrastructures et de prospection pétrolière en Ouganda réduisent la capacité de nuisance des rébellions (...) Et l'agence de presse Xinhua (Chine nouvelle) rend compte méticuleusement de toutes ces bonnes nouveles dans une rubrique hebdomadaire, l'Afrique en marche.
Pour toutes ces raisons, la Chine pourrait bien réussir là où l'Occident a échoué malgré ses centaines d'instituts d'études africaines, ses milliers de chercheurs, ses bibliothèques et ses musées consacrés à la culture du continent noir.
(...)
0c3bf042a1a7ecebf95f29055eb38623.jpgEt pourtant, cet immense effort, ce bond chinois en Afrique porte peut-être et paradoxalement en lui les germes de son échec. Car l'Afrique ne s'est jamais montrée tendre envers les grandes visions des nouveaux arrivants (..) et n'est pas une sinécure, même pour les Chinois qui commencent eux-mêmes à rencontrer de la résistance. C'est d'ailleurs là où ils s'activent le plus que la résistance est la plus forte.
Il ne s'agit pas seulement de grognements d'ouvriers noirs mal payés et parfois battus par leus contremaîtres chinois, ou des rumeurs folles dont l'Afrique centrale semble être la marmite. A Brazzaville, le bruit a ainsi couru de l'arrivée imminente de 2000 prostituées chinoises, une nouvelle aussitôt utilisée par les maris pour diminuer le budget "beauté" de leurs épouses et exiger d'elles davantage de gâteries, les Chinoises ayant la réputation d'être à la fois plus tendres et plus économes. A Douala, on vous souffle parfois à l'oreille que Pékin prépare le repeuplement de la région par dix mille migrants mâles capables de faire durer trois jours une érection. (...) Et à Bangui, on croit savoir que les Chinois construisent une voie ferrée secrète, qui, une fois raccordée au réseau soudanais, permettra d'expédier incognito en Chine toutes les richesses via Port-Soudan.
Plus sérieusement, en Afrique du Sud, où la communauté chinoise est la plus nombreuse, Moeletsi Mbeki, le propre frère du président Thabo Mbeki, s'est écrié, fin 2005 : "L'Afrique vend des matières premières à la Chine et la Chine vend des biens manufacturés à l'Afrique. C'est une équation dangereuse qui reproduit l'ancienne relation africaine avec les puissances coloniales".
(...)
Pour nous qui avons parcouru l'Afrique chinoise en tous sens, le seul véritable échec de la Chine, s'il faut en avoir un, c'est peut-être qu'elle se banalise en Afrique après avoir incarné le partenaire providentiel et fraternel, capable de tous les miracles. A certains égards, elle commence à ressembler aux autres acteurs, avec ses cohortes de gardes de sécurité, ses chantiers qui s'enlisent, ses scandales de corruption et quoi qu'elle en dise, son mépris, parfois, pour la population locale.
Pour le rese, la Chine a pris les besoins africains à bras-le-corps, et posé enfin les bases d'un développement avec des dizaines de projets d'infrastructures sans lesquels rien ne se fera jamais, en particulier les voies de communication et la production d'électricité. Petit à petit, le message passe que l'Afrique n'est pas condamnée à la stagnation. La Chine n'est pas désintéressée, bien sûr, et personne ne prête plus attention à son discours sur l'amitié, mais les efforts qu'elle déploie pour atteindre ses objectifs offrent à l'Afrique un avenir inconcevable il y a seulement dix ans. Au fond, elle ramène un continent à la dérive, oublié de tous, dans la tectonique de la mondialisation. (...)
Du coup, la balle est dans le camp des dirigeants africains. Ils ont désormais les moyens de leur ambition : jamais un bailleur de fonds n'avait avancé des sommes pareilles, sans condition, sans tutelle. Seront-ils à la hauteur, pour utiliser ces fonds, pour développer leur pays plutôt que pour doubler la taille de leur parc immobilier en France ?"

15:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (13)

Commentaires

Très intéressant comme analyse; on reconnait enfin notre journaliste international qui nous a manqué durant ces 5 jour d'opération "ville morte".

"La balle est dans le camp de nos dirigeants africains ", tellement vrai qu'il n'ont pas encore senti l'opportunité de "marquer le but" dans l'autre camp.
ils préfèrent faire des "auto-goals" (lol)

Écrit par : Krathos | 21/07/2008

J'ai lu avec beaucoup d'intérêt cet article, surtout les « larges extraits issus de la conclusion du livre ».
Je trouve que les analyses sont d'une grande pertinence. Toutefois, je souhaite relever une déclaration des auteurs suggérant une chose qui, selon moi, n'a jamais existé. Je reproduis le passage:

« la Chine pourrait bien réussir là où l'Occident a échoué malgré ses centaines d'instituts d'études africaines, ses milliers de chercheurs ».
Dire que L'OCCIDENT A ECHOUE, c'est faire à celui-ci l'honneur d'une bonne intention de développer l'Afrique qui n'a jamais existé chez lui en réalité, pour des raisons évidentes. C'est d'une notoriété publique élémentaire chez tous les analystes que l'agenda secret de toutes ces pseudo coopérations n'était rien d'autre que de maintenir, par tous les moyens le continent noir dans une position de pourvoyeur de matières premières à une Europe qui en manque cruellement.
Il n'a jamais été question de prendre le risque de faire décoller ce continent noir, par crainte d'en faire, à moyen ou long terme un concurrent dangereux surtout à cause du fait qu'il renferme la majorité des richesses terrestres. Avec beaucoup de froideur et d'anticipation,il ont réalisé que, ce continent disposant de matières premières, s'il arrivait un jour à la maîtrise de la technologie pour aboutir à la transformation, cela leur serait dommageable!!!
A mon avis donc, il faut rectifier l’assertion des auteurs pour dire que L’OCCIDENT AYANT PLEINEMENT REUSSI SES PLANS ,L’INTRUSION DE LA CHINE EN AFRIQUE, S’ILS N’Y PRENNENT GARDE, VA ROMPRE TOUTES LES CHAINES DE L’INDIGENCE QU’ILS ONT REUSSI A FORGER, A FORCE D’INGENIOSITE ET DE SUBTILITE !!!
Un mensonge répété un nombre infini de fois finissant par devenir une vérité dans l'entendement de ceux qui y sont soumis; nos deux auteurs bercés durant toute leur vie par le discours officiel occidental, clamant à tout bout de champ la nécessité de porte secours à l’Afrique, ont peut-être digéré cette chimère intellectuelle au point d’en faire la publicité.

Théo, je trouve le contenu de ce livre ou plutôt le résumé que tu nous en fais intéressant à plus d’un titre. Mais je crains que sa plus grande qualité ne se limite au fait que les auteurs aient pu analyser froidement en se départissant largement des clichés habituels. Pour le reste, même s’il nous donne des informations intéressantes, ce livre risque fort bien de ne rien nous apprendre de nouveau ; « les chinois ne sont ni anges ni démon », ça, nous le savons déjà ! Que leur impact est une aubaine pour les africains et peut leur permettre d’amorcer un développement qu’il n’auraient jamais espéré avec l’occident, nous en avons aussi fait la lecture !

Voilà pourquoi nous disons que la balle est dans notre camp. A nous de bâtir des stratégies pour tirer le maximum de profits de cet intérêt que nous porte l’Empire du milieu tout en anticipant dès maintenant les effets pervers que les défauts de ces nouveaux partenaires économiques peuvent nous faire subir !!!

Écrit par : HARRIS | 21/07/2008

Exactement Harris,
l'occident n'a nullement échoué dans son entreprise en Afrique. Bien au contraire, ils peuvent être fiers de leur travail. Leur mission de spoliation a parfaitement réussi.
Mai'nant ils veulent nous faire croire qu'ils étaient là pour développer l'Afrique.
L'Afrique doit se fermer au monde extérieur, sans état d'ame, pour 10-15 ans au moins. Ou bien à défaut, réglementer de facon très stricte les échanges avec l'exterieur.
Par exemple, il faudrait que nous cessions d'exploiter nos matières premières à l'état brut. Cacao, café, pétrole, or, diamant, coton, etc, autant de ressources que nous devons absolument transformer en produits finis ou semi-finis avant qu'ils ne quittent l'Afrique.

Écrit par : Eddy | 22/07/2008

Merci Harris pour ce commentaire, il faut retenir une chose, "la balle est dans notre camp", à nous autres Africains de cette génération de mesurer l'importance des actions à mener , donc de prendre de bonnes dispositions pour réussir cette "ChinAfrique "

Écrit par : hilaire kouakou | 22/07/2008

Salut Théo.

Ce livre contrairement a ce que dit Harris est vital. Je trouve ton intervention, Harris, d'une grande qualité d'analyse. Je suis heureux de voir que Théo a reunir autour de lui ou de son blog autant de personne critique. C'est bon pour avancer.

Il y a , a une époque, des philosophes Européens qui n'avaient jamais quittés l'europe faisaient des discours sur les noirs et leur cultures. A travers des centaines de livres on pouvait mesurer leur haine et tout ce que cela comporte vis a vis du continent NOIR.

A travers les livres on peut tout vehiculer. Aujourd'hui ont les consequences de ces ecrits. J'apprecie ici l'attitude de certains qui apres la lecture font des analyses contructives. Un peu a la Cheik Anta Diop. On lit tout et on apporte les critiques apres, c'est l'autre facon d'enseigner, la demarche scientifique.

Aujourd'hui l'europe (et les USA) vivent des moments difficiles, des grosses structures font des Licencement massives, manque d'argent, les projets sont en attentes (de jours meilleurs?). Les banquent manquent cruellement de liquidité. Personne n'est en mesure de dire comment l'histoire va se terminer.

Mais une chose est sur la chine, elle, investis, elle a du cache et elle veut qu'on le sache, l'Afrique c'est un pretesque, c'est toujours le bon prestesque.
Quand elle aura terminé de prendre sa place qui sera alors indiscutable. Elle se rendra compte qu'en faite de compte le continent NOIR est un piege (delicieux) dans lequel il ne faut pas rester trop longtemps.

Les Africains (l'afrique Digne) se rendent compte que la chance est peut etre la. Qu'il est possible aujourd'hui de parler, d'entendre sa voix grace a la position de la Russie et la Chine qui sont systematiquement contre les décisions coloniaslites du club des "3", surement dans leur interet mais c'est aussi ca la politique et la gestion d'un pays.

Eddy
Au contraire je pense qu'il faut continuer certes pas accroitre, mais mieux gerer ces ressources. Faire un outil, type banque equivalent a la Banque Mondiale, pour qu'on puisse taxé mieux ces ressources qui sortent du continent.

Quand on sait que dans certains pays, des pipeplines sortent du jour au lendemain de terres, sans savoir d'ou ils viennent, on se demande s'il y a vraiment un controle rigoureux de ces ressources.

Donc oui on continue mais on controle mieux et surtout on taxe.
la tranformation sur place a commencer dans certains pays pas assez certes mais, il nous faut former nos peuples. C'est peut etre le combat le plus important, bien entendu l'auto-suffisance alimentaire reste prioritaire.

Écrit par : metu | 22/07/2008

CORRIGÉ Désolé je fais des efforts aussi :-)

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Salut Théo.

Ce livre contrairement a ce que dit Harris est vital. Je trouve ton intervention, Harris, d'une grande qualité d'analyse. Je suis heureux de voir que Théo a réunir autour de lui ou de son blog autant de personne critique. C'est bon pour avancer.

Il y a, à une époque, des philosophes Européens qui n'avaient jamais quittés l'Europe faisaient des discours sur les noirs et leurs cultures. A travers des centaines de livres on pouvait mesurer leur haine et tout ce que cela comporte vis a vis du continent NOIR.

A travers les livres on peut tout véhiculer, les conséquences sont visibles. J'apprécie ici l'attitude de certains qui après la lecture font des analyses constructives. Un peu a la Cheik Anta Diop. On lit tout et on apporte les critiques après, c'est l'autre façon d'enseigner, la démarche scientifique.

Aujourd'hui l'Europe (et les USA) vivent des moments difficiles, des grosses structures font des Licenciement massives, manque d'argent, les projets sont en attentes (de jours meilleurs?). Les banquent manquent cruellement de liquidité. Personne n'est en mesure de dire comment l'histoire va se terminer.

Mais une chose est sur la chine, elle, investit, elle a du cache et elle veut qu'on le sache, l'Afrique c'est une étape, c'est toujours la bonne étape.
Quand elle aura terminé de prendre sa place qui sera alors indiscutable. Elle se rendra compte qu'en faite de compte le continent NOIR est un piège (délicieux) dans lequel il ne faut pas rester trop longtemps.

Les Africains (l'Afrique Digne) se rendent compte que la chance est peut être la. Qu'il est possible aujourd'hui de parler, d'entendre sa voix grâce a la position de la Russie et la Chine qui sont systématiquement contre les décisions colonialistes du club des "3", surement dans leur intérêt mais c'est aussi ca la politique et la gestion d'un pays.

Eddy
Au contraire je pense qu'il faut continuer certes pas accroitre, mais mieux gérer ces ressources. Faire un outil, type banque équivalent a la Banque Mondiale, pour qu'on puisse taxer mieux ces ressources qui sortent du continent.

Quand on sait que dans certains pays, des pipelines sortent du jour au lendemain de terres, sans savoir d'ou ils viennent, on se demande s'il y a vraiment un contrôle rigoureux de ces ressources.

Donc oui on continue mais on contrôle mieux et surtout on taxe.
la transformation sur place a commencer dans certains pays pas assez certes mais, il nous faut former nos peuples. C'est peut être le combat le plus important, bien entendu l'autosuffisance alimentaire reste prioritaire.

Écrit par : metu | 22/07/2008

La lecture des différents commentaires me confirme à tel point l'Afrique regorge encore d'individualités ayant les qualités romanesques et intellectuelles pour tracer les sillons du développement.
Depuis l'orée des indépendances, on remarque que l'occident a savamment modifié l'ancien système de pillage outrancier des ressources pour en faire un néo-système qui consiste à "contrecarrer" les différentes relations économiques que peuvent réaliser les pays africains avec de potentiels partenaires extérieurs.
Le plus important à comprendre , c'est que ce système a sa garantie pérenne dans nos pays à travers les différents présidents qui sont propulsés ou protégés par le même système néo-colonisateur, de quoi s'interroger sur les raisons qui poussent nos présidents à maintenir ce genre de relation servile avec l'homme "Blanc".
Les quelques téméraires ont été vite zigouillé par le système mis en place, raison pour laquelle je crains que la CHINE autant que l'OCCIDENT ne soient pas une aubaine pour l'Afrique.

Le salut de l'Afrique se trouve en lui-même , à savoir comment construire des ensembles cohésifs dans nos pays qui soient des remparts contre les velléités opportunistes des "blancs" ou des "chinois" . Ces derniers ne cherchent qu'à maximiser le gain que leur procurent les différents échanges commerciaux réalisés avec l'Afrique, raison pour laquelle il nous faut plutôt encourager l'émergence d'une véritable intelligentsia dans chacun des pays africains; classe intellectuelle qui soit une pression "tangible", forte et pérenne pour ces dirigeants africains , privilégiant leurs intérêts personnels au détriment des populations...

Si l' Africain, le dirigeant africain s'inscrivait dans une pensée de long terme, il aurait mis fin à cette habitude qui consiste à brader indéfiniment les ressources naturelles contre du cash .
Espérons d'abord plus d'instruction et de débat d'idées dans nos pays tout en continuant à spéculer sur la demande chinoise ou "occidentale".

Les germes d'une nouvelle pensée économique ne se sont pas encore manifestés et, personnellement, je ne crois pas que ce changement soit imminent en Afrique.

Écrit par : Krathos | 22/07/2008

Pensez vous qu'en afrique ,il n'y a pas de chef d'etat ,à même de permettre à son pays de prendre la route du developpement ? Il y en a , seulement que certains parmi eux ,aident les occidentaux à éliminer ceux qui les gènent car les empechant de piller le patrimoine de leurs états.Je m'explique, si un chef d'etat A qui n'a pas suffisament de moyens (matières premières et autres ) dans son pays s'arrange avec le peu qu'il a pour construire des infrastructures , cela gène ceux qui ne veulent rien laisser à la posterité , malgré les enormes potentialités dont recelent leurs etats. Donc ils succitent avec l'aide de leurs maitres des coup d'états dans ce pays la pour que ces projets soient arrêtés .Et la cacophonie qui suit ces méfaits font que aucun de ces états ne peut avancer.Ainsi tout le monde est logé à la même enseigne.
Quand il ya des coup d'états ou rebelions dans certains pays , pourquoi d'autres états donnent des passeports ou de l'assistance à ces Zorro ?
N'est ce pas la raison de la stagnation de nos états? Que toutes les formes de coup d'états et de rebelion soient condamnées et malgré le dictateur qu'un etat aura, vous verez que les choses changerons .Qu'il y ai un coup d'état dans un pays et que ce faiseur de coup d'etat, soit chassé du pouvoir par une coalition d'états africain (par les armes s'il le faut) , vous verez que les choses changeront, car les occidenteaux se rendront comptent que ce ne serait plus la peine de venir fomenter des coups pour s'accaparer de nos richesses.Et en ce moment, ils nous laisseront regler nos problêmes par nous même.
Mais je vois que cela commence , mais timidement .Comme au Liberia, à Anjouan ou au ZIBABWE à lisbonne et dernièrement.
Sinon peu importe si les chinois deversent tous leurs avoirs sur l'afrique,et que les coup d'etats continuent ,rien ne se fera.

Écrit par : Opondji .B .Omer | 23/07/2008

Oui M. Kouamouo nous rêvons tous d'une Afrique digne, indépendante et imaginative mais ce n'est pas en tournant le dos à l'occident et ouvrant le flanc à la chine que nous accèdérons à ces idéaux.Il n'ya pas de bons expansionnistes.Ils sont tous pareil occidentaux et chinois dans leur quête colonialiste de l'Afrique. ils sont tous à la recherche d'un denominateur commun;LE PROFIT.La chine n'a fait que remplacer le miroir par les "chinetoques"(objets contrefaits);et le bâton sera pour plus tard quand ils finiront d'acheter l'Afrique afin d'y installer une veritable industrie chinetoque.
Le salut de l'Afrique ne viendra ne nul part.Pensons y sérieusement

Écrit par : Tchêfarry | 24/07/2008

L'avenir de l'Afrique se trouve dans le sang du nègre, qui je l'espère deviendra l'authentique noir , fier , travailleur et propsper abondamment vanté dans les poésies et autres fioritures négritudiennes.
je me rends compte que ceux qui rêvent d'une "Afrique digne, indépendante et imaginative" ne marchent tout d'abord pas d'un même pas: les dirigeants africains se rendent complices du pillage des ressources sans penser au "petit peuple" cantonné dans la précarité et les soi-disants éveilleurs de conscience de la Blogosphère pondent des discours mirobolants tandis qu'ils sont engouffrés dans des machines "clientélistes" et dénuées de toute légitimité démocratique.

Pour donner de la caution aux rêveries de développement en Afrique, il faudrait d'abord que "l'orateur" de circonstance en mérite.
Je l'ai déjà évoqué : le problème de l'africain n'est pas , à vrai dire, la nature des échanges qu'il entretient avec le monde extérieur, mais plutôt la prise de conscience qu'il est capable de s'auto-déterminer.

Au lieu de palabrer sur les velléités opportunistes des chinois ou des occidentaux en Afrique, il faudrait œuvrer à inculquer les valeurs de travail , de d'abnégation et surtout de nation aux africains.
Définissons nous d'abord une nouvelle identité et des enjeux avant d'espérer quoique ce soit.

Que ce travail soit fait dans chaque pays avant d'espérer une quelconque avancée économique, sociale ou communautaire.

Écrit par : Krathos | 24/07/2008

Merci d'avoir signalé l'existence de ce livre. Je rentre des vacances et je n'ai pas encore eu l'occasion de faire le tour des libraires. A bientôt.

Écrit par : St-Ralph | 25/07/2008

@Kratos

merci pour la clarté de vos propos.
c'est fini le temps des colonies et ce n'est pas avec les prédateurs chinois que l'afrique ce relèvera.
quelques pistes écrite plus haut sont pertinentes !

pour reprendre vos propos
"les soi-disants éveilleurs de conscience de la Blogosphère pondent des discours mirobolants tandis qu'ils sont engouffrés dans des machines "clientélistes" et dénuées de toute légitimité démocratique."

je me disais aussi ...

mais bon, ce blog a le mérite d'échanger des arguments et de lire certains post très objectif.

merci

l'afrique et les africains doivent ce prendre en mains.
réveillons nous avant qu'il ne soit encore trop tard !

Écrit par : aft | 28/07/2008

La "chinafrique" est un livre bon à lire et vos commentaires sont édifiants. Je n'ajouterai pas un mot. Merci cher frère.

Écrit par : kamea | 29/07/2008

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