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07/06/2008

Une vie sans racket

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Une expérience sociologique grandeur nature est en train de se dérouler à Abidjan. Depuis quelques jours, la hiérarchie des Forces de défense et de sécurité (le chef d'état-major des armées, le général Philippe Mangou en tête) a décidé de combattre le racket, suite à l'exaspération croissante du corps social.
L'opération a assez bien fonctionné les premiers jours, mais elle épuise tout le monde. Les flics font du zèle, et au final bloquent une société habituée à la corruption et au bakchich. Tous les chauffeurs de taxis, de "gbakas" et de "wôrô-wôrô" qui circulaient sans permis (et ils sont nombreux) restent à la maison. Les transporteurs qui n'ont pas toutes leurs pièces hésitent à sortir. Pénurie de voitures dans la ville, gêne croissante des usagers. Les "corps habillés" veulent nous démontrer que le racket est une nécessité à l'équilibre social dans notre société dont le fonctionnement quotidien est régi par le "chacun-fait-ce-qui-lui-plaît-et-on-peut-toujours-s'arranger".
Que faire alors ? Renoncer ? Persévérer pour transformer le pays ? Les "corps habillés" peuvent-ils persévérer alors qu'ils se soumettent à la "nouvelle discipline" avec dépit et rancoeur, espérant une "fatigue générale" et un retour aux vieilles habitudes ? Si ceux qui croient en une société de droit sont minoritaires, une avalanche de mesures disciplinaires et de grands discours peut-elle renverser la tendance ?
Par ailleurs, comment notre société de "fous" ne s'est-elle pas encore suicidée ? Une société où les chauffeurs n'ont pas de permis, où les visites techniques se "négocient" tout autant que les extraits d'acte de naissance et les faux certificats de décès, où les cadres des multinationales privées soumettent leurs prestataires à la loi d'airain de la rétrocommission à l'image des fonctionnaires n'est-elle pas irrémédiablement condamnée ?

Pour aller plus loin, lire cet article d'Afrik et ce post de Paris-Village. La caricature ci-dessus est du quotidien "Le Jour".

Commentaires

dommage! mille fois dommage que la conscience collective ne veuille pas de ce changement impératif pour l'amélioration du climat socioéconomique. il faut le rappeler, c'est notre volonté de tout arrondir par le raccouci des arrangements qui a occasionné la situation dont nous sortons à peine en côte d'ivoire. une société où avec de l'argent on veut dédouaner ce qui sort des normes! on a habitué les forces de défenses à fermer les yeux sur les nombreux trafics (ceux des armes y compris) et ces armes achetés pour déstabiliser le régime en place se sont retournés contre eux. aujourd'hui telle une gangrène, le phénomène de la corruption s'est étendu à tous les secteurs d'activité. nous rêvions d'une dictature à la Sékou Touré pour l'érradiquer. Dieu merci, le Gl Mangou et ses hommes ont partagé notre souci. au lieu de les soutenir et oeuvrer à tourner la page, que veut-on démontrer? que tout va se bloquer s'il n'est pas possible de tolérer des arragements. et bien au diable ces arragements. que tout se bloque. car à mon humble avis il vaut mieux en rester là que continuer à pourrir le climat et se faire passer après pour les victimes. dans le cas d'espèce, ceux qui en font les frais, c'est nous les usagers. parce que lorsqu'un véhicule vous renverse, c'est vous même qui payez les soins. et si vous n'avez pas d'argent, vous mourez! si la voiture n'est pas assurée vos depenses ne serons jamais remboursées! et s'il l'est mais que vous n'avez pas d'argent pour poursuivre l'assurance, vous ne serez jamais dédommagé. alors mieux vaudra qu'il n'y ai plus de chauffeurs sans permis de conduire, ni de véhicule sans pièces administratives ni assurances que des tombeaux ambulants à la quêtes de clients. nous sommes fatigués de cet enclin à faire de la côte d'ivoire un pays singulier, où le droit est relégué au rang de simple forme. pour un côte d'ivoire digne, une afrique mieux respectée, il faut que des mentalités de la forme révolutionnaire et audacieuse s'expriment davantage. c'est pourquoi je dis bravo, mangou! bravo de cette volonté affichée d'en finir avec cette maladie qu'est le racket.

Écrit par : Lucien Déconens | 07/06/2008

"... notre société dont le fonctionnement quotidien est régi par le chacun-fait-ce-qui-lui-plaît-et-on-peut-toujours-s'arranger"

Cette "expérience" tend à prouver que la gabegie est devenue la norme en CIV? Vu la gravité de la situation, je me demande s'il ne faudrait pas organiser des états-généraux pour résoudre cette profonde crise morale.

Écrit par : Djé | 07/06/2008

Il nous faut un dictateur , un dictateur de la trempe de RAWLINGS. vous allez beau developper des argumentaires, la societe a besoin d etre refondee, pardonnez , reeduquee. le racket routier n est qu un pan du gigantissime racket dans nombre de secteurs en cote d ivoire.

Écrit par : leprescripteur | 07/06/2008

Il nous faut un dictateur , un dictateur de la trempe de RAWLINGS. vous allez beau developper des argumentaires, la societe a besoin d etre refondee, pardonnez , reeduquee. le racket routier n est qu un pan du gigantissime racket dans nombre de secteurs en cote d ivoire.

Écrit par : leprescripteur | 07/06/2008

question essentielle à la veille des élections générales!
personnellement si ces mesures échouent, je ne vois pas comment je pourrai voter pour l'ordre actuel.

Comme tout changement, il y aura des résistances, seule une vision sereine et à long terme (pas forcement celle d'un dictateur) peut surmonter ces obstacles.

Le moment est opportun car la grande majorité des ivoiriens veut que le prix payé à cette guerre, serve de ciment à une véritable...refondation du pays!

n'oublions pas que si chaque couche sociale en commençant par les forces de l'ordre et les magistrats, par "aigreur" est plus regardant sur les travers des autres, il y aura un nouvel équilibre social qui va se faire caractérisé par; si je en mange plus toi non plus tu ne manges plus.

Écrit par : marianne | 08/06/2008

Il faut tenir, les forces de l'ordre n'ont qu'à faire leur zèle, même si dans un premier temps, il y aura peu de transporteurs, ils finiront par payer ce qu'il faut à l'Etat pour pouvoir travailler, c'est tjs des rentrées d'argent mais cette fois pour le pays.
La loi doit être respectée par tous...

Écrit par : Nkossi | 10/06/2008

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