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31/05/2008

Zakaria accuse Soro de trahison sur un site Internet

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Un extrait :

Claude TAPE : Bonjour Cdt Zakaria le 16 mai dernier, le 1er ministre Soro a effectué une visite dans votre zone pendant la laquelle il était prévu la démobilisation des ex rebelles en tant que premier responsable de la zone qu’est ce qui expliquait votre absence ?

KONE Z. : j’ai toujours marqué mon désaccord depuis que cette lutte a pris de nouvelles orientations, surtout après la signature des accords de Ouagadougou.

Claude TAPE : qu’est ce que vous reprochez aux de Ouagadougou que vous avez pourtant signé ?

KONE Z. : quand vous vous engagé dans un processus de libération, il faut respecter l’esprit et la lettre de tous vos engagements vis-à-vis du peuple. On ne prend pas des armes pour faire la promotion d’un individu.

Claude TAPE : De quel individu parlez-vous ?

KONE Z. : Quand nous avons pris les armes, nous avons énuméré un certain nombre de revendications qui jusque là n’ont pas été satisfait. Je ne peux pas comprendre que certaines personnes se soient retrouvées à des postes de premier ministre et pensent que la mission que nous nous sommes assignés est accomplie. Moi j’estime que l’objectif a été dévoyé, c’est pourquoi je ne voulais pas me rendre complice de trahison.

Claude TAPE : Soyez plus explicite, de quelle trahison parlez-vous ?

KONE Z. : Je veux dire simplement que depuis que SORO est devenu PM, il a foulé au pied tous les intérêts des FAFN et travail plutôt dans l’intérêt du pouvoir.

Claude TAPE : Pourtant Soro a eu votre caution avant d’accepter la primature ?

KONE Z. : mais un premier ministre avec des pouvoirs et non pour se mettre au service de Gbagbo


L'intégralité de l'article ici.

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L'hôtel Ivoire, fin d'une époque

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L'hôtel Ivoire, qui domine la commune de Cocody à Abidjan, n'est-il qu'un hôtel ? Non, bien entendu. C'est un lieu lourd de symboles, et ses murs racontent l'Histoire de la Côte d'Ivoire. L'hôtel Ivoire, avec sa patinoire et son orgueilleuse piscine a longtemps été le symbole de l'houphouétisme triomphant, d'une Côte d'Ivoire enrichie par le cacao et reposant sur le parti unique - les congrès du PDCI-RDA, couverts dans l'effervescence par la presse nationale et internationale, ne s'y tenaient-ils pas ?
L'hôtel Ivoire a, par la suite, été le symbole de la "décote" du pays. Vieillisant à vue d'oeil. Pourrissant de l'intérieur. Comme celles de tous les barons du PDCI, sa piscine a été vidée. Beaucoup d'articles de journalistes étrangers ont décrit ce spectacle affligeant, comme pour planter le décor.
Puis, il y a eu novembre 2004 et les "événements". Il y a eu "la victoire aux mains nues" (pour reprendre le titre du documentaire engagé de Sidiki Bakaba) des patriotes ivoiriens sur les soldats de la force Licorne, le sang, les larmes mêlées à un sentiment de dignité retrouvée. Parabole de la mort et de la résurrection ?
En tout cas, dès ce lundi, l'hôtel Ivoire se refait une beauté. Il entame sa mue, pour prendre un nouveau visage. Le grand hall ferme ses portes pour deux ans. La tour dont la construction avait été engagée pour le sommet de l'Union postale universelle (UPU), dont l'organisation avait été attribuée à un autre pays pour cause de guerre, et qui donnait jusqu'ici la triste impression de chantier avorté, sera achevée.
Après de longues tractations, c'est visiblement PFO, l'entreprise de l'architecte ivoiro-libanais Pierre Fakhoury, qui a été choisie pour les travaux de rénovation. Pierre Fakhoury, le bâtisseur de la basilique de Yamoussoukro et du futur palais présidentiel, symbole de l'houphouétisme triomphant et néo-fidèle de Laurent Gbagbo... Double figure de la gloire de la "première maison" et de celle de la deuxième ? Preuve du "retour de l'ancien" après la Résistance et ses tourments ? A chacun de choisir. En tout cas, l'hôtel Ivoire prendra un coup de neuf, et nous attendons impatiemment le visage qu'il présentera en 2010.

29/05/2008

Côte d'Ivoire : Guerre Soro-Zakaria, deux vidéos qui en disent long

On peut tout dire à propos de la crise ivoirienne et de sa "complexité", il n'en demeure pas moins vrai que le conflit dont sort le pays des Eléphants a une certaine logique. Ainsi de la guerre Soro-Zakaria, qui passionne l'opinion ivoirienne ces derniers jours. Retournons un peu en arrière.
En 2003, c'est la guerre totale entre IB et Soro, pour des questions de leadership. De nombreux chefs rebelles tentent d'expliquer en quoi "IB" est le "vrai père de la rébellion" ou pourquoi Soro, qui avait pris le risque de se montrer quand "IB" se calfeutrait au Burkina Faso, méritait de diriger l'insurrection. En meeting à Kani (le village où Soro a prononcé, il y a peu, le discours marquant leur rupture), Zakaria refusait toute langue de bois : la seule personne à qui devait revenir la loyauté de la rébellion, c'était bien Alassane Dramane Ouattara.



L'on comprend pourquoi Zakaria refuse aujourd'hui de se soumettre à la logique des accords de Ouagadougou, qui marginalisent son vrai champion, et d'un Guillaume Soro qui, en 2004, au Gabon, disait pis que pendre de Laurent Gbagbo, comme nous le rappelle avec une pointe de perfidie une vidéo postée par le journaliste gabonais Thierry Ndong...

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27/05/2008

Jean-Pierre Bemba arrêté à Bruxelles

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Les détails ici. Qu'en pense Guillaume Soro ?

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Pourquoi, malgré tout, je reste en Afrique

Pour son premier numéro, le magazine AfriqueCompétences d'Honorat de Yédagne, ancien patron de FratMat, m'a demandé de rédiger, dans le cadre de sa rubrique "Chronique des Cinq Continents", un papier tournant autour des raisons pour lesquelles je vis en Afrique, alors que j'ai le choix. C'est en tout cas ce que j'ai compris. Plus bas, l'article que j'ai rédigé. AfriqueCompétences est dans les kiosques et les librairies, depuis quelques jours, du moins en Côte d'Ivoire.

2d759391e6f053f520aef853abc6edff.jpgFaut-il être fou pour choisir de vivre en Afrique, dans une Côte d’Ivoire en pleine crise, alors qu’on est Franco-Africain, qu’on a étudié dans de bonnes écoles en France, et qu’il suffit juste de trouver l’argent d’un billet d’avion pour s’en aller dans l’Hexagone jouir des acquis de l’Etat-providence et trouver un travail stable ?
Si la réponse à cette question est « oui », c’est que l’auteur de ces lignes est fou. Français d’origine Camerounaise, formé à l’Ecole supérieure de journalisme de Lille, j’ai eu l’opportunité de travailler pour la « grande presse » française, en France et en Afrique, et j’ai délibérément choisi de me transformer en journaliste de Côte d’Ivoire, un statut que l’on pourrait considérer comme dévalué par rapport à ma condition première.
Pourquoi avoir fait un tel choix ? Pour des raisons liées à de très fortes convictions sur la crise ivoirienne, au départ. Je me suis souvent expliqué sur ce qu’on pourrait appeler le déclic de départ.
Pourquoi persévérer ? Pourquoi continuer de vivre en Côte d’Ivoire, en Afrique, à un moment où toute l’effervescence que l’on a connue ces dernières années est retombée ? Pourquoi ne pas rentrer en France ?
Cette question, je me la suis souvent posée. Il y a sans doute plusieurs éléments de réponse : la routine, l’attachement sentimental à mon pays d’adoption, l’appréhension à l’idée de rebâtir une vie en partant de zéro. Il y a également une foi dans les potentialités économiques de l’Afrique de ce début de siècle.
Je pense fondamentalement que l’Afrique est capable du meilleur comme du pire aujourd’hui. La situation mondiale lui est favorable : la croissance asiatique booste les prix des matières premières, les technologies de l’information et de la communication (TIC) ouvrent des perspectives immenses et encore peu explorées en matière de télétravail, de télé-enseignement, de circulation des valeurs. Peu à peu, les peuples expriment leurs exigences démocratiques et les armures des Etats totalitaires se fendillent. Notre forte démographie, nos disponibilités en eaux et en terres, nous mettent au centre de la géopolitique mondiale. Bien entendu, les obstacles sont là, et on ne peut pas feindre de ne pas les voir : les égoïsmes, qui puisent leur dynamique dans la haine de soi et l’afropessimisme viscéral de plusieurs d’entre nous, sont là. On ne peut pas ne pas voir une culture du pouvoir oppressive, caricaturale, brutale parce que peu assurée, qui conduit aux dérives antipatriotiques que l’on constate tous les jours. Mais des brèches sont ouvertes, et le miracle est à notre portée.
Je veux vivre en Afrique ces instants déterminants, participer à des aventures visant à tirer partie de cette donne nouvelle. Je veux être du côté de ceux qui agissent pour créer une société ouverte, remplie d’opportunités, libérée parce que libérale, tolérante et débarrassée de ses complexes d’infériorité. Après six siècles de silence et d’oppression, le temps de la renaissance arrive peut-être à grands pas. Ne le retardons pas par nos sarcasmes et l’addition de nos cynismes.
Il y a du travail en Afrique. Et je sens que demain certains secteurs seront porteurs : la valorisation des terres avec une agriculture vivrière modernisée, devenue potentiellement « rentable » grâce à la hausse des prix des denrées alimentaires, qui est un phénomène de long terme dû à la croissance asiatique ; la valorisation de la force de travail de notre jeunesse à travers la formation et la création d’entreprises axées sur les TIC ; la transformation de notre croissance « sur papier » en réalisations concrètes à travers le BTP et l’ingénierie…
Et puis, de toute façon, il y a une réalité que ceux d’entre nous qui ont vécu en Europe connaissent. Ils la répètent mais personne ne veut les croire : personne n’attend les Africains en Occident, et l’immigration massive n’est ni possible, ni souhaitable.
Nous n’avons pas le choix. Nous devons travailler à ce que nos rêves s’incarnent sur la terre africaine. Dans ce contexte, ceux qui peuvent décider de s’en aller mais restent par la foi sont des « évangélistes » de la renaissance de notre continent. Quel beau ministère !

Afrique du Sud : la vitrine se brise

Par Achille Mbembe, chez Alain Mabanckou.

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26/05/2008

Beau reportage de Rue 89 sur l'Ouest de la Côte d'Ivoire

Par Frédérique Drogoul, médecin, psychiatre. Pour lire, cliquez ici.

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25/05/2008

Les "événements" d'Afrique du Sud, vus d'Afrique du Sud

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Il y a des jours où on se dit que la blogosphère, c'est tout de même génial.
Parce que les bloggeurs sud-africains sont nombreux et ont des points de vue divers et souvent pertinents, l'on peut, de n'importe où dans le monde, écouter la vaste conversation engendrée par l'éruption traumatisante de violence xénophobe au pays de Mandela et de Mbeki. Nous n'avons que l'embarras du choix. On peut aller sur Thought Leader, le multiblog animé par l'équipe du Mail and Guardian. On peut aussi surfer sur Amatomu, qui recense de nombreux blogs sud-africains, et sur Afrigator, qui a créé une rubrique spéciale sur le sujet.
En lisant les bloggeurs sud-africains, l'on se rassure : non, les Sud-Africains ne sont pas tous des brutes assoiffées du sang de leurs frères africains. Profondément traumatisés, ils remettent violemment en question l'édifice sur lequel est assis leur pays et se mobilisent dans la rue, dans les églises, dans les communautés pour dire "non" à la xénophobie.

PS : Grâce à Amatomu, j'ai écouté un beau discours de Thabo Mbeki, bien maltraité ces derniers jours. Ecoutez-le, c'est très profond.

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24/05/2008

"Paix des braves" entre la Côte d'Ivoire et "ses" Français ?

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L'événement n'a pas été, il me semble, très commenté. Il est pourtant symboliquement important. Mercredi dernier, des entrepreneurs français ayant quitté la Côte d'Ivoire en novembre 2004 sont venus au Palais présidentiel du Plateau, demander pardon à la Côte d'Ivoire et expliquer, en résumé, qu'ils avaient été abusés par leur ancien exécutif, Jacques Chirac en tête. Extrait de leur "confession" à Gbagbo :

"Excellence, Monsieur le Président de la République nous profitons de l’occasion qui nous est donnée, pour avoir une pensée particulière pour l’ensemble des victimes liées aux évènements de novembre 2004.
Aussi nous voudrions adresser au peuple ivoirien un message de solidarité et de soutien au nom de l’association.

Selon nous, nous avons été otages et victimes de la politique politicienne de certains anciens dirigeants français qui nous ont sacrifiés sur l’autel de leurs intérêts. C’est pourquoi, Excellence Monsieur le Président de la République et de façon solennelle nous vous demandons pardon.

Excellence, Monsieur le Président de la République, en tant que Président de l’ADESCI et au nom des opérateurs économiques que je représente, nous tenons à vous féliciter pour le climat d’apaisement qui règne dans notre pays dû, à votre idée novatrice du dialogue inter-ivoirien dont vous êtes l’initiateur, et, qui permet à tous les Ivoiriens dont nous faisons partie de retrouver espoir. (...)
Que « l’arbre puisse accueillir de nouveau ses oiseaux ». (...)
Excellence, Monsieur le Président de la République, nous savons que notre départ de Côte d’Ivoire a servi à véhiculer une image négative sur votre politique et sur la Côte d’Ivoire, et a servi de fonds de commerce pour d’autres.
Nous, enfants de Côte d’Ivoire, nous voulons à travers les medias rétablir la vérité sur la scène internationale, pour rendre à César ce qui est César."


Extrait de la réponse de Gbagbo, surtout adressée (à mon avis) à un certain nombre de personnes bien ciblées à Paris.

"Sous mon mandat, la Côte d’Ivoire n’aura jamais une rupture avec la France. Je vous le dis parce que cela n’a aucun sens. Nous sommes le pays qui a les rapports les plus intimes, les plus anciens, les plus historiques et les plus caractéristiques avec la France. Des dirigeants politiques ivoiriens, je suis celui qui ne parle pas une autre langue que le français. C’est un choix. […] . La France est un pays avec lequel nous avons tant de liens. […] .

Il y a eu une embrouille entre ceux qui étaient à l’époque à l’Elysée et moi. Je l’ai maintes fois expliqué. Je ne suis pas un Sous-Préfet français nommé en Côte d’Ivoire. Je suis un Chef d’Etat élu. Si on décide quelque chose qui concerne mon pays, le moins qu’on puisse faire, c’est que je sois au courant. Je n’ai pas une nature de marionnette et je ne l’accepte pas dans les relations internationales.

C’est cela qui a entraîné tous ces dérapages. Si j’en avais contre la France, je ne sais pas pourquoi aujourd’hui, les relations seraient apaisées avec les nouveaux dirigeants. C’est parce qu’ils ont changé de comportements. Ils n’ont pas les comportements des anciens. Ce qui c’est passé depuis 1999, toutes ces crises à répétition sont des catastrophes pour les entreprises françaises mais pour tout les cas d’entreprises d’ailleurs. Une entreprise a besoin de paix et de sérénité pour se développer. Et nous avons besoin des entreprises pour lutter contre le chômage. Pour lutter pour que le niveau de vie augmente.

Nous avons besoin les uns des autres. Je ne connais pas en Côte d’Ivoire, un homme politique qui peut dire qu’il n’a pas besoin des entreprises françaises. Ce n’est pas de la démagogie. C’est de la rationalité. C’est le bon sens. Maintenant que la situation est beaucoup plus calme, que nous nous préparons à aller aux élections, il faut quand même que les gens sachent que dans tous les grands choix que nous avons opérés, ce sont les entreprises françaises que nous avons choisis. Non pas pour faire de la démagogie, mais parce que c’est à elles que nous sommes habitués. Quand on travaille, on prend les instruments qu’on a l’habitude d’utiliser. Quand en 2004, j’ai eu à choisir d’autorité, parce qu’on avait des appels d’offre infructueux, une entreprise pour gérer le quai à conteneurs, j’ai choisi Bolloré. Il s’est trouvé à l’Elysée, des gens pour dire que Bolloré m’avait donné de l’argent. J’ai dit «mais s’il m’a donné de l’argent, vous êtes les plus heureux, parce que c’est une entreprise de chez vous». C’est cela qui était malsain dans les rapports."


Les échanges Gbagbo-entrepreneurs français en intégralité ici. En vidéo, ici.

Question au village : que faut-il en penser ?

23/05/2008

Apprendre à aimer le livre dès l'enfance...

... c'est l'objectif du festival itinérant "La Joie de Lire" qui se déroulera fin juin dans trois communes du district d'Abidjan et qui est organisé par Information et Communication pour le Changement de Comportements, association dirigée par Nadine Kouamouo. C'est la première édition de ce festival durant lequel les enfants pourront acheter des livres au quart de leur prix, grâce à la subvention du District d'Abidjan et de son gouverneur, Pierre Djédji Amondji. Pour en savoir plus, aider ou participer, appeler I3C au 22432914 ou au 05677880. Le blog du festival La Joie de Lire ici.