topblog Ivoire blogs Envoyer ce blog à un ami

20/05/2008

Affaire de classement

Une affaire de classement des 100 meilleures universités d'Afrique commence à agiter la blogosphère. Sur 20mai.net et chez Y-Voir-Plus, on en parle.
Les universités francophones sont très peu nombreuses, et ni le Cameroun ni la Côte d'Ivoire n'a une de ses structures d'enseignement supérieur dans le classement. Je verse quelques questions au débat :

- Et si le système d'universités publiques - ce qui est à tout le monde n'est à personne - ne marchait pas chez nous ?

- Et si les Etats africains étaient trop petits pour "adresser" la question de l'enseignement supérieur de manière isolée ? Certaines initiatives en la matière ne devraient-elles pas être confiées aux organisations communes les plus "riches", comme la BAD ou la BCEAO ?

22:37 Publié dans Vite dit ! | Lien permanent | Commentaires (7)

Commentaires

Est ce à dire que les universités sud africaines qui trustent les 9 premières places de ce classement sont gérées par un organisme supra-nationale ou pire par le privé. L'idée d'une gestion supra-nationale, donc malgré tout publique, me plaît en revanche voir l'éventuelle entrée du privé dans l'enseignement public africain me paraît déraisonnable car on sacrifierait l'égalité des chances qui est encore bancal sur notre continent.

Maintenant sur la question de la petite taille de nos états qui les empêcherait d'assurer les conditions d'une université de qualité, je reste sceptique car d'une part sont présents dans le classement les universités de Dakar et de Ouaga (2 pays démographiquement et économiquement plus faibles que les 2 poids lourds de l'Afrique noire francophone - Kmer & CIV-) et d'autre part à une certaine époque l'université "publique" ivoirienne attirait de nombreux étudiants africains.

Et si tout ça n'était qu'une question de volonté politique et de réflexion pédagogique.

Écrit par : Djé | 21/05/2008

Je suis de l'avis de Djé. je pense qu'il ne faut pas envisager la reprise en main des universités africaines par des organismes privés pour cette égalité des chances dont parle Djé. Je pense qu'il faut commencer par une réelle volonté politique qui mette l'excellence dans ses objectifs. Aujourd'hui les moyens humains en ce qui concerne le corps professoral existe. Il faut une réelle volonté politique pour réorganiser les systhèmes d'enseignement et bien sûr les accompagner de moyens financiers suffisants. Mais avant tout, il faut savoir ce qui ne va pas avant de proposer des solutions.
Au fait - pour parler d'autre chose - où est passé Calixte Tayoro ( Copier, couper, coller ) ?

Écrit par : St-Ralph | 21/05/2008

kouamouo je te vois venir. Tu prones la privatisation du savoir en Afrique: La BCEAO et la BAD appartiennent aux puissances financieres internationales et non aux africains: Il faut donc faire gaffe.L'université publique en Afrique peut être viable pourvu que la volonté politique y soit: Il faut des systeme suniversitaires endogènes et ouverts sur le monde, qui fabriquera un africian nouveau afrocentrique et non un perroquet qui se met a chanter ce que le maitre lui apprends sans discernement....c'est là une reaction à chaud

Écrit par : http://cnrmun.afrikblog.com/ | 21/05/2008

OK, d'accord, je suis un vilain ultralibéral !!! Sauf qu'il faut être pragmatique. Le système actuel ne marche pas. De nombreux Etats africains, aujourd'hui, sont incapables d'assurer la formation de la jeunesse, après avoir eu des réflexes nationalistes consistant à créer chacun son université, sans pour autant se donner les moyens d'y faire quelque chose.
Les Etats africains ont détruit les formations transnationales qui fonctionnaient - exemple, l'école internationale de journalisme de Yaoundé, qui n'est plus que l'ombre d'elle-même. Ils n'hésitent à brimer les initiatives privées dans le secteur, notamment au Cameroun, avec l'université des montagnes, maltraités, et une fac de médecine en pays anglophone, persécutée et fermée.
Ce qui est à tout le monde est à personne. De nombreux profs, dans nos universités publiques, prennent leur argent chaque fin de mois sans daigner travailler, bien encadrer les thésards (ils bloquent exprès les doctorants pour ne pas avoir des rivaux).
Quand je vois tout ça, les bras m'en tombent.
Par ailleurs, les Etats peuvent tout à fait subventionner des formations privées pour les étudiants les plus méritants.

Écrit par : Théo | 21/05/2008

Dans la liste je vois 3 univ somaliennes ! Qu'est ce à dire ? Que dans cet Etat en déliquescence les univ fonctionnent au point dêtre parmi les meilleures d'Afrique ?

Écrit par : Nkossi | 21/05/2008

Franchement,

Ce classement laisse à désirer! Sur quelles bases ces évaluations ont-elles été réalisées? Que le CESAG soit logé à la 96è place....

Je crois savoir que dans l'espace UEMOA, il n'y a que 3 écoles accréditées par les spécialistes de la France à former des Experts Comptables! Il s'agit de l'ESCA (Yakro), l'UFR des sciences éconmiques et de la gestion de l'université d'Abidjan-cocody et du CESAG. Or, les Experts Comptables, ça ne court tout de même pas les rues!

A Vrai dire, ce classement à des non-dits évidents. 3 universités somaliennes! LOL!!!

Ne prostituons tout de même pas certains concepts et certains symboles.

Écrit par : Lévy | 22/05/2008

Je rappelle quelques faits qui montrent que ce classement est fantaisiste:
- aux concours d’agrégation du CAMES, les ivoiriens sont parmi les premiers;
- je viens du Québec (UQÀM) où les diplômes d’ingénieurs statisticiens ivoiriens sont des plus prisés pour intégrer un cycle d’ingénierie financière;
- Lévy a déjà parlé de la qualité de l’ESCA, mais il y a aussi les écoles d’ingénieurs de l’Institut National Polytechnique. Beaucoup de diplômés de cette institution servent comme “expatriés” dans la sous-région, dans des companies de cellulaires, assurances, travaux publics, etc.;
- récemment, un ivoiro-sénégalais, diplômé de Côte d’Ivoire a été le seul lauréat d’un test de recrutement organisé par une compagnie australienne. Cela a été pareil, lorsqu’il y a quelques années, le Mali a ouvert les examens organisés sur sol par des sociétés françaises à des ivoiriens. Sur beaucoup de listes, il a fallu sauter les cinq premiers, des ivoiriens, avant de trouver des maliens;
- il n’est pas honnête de ne pas reconnaître que Houphouet-Boigny a énormément investi dans l’éducation; et tout ne s’est pas effacé comme par enchantement;
- quand vous allez sur Wikipédia (qui n’a jamais été tendre avec la Côte d’Ivoire), vous lirez que le système scolaire ivoirien est l’un des plus compétitifs. Ce qui s’explique par le fait que c’est un système qui rejette sans que cela ne choque.
Alors de tout ce qui précède et qui n’est pas exhaustif, d’où vient-il que les universités ivoiriennes sont les dernières d’Afrique (surtout comparées à celles du Sénégal et du Burkina Faso que je connais). La Somalie aurait même un système plus au point!(?).
Depuis une certaine année 2002, quand vous allez sur internet, la Côte d’Ivoire a été effacée de tout ce qu’il y a comme rapport international discret. Lorsque les données sont ordonnées par ordre alphabétique, après le Burkina pour son “B”, vous aurez le Ghana pour son “G”. Plus de “C”, plus de Côte d’Ivoire (ou de “I”, Ivory Coast)!!!
Ce complot étant dénoncé, il faut avouer qu’il y a du travail à faire pour améliorer l’école ivoirienne. Et pour une fois encore, ne re-créons pas le monde: inspirons-nous du monde Sud-Africain qui a consisté à faire accréditer son système par des organismes de l’OCDE. On pourrait demander à un organisme occidental, moyennant un financement de projet, d’engager un processus qui fasse que la formation ivoirienne d’ingénieur, par exemple, soit au standard de l’OCDE. Dans un tel processus, certaines facultés seront plus facilement accréditables que d’autres.

Écrit par : Alfred Cablan | 24/05/2008

Les commentaires sont fermés.