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31/03/2008

Vie chère : Abidjan, bientôt contaminée par le syndrome Douala-Ouaga ?

Ce sont des images qui en rappellent d'autres, vues ces dernières semaines sur le continent, notamment au Burkina Faso et au Cameroun. Des manifestants dans les rues brûlent des pneus et bloquent les routes pour protester contre la cherté de la vie. Les forces de l'ordre réagissent avec hargne.
Aujourd'hui, Yopougon et Cocody se sont échauffées. Le CECOS a réagi par des grenades lacrymogènes. Certaines sources parlent d'un mort. Si elles se confirment, ce serait un mort de trop.
Abidjan va-t-elle être contaminée par le syndrome Douala-Ouaga ? En tout cas, les ménagères sont unanimes. Les prix flambent sur le marché, notamment ceux du pain et du riz, ce qui réflète les mouvements sur le marché mondial.
Pour que les mêmes causes ne produisent pas les mêmes effets, le gouvernement gagnerait à privilégier la négociation sans délai avec les associations de consommateurs, les syndicats et les mouvements spontanés. Ce serait d'autant plus facile que le mouvement en Côte d'Ivoire est encore très timide. Seulement quelques centaines de personnes sont descendues dans la rue, et elles ne disposent d'aucune espèce de coordination véritable. Les premiers manifestants étaient, nous dit-on, des braves dames d'âge mur. Le mouvement n'est pas (encore) récupéré par l'opposition, affirment des témoins. Et de toute façon, une entrée en scène des têtes du RDR ou du PDCI nuiraient forcément aux manifestants en lézardant leurs rangs. Même la crise des déchets toxiques n'a pas résisté aux clivages politiques accentués par la guerre !
Les autorités ivoiriennes n'ont pas vu monter la colère d'une partie du peuple. Et force est de constater qu'elles n'ont pas anticipé sur une grogne qui était prévisible, au regard du contexte international. La surpolitisation des enjeux en Côte d'Ivoire fait que personne ne fait plus vraiment attention aux questions sociales élémentaires. C'est bien dommage ! Personnellement, je suis persuadé d'une chose : les peuples comprennent les autorités qui les comprennent.

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"Jeune Afrique" et "Le Patriote" : quelles connexions ?

C'est curieux... Aujourd'hui, j'ai acheté le numéro double de Jeune Afrique, qui sort officiellement le dimanche ou le lundi. A l'intérieur de ce numéro, un article sur "la galaxie Gbagbo", qui se donne pour mission d'enquêter sur les personnes qui montent ou qui sont en disgrâce dans l'entourage du numéro un ivoirien. Je m'interdis de dire ce que je pense du fond du papier, où je suis d'ailleurs très brièvement cité.
Mais je me demande par quel cheminement l'article de Cheick Yérim Seck est arrivé vendredi à la rédaction du "Patriote", journal du parti d'Alassane Ouattara... et a été publié samedi, soit deux jours avant l'arrivée du magazine à Abidjan.
L'on a souvent dit qu'Alassane Ouattara était un actionnaire minoritaire de Jeune Afrique, commandait des papiers et les lisait avant leur diffusion. On a même dit que Béchir Ben Yahmed se faisait un devoir de convoyer des exemplaires du journal à la résidence parisienne du président du RDR avant sa mise sur le marché.
L'épisode du papier de Jeune Afrique diffusé en intégralité et en exclusivité par "Le Patriote" va assurément alimenter ces thèses.

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Obama et Sarkozy : le jour et la nuit

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Récemment, en "feuilletant" le blog de Loïc Le Meur, je suis tombé sur un post où il réaffirmait tout le bonheur qu'il avait ressenti en faisant partie de l'équipe de campagne de Nicolas Sarkozy. Et où il confiait que s'il votait aux Etats-Unis, il aurait choisi Obama. Ce n'est pas la première fois que les deux hommes sont comparés. Obama lui-même a encouragé les analyses rapprochant son profil de celui de Sarkozy en rendant vivement hommage au président français - pour des raisons que je ne cerne pas.
Obama et Sarkozy m'apparaissent radicalement différents, surtout depuis que j'ai lu (en français) son fameux discours sur la question raciale.
Tout au long de sa campagne, Sarkozy m'est apparu comme un homme prospérant dans les lignes de fracture de la société, captivant "sa France à lui" en lui faisant croire qu'elle est le bon grain à séparer de l'ivraie. De nombreux Français qui ont élu Sarkozy l'ont fait CONTRE LEURS VOISINS. Ils représentaient la France qui se lève tôt, et non la France des flemmards qui réclament l'Etat-providence. Quand Sarkozy disait : "Aimez la France ou quittez la" aux fils d'immigrés qui ont des "griefs historiques" contre un pays qui est leur seul pays, ils se réjouissaient, et pour cause. Cette phrase, ils auraient aimé la lancer au voisin d'en face, l'intellectuel "black" ou "beur" qui la ramène tout le temps avec les histoires d'esclavage et de colonisation.
Sarkozy est d'accord avec les envolées d'un Alain Finkielkraut, qui assimile toute expression de la douleur historique des "Français issus de la colonisation" à un chantage mémoriel. Il aime les généralités et joue avec les sous-entendus racistes : le paysan africain n'est jamais entré dans l'Histoire, n'est-ce pas, et ses petits-enfants viennent nous reprocher de l'y avoir inséré avec, certes, un peu de brutalité...
Barack Obama - à qui j'ai longtemps préféré Hillary Clinton, exemple de femme politique aux convictions trempées - est l'anti-Sarkozy. Déjà parce qu'il témoigne de ses convictions sociales d'homme de gauche là où Sarkozy cherche dans la génétique une explication rassurante aux déséquilibres sociaux.
Là où il existe un antagonisme au fond artificiel, Obama fait un travail de pédagogue pour expliquer les ressentiments et appeler à leur dépassement. Alors que l'on voulait le piéger avec les déclarations violentes de son ancien pasteur sur le racisme d'une Amérique blanche qui mériterait d'être maudite, Barack prend de la hauteur et prouve qu'il peut être un réconciliateur. Prenez le temps de lire. Cela me fait penser aux plus beaux éditoriaux de Pius Njawé sur la question ethnique au Cameroun. Dans la France où Finkielkraut et Dieudonné se regardent dans les yeux remplis de ressentiment, il faudrait peut-être un Barack Obama.

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29/03/2008

Gbagbo et Jack Lang à la Rue Princesse (Yopougon)

L'info et les images chez Yoro.

Faut-il continuer à soutenir Mugabe ?

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Aujourd'hui, le Zimbabwe, économiquement exsangue, élit son président. Robert Mugabe, président sortant, est aux prises avec Simba Makoni, ancien de la ZANU-PF, son parti, et Morgan Tsvangirai, candidat du MDC, et "opposant historique".
Tout le monde prédit la victoire de Mugabe, que les médias occidentaux ne peuvent désigner sans ajouter à son nom le qualificatif "dictateur". Mugabe, nous explique-t-on, gagnera parce qu'il s'est donné les moyens de gagner. Et non parce qu'il est soutenu par le peuple.
Je me méfie de ce genre de jugements catégoriques - on en a beaucoup entendu en Côte d'Ivoire, et ils étaient complètement erronés.
L'Occident m'intéresse peu. Je m'interroge et j'interroge les Africains : doit-on continuer à soutenir Mugabe, au pouvoir depuis 28 ans, et qui veut mourir sur son fauteuil, pour la seule raison que sa lutte contre le scandale des terres est légitime ?
N'y a-t-il personne dans son parti qui peut continuer sa lutte pour la justice foncière dans son pays ?
Si l'on met de côté le combat contre un Occident qui soutient l'inacceptable - la monopolisation des terres arables par les Européens, qu'est-ce qui distingue Mugabe de Bongo ou de Biya ? N'est-il pas un "tyran éternel" comme les autres ?
Mugabe nous séduit parce que notre imaginaire politique s'abreuve à la source d'une certaine philosophie anticolonialiste, progressiste. Nous avons trop supporté les "puppets" de l'Occident pour être insensibles à une certaine forme de courage chez lui. Mais cela suffit-il ?
"Qu’est-ce qu’un homme révolté ? Un homme qui dit non. Mais s’il refuse, il ne renonce pas : c’est aussi un homme qui dit oui, dès son premier mouvement", écrivait Albert Camus dans L'Homme révolté. Nous disons non à la dictature, au néocolonialisme, à la société verrouillée.
Mais à quoi disons-nous oui ? Personnellement, je dis oui à la liberté pour l'Afrique de choisir ses partenaires dans le contexte de la mondialisation, à la conscience patriotique de nos dirigeants, à une société libérale et démocratique. Les fondements philosophiques de l'indépendantisme à l'américaine me séduisent plus qu'une vulgate marxiste devenue trop commode pour les partisans du monolithisme politique. Ce qui ne signifie pas que je suis favorable à la politique contemporaine des Etats-Unis.
Robert Mugabe est certes un nationaliste, mais il n'est pas un républicain. En République, la mort du chef sur son fauteuil est une malheureuse exception, un accident. En monarchie, c'est la loi naturelle.
Je me méfie de plus en plus des rhétoriques politiques tournant autour du "revanchisme". Une chose est de résister fermement contre l'envahisseur, une autre est de tirer profit de l'existence ou du souvenir de l'envahisseur pour s'éterniser au pouvoir. A la démarche de Mugabe, je préfère la méthode sud-africaine, qui privilégie la restauration du lien social entre les communautés - la réconciliation, donc - et la rectification patiente des inégalités, dans un environnement pacifié.

25/03/2008

RDC : quelque chose d'important se joue

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A tous ceux qui veulent comprendre les enjeux contemporains de la République démocratique du Congo (RDC), et qui sont soucieux de décrypter la « politique des puissances » dans les riches pays miniers d’Afrique, je conseille avec enthousiasme le blog de la journaliste belge Colette Braeckman. Je ne cache pas que son livre «Les nouveaux prédateurs» a été pour moi une bénédiction : il m’a permis de mieux comprendre les logiques diplomatiques et économiques en œuvre en Côte d’Ivoire depuis septembre 2002.
Ces derniers jours, elle nous parle d’un sujet d’une importance stratégique inversement proportionnelle à la place qu’il occupe dans les médias : les grandes tractations autour des fabuleuses richesses naturelles du pays de Lumumba. Elle nous raconte une histoire qui est une parabole de notre temps.
Tout a commencé avec la création, par le Premier ministre Antoine Gizenga (figure historique du nationalisme congolais), de la commission de revisitation des contrats miniers que le pays a signé pendant la période de la transition avec de nombreuses firmes internationales, pour la plupart occidentales. L’alarme est venue d’un fait : les ressources minières ne contribuent au budget de la RDC qu’à hauteur de 6%, cinq fois moins que ce qu’elles rapportaient en 2002, c’est-à-dire en pleine guerre !
Comment cela a-t-il été possible ? Colette Braeckman explique :

«Alors que le gouvernement congolais a besoin urgent de ressources fraîches pour entamer la reconstruction du pays, le ministre de l’Economie et du Commerce, André Philippe Futa a relevé que la contribution du secteur minier était bien inférieure aux attentes, ne dépassant pas 6% du budget national, contre 30% en 2002, dans un contexte de guerre et de croissance négative ! Cette faible contribution est d’autant plus scandaleuse qu’au Katanga qui connaît un véritable boom économique, 1644 titres miniers ont été délivrés, et que le cours du cuivre, qui était de 4000 dollars la tonne voici quatre ans, dépasse aujourd’hui les 8000 dollars. Le processus de révision des contrats entamé l’été 2007 avait fait apparaître que sur 60 premiers contrats passés au crible, cinq seulement étaient déjà en phase de production, six en «étude de faisabilité» et que les titres couvrant 49 autres contrats devaient faire l’objet d’un examen approfondi pouvant mener soit à une renégociation, soit à une annulation pure et simple.
Les griefs retenus à l’encontre des sociétés étrangères sont multiples : dans certains cas, alors qu’elles se trouvaient simplement au stade de la prospection, de l’étude des gisements, des sociétés avaient déjà commencé à exploiter discrètement, envoyant à l’étranger des semi-remorques chargés d’ « échantillons ». Dans d’autres cas, le périmètre concédé avait été indûment étendu, au détriment de zones qui devraient être réservées aux artisans-creuseurs, en empiétant sur des propriétés villageoises ou en rognant sur des zones naturelles, et cela alors que le Congo se prépare à multiplier les « puits de carbone » c’est à dire des réserves boisées.
De manière générale, les contrats aujourd’hui jugés léonins ont systématiquement sous estimé l’apport congolais (valeur des concessions et capacités des équipements existants) et surestimé l’apport financier des intervenants extérieurs. Ces derniers, en plus, ont bénéficié d’importantes exonérations fiscales, s’étendant quelquefois sur une période de trente ans.
En plus de ces contrats inégaux, la fraude pure et simple prive le pays d’importantes ressources financières, plus de 90% des exportations de la RDC étant illégales ou incontrôlées.
Le ministre des Mines, M. Martin Kabwelulu a déclaré qu’au total, 4.542 titres miniers avaient été octroyés à 642 sociétés sur l’ensemble du territoire national, et que les concessions couvertes par ces titres couvraient 33% du territoire du pays.
Autrement dit, durant la période de transition, un tiers du Congo a littéralement été vendu, et cela sur base de photos aériennes et de cartes géologiques dont certaines étaient vendues par le Musée de l’Afrique centrale à Tervueren.
Plusieurs conclusions ont été tirées à l’issue de ces états généraux : si le socle du code minier, très libéral et qui avait été adopté durant la période de transition avec les conseils et le soutien actif de la Banque Mondiale demeure valable, certaines de ses clauses devront être réexaminées. Le rapport demande, entre autres, l’extension de la part de l’Etat dans le capital des sociétés minières mixtes, une meilleure spécification de la répartition des compétences entre le Ministre des Mines et les Ministres provinciaux, la prise en compte des populations locales, le gel des concessions et une lutte implacable contre la fraude. Un cahier des charges devra définir les relations entre les populations locales et les titulaires des droits miniers.»


Affolant, n’est-ce pas, que la logique de pillage soit allée aussi loin dans le pays ? Bien entendu, il est légitime de se demander qui est responsable de cette gabegie. « Le Congo ne s’est pas pillé tout seul », affirme Braeckman.

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« Mis à jour grâce à l’obstination du Premier ministre Gizenga (visiblement moins endormi que ne le disent les chancelleries…), le scandale des contrats miniers éclabousse tout le monde. Certes, durant la période de transition qui a précédé les élections, les ressources du pays ont été bradées par les autorités en place, impliquées à tous les niveaux: des conseillers de Kabila sont cités, mais ils avaient l’aval de Bemba en charge de l’Economie et des Finances, les ministres des Mines successifs ont fermé les yeux, les fonctionnaires ont laissé faire et ont touché leur commission.
Mais durant cette période intermédiaire qui a succédé à huit années de guerre et d’occupation et deux décennies d’affaiblissement de l’Etat, les Congolais n’étaient pas seuls: ils se trouvaient pratiquement sous la tutelle de la «communauté internationale» (c’est à dire essentiellement les Occidentaux) qui animait le CIAT (Comité d’accompagnement de la transition), soutenait la Mission des Nations unies au Congo et appuyait la Banque Mondiale. Cette dernière ne se contenta pas seulement d’assurer (avec un succès très relatif) la démobilisation des belligérants, elle participa à la rédaction du Code Minier et du Code forestier, en dicta les termes très libéraux et surveilla l’application des dispositions. Mais sans mesurer à quel point un Etat affaibli, une administration défaillante et sous payée étaient incapables de faire respecter la loi et de protéger la population contre les prédateurs en col blanc qui succédaient aux pillards en uniforme des années de guerre. »


Dans ce contexte de désenchantement des Congolais, qui ne croient plus aux discours de leurs élites, encore moins à ceux de la fameuse « communauté internationale », qui n’est en réalité que la « communauté occidentale », bonne conseilleuse mais pas bonne payeuse, la Chine fait une entrée fracassante dans le secteur minier congolais. L’Empire du milieu a opté pour une formule-choc : les « contrats de troc ». Infrastructures contre matières premières. Les Occidentaux hurlent, pestent, mettent en garde de manière très paternaliste contre les envahisseurs chinois qui ne seraient, ô scandale, intéressés que par les richesses naturelles de l’Afrique.
Mais la logique de troc vaut mieux que la logique de la prédation entretenue par les élites africaine et occidentale pendant de nombreuses années. En matière de communication, elle est d’une redoutable efficacité. Quand on pense aux Chinois en Côte d’Ivoire, on pense au Palais de la Culture et à la Maison des députés de Yamoussoukro, construite alors que tout l’Occident avait tourné le dos au pays. Quand on pense aux Français, on pense à la force Licorne, au massacre de l’Hôtel Ivoire, aux accords de Linas-Marcoussis, aux accords de coopération écrits en 1961, et autrement plus léonins que ceux que la Chine signe aujourd’hui.
Colette Braeckman conclut un de ses articles sur les contrats miniers par une phrase pleine de bon sens : « Les Chinois, demain, ne seront peut-être pas meilleurs que les tuteurs d’hier. Mais ils ne seront sans doute pas pires non plus. »
L’Afrique ne doit plus attendre de sauveur. Son avenir se trouve en elle, et elle est capable du meilleur comme du pire.

Photo 1 : Colette Braeckman et le Premier ministre Antoine Gizenga.
Photo 2 : L'usine de Gecamines au Katanga.

21/03/2008

Afriktag, par Théophile Kouamouo

L'idée de la "chaîne de tags" que j'essaie de mettre en place ici vient très clairement du succès du "buzz" consistant, pour chaque bloggeur "taggué", à donner six infos d'importance relative sur sa personne et à "tagger" six autres bloggeurs. Ce "buzz" m'a permis de visiter plusieurs blogs pour la première fois et de découvrir les bloggeurs "taggués" par ceux que je connaissais déjà. Enrichissant, donc.
Je me suis dit : "Pourquoi ne pas continuer les découvertes ? Pourquoi ne pas utiliser ce type de formules pour partager plus que six choses sans importance sur nous ? Pourquoi ne pas en profiter pour essayer de faire la promotion de l'Afrique, continent encore peu connecté, sur la blogosphère ?"
J'ai imaginé une "chaîne de tags" dont le principe est le suivant :

- Il s'agit de susciter des posts sur les blogs, la littérature et la musique africaine, mais aussi d'avoir un max d'infos sur les usages du web 2.0 par les bloggeurs afro-orientés.

- Il s'agit de "tagger" des bloggeurs afro-orientés, c'est-à-dire qui s'intéressent à l'Afrique, qu'ils soient d'origine africaine ou non. Pas d'exclusion, donc. Est afro-orienté tout bloggeur qui se considère, d'emblée ou après réflexion, comme afro-orienté.

- Chaque bloggeur "taggué" doit citer trois blogs afro-orientés qu'il aime visiter et/ou trois auteurs africains (ou afro-orientés) qui l'ont marqué et/ou trois musiciens africains (ou afro-orientés) qu'il aime bien. On peut évoquer les trois thèmes à la fois, deux thèmes, un thème (par exemple, seulement les musiciens).

- Chaque bloggeur "taggué" doit lui-même "tagger" trois autres bloggeurs "afro-orientés".

- Chaque post sur ce sujet doit commencer par "afriktag", le mot n'est pas encore référencé par Google, on peut donc faire main basse dessus, et retrouver facilement tous les billets écrits dans le cadre de notre opération.

Bien entendu, je commence.

Trois blogs afro-orientés que j'aime bien visiter.

- Le blog de Nino, parce qu'il est celui qui m'informe le mieux et dont je partage le plus la sensibilité sur le Cameroun.

- White African, bien que je décroche un peu ces derniers temps, parce qu'il m'informe bien sur l'actualité web 2.0 dans la partie de l'Afrique la plus en avance dans ce domaine, l'Afrique anglophone.

- Le blog de Delugio, parce que son regard sur les relations franco-africaines est lucide, engagé et généreux.

Trois auteurs africains qui m'ont marqué.

- Mongo Beti, pour sa verve truculente, son engagement courageux et infatigable, et pour relever son honneur bafoué par une France littéraire qui l'a toujours regardé comme un animal curieux.

- Tierno Monénembo, pour son humour.

- Patrice Nganang, pour son exigence intellectuelle et son souci de dire le mot juste, de témoigner de son temps.

Trois musiciens africains que j'aime bien.

- Wasis Diop, pour sa poésie, à l'heure où entre coupé-décalé et rumba congolaise, on ne s'entend plus...



- Richard Bona, qui me rend fier d'être Camerounais, à un moment où la musique de ce pays se vautre dans une médiocrité sans nom.



- Marcel Boungou, chantre chrétien inspiré et plein de force, qui m'entraîne toujours dans l'adoration.



Les trois bloggeurs que je taggue :

- Djé.
- Zwan.
- Edouard Tamba.

J'espère que notre chaîne va être très longue, et que nous serons des agents culturels du continent dans la blogosphère. Allez, faisons un effort ! Merci d'avance.

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Françafrique : pour aller plus loin sur l'affaire Bockel

L'article de Rue 89 qui révèle que Bongo, Biya et Sassou ont appelé Sarkozy pour réclamer la tête de Bockel sur un plateau d'argent.
Et un bon paquet d'articles et de commentaires de blogs sur l'affaire Bockel grâce à Wikio.

16:11 Publié dans Vite dit ! | Lien permanent | Commentaires (0)

Jean-Marie Bockel, le sacrifié

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Dans la France de Nicolas Sarkozy, c'est une mauvaise manière que d'affirmer que l'on veut "signer l'acte de décès de la Françafrique". C'est un acte de délinquance que de donner des sueurs froides au père Omar Bongo Ondimba, très nerveux ces derniers mois, ou au camarade Sassou.
Jean-Marie Bockel vient de le comprendre. A l'occasion du dernier remaniement ministériel, il a été débarqué du lieu d'où il entendait écrire l'épitaphe du néocolonialisme à la française. Il est désormais chargé de gérer les Anciens Combattants. Retour vers le passé donc, pour celui qui se rêvait l'homme du futur et de la rénovation.
Le "délit" de Jean-Marie Bockel est contenu dans une tribune libre publiée dans Le Monde le 15 janvier 2008. Il y écrivait :

"C’est justement parce que je suis un ministre d’ouverture et que j’ai adhéré au discours de Nicolas Sarkozy sur l’Afrique que je souhaite que les choses changent. Or la rupture tarde à venir. Il y a encore trop de rentes de situation, trop d’intermédiaires sans utilité claire, trop de réseaux parallèles pour permettre un partenariat assaini, décomplexé, d’égal à égal. La "Françafrique" est moribonde. Je veux signer son acte de décès. Il ne s’agit pas de faire la morale, mais d’aider au développement. Or, à cause de défauts de gouvernance dans certains pays, notre politique de coopération, malgré de multiples réalisations, ne permet pas des progrès à la hauteur des efforts consentis. (...)
La mauvaise gouvernance, le gaspillage des fonds publics, l’incurie de certaines structures administratives ou politiques, la prédation de certains dirigeants, tout le monde connaît ces facteurs ou les imagine. Au total, sur 100 milliards de dollars annuels d’aide pour l’Afrique, 30 milliards s’évaporent. Certains pays ont d’importantes ressources pétrolières, mais leur population n’en bénéficie pas. Est-il légitime que notre aide soit attribuée à des pays qui gaspillent leurs propres ressources ? Il faut donc revoir les conditionnalités, évaluer l’efficience de notre aide."


Comment Jean-Marie Bockel se sent-il aujourd'hui ? Affectant de rester droit dans ses bottes, il dit ne pas retirer un mot sur la Françafrique. Il n'empêche qu'il n'est plus dans le circuit...

Et Robert Solé consacre, à lui et à son ambition contrariée, un billet court, ressemblant justement à une épitaphe...

"Contre son gré, Jean-Marie Bockel passe du secrétariat d'Etat à la coopération à celui des anciens combattants. Il essaie de s'en consoler et de faire bonne figure en soulignant sa "passion pour la défense". Est-ce bien à propos ? On ne lui demande pas de concocter des plans d'invasion, mais, après avoir combattu pour la coopération, de coopérer avec d'anciens combattants.


Les autorités gabonaises se frottent ouvertement les mains. Le soldat Bockel avait beaucoup déçu certains potentats africains en réclamant des relations moins tordues entre la France et ses ex-colonies.

Les secrétaires d'Etat passent ; les chefs d'Etat restent. Président du Gabon depuis 1967, Omar Bongo déclarait récemment : "Je serai candidat en 2012 si Dieu me donne encore la force." Il n'a pas précisé ses intentions pour 2019, mais tout indique que seul le Tout-Puissant pourrait le soustraire à son devoir. N'oublions pas que si l'Afrique est le plus jeune des continents par l'âge moyen de sa population, c'est aussi le plus vieux : les premiers hommes y seraient nés il y a 100 000 ans, bien avant la Coopération."

On ne peut s'empêcher de comparer Jean-Marie Bockel à Jean-Pierre Cot, premier ministre de la Coopération sous François Mitterrand, sacrifié sur l'autel de la Françafrique. Ironie du sort, Bockel se croyait plus malin que Cot :

"C’est un vieil ami. Il s’est vite isolé et n’a pas forcément fait la bonne analyse. Moi, je suis avant tout un pragmatique. Je sais gérer les gens, les budgets, les contradictions."

00:45 Publié dans Vite dit ! | Lien permanent | Commentaires (8)

19/03/2008

Tene Sop : "le régime camerounais est aux abois"

5a33c4086d5812de4b433d4a4f3bdaed.jpgDans une interview au Messager, Guillaume Tene Sop, membre-fondateur du CODE, le mouvement qui rassemble l'opposition camerounaise en exil, désormais ennemi public numéro un à Yaoundé, affirme : "Nous allons travailler à un isolement de ce régime violent et sanguinaire. Et nous sommes sûrs d’y parvenir". De quoi alimenter la paranoïa du pouvoir Biya.
Pour l'intégralité de l'interview, cliquez ici.