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29/02/2008

Sarkozy au Cap pour corriger l'affront du discours de Dakar ?

Ci-dessous, l'intégralité de l'intervention du président français Nicolas Sarkozy au Parlement sud-africain. Qu'en pense le village ?

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Madame la Présidente
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
Je voudrais vous dire mon émotion de parler devant le Parlement d’un pays
qu’en France nous admirons, je veux dire votre pays, l’Afrique du Sud.
Avec le recul, le vingtième siècle apparaît comme l'un des siècles les plus
brutaux de l'histoire de l’humanité. Le vingtième siècle pour l’humanité ce
fut : deux guerres mondiales, un génocide, la shoah, des dictatures, des
exilés.

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Crise au Cameroun : pour ceux qui veulent aller plus loin

Difficile de se tenir informé quand la situation est aussi volatile. Mais pas désespéré, dès lors qu'on est assez organisé.

Pour avoir toute l'info en vrac et en temps réel, ce lien, qui peut aussi se transformer en "widget" dans votre lecteur de flux RSS :
http://www.wikio.fr/international/afrique/cameroun

Pour le live-blogging et l'info citoyenne, rendez-vous chez Nino.

Pour une analyse plus militante, ne pas oublier de consulter le blog du Conseil national de la résistance (en exil), très informé sur ce qui se trame au pays et dirigé par un vieux routier du Parlement étudiant dont la flamme ne s'est heureusement jamais éteinte, Guillaume Tene Sop. Tene Sop est assurément une des personnes qui compteront dans le Cameroun de demain.

Emeutes au Cameroun : le temps des analyses (2)

Comme promis, mon analyse de la situation camerounaise de ces derniers jours.
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La langue française est riche de plusieurs mots pour qualifier les événements tragiques qui se sont déroulés - ou se déroulent, c'est selon - depuis samedi dernier au Cameroun. On pourrait évoquer la réalité la plus tangible et parler d'émeutes. On peut aussi parler d'actes de vandalisme et de vandales, comme le fait abondamment le pouvoir Biya et ses porte-voix pour tenter de tracer arbitrairement une frontière du Bien et du Mal, et se placer opportunément du côté du Bien. On peut être dur envers le clan qui gouverne le Cameroun, et déplorer ses énièmes actes de "juvénocide", car cela fait quelques années que ce pouvoir immole des jeunes Camerounais dès le moindre début de contestation et fait gicler des litres de sang destinées à agréer on ne sait quelle ordre ésotérique maléfique.

Mais s'il est un mot qui résume le mieux ce que nous avons observé, l'âme stupéfiée et le regard incrédule, c'est bien celui de "tournant". Les jours qui viennent de se passer ont changé le visage du Cameroun contemporain, et pour longtemps. Les adeptes de la méthode Coué qui déambulent entre le Palais d'Etoudi et les immeubles ministériels du Centre administratif de Yaoundé ne doivent pas se faire d'illusions. Le pays a changé de face. Et une ère pleine d'incertitudes s'ouvre.

En réalité, ce n'est pas la grève contre la "vie chère" qui a été déterminante. Ce ne sont pas les émeutes de la faim en elles-mêmes qu'il faut retenir. Il faut prendre en compte toute la richesse de la photographie impitoyable du Cameroun que ce moment fort nous offre. C'est une véritable révolution du regard que nous sommes obligés d'opérer.

Jusqu'à présent, une majorité d'observateurs s'accordaient sur un certain nombre de certitudes concernant le Cameroun. Le pays était certes dirigé depuis plus de vingt-cinq ans par un roi fainéant à la légitimité plus que relative, mais ses opposants étaient tout aussi taiseux et amorphes que lui, ce qui établissait un certain équilibre fondé sur une mollesse politique généralisée. Le pays était certes très mal dirigé, les classes créatives étaient houspillées par une administration fiscale en guerre permanente contre les entrepreneurs pour de basses raisons tribales, la méritocratie avait foutu le camp et la "reproduction des élites" battait son plein avec insolence. Mais la bourgeoisie camerounaise, veule et corrompue, ne représentait un grand danger pour personne. La jeunesse désoeuvrée et frustrée était nombreuse, mais les campus et les quartiers n'arriveraient jamais à organiser une contestation structurée. Bref, les endimanchés de l'oligarchie locale pouvaient encore, jusqu'à la mort de Paul Biya, se persuader que l'expression "la fin de l'Histoire", rendue célèbre par Francis Fukuyama, s'appliquait à leur pays - quand bien même cette "fin de l'Histoire" n'avait pas été le fruit des progrès de la démocratie et du libéralisme. Le Cameroun était un pays stable, et c'était bien suffisant.

Le mythe du loyalisme de Yaoundé est tombé

Et puis... paf ! Le pays s'est réveillé avec la gueule de bois, tétanisé. Malgré la faiblesse de l'opposition, l'atonie de la société civile, l'absence de voix estudiantines fortes, quelque chose s'est passé.
L'opposition et la société civile ont certes été neutralisées, mais pour mieux laisser place à une armée de "sans-culottes" au ventre vide, à une légion d'adolescents dont on sent qu'ils peuvent facilement se transformer en "kadogos" et en "small soldiers" à la solde d'un mouvement, de tout le monde ou de personne. On s'est rendu compte que quand l'Histoire est fatiguée de bégayer, elle invente des figures de style inquiétantes mais bien réelles, qui peuvent couper le souffle à un homme qui, il y a peu, nous donnait rendez-vous dans vingt ans et se préparait à modifier la Constitution pour mourir au pouvoir et laisser à ses compatriotes le soin d'arranger ce qu'il a mis des décennies à gâter.
Les yeux écarquillés, l'on a vu disparaître le mythe du "loyalisme" de Yaoundé. Voilà une ville qui n'a pas cédé aux sirènes des "villes mortes" il y a quinze ans, maintenant ainsi le chef au pouvoir. Aujourd'hui, elle se "normalise" pour mieux inquiéter le même chef.
L'âme triste, l'on s'est convaincu définitivement que Paul Biya, qui a pris la parole mercredi dernier, dans une désinvolture mémorable, n'est pas un homme d'Etat. Un homme d'Etat parlant à l'occasion d'émeutes de la faim aurait forcément eu des mots de compassion, d'encouragement et de recadrage pour convaincre son peuple, voire la branche la moins politisée des manifestants, de lui donner l'opportunité de s'attaquer en profondeur aux défis de la "vie chère". Un patriote aurait regardé son peuple dans les yeux, et lui aurait, avec pédagogie, expliqué un contexte régional belliqueux, une situation internationale explosive et des cours mondiaux du pétrole qui prennent l'ascenseur pour mieux appeler à l'union sacrée au chevet de la "mère-patrie". Après cela, sa charge contre les "apprents-sorciers" aurait fait douter d'éventuels comploteurs.

L'urgence d'une alternative crédible

Biya n'a pas fait cela. En révoltant le peuple, il a donné une occasion en or à une nouvelle opposition d'émerger.
Il ne faut pas se leurrer. La fin des manifestations ne sera que le commencement des douleurs si - comme cela est prévisible - Biya refuse de renoncer à un énième mandat et de créer les conditions d'une démocratisation véritable de son pays.
Les émeutes du Cameroun auront un effet psychologique certain. Le pays peinait déjà à attirer les investisseurs étrangers. Il devra faire face à un désinvestissement brutal. Qui osera acheter une entreprise publique ou investir des capitaux privés dans un pays sans perspectives où la réalité du malaise politique et social explose de manière aussi brutale, entre des jeunes qui n'ont plus peur et un pouvoir qui n'a jamais eu peur de tuer ? Sans investissements massifs, comment répondre au défi énergétique, par exemple ?
Paul Biya ne pourra plus dire aux partenaires extérieurs du Cameroun qu'il veut modifier la Constitution parce que son bon peuple lui demande pardon à genoux.
Le roi est nu.
La dictature molle se durcit.
Les années qui viennent seront difficiles. Le Cameroun ne fera pas l'économie d'un passage par le feu. Mais il sera moins difficile si dès aujourd'hui et en toute urgence, des forces patriotiques et alternatives ont assez de courage et de sens politique pour canaliser les mécontentements légitimes des Camerounais, structurer leurs revendications, construire, au-delà de la politique, un mouvement civique puissant et respecté.
Car il faut bien traiter le symptôme le plus grave de ces derniers jours : la crise de la représentation.
Le pouvoir n'est pas légitime et n'est pas écouté.
L'opposition est discréditée et n'est pas écoutée.
La société civile est émiéttée et n'est pas écoutée.
C'est bien là le scandale central.

Emeutes au Cameroun : le temps des analyses (1)

f613009fe64725277d1943d21ea83f00.jpgAlors que la situation insurrectionnelle au Cameroun semble plus ou moins se calmer (pour se dégrader rapidement ?), place à l'analyse. Demain, je vous livrerai mes réflexions sur le sujet. Mais avant, je vous propose celle, très pertinente - comme d'habitude - de notre doyen Pius Njawé, publiée dans Le Messager et sur Rue 89. Un petit extrait, et deux liens.

"Une nouvelle génération de contestataires se forme. Une armée d'enfants.

En tout cas, cette répression sauvage qu’on oppose à l’ardent désir du peuple à s’exprimer à sa manière (pacifique) sur une question aussi essentielle que la modification de la Loi fondamentale de notre pays, est de nature à faire exploser des frustrations longtemps accumulées.

Et le spectacle de ces enfants de 8 à 12 ans faufilant dans les quartiers pour ravitailler en pierres, gourdins et autres morceaux de bois leurs aînés du “front” montre bien comment une nouvelle génération de contestataires est en train de se former sous nos yeux; une véritable armée d’enfants soldats que nous risquons d’avoir du mal à contrôler demain, alors que nous les aurons préparés à cela en utilisant nos armes pour réduire au silence leurs parents aux mains nues.

Autant rappeler à tous ceux qui, dans ce pays, continuent à penser que la force brutale et la répression aveugle sont les seuls arguments à opposer à ceux qui veulent s’exprimer sur certaines questions de la vie nationale, que s’ils ne se trompent pas de pays, ils se trompent sûrement d’époque et d’adversaires."

L'article de Pius Njawé en entier dans Le Messager, et un peu "coupé" sur Rue 89.

27/02/2008

Chavez va-t-il faire tomber des têtes couronnées en Afrique ?

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Hugo Chavez, tête forte de l'OPEP, et ses amis du cartel pétrolier savent-ils qu'à Ouagadougou et à Yaoundé, les marabouts officiels doivent les maudire et mettre en branle leurs canaris les plus maléfiques pour les anéantir ?
En tout cas, les records atteints par le prix du baril coincident avec des manifestations d'humeur au Burkina Faso - d'où je reviens d'un voyage éclair - et au Cameroun - dont je suis originaire.
A Ouagadougou, Dominique Strauss-Kahn, venu participer à un sommet UEMOA-FMI, a dû recevoir une revue de presse complète des manifestations violentes organisées à Bobo-Dioulasso la frondeuse contre ce qu'on appelle au pays de Yennenga "la vie chère". Les éditorialistes burkinabé ne sont pas tendres envers les programmes d'ajustement structurel et les contraintes qu'ils impliquent. Ils indexent assez peu, en réalité, le prix du carburant et de l'énergie, qui épuise particulièrement ce pays sahélien qui ne produit pas une goutte de pétrole et prie tous les jours pour l'interconnexion avec les réseaux électriques des pays côtiers voisins - dont la Côte d'Ivoire.
Au Burkina Faso, une "star" de la lutte contre la vie chère, syndicaliste sankariste connu de tous, Nana Thibault, tient le haut du pavé et menace. La contestation a un visage, quand bien même certains observateurs accusent le ministre de l'Agriculture et âme damnée du régime plus ou moins en disgrâce depuis que le pays veut se racheter une conduite, d'instrumentaliser le mouvement pour obtenir la tête du Premier ministre Tertius Zongo, que les manifestants ont dans leur collimateur.
Au Cameroun, c'est le brouillard total. Les syndicats de transporteurs qui avaient lancé un mot d'ordre de grève suite à l'augmentation des prix du carburant à la pompe sont dépassés par les événements. Une colère sans visage agite les principales villes du pays - en dehors de celles du Grand Nord, qui "bénéficient" de l'éloignement géographique. Que veulent les manifestants ? Ils ne sont pas prêts à "déposer les armes" après la décision de réduction de 6FCFA du prix du carburant - indiquant, à juste titre, que la mesure est dérisoire juste après une augmentation de 16FCFA. Ils invoquent une flambée de prix qui est généralisée, mais posent également - et surtout - la question de la nature du régime. Ils ne veulent pas que Paul Biya, roi fainéant à la tête du pays depuis le 6 novembre 1982, tripatouille la Constitution pour vivre éternellement dans sa "planque" du palais d'Etoudi.
Mais tout cela n'est guère rassurant : comment se fait-il qu'un mouvement sans tête politique ait des revendications politiques ? Quels sont les intérêts qui, dans l'ombre, agitent le pays ? Il y a des risques que des "barons" du pouvoir Biya, apeurés par l'opération Epervier, qui a déjà conduit plusieurs des leurs en prison pour détournement de fonds, instrumentalisent la colère légitime du peuple pour "effrayer" un chef qui se préparerait à les lâcher, si l'on en croit les "fuites" provenant des services du ministre de la Justice, Amadou Ali, qui mettraient en cause des "baos" parmi les "baos", notamment le ministre... de la Défense !
Comment se retrouver dans ce capharnaüm ? Et puis, franchement : ces émeutes de la faim sont-elles objectivement le résultat de la hausse record du prix du baril ou d'une lente paupérisation organisée par des élites jouisseuses et égoïstes ? Nos têtes couronnées sont-elles victimes de la surenchère de Chavez et de ses amis ou de leurs propres turpitudes ? Personnellement, je penche pour la deuxième hypothèse. Les peuples ne sont pas fous. LES PEUPLES COMPRENNENT LES DIRIGEANTS QUI LES COMPRENNENT.

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23/02/2008

Les forces spéciales françaises font leur promo en falsifiant les événements de novembre 2004

A toutes fins utiles, rappelons qu'au terme de l'occupation d'Abidjan par l'armée française (notamment les forces spéciales - le COS - dont les snipers ont semé la mort à l'Ivoire), il y a eu 64 morts ivoiriens et zéro mort français.
Rappelons également que le COS a joué un rôle monstrueux lors du génocide rwandais de 1994.
Rappelons que le général Henri Poncet, le boucher de l'Ivoire, a été patron du COS.
Et regardons cette vidéo indécente.

21:34 Publié dans Vidéo | Lien permanent | Commentaires (13)

22/02/2008

Ange Djédjé, fonctionnaire ivoirien, raconte son expulsion de France dans Frat-Mat

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Que vous est-il arrivé en France pour que vous soyez expulsé?


Je précise que je n’ai pas été expulsé. Ce sont des malentendus. Pour être expulsé, il faut vivre en France. Moi, je vis à Abidjan. Je ne travaille pas en France, je ne suis pas immatriculé en France. C’est dans le cadre familial que je suis allé dans ce pays.



La France, pour augmenter le nombre d’immigrés à expulser, a donné un quota à chaque préfecture. Les policiers ont des primes pour exécuter cette tâche. Ils peuvent vous interpeller même à l’aéroport, dans un rang en train de remplir les formalités d’embarquement. Ils vous demandent alors de les suivre, de ne plus rentrer chez vous et de vous mettre à la disposition de la police française, italienne ou allemande.



Dieu a voulu que l’opinion nationale et internationale sache comment les Africains sont traités en France. Et j’ai vécu cette mésaventure.



A Abidjan, quelle est votre occupation?


Je travaille à Abidjan depuis 22 ans, j’ai ma famille ici, je suis dans la fonction publique.



Pouvez-vous nous dire ce qui vous est concrètement arrivé en Europe?


Au départ, je n’avais pas affaire à la police française, puisque je n’étais pas en France. J’étais dans un rang à l’aéroport, en Italie, avec mes bagages pour revenir à Abidjan. Et comme je vous le disais tantôt, les services de l’immigration en France étant assujettis à des quotas, quand l’Italie prend un Africain, au lieu de l’expulser, elle l’envoie en France.



L’Italie paie des primes aux policiers français venus chercher cet immigrant. Quant à la France, elle se charge de l’expulser pour le comptabiliser dans les statistiques d’expulsions en fin d’année.



Pour quelles raisons, selon vous?


C’est pour dire qu’elle diminue l’insécurité. Je vais plus loin pour dire que l’immigration n’a rien à avoir avec l’insécurité.



Les Africains qui vont en France, c’est pour y travailler. Mais pas pour poser des bombes. Les Africains sont des racailles, donc il faut les balayer. Munis de papier ou pas, il faut les enlever du territoire français.



Etiez-vous le seul à l’aéroport en Italie à être interpellé?


Un certain nombre de Noirs avaient été interpellés en même temps que moi. On m’a demandé de donner mes papiers. Ce que j’ai fait en même temps que mon billet d’avion. Comme je ne parle pas l’Italien, je me suis retrouvé dans un engrenage. Ce pays me renvoie en Suisse, à la frontière française.



Pourquoi en Suisse?


Tout simplement parce que de l’Italie, pour aller en France, il faut passer par la Suisse. C’est la procédure.



Au moment de votre interpellation en Italie, aviez-vous vraiment vos papiers en règle?


Depuis 1984, je vais souvent en Europe. Je n’ai jamais eu de problème. J’étais en règle. Si non je n’entrerais pas dans un territoire.



Que s’est-il passé quand vous êtes arrivé en France?


En France, je pouvais m’exprimer en Français. J’ai dit aux responsables de l’immigration que je voulais rentrer chez moi. Je me suis laissé dire que c’est une procédure d’expulsion qui doit suivre son cours. De fait, je devais être gardé pendant 24 heures, avant d’être présenté au préfet. Qui allait décider si je devais rentrer en Côte d’Ivoire ou être maintenu dans un centre de rétention.



Un centre de rétention…


Je leur ai demandé ce que c’est qu’un centre de rétention. Ils m’ont dit que c’est un endroit où on garde des immigrés en situation irrégulière en Europe avant de les renvoyer dans leurs pays respectifs.



Je me suis retrouvé dans ce centre de rétention. A la justice, j’ai demandé à rentrer étant donné que j’avais mon billet. Le juge m’a dit que je n’avais pas d’adresse en France, donc il ne pouvait pas me laisser en liberté.



Dans ce centre, comment a été organisé votre rapatriement?


J’ai alors appelé mon épouse et un ami qui est au Canada quand mon téléphone portable m’a été remis. Mon ami du Canada a divulgué l’information sur l’Internet. Alors l’AFP, France Inter et plusieurs radios ont diffusé cette information.



Notre Consul a dit au préfet du Doubs qu’il n’était pas normal qu’on retienne quelqu’un qui devrait circuler librement. L’Association des Ivoiriens résidant au Doubs s’est rendue spontanément au centre. Pour dire aux responsables de la préfecture: «vous n’êtes pas dans vos droits».



La préfecture a reconnu qu’elle était en erreur. Mais qu’elle était assujettie à un quota d’expulsés. A 5h du matin, on m’a dit: «on ne vous menotte pas, vous allez rentrer dans votre pays, parce que vous êtes en règle». Je leur ai demandé «qui prend mon billet en compte?» On m’a répondu: «c’est l’Etat français». Ainsi je suis revenu à Abidjan tranquillement mercredi.



Interview réalisée par Ernest Aka Simon

21/02/2008

Débat sur le Tchad des rébellions chez Claude-Franck About

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Débat sur le ballon d'Or africain 2007 chez Claude-Franck About

Emission enregistrée le 6 février 2008.

14:25 Publié dans Vidéo | Lien permanent | Commentaires (2)

20/02/2008

L'affaire Ange Djédjé irrite les blogosphères française et ivoirienne

a67f5383767bdd02112a49fff4822b68.jpgOn aura tout vu. Nicolas Sarkozy et son gouvernement, incapables de résoudre la question du "pouvoir d'achat" des Français, espèrent les séduire en valorisant leur bilan en matière de traque des étrangers et de reconduite des sans-papiers à la frontière. Il faut faire du chiffre, montrer qu'on expulse à tour de bras, qu'on protège la France de l'invasion. Visiblement, les efforts faits pour chasser le maximum d'étrangers ne suffisent pas. Il faut tricher et faire passer des touristes pour des sans-papiers dès qu'ils dépassent d'un ou de deux jours la date d'expiration de leur visa.
Ainsi d'Ange Djédjé, ressortissant ivoirien en voyage en Italie, placé en centre de détention administrative en Alsace alors qu'il était en possession de son billet d'avion pour rentrer dans son pays. Pour des raisons politiciennes, l'administration française aurait préféré qu'il voyage aux frais de l'Etat, avec escorte, et soit comptabilisé parmi les expulsés.
Histoire rocambolesque, que la blogosphère ne se prive pas de commenter. En France, l'on met en lumière les coûts occasionnés par de telles attitudes, au moment où le pouvoir d'achat est au plus bas. "Les caisses sont vides, c'est la faute des étrangers", ironise le Journal d'un avocat pour montrer les impasses et le ridicule d'un certain discours de droite et d'extrême-droite.
Le célèbre Versac dénonce "l'absurdité éloquente de certaines applications ubuesques du droit des étrangers" et estime que c'est une "honte".
Côté africain, notre ami Ben se lâche. J'aime bien son indignation, même si je trouve qu'il exagère en comparant la "chasse aux Noirs" actuelle aux rafles du temps de la Shoah, et que cela dessert son post.

Mon opinion sur Sarkozy et ses hommes de main est faite : cet homme est un immense danger public, s'il avait connu les 15è et 16è siècle il aurait été indiscutablement du côté des champions négriers les plus zélés que le monde ait connu.

A défaut d'y avoir été son tempérament, ses convictions, ses tics, sa pensée donnent à se convaincre qu'il en a hérité des gènes, que son ADN en est encore fortement imprégné.

L'actualité abonde ces derniers jours d'une campagne de rafles, de chasse au nègre sans précédent si ça n'est celle orchestrée par les nazis à l'égard des juifs de France sous Vichy.

Le négrier qui somnole en l'homme aurait-il fait corps avec le revanchard maladroit pour régler son compte à l'Homme Noir ?

Cet homme a tout pour être méprisable, garder le silence fasse à cette bêtise qui se construit sous mes yeux m'aurait été insupportable.


Manque de pot pour Brice Hortefeux : cette honteuse affaire Djédjé survient durant la semaine où il croyait faire une bonne opération de com' auprès des Africains d'Afrique et de France à travers une interview dans Jeune Afrique. Mais la com' n'est pas toute-puissante : avec toute la bonne volonté du monde, elle ne peut pas faire d'un petit cidre un grand vin, d'une Nation étriquée une terre d'accueil et d'espérance.

19:15 Publié dans Vite dit ! | Lien permanent | Commentaires (2)