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04/02/2008

Où l'on se rend compte que Paris soutenait les rebelles ivoiriens en 2002

52d0d8bd85f0fc8ea3ff33b4b6ccf0ab.jpgAlors que Paris a lancé ce lundi, tambour battant, l'opération "Il faut sauver le soldat IDI (Idriss Déby Itno)", tout le monde peut se rendre compte, par un simple effet de comparaison, que la France soutenait effectivement les rebelles ivoiriens en septembre 2002. Il suffit, pour démontrer ce que certains essaient encore et toujours de nier, d'observer l'utilisation que la France fait de son aviation et le regard qu'elle porte sur l'aviation du pays souverain dans lequel elle opère, pour voir qu'elle a aujourd'hui une attitude aux antipodes de celle qu'elle avait hier.
Hier, en Côte d'Ivoire, Dominique de Villepin, alors chef de la diplomatie française, manquait de s'étrangler quand les hélicoptères de guerre ivoiriens décollaient, allant jusqu'à venir à Abidjan, menace à la bouche, pour obliger Laurent Gbagbo à cesser d'utiliser l'éternel avantage comparatif des armées sur les rébellions : l'aviation. Aujourd'hui, l'exécutif français estime que Déby a le droit d'utiliser ses avions de guerre.
Hier, en Côte d'Ivoire, la France fermait les yeux sur les intrusions extérieures, refusant d'accréditer la thèse des mouvements aux frontières malgré toutes les données dont elle disposait. Aujourd'hui, au Tchad, Nicolas Sarkozy annonce qu'il a donné ordre à son armée de surveiller la frontière tchado-soudanaise, pour dénoncer toute incursion.
Ah ! le grand mensonge fondamental de la diplomatie !
Petite devinette : entre Déby et Gbagbo, quelle différence ? Entre Omar-el-Béchir et Blaise Compaoré, quelle différence ?

19:41 Publié dans Analyse | Lien permanent | Commentaires (4)

Commentaires

Salut à tous.

Huuuumm ! Il me semble que j'ai déjà entendu ce discour là !

"La France a été directement engagée dans le conflit (...) et a causé des pertes civiles",

Le porte-parole de l'état-major des armées à Paris a, quant à lui, démenti ces informations.

Selon lui, les forces françaises "n'ont pas participé aux combats" de ces derniers jours à N'Djamena. Il reconnait toutefoirs qu'en ville ou à l'aéroport de N'Djamena, les forces françaises ont été prises ces derniers jours dans des "accrochages et ont répliqué". "C'était de la légitime défense", a-t-il ajouté.

http://www.lemonde.fr/web/articleinteractif/0,41- href="mailto:0@2">0@2-3212,49-1006925@45-4889@51-947123,0.html

Écrit par : Garba | 05/02/2008

Dans le traitement du conflit ivoirien, on peut effectivement affirmer que rien n'honorait la France. Comme tu le fais remarquer si justement, rien a été fait pour vérifier si les incursions se faisaient du côté de la frontière du Burkina. Mais le plus honteux dans cette histoire, c'est le comportement de tes collègues journalistes français qui n'ont jamais posé les vraie questions et ont soutenu aveuglément leurs gouvernants, accusant Gbagbo de tous les maux. Ma seule consolation, c'est la certitude que l'enseignement de cet épisode de l'histoire du pays ne se fera pas dans les manuels des historiens français. Et que penser de l'ONU ? Sa réaction va toujours dans le sens des grandes puissances et non point dans celui des peuples. En Côte d'Ivoire comme au Tchad, cette organisation sert l'intérêt de la France. Désormais Déby sera moins arrogant à l'égard de la France. Sarkozy aura au moins gagné ça. Et c'est l'essentiel pour la France et ses intérêts dans la sous-région.

Écrit par : St-Ralph | 05/02/2008

Il est vrai que la comparaison laisse entrevoir des éléments qui vont dans ce sens. Cependant je me posais la question suivante ces derniers jours à propos de la rébellion au Tchad : Comment se fait-il que quelques semaines à peine après le fiasco humanitaire que l'on connaît tous, les rebelles aient tout-à-coup la force et l'énergie nécessaire pour descendre jusqu'à la capitale? N'y aurait-il pas des manipulations autres qui pourraient intéresser la sous-région? et au niveau international, est-ce que faire trembler IDI ne donne pas à Nicolas l'occasion de lui rappeler qu'il a besoin de lui s'il tient à sa stabilité?

Écrit par : Kwaame | 07/02/2008

Kwaame, je pense que le père Déby jouait trop les fiers, notamment sur l'affaire de l'arche de Zoé et des concessions pétrolières. Il fallait lui montrer qu'il ne vaut pas plus qu'un vulgaire Bokassa et qu'il ne tient que par la volonté de l'Empire. Les rebelles jouaient ici les épouvantails (sans le savoir ?) dans un jeu de rôles diabolique. La démonstration est faite, et je pense qu'il y a de bonnes nouvelles dans l'air pour Total.

Écrit par : Théo | 07/02/2008

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